IV. — Etude anatomique des reins
L’étude histologique des reins a été pratiquée dans 9 cas :
1° Les chiens 6 et 7, traités par l’octanol pur et dont les urines raréfiées contenaient de nombreuses hématies et des cylindres granuleux, présentaient les
lésions suivantes :
DELAMARE
AO
-— congestion légère ;
__ nombreux amas de globules rouges, de cylindres hyalins, de granulations amorphes et de débris cellulaires dans les tubes droits et dans le bassinet ;
__ tubes contournés paraissant normaux (chien 7), ou présentant par places des cellules tuméfiées et des grains amorphes dans la lumière des tubes (chien 6.
Le chien 12, qui avait reçu une forte dose de solution alcoolique à 33 % dans l’artère rénale droite, avait un rein droit très congestionné (glomérules, capillaires intertubulaires, hématies dans les tubes contournés), mais l’épithélium des tubes contournés était normal. Mêmes lésions, mais moins accusées, du rein gauche.
2° Chiens 4 et 5 (alcool à 10 et 33 %,, solution éthylique d’octanol à 10 et 33 %) ;
— congestion moyenne ou faible ;
— par place, tuméfaction des cellules des tubes contournés.
3° Chiens 23 et 24 (oléate de Na, glycocholate de Na, citronellol) :
— congestion des glomérules et pour le chien ayant reçu du citronellol, congestion intense péri-tubulaire ;
— tubes contournés normaux.
4° Chiens 21 et 22 (glycocholate et taurocholate de soude, octanol) : reins normaux.
En mettant à part les chiens 6 et 7, chez qui des doses importantes d’octanol pur provoquèrent une
ere
véritable néphrite avec oligurie, hématurie et cylindrurie, on voit que les injections de substances tensionégatives n’ont pas altéré l’épithélium rénal. La congestion des glomérules, inconstante d’ailleurs, est la seule anomalie visible sur nos coupes.
Nous pouvons CONCLURE de nos expériences que, si différents soient-ils chimiquement (octanol, linalol, citronellol, alcool éthylique (chien 18), oléate, taurocholate et glycocholate de Na), fous les corps tensionégatifs que nous avons utilisés ont provoqué :
— une vasoconstriction rénale éphémère ;
— une diurèse très nette, abondante et de durée variable (5 à 30 minutes).
Ces effets ne peuvent être attribués à la masse du liquide injecté, puisqu'un volume équivalent de sérum physiologique ne produit aucun résultat semblable.
L’inconstance de la diurèse (inconstance surtout observée avec les produits autres que l’octanol) est peut-être due aux actions toxiques secondaires des substances injectées, ou à des différences de sensibilité individuelle chez nos animaux.
Cet effet diurétique, en tous cas, ne nous a pas semblé s'accompagner de lésions de l’épithélium rénal.
Nous verrons ultérieurement les modifications présentées par la T. S. du sang.