II. — Urines
Le 8 novembre 1934, absence de corps biréfringents.
Epreuves de Volhard :
21/XI1-12 8/9-1-35 25/26-I 15/16-II Concentration, volume . 030cc -1:351-cc. 1390! cc 1145 "cc. Densité maxima . ...... 1.012 1.014 1.012 1.016
Dilution, volume (avec 1.500 de boisson) ... 265 cc. 838 cc. 590 cc. 558 cc.
Densité minima . . .... 1.003 1.002 1.004 1.003
k*x En somme il s’agit d’une néphrite aiguë œdémateuse surve-
nant chez un tuberculeux.
1° Le régime déchloruré amène une débâcle urinaire hydri-
que (faible d’ailleurs) et chlorurée (87 gr. de NaCl en 19 jours, soit 4 gr. 5 en moyenne par 24 heures). En même temps le malade perd 11 kg. 700 et ses œdèmes disparaissent.
Mais il persiste des signes de néphrite (albuminurie, U. S. entre 0,70 et 0,85, P. S. P. à 20 et 30 %).
Malgré cela, pendant 5 semaines le malade toujours au régime déchloruré strict, paraît équilibré comme poids, comme élimination aqueuse (1.000 cc.) et chlorurée (en moyenne 2 gr. de NaCI par litre et par jour).
2° Puis, brusquement trois jours après la fin des injections d’alcool octylique en solution aqueuse, sans aucun changement dans le régime et sans que le poids du malade se modifie :
— le volume des urines double presque, passant à 1.750 et 2.000 cc. ;
— Ja concentration en NaCI par litre saute à 3 et 4 gr. ;
— la quantité de NaCI en 24 heures atteint presque Île triple de son taux antérieur (chiffre moyen : 5 gr. 70).
Ces phénomènes se maintiennent immuables pendant 25 jours, — durant lesquels 133 gr. de NaCI sont éliminés alors que l’urée sanguine passe de 1 gr. 04 à 0 gr. 81 et 0 gr. 69. — jusqu’à l’établissement du régime normal, après l’épreuve des échelons.
Par contre la P. S. P. est peu modifiée (25 à 35 %).
Après ce changement de régime la diurèse qualitativement et quantitativement reste normale : l’urée sanguine atteint des taux subnormaux et la P. S. P. se relève à 50 %.
Obs. 6. — Mme Sch.…, ménagère, âgée de 26 ans, entre le 12 janvier 1935, salle Lermoyez, n° 14, avec de volumineux œdèmes des membres inférieurs.
Dans les derniers jours de décembre 1934, elle a eu une légère angine et a ressenti quelques crampes dans les mollets. Le 4 janvier est apparu l’œdème, qui en 3 ou 4 jours a pris l’extension actuelle. Simultanément bouffissure des paupières, brouillard oculaire et quelques bourdonnements d’oreille.
Malgré un régime déchloruré (comportant d'ailleurs deux
litres de lait) que la malade s'applique d'elle-même, l'œdème persiste nécessitant l’hospitalisation.
Dans les antécédents, outre une rougeole à 7 ans et quelques angines, on relève des faits importants. En 1933, de mars à mai, Mme Sch.. est soignée à Bichat pour un gros œdème des membres inférieurs accompagné d’épanchement pleural, de troubles visuels et auditifs et d’une albuminurie qui, pendant 10 jours, aurait atteint 24 gr. Traitement: régime déchloruré avec trois litres de lait.
À sa sortie de l’hôpital, la malade présente encore de légers œdèmes, et une albuminurie à 3 gr. qui, deux mois plus tard, ont disparu, grâce à un régime relativement déchloruré et hypocarné pratiqué jusqu’en décembre 1933.
En janvier 1934 la malade commence une deuxième grossesse (la première en 1930 a été normale) ; elle est suivie tous les mois à la maternité de Lariboisière et ne présente ni œdème, ni albuminurie. Accouchement normal à terme : enfant de 3 kgs.
Trois mois après, en pleine santé, survient la poussée actuelle. La malade est pâle, ses jambes sont infiltrées d’un œdème énorme, blanc, mou, indolore, qui remonte jusqu'aux lombes. Température 36°8. Poids 56 kgs 250, ni ascite, ni hydrothorax. T. A.— 12,5-8. Rien d’anormal par ailleurs. Fond d’œil normal (17-1). Les urines sont assez abondantes : 1.000 cc. Elles renferment seulement quelques leucocytes, de rares cylindres hyalins (15 et 17-1) et 4 gr. d’albumine (tube d’Esbach), l’urée sanguine est à 0,35 0/00, la constante d’Ambard à 0,094 le 15-1 ; la cholestérinémie à 3 gr. 30 le 16-1 ; le B.-W. du sang est négatif (15-1).
Evolution :
Dès son entrée et pendant tout son séjour à lhôpital la malade est soumise à un régime déchloruré strict (1 litre de bouillon par jour). Répétons qu’elle s’était mise à un régime hypochloruré depuis une dizaine de jours.
Puis du 17 au 26 janvier elle reçoit 10 injections intraveineuses de 10 cc. d’octanol (quelques frissons après les piqûres 2, 4 et 5). Diarrhée du 21 au 26).
1° La diurèse qui varie de 1.000 à 750 cc. du 12 au 16,
qui
monte à 1.000 et 1.250 du 17 au 20. Puis pendant que dure la diarrhée, tombe à 500 du 21 au 26. Le 27 fin des troubles intestinaux et du 27 au 1er février la courbe urinaire oscille entre 500 et 750 cc. Elle monte à 1.000 le 2, le 3 et le 4 (6 jours après la fin de la série d’octanol), à 1.750 le 5 et le 6, puis redescend à 1.500 le 7, 1.250 le 8 et le 9 et jusqu’au 27 février variera entre 1.500 et 1.000 (sauf le 26 : 750 cc.).
L’albuminurie est de 4 gr. en moyenne (sauf pendant la phase d’oligurie, 14 à 10 gr.) jusqu’à la débâcle urinaire ; elle tombe alors à 2 gr., puis 0,50, et ne persiste plus qu’à l’état de traces.
— La concentration en NaCl par litre, qui oscillait entre 1 et 4 gr. 50 du 12 au 20 janvier, fléchit à 0 gr. 50 pendant l’oligurie. Le 30 elle monte à 4 gr., redescend le lendemain à 0 gr. 80, puis suivant la polyurie montera à 5 gr. 50 le 3 février et se fixera autour de 4 gr. jusqu’au 15 février (sauf le 12 à 2 gr. 57). Le 16 elle tombe à 1 gr. ; à 2 gr. le 17 et le 18 et, après deux clochers à 5 gr. 80 le 19 et le 21, descendra progressivement pour atteindre 2 gr. et 2 gr. 50 du 23 au 26 et tomber à 0,94 le 27.
— La quantité de NaCl rejetée en 24 heures suit les variations parallèles. Du 12 au 20 janvier elle est de 1 gr. 50 à 3 gr. 25. Puis du 22 au 29 elle tombe à 0 gr. 20 en moyenne, se relève le 30 à 2 gr. 20, revient le lendemain à 0,50; puis monte le 2 février à 3 gr. 86 ; le 3 et le 4 à 5 gr. 50 ; le 5 à 9 gr. 50 ; oscille du 6 au 9 entre 6 et 7,5 ; du 10 au 15 entre 3 et 5 gr. , et après une chute à 1 gr. 50 le 16 février, remonte le 19 à 8 gr. 04 ; puis décroît progressivement (5 gr. le 20 et le 21, 4 gr. le 22 ; 2 à 3 gr. du 23 au 25; 1 gr. 41 le 26 et 0,94 le 27).
2° Le poids augmente d’abord un peu : de 56 kg. 250 le 12 janvier, il passe à 57 kg. le 22 ; il diminue lentement jusqu’au 5 février (55 kg. 150), plus vite pendant la débâcle urinaire hydrique et chlorurée (50 kg. 500 le 10 février), puis sa chute se poursuit plus doucement (47 kg. 450 le 27 février).
3° Les œdèmes commencent à régresser dès le 28 janvier ; ils fondent rapidement pendant la diurèse, si bien que le 18 février il n’en existe plus trace.
Le 28 février la malade quitte le service toujours un peu
pâle, mais sans œdème.
Pendant tout son séjour à l’hôpital elle est restée apyrétique. Sa T. A. s’est maintenue à 11-7 (Vaquez). Elle est revue le 7 mars et le 8 avril : pas d’œdème, poids 47 kg. 450 et 47 kg. 150. T. A. 12-8 (Vaquez). Traces d’al-
bumine.
Diférents examens de laboratoire ont été pratiqués pendant
cette évolution :