‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 18 sur 59 · BLANCHISSAGE · texte numérisé non relu

BLANCHISSAGE

Manière de couler une lessive sans fatigue^ pouf

les lessiveuses.

On peut s'épargner Tembarras du coulage à bras (opération d*autant plus fatigante pour les femmes qui sont ordinairement chargées de ce soin , qu'il se fait dans une atmosphère extrêmement échauffée ), en faisant usage d'un moyen facile et très-ingénieux, qui consiste à mettre le cuvier en communication haut et bas avec une chaudière de même élévatfon. Cette chaudière est placée sûr un fourneau; on verse la lessive, et le liquide se met de niveau dans les deux vases. On en ajoute jusqu'à ce que la liqueur arrive un peu au-dessous du tuyau de communication supérieure, entre le cuvier et la chaudière; alors on chauffe, le liquide se dilate; la partie la plus échauf>fée, qui est par conséquent la plus légère , vient à la surface se déverser par le tuyau sur le linge ; la hauteur du liquide dans le cuvier augmente, et une quantité égale de lessive froide s*écoule par le tuyau inférieur, du cuvier dans la chaudière: il s'établit par conséquent un courant continu de Tun des vases à l'autre, et le lessivage se fait bien également et sansr peine.

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Entivement des taches.

Le linge sale a des taches apparentes que le savon enlève et que la lessive n'atteint pas; c'est pour celte raison qu*on échange le linge au savon.

Il y a des taches que le savon fait disparaître d'abor I, et qui se montrent de nouveau à Taîr : cVst ce qui arrive surtout au linge de table et de cuisine.

Le concours de la lessive et du savon est nécessaire pour enlever certaines taches très-résistantes.

Plusieurs taches ne cèdent qu'au savon, à la lessive chaude 9 au battoir et à la brosse. Quelquefois même il faut y appliquer de la potasse pure; mais il faut alors beaucoup de prudence, pour ne pas brûler le linge.

Pour les taches de rouille, il faut employer le sel d'oseille, ou mieux Tacide oxalique ; le suc de citron, qui est plus économique ; la vapeur du soufre brûlant, avec la précaution, dans tous les cas, d'humecter d^eau la place qu'on veut détacher ; mais le mieux , pour les taches d'encre , de fruits , etc. , c'est d'employer i'adde suifurique étendu d*eau jusqu'à agriaMe acidité seulement.

Le savon trop humecté agit peu , et il en faut une beaucoup plus grande quantité, ce qui devient dispendieux. Il vaut mieux étendre sur la tache du savon seC) en quantité seulement suffisante pour former un léger enduit. On frotte, et ensuite on mouille légèrement. On répète^ s'il est nécessaire.

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Lavage du linge au tnaym de la vape/ur.

Il existe à Mitcham, dans le comté de Surrey , en Angleterre 9 une compagnie qui a établi des ateliers pour ce mode de lavage ; ils se composent d'une vaste suite de bàtimens où le linge et les autres objets à blanchir sont classés ^ mart[ués et disposés, dans le grand lavoir qui occupe une partie considérable du rez-de-chaussée 9 à Tune des extrémités duquel se trouvent deux machines à vapeur. La vapeur est conduite par des tuyaux dans des réservoirs de forme circulaire où se fait le lavage. £n dedans de ces réservoirs sont des cylindres d'une vaste circonférence : quelques-uns de ces cylindres sont en bois et servent au travail ordinaire; un autre est en cuivre et destiné pour les lavages des tapis et autres objets qui exigent l'application d'une vapeur plus dense , et nécessairement un agent métallique assez fort pour résister à la pression. On place par des ouvertures latérales , dans ces réservoirs, les objets à laver; après quoi on fait arriver la vapeur, qui est introduite de manière à ce que le linge se trouve soumis également à son action : on introduit en même temps par une soupape de Talcali ou une dissolution de savon, et le procédé du lavage se continue au moyen de Taction combinée de la vapeur, du savon , et du ressassement des objets; ce dernier est occasioné par le mouvement de rotation du cylindre. Ce travail dure une heure; après quoi on arrête la vapeur, et on la remplace par une certaine quantité d'eau froide qui rince le linge 9 dégage Teau de savon et les autres résidus ; on évite par-

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là le travail toujours inégal du frottement manuel. Après cette opération, les pièces sont retirées du cylindre et transportées dans une cuve éii elles sont soumises à Tactlon d'une presse cylindrique qui, par son simple mouvement de rotation, expulse Teau dont elles sont imbibées. Ensuite on remet le linge aux femmes, qui l'examinent afîn de s'assurer que le lavage est complet: dans le cas contraire, elles le parachèvent. De là le linge passe successivement dans différentes pièces, oh il est empesé, repassé, calandre iet séché.

Divers procédés de savonnage domestique.

Les étoffes de laine, de soie, les indiennes, les toiles peintes , ne peuvent être soumises indistinctement aux mêmes procédés que les tissus de chanvre, de lin ou de coton restés en blanc. Les alcalis altèrent promptement et réduisent en une espèce de savonnule la laine et la soie, et ils exercent une action destructive sur un grand nombre de couleurs employées dans la teinture et dans l'impression des toiles.

Pour le nettoyage des soieries blanches, on doit faire fondre dans de l'eau bouillante une quantité modérée de beau savon blanc de Géncs bien neutre. La quantité de savon ne doit guère excéder une once par pinte d'eau , sans quoi la soie éprouverait un commencement d'altération.

Il ne faut pas que cette eau de savon soit bouillante quand on y plongera les étoffes de soie, ce qui les ferait crisper, et leur donnerait un très-mauvais aspiBCt. La température doit être toul a\i ^\w^ \ ^^^ i

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c'est-à-dire qu'on doit pouvoir plonger la main dans le bain sans douleur.

Froissez légèrement rélo£fe en tous sens en la plongeant dans le bain. Ëtendcz-la, pressez-la de nouveau; faites en sorte de la pénétrer le plus possible de la liqueur, et d'extraire cette liqueur pour y en faire entrer d'autre en suite, sans qu'il soit besoin de tordre l'étoffe, ce qui lui serait funeste.

C'est une attention bien essentielle que d'éviter toute espèce de torsion de la soie. Pour les endroits qui offrent des taches bien prononcées, ou qui n'ont pas pu céder aux immersions répétées, flottez légèrement avec les doigts dans un seul sens. Répétez l'emploi de nouvelle eau de savon , dans laquelle vous mettez un peu de miel. Si la place reste encore saie, ajoutez de l'eau-de-vie à l'eau de savon.

Après quoi, rincez dans de l'eau presque froide, et ensuite à l'eau totalement froide. Ne soyez pas avare d'eau, afin que la quantité supplée au frottement , qu'il faut éviter le plus possible. Laissez sécher, et soufrez.

Pour le nettoyage des étoffes noires, il faut délayer du fiel de bœuf dans une petite quantité d'eau bouillante; on se sert, pour en imprégner l'étoffe, d'une éponge One et douce, qui n'ait servi à rien autre chose. Frottez Tétolfe des deux côtés avec cette éponge imprégnée de la dissolution de fiel. Pressez ensuite entre les mains, pour égoutter; mais sans frotter. Lavez ensuite à l'eau bien douce et courante jusqu'à ce qu'elle aorte claire et limpide; recommencez l'opération, s'il est nécessaire. Faites sécher en plein air sur un châssis et dans un lieu abrité de la poussière. Frottez l'envers de Tétoffe avec une autre éponge im-

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'tiîbée dVaB4) lé|;ère solutioD de colle de poisson , que vous tâcherez de ne pas laisser traverser entièrement r^toffe. Celle-ici étant bien sèche, vous la passerez à la brosse douce ^ avec beaucoup de précaution.

Quand la couleur noire de Tétoffe a pris une teinte de roux ou de terre, on peut la raviver. Dans ce cas , à la suite de toutes les opérations ci-dessus , moins TencoUage^ on plonge la pièce de soierie dans de belle eau de rivière où Ton a préalablement mis quelques gouttes diacide sulfurique, seulement en quantité suffisante pour communiquer à Teau Tagréable acidité d'une limonade très-l^ère. Ce dosage exact est bien important, si Ton veut éviter le brûlement de l'étoffe.

Froissez avec précaution Tétoffe dans ce bain pendant quelques minutes, et rincez ensuite à grande eau courante, et jusqu'à ce que l'étoffe, étant mise sur la langue» n'y laisse plus aucune impression d*acidité. Si tout l'acide n'était pas enlevé par l'eau courante , celui qui resterait se concentrerait par l'évaporatîon de l'eau pendant le séchage, et l'étoffe serait infailliblement attaquée.

Boutes d'azur.

Depuis quelques années on prépare des boules de bleu céleste, qui remplacent la poudre à azurer, et qui sont d'un usage très-commode pour le blanchissage domestique. Voici la composition en usage par M. Story : elle imite le beau bleu céleste dit anglais »

Ayez, dit-il I un grand vase de verre ou bien une chaudière de for; et, dans oe derniei oa» > Wu^^sV^^^^

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