BLANCHIMENT
Nouveau moyen de $e procurer ie chlore liquide
pour U blanchiment.
En Amérique 5 on se sert pour obtenir le chlore ^ d*un appareil qui dispense de lut^ de cornues , etc. Dans un tonneau tournant sur son aze^ op introduit ^5 livres de sel commun , 40 livres d'acide sulfurique^ et a5 à 3o livres de miniuni ; on remplit ensuite ce tonneau aux trois quarts d'eau ^ on le ferme et on lui imprime un mouvement de rotation pendant un quart d'heure ; au bout de ce temps 5 on laisse reposer une heure, on décante la liqueur et on la verse sur le cuvier qui contient le linge ou les tissus à blanchir; elle y reste vingt minutes, puis on la fait couler et on lave le linge à Teau , comme à Tordinaire.
M. Chevalier, qui a répété cette expérience, objecte au résultat que la liqueur contient toujours un peu de plomb en solution , qui se fixe sur les lissqs et leur est nuisible ; mais il est à présumer que cet inconvénient serait facilement écarté, et à très-peu de frais, en ajoutant à la liqueur, avant la décantation , quelques gouttes d'une solution de sulfure alcalin , qui la débarrasserait des dernières portions de plomb.
Chlorure de chaux.
JLa préparation de ce chlorure présente quelques
ÀE8 AETS ET MilIEBS. 101^
difficultés) en raison du peu de solubilité de la chaux. Dans certaines fabriques on remploie simplement délayée dans l'eau , et dans d'autres on la combine à sec, mais cependant à l'élat d'hydrate, c'est-à-dire éteinte à l'eau ; car la chaux entièrement privée d'humidité ne se combinerait pas. Ces deux méthodes sont également bonnes. Néanmoins , en général^ les fabricans qui préparent le chlorure pour leur propre usage , donnent la préférence à la première ; ceux , au contraire, qui le font pour Texpédier, adoptent la seconde méthode, et on en conçoit facilement les motifs* Dans l'un et dans l'autre cas , on commence par éteindre la chaux avec une petite quantité d'eau, ou la laisse 9e déliter complètement ; et lorsqu'elle est entièrement réduite en poudre , elle est propre à absorber le chlore, si Ton veut obtenir le chlorure sec. La manière de mettre ces deux corps en contact n'est point Indifférente : il semblerait d'abord que le moyen le plus simple oansisterait à faire pas'ser du chlore au travers d'une masse de chaux hydratée contenue, soit dans un tonneau, soit dans tout autre vase ; mais si l'émission du gaz est rapide , l'absorption en est si instantanée, qu'il se développe une chaleur considérable , et qaisuiïit à la décomposition d'une portion du chlorure formé; il se dégage de l'oxigène, et il se produit de Thydrochlorate de chaux, qui n'a aucune des propriétés du chlorure de chaux , ni pour le blanchiment, ni pour la désinfection. Après avoir reconnu l'inconvénient qu'il y avait de concentrer l'absorption du chlore sur un seul point , on a cherché les moyens de lui présenter de nombreuses surfaces & la fois. On a imag\u& d\S^\^ti%^^-
lOa^ lES SEeUETS MOMllVfcft
pareils propres  remplir ce but ; un des plus iof^ nieux est celiU qui a été construit & Jouy : il consiste en un tambour ou cylindre , garni intérieurement dte rayons de bois étroits et tainces , et tournant autour d'un axe creux , à travers lequel le chlore pénètre dans le corps du cylindre : par ce moyen d*agitation ^ la chaqx , continuellement exposée à Taction du chlore, B^en trouve bientôt uniformément saturée. Comme la consommation du chlorure de chaux es^ bien plus considérable en Angleterre qu'en France ^ on y fabrique ce produit très en grand, et l'appareil que nous venons de décrire ne pourrait suffire. A, Glascovr, on se sert tout simplement de chambres^ construites en pierres siliceuses, dont les joints sont lûtes avec un mastic composé de parties égales de poix, de résine, et de plâtre sec. A Tune des extrémités de la chambre est pratiquée une porte qui peut être fermée hermétiquement en l'entourant de lisières^ de drap, qu'on recouvre ensuite avec de l'argile. Une croisée ménagée de chaque côté permet de juger da degré de saturation, d'après la couleur des vapeurs, et procure assez de jour pour qii'on puisse travailler dans rintérieup quand il en est besoin. La porte et les croisées peuvent s'ouvrir à i'ajde de cordes qui passent sur des pouUes et communiquent à l'extérieur: cette disposition est nécessaire pour renouveler l'air avant de pénétrer dans la chambre. Tout autour 4e cette chambre sont placées des tablettes en bois d'un pouce environ d'épaisseur, de 8 à lo pieds de long, et de a pieds de large. Ces rayons, rangés les uns au* dessus des autres, Jusqu'à la hauteur de 5 à 6 pieds, reposent sur des tasseaux qui laissent entre elN^eun
MB JlftTS BT MéTIÉRS. 10^
OÙ iotervalle d'un pouce, pour que le gaz puisse avoir un libre accès sur la surface de Thydrate de chaux , <|u*on dépose en couches très-minces sur ces tablettes. Le tuyau de plomb qui apporte le chlore pénètre par la partie supérieure de la chambre , afin qu'il puisse se distribuer également dans toutes les partie» de l'appareil.
M. Welter a trouvé que le chlorure le plus saturé qu'on puisse obtenir par ce procédé , cpntenait le double de la quantité de chaux nécessaire à la complète saturation du chlore, c'est-à-dire que c'est un sous-chlorure qui se forme dans ce cas; et en effet, quand on le traite par Teau, il abandonne environ kl moitié de la quantité de chaux qu'il contient : ta portion qui reste en dissolution est un chlorure' neutre.
Quand on veut obte nir immédiatement le chlorure liquide, il £aut alors délayer l'hydrate de chaux dans l'eau; on en fait une bouillie très-<;laire ; on verse dans une cave couverte, à laquelle est adapté un agitateur en bois ; on fait arriver le chlore à la manière ordinaire, et on met l'agitateur en mouvement par un moyen mécanique. La combinaison s'effectue promptement et sans perte , parce que la chaleur qui se dégage se répartit sur une grande masse et devient insensible : on règle la quantité de chaux d'après la proportion de chlorure qu'on doit obtenir du mélange sur lequel on opère.
lf(n^veiU manière dctUmchirUi toiles, ies fils, etc.
MM. Miles Turaer et Laurence Kti%(b\) Vliacc^Oo^^
I04 LES SECBBT8 MOfiEENES
seurs dans le comté de Gumberland, ont obtenu un* brevet d'invention pour le procédé dont on va lire les détails. Ils emploient un produit chimique dont bbn*avait pas encore fait usage.
Ils se servent d'alcali sulfuré , brisé en petits mor^ ceaux, et de chaux vive. Les proportions sont de i5 ou 16 cents pesant d'alcali, et d'environ 8 boisseaux de chaux. Ils garnissent le fond d'une cuve de blanchisseur avec delà paille 5 des cendres, du gravier, et d'autres matières qui permettent la filtration ; ensuite ils jettent dans cette cuve les ingrédiens dont nous venons de parler , et ils la remplissent d'eau.
Après un certain tenvps (ils n'en désignent pas la durée ) , ils soutirent l'eau par le bas de la cuve, eW en retirent le liquide propre au blanchtment.
Pour ne rien perdre de l'alcali et de la chaux , ces messieurs disent qu'on pourrait placer deux cuves l'une sur l'autre, et remettre une certaine quantité d'eau sur les matières qui n'auraient pas été entièrement dissoutes dans le premier bain.
Ils mêlent à ce liquide une quantité d'eau suffisante, pour produire un bain du même degré que celui qu'on fait avec la potasse, et l'hydromètre leur montre le point auquel ils doivent arrêter le mélange de l'eau. C'est dans cette liqueur qu'ils trempent et font bouillir leurs toiles.
Ce qui fait le caractère et l'avantage dîstînctifs de ce nouveau mode de blanchiment, c'est qu'au sortir du premier bain , on met la toile dans un bain d'a« cide très-peu cher, composé d'huile de vitriol et d'eau ; 2® qu'on la met de suite à tremper et qu'on la savon ac dans la. dissolution du chlore (du degré br-
0E8 àXtS BT METIEft».' toS
«Lioaire); 3^ qu^en recommençant successivement et sans perte de temps chacune de ces opérations ^ on obtient le plus beau blanc, sans avoir exposé la toile sur le pré, ni même au séchoir.
Description d'un nouveau procédé pour étanchir en peu de temps et en toute saison r- tes fiis et tissus de coton de toute espèce^
Le premier essai en grand. que fai fait de cette manière de blanchir, dît M. Guillaume- Henry de Kurrer^ auteur du procédé , a eu lieu en i8oa; ma lessive était composée de quinze pièces de calicot, six quarts de largeur sur trente-six aunes de longueur. Dans la suite, je renouvelai Texpérience avec toute espèce de tissus de coton. Je calculai la quantité des substances que j'employais d'une manière proportionnelle à celles que j'avais employées la première fois, c'est-à-dire d'après le poids des quinze pièces de calicot qui pesaient 64 liv. et demie. Voici la marche à suivre dans l'opération.
PaEMiàEE opiEÀTiON. — Procédé de macération:
Les quinze pièces de toiles ci-dessus indiquées furent placées, telles qu^elies sortaient du métier, dans une cuve ordinaire, et couvertes d'eau tiède, de manière qu'après leur dépression, au moyen de poids, cette eau les couvrit de quatre pouces. Au bout de douze heures se manifestèrent les signes de la fermentation qui, après trois jours^ avait dévelo^çé l^ degré^ convenable d*acidité nécessaire i^ova \^ Yk^i^a^
toff CES 8IC1k£T8 MOttEftlOR
chîment. Le papier toarnesol s'y teint en ronge, et. l'odeur qui se manifeste décèle la. présence de raeideacétique d'une manière très^sensiUe.
Alors je fis ouvrir le robinet placé au bas de las. cuve , et après avoir fait écouler tout le liquide acide 9 je fis verser deux fois de suite de Teau fralchoy «fin que la phis grande partie de l'eau sure qui adhérait encore au tissu en îùlï détaehée. Le robinet fut ensuite refermé.
Je fis remplir de neaveau la cuve, oomme auparavant, d*un bain savonneux, faible et tiède, dans^ lequel j*avais fait dissoudre une livre de savon ordinaire, et le tout fut laissé encore en macération pendant trois jours. Au bout de ce temps, je fisécouler le liquide; on enleva les marchandises, on les lava proprement dans une eau courante, oncles. passa au fouloîr, et on les disposa pour subir la seconde opération.
Je crois inutile de faire observer qu*en hiver les^ vaisseaux à macération doivent être placés de telle manière que , par le chauffage , on puisse entretenir^ une température constante de 10 à^ la degrés de Réaumur.
Seconidb opéEATioH. — • BouiHoft ou cuisson dàm une tessive eaustique saponifiée.
Ou prépara une lessive caustique alcaline avec
quinze livres de bonne potasse et cinq livres de chauxc
i)uveUement éteinte, dans la cuve à lessive ordi-
aire; on fit écouler la lessive pure et claire, on y
^rsa de nouveau de Tèau. ùatohe , on en retira uoe^
seconde lessive que je fis mêler avec la première.
Mors je fis mettre les toiles dans un des cuviers de Tappareil) avec les précautions indiquées pour qu'elles fussent toujours tenues d*une manière lâche sous Teau* Je fis passer ensuite une quantité d*eau proportionnée 9 ei enfin la lessive caustique dont j'ai précédemment purlé , après y avoir fait dissoudre deux livres et demie de savon ordinaire. Cela fait, je fis allumer le feu sous la chaudière.
Tout étant ainsi préparé, je laissai les tissus en macération pendant 8ix heures consécutives, aprèslésquelles je Û8 retirer les calicots, que je plaçai sur une claie posée sur la partie supérieure du cuvier , afin que la lessive qui en découlait rentrât de nouveau. dans le cuvier et dans la chaudière. Lorsque les toiles furent suffisamment refroidies, je les fis tordre; on les transporta ensuite dans une eau courante où elles furent lavées, foulées et préparées à recevoir la troisième et dernière opération.
La force dissolvante de la lessive alcaline caustique a une si grande énergie, qu'à la fin de la seconde opération, les toiles en conservent une couleur grisâtre et salé. Cette couleur provient de la dissolution de Textractif , qui n*y adhère que faiblement et comme mécaniquement; elle est entièrement enlevée par la troisième opération qui suit immédiatement.
La lessive elle-même a dans cet état une couleur sale et d*un brun foncé; elle a perdu toutes ses propriétés alcalines et dissolvantes, et présente alors une combiaaisos de pjotasse et-d'extractif coloré.
»oS LES 8EGEET3 MODEKIXES
Troisième opération. — Passage des tissus dans un
bain d'acide suifuri^Me..
La troîsfëme opération consiste dans la manière dont il faat traiter les tfssus dans un bain d'acide sulfurique à froid. Dans une cuve en bois blanc audessus de laquelle est pratiqué un moulinet semblable à ceux des teinturiers, on verse une mesure en volume d'acide sulfurique à 66 degrés, sur 60 mesures d'eau; on brasse bien le mélange.
Après avoir faufilé les pièces les unes au bout de»^ autres, on les plonge dans le bain, en les faisant passer sur le moulinet , et Ton continue cette manipulalion pendant une heure entière. On laisse ensuite les tissus pendant douze heures immergés dans l'eau acidulée, en ayant bien soin qu'aucune partie ne sorte de l'eau. Avant de retirer les pièces , on les remue dans l'eau acidulée pendaat trois quarts d'heure. Enfin on les retire et on les lave dans une eau courante, et on les presse soigneusement pour les dégager parfaitement de toute acidité.
Dès le moment que les tissus se trouvent en contact avec le bain acide, la couleur grisâtre disparait; elle est remplacée par un blanc pur , qui, après une macération de douze ou dix-huit heures au plus, et après avoir subi le lavage et le pressoir, parait dans tout son éclat.
Mouillage de masses considérantes de papier , au moyen de (a machine pneumatique.
Le procédé que l'on suit pout te blaucWmenf d»
DES AETS £T HélIEES. IO9
papier est long, incertainnet dispendieux; en conséquence^on peut adopter le mode suivant», qui n'a aucun de ces incon>véniens. On le pratique de cette manière : Le papier, quelle que soit sa finesse, pourvu qu'il soit de dimensions égales, est comprimé aussi uniformément que possible , et placé dans un récî-r pient de dimensions telles, que le fluide versé couvre la pile , et laisse un espace entre elle et le couvercle qui reçoit la pompe. Lorsque la miachine est mise en feu , Vair est épuisé, et le fluide.^ ayant un mouvement ascensionel dans l'intérieur du papier, s'échappe en partie par les soupapes mêmes dont elle est munie. On opère eosuite la rentrée de Tair; ce fluide élastique ne pouvant pénétrer dans les pores remplis de liquide, agit par sa pression et accélère le départ des matières étrangères. De cette manière, les feuilles sont lavées : également^ et ne sont point attaquées.
Ce procédé est applicable à la mise en couleur des papiers, de la soie, du coton, de la laine travaillée ou non , et en général à toutes les substances végétales et animales que Ton veut blanchir ou seulement imprégner d'ua liquide propre à arrêter la putréfaction. Ce procédé est suivi à la banque d'Irlande pour humecter les éank-notes. Dix mille feuilles de papier le plus mince sont trempées à l'instant, sans éprouver la moindre altération dans leur texture.
Blanchiment de (a soie.
La sole dans son écru est ou blanche ou jaune; l'une et l'autre se trouve recouverte d'un vernis qui lui donne de la roideur et une sorte (!l'^\à^\\\à\.^^ V^
1 lO LBê 8IC&ETS MOBElffiKS
plupart des usages auxquels on la destine exigent qu'elle soit privée de cet enduit naturel : c'est ce qu'oà appelle la décreusûr. La macération de la soie écme dans une dissolution chaude de savon , est depuis long-temps pratiquée pour le décreusage j et rien jusqu'ici n'a pu complètement y suppléer.
Les alcalis ou les sels alcalins agissent tous d'une manière très-marquée sur le vernis de la soie ^ et en opèrent la dissolution complète; Taction prolongée de l'eau bouillante seule en détermine aussi l'extraction: mais rien ne ménage autant la soie, et ne lai conserve si bien sa flexibilité et son brillant, que l'action seule d'une dissolution chaude de savon.
La méthode la plus anciennement connue pour décreuser la soie , consiste à lui faire subir trois opé-rations successives. Four la première , qu'on appelle le dégommage^ on commence par faire une dissolution de 5o pour cent de savon blanc dans de l'eau de rivière bien filtrée ; on pousse à l'ébullîtion , puis on modère la température, en ajoutant un peu d'éau froide et en retirant le feu , ou du moins en fermant toutes les issues du fourneau. C'est alors qu'on trempe les manteaux , qui sont maintenus sur des bâtons disposés horizontalement au-dessus de la chaudière : par ce moyen, la dissolution se maintient très-chaude lans jamais atteindre à l'ébulKtion, et c'est là le point essentiel ; car sans cela on attaquerait la substance même de la soie, et non-seulement on en dissoudrait une portion, mais on enlèverait le lustre à tout le reste. La partie immergée dans l'eau de savon se dégorge peu à peu ; le vernis et la matière colorante »*en détachent, et la soie prend la blancheur et^ la«
DBS A1T8 BVMéTlBES. 111
souplesse qui lui sont naturelles. Aussitôt qu'on est arrivé à ce point, on tourne les matteaux sur les lissoirs, pour tremper à leur tour les portions qui étaient hors du bain. Quand le tout est parfaitement dégommé , on retire du bain , on tord à la cheville , et on dresse les matteaux ; et c'est alors qu'on procède à la deuxième opération, qu'on nomme la euUô. On a des sacs ou poches en grosse toile, dans chacun desquels on enferme de 25 à 3o livres de soie dégommée. On dispose un bain semblable au premier, mais dans lequel on met une moindre proportion de savon ; alors on soumet à rébullltion, et on le peut sans danger, parce que le bain est moins actif que le précédent; on soutient Tébullition pendant environ une heure et demie, et on a soin de remuer souvent les sacs, dans la crainte que ceux qu*on laisserait séjourner sur le fond de la chaudière ne subissent une trop forte chaleur. La soie éprouve, dans ces deux opérations, un déchet de a5 pour cent, ou à très-peu près.
Enfin « la troisième et dernière opération du déereusage a pour but de donner à la soie une légère teinte, qui en rend le blanc plus agréable et mieux approprié à Temploi qu'on en veut faire. Ainsi , on distingue le blanc de Chine, qui a un léger reflet H)ugeàtre, le blanc d*argent, le blanc azuré, et le blanc de fil. Pour parvenir à ces différentes nuancesyi en commence par préparer une eau de savon assez concentrée pour qu'elle devienne mousseuse en Ta- ' gitant; alors on y ajoute, pour le blanc de Chine, «ne très-petite quantité de rocou; on délaie bien exactement, et on y lisse la soie \ua(\\x^k ^^ o^^^
lltt LBS SBCaETS M0I>£E1IE8
ait pris la nuance qu'on désire. Quant aux autre» blancs, il ne s'agit^ pour les obtenir que d*azurer plu» ou moins par les moyens ordinaires, et surtout avec de très^bel indigo , qu'on- lave d'abord à diverses re« prises dans de Teau chaude , puis qu'on réduit en poudre dans un mortier, et qu'on délaie ensuite dans de l'eau bouillante. On laisse reposer quelques in-, stans; on- décante la liqueur surnageante, qui ne contient que les particules les plus ténues, et on verse, une quantité convenable de cette liqueur dans le bain de savon* Il faut, au sortir du bain, -tordre la soie à sec, et l'étendresur des perches pour la faire sécher;on la met ensuite au soufroir, si elle est destinée à être employée en blanc d'une manière quelconque.
Blanchiment des éponges de bain.
Quoique les éponges ^ par leur nature chimique-^se rapprochent beaucoup de la soie et de la laine ^ cependant elles ne peuvent être blanchies tout-à-fait de la même manière que ces substances. M. Yogel, habile chimiste de Munich, a'est convaincu que leur blanchiment présente plus de difficultés^ parce que Taclion de la vapeur du soufre brûlé se réduit à peu de chose, ou, pour mieux dire , à rien ; tandis que la soie et la laine, comme on sait , peuvent se blanchir par ce moyen d'une manière très-satisfaisante. Plus les éponges ont de finesse, plus elles sont faciles àblanchir. Voici un procédé qui a liès-bien réussi.
Il faut d'abord que les éponges trempent suffîsam-^ ment dans l'eau froide. Si, avant qu'elles se ramollissent^ on fait chauffer ou bouillir Teau^ cela produit
MS À&T8 ET. METlE&Stf tl3
sur elles un effet très-nuisible : elles -se contractent fortement 5 leurs pores se rétrécissent, elles devien* nent dures, et il n'est plus possible de les blanchir.
Mais si les éponges restent dans Teau froide, qui" est changée toutes les 5 ou 4 heures ; et si , à chaque fois, on les soumet à une forte pression, jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus d'eau, alors au bout de 5 à 6 jours elles sont suffisamment lavées et préparées pour le blanchiment. Si , comme cela arrive fréquemment ,• les éponges renferment dans leur intérieur de petites pierres calcaires qu'on ne puisse en expulser sans les déchirer en frappant dessus, iï suffît de les laisser tremper pendant 24 heures dans de l'acide murla tique, affaibli par 20 parties d'eau : il se fait une légère effervescence de gaz acide carbonique, et les ooncrétions calcaires disparaissent en se dissolvant peu à peu et très-complètement.
Ensuite, après avoir été lavées de nouveau avec soin , les éponges sont portées dans de l'acide sulfureux d*une pesanteur spécifique de 1,024, ou qui marque environ 4** à l'aréomètre de Beaumé. Voici la meilleure manière de préparer cet acide : On met dans une cornue de verre une livre de charbon pulvérisé avec une livre d'acide sulfurique concentré, et au moyen d'un tube recourbé, le gaz qui se dégage se rend dans un vaisseau où il se combine avec 8 pintes d'eau , nobcsure de Bavière.
On répète pendant S jours l'immersion dès éponges dans cet acide, et on les soumet de temps en temps à l'épreuve de la presse ; après cela on les laisse 24 heures dans Teau courante.
Lorsqu'elles ont été lavées dans uuq &w(£l%^\wV.^
f l4 I^BS 8BiC&BT$ HOMElTBd
quantité d*eaii courante ^ on peut les arroser d*èau de rose ou de fleurs d'oranger^ pour leur communiquer une bonne odeur ; après quoi il faut les laisser longtemps sécher à Tair.
Manière de éianchir (a résine laque.
La société de Londres, pour l'encouragement des arts , des manufactures et du commerce , o£frait depuis long-temps, et vainement, une médaille d'or de 5o guinées, pour prix d'un procédé par lequel on pourrait dégager entièrement la laque de toute teinte bleuâtre ; ce qu'on désirait d'autant plus , que , sans cette teinte, elle serait supérieure, comme vernis, à toute autre résine.
Le docteur américain Robert Bare (que nous avon^ eu l'occasion de citer très-fréquemment , et toujours comme un savant très-distingué , sans cesse occupé d'être utile à S€S semblables ) vient de faire cette découverte, qui ne laisse rien à désirer, si ce n'est sous le rapport de l'économie. Dans les grandes fabriques d*oxi-muriate de potasse, il est à croire que l'épuration de la laque serait beaucoup plus avantageuse que dans toute autre circonstance. Yoici le procédé : On dissout dans un vaisseau de fer,
Periasse (Potasse blanche) x partie.
Dans eau distillëe. 8 parties.
On y ajoute gomme laque. x partie*'
On fait bouillir le mélange jusqu'à ce que la dernière substance soit complètement dissoute. Quand le mélange est froid, on y ajoute du chlore, jusqu'à
MES ÂITI ET BiriEES. Il5
ce que le précipité de la laque Roit complet. Ce précipité est blanc, mais il oe le devient ooqaplétement qae quand il a été lavé et s'est consolidé.
Dissoute dans l'alcool , la laque ainsi préparée donne un vernis aussi incolore qu'aucun qu'on puisse obtenir de la résine copale la plus épurée.
Btiinchîmtnt des houXons de cuivre
Cette opération est une sorte d'argenture que Fon^ pratique par le procédé suivant :
Oo dissout dans Tacidé ni Iriqae i once d'argent*
Sel ammoniac i once.
Crème de tartre x livre.
On ajoute en poudre
Sel de verre x/a livre.
Solfete de xinc i/a livre.
Sel marin blanc a livres/
an mélange de , Solfete de «ne ,/a livre
On fait du tout une bouillie dans un pot de terre vernissé; on y plonge les boutons après les avoir préalablement décapés à l'eau forte (acide nitrique) , on les remue pendant quelques minutes» et après lesavoir retirés du mélange, on les plonge dans l'acide nitrique aflfaibli, pour les dérocher; on les lave en^ suite et on les essuie.
Blanchiment du fer et de ia fonte.
C'est un'véritable étamage, que Ton obtient par lé procédé suivant : On décape parfaitement la surface que l'on veut blanchir; on la recouvre aussitôt d'une eoache de suif; on trempe les pièces ainsi préparées dans un bain d'étain fonda , et dont la. %w\l;v^^ ^^X
fl6 £E8 SECRETS MODEHKES
coDstamment garantie de toute oxidation par une couche de suif en partie brûlé ^ dont le carbone désoxîde très-bien la surface de Tétain fondu. On essuie les pièces avec un chiffon de laine au sortir du bain.