‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 24 sur 59 · CHAPELLERIE · texte numérisé non relu

CHAPELLERIE

Ifouveite manufacture de chapeaux d'une espèce particulière ; par M. Bernard.

L'inventeur dé ce procédé a eu Theureuse idée d'employer du bois léger pour former la carcasse du chapeau. Il se réduit en lames minces et étroites par des procédés mécaniques ; il les colle ensuite l'une à côté de l'autre sur un tissu extrêmement léger et cependant solide 9 et donne à la coupe du chapeau la forme exigée par la mode. Le dessus du chapeau, ainsi que le bord, sont fabriqués de la même manière* Il réunit ces trois pièces, selon la forme quMl*se propose, et couvre le tout d'un enduit imperméable à l'eau. Cet enduit étant bien sec, il recouvre le chapeau, à l'extérieur, d'une étoffe de soie peluchée qui

DteB ARTS ET METIB«8v tiS

imite parfaitement les poi)8 qu'on nomme dorure dans les chapeaux de feutre ordinaire. Pour dernier apprêt, M. Bernard passe sur la peluche une composition qui entoure chaque brin de soie d'une espèce de vernis , qui ne retient pas la poussière et qui empêche i*eau de pénétrer.

Ces chapeaux présentent de grands avantages sur les plus beaux chapeaux de castor, qu'ils imitent d'ailleurs parfaitement , tant pour la beauté que pour la légèreté. Le noir en est très-beau, très-fin, et ne ebange pas. Un chapeau que nous avons à notre disposition a été porté exprès par une pluie assez considérable; il était tout mouillé, on l'a secoué, et après l'avoir laissé une demi-heure au grand air, il a été parfaitement sec ; un coup de brosse lui a rendu tout le lustre qu'il avait d'abord , et il ne s'est pas montré gâteux , quoiqu'il ait été exposé plusieurs fuis à la pluie. Ces chapeaux conservent toujours leur brillant, et ne se déforment jamais. S'il leur arrive quelque accident imprévu, on enlève la pièce gâtée, et on lui en substitue une autre , sans qu'on puisse apercevoir Tendroit réparé , qui est aussi solide que le restant du chapeau. Enfin, la graisse, l'huile, la cire qu'on répand sur eux par mégarde ou autrement , ne les tachent pas. C'est d'après des expériences réitérées que nous nous sommes convaincus de tous ces avantages, dont la longue durée n*e8t pas un des moindres.

Le prix de ces chapeaux est de i5 francs.

La fabrique de M. Bernard et son seul dépôt, passage du Caire, n^lo4•

lS6 LE» SECRETS M0DEANB6

Chapeaux élastiques de M» Giéson.

Je vais décrire en peu de mots le procédé expliqué par M. Gibson, dans son brevel d'iuveution.

"ITTait effiler en longs morceaux, de la grosseur d*un brin de soie, des fibres de baleine; ilen forme ensuite une gaze qiiî^ de sa nature 9. est extrêmement flexible et élastique.

On comçfience à former le chapeau parle haut, comme quand on le fabrique avec de la paille 9 et pour lui donner de la solidité* on garnit avec de Tétoffe la partie circulaire où les bords sont cousus au bas de la forme.

Les bords sont de feutre ou de telle autre matière propre à réunir la légèreté et la solidité.

La forme du chapeau est ensuite recouverte aveo une étoffe imperméable de soie^ de coton , etc. , et on use des mêmes moyens que dans les feutres de soie N>ur donner aux bords une force suffisante.

La légèreté de ces chapeaux est telle, que jamais il

3 sera possible de l'augmenter ^ dit Tinventeur.

Nouveau genre de chapeaux en feutre 9 établi en France par des fabrieans anglais.

Depuis quelques années , les Anglais ont établi, à Caen (Calvados) une fabrique de chapeaux économiques, tel» qu'on en fabrique en Angleterre et aux États-Unis. Tous les ouvriers employés dans cette fabrique sont anglais ; aucun français n*y est admis. Voici q^uelle est à peu près leur manière d'opérer.

DBS AATS^ ET MJÊTIEBS. l5y

PaEMIÂAE OPÉEATIONv

Ils emploient les laines d'agneaux de tous les pays^ mais préférablement celles 'de Sologne. lis donnentà ces laines une préparation préliminaire , en les laissant macérer, soit dans Turin e putréfiée , soit dans une décoction riche en tanin , c'est-à-dire dans toutes les décoctions ou dissolutions qui ont la pro^ priété de donner aux laines une action rentrante et feutrante; le fond qui doit former la base du chapeau , est tout laine, matière très-grossière à> la vérité, mais qui a l'avantage de produire un chapeau solide, en raison de sa force. Lorsque le fond est bâti , ils le foulent dans une dissolution de gravelle (ou tartre brut) qui a le double avantage de faire rentrer et feutrer en même temps , en raison de son principe astringent. Avant de porter ces chapeaux à la fouie, ils ont soin de les faire bouillir dans une des décoctions ou dissolutions citées plus haut ; et après les avoir foulés , ils les font bouillir de nouv-eau dans des bains astringens, pour que les pores du feutre soient aussi serrés que possible. Après cette opération^ ils les flambent et les nettoient avec la brosse, de manière qu'il ne reste au fond ni ordures, ni poils brûlés.

DE17X1EUB OPéEATIOlf.

Pour produire levelu qui convient à la surface de ces fonds, ils emploient le poil de lapin de garenne, el de préférence celui de Bretagne; Avant de remployer , ils le font ébarber el couper comme le poil de*

l58 tEâ SSGBETS MODERHBS

Hëvre , et ils le rendent adhérent , parle même moyens que nous employo&s pour le lièvre et le castor , sur des fonds composés avec des matières plus fines; avec cette différence cependant que lorsque la dorure est adhérente, ils ont soin de la couvrir d^une couche ou dorure de coton, qui force la première dorure à s'attacher et à adhérer au fond; mais qui ne s'adhère pas elle-même, puisqu'il est vrai qu'à l'opération du foulage , elle est en partie détachée , et à celle du sausouiUage^ elle se sépare tout-à-fait, à mesure que la vraie dorure se développe , après cette opération , qui ouvre les pores du feutre, et donne une grande facilité à mettre le chapeau sur la forme.

La plus grande difficulté, dans ce nouveau genre de fabrication, est de trouver un moyen de bien tein^ dre le chapeau. Le fond peut à la vérité résister à la température du bain, mais la dorure n'y résiste pas. Il y a une différence totale entre ces chapeaux et les chapeaux mi-poil, dont le fond est composé avec des matières communes en lièvres et lapins. Le fond de ces derniers est garanti par la dorure, tandis que dans les autres ^ la dorure est garantie par le fond. Pour obvier à Tinconvénient de la teinture , je pense qu'il serait plus à propos d'employer le fer dissous par le vinaigre ( acétate de fer ) , moms corrodant que le même métal dissous par l'huile de vitriol ( le sulfate de fer ). Il faut employer le cuivre préférablement au fer , c'est à-dire qu'il faut éviter , ou n'employet qu'avec modération tout ce qui peut nuire à la ma*» tière.

Je prie d'observer que ce genre de fabrication convient parfaitement pour la pacotille.

DES ilTS lET MériER». l5c^

Perfectionnement dans la fabrication des cha^

féaux de soie.

M. Thomas Hopper^ de Reading, a pris-un brevet d*inveiiti'oD , à roccasion duquel il s'exprime ainsi :

L'objet du perfectionnement est de rendre les chapeaux imperméables à Feau. ^

On fait bouillir le feutre dans une dissolution d*a-* lun , dans la proportion de deux ou trois livres par gallon d'eau.

Après deux heures dYbullItion on retire le feutre de la chaudière; on le lave à l'eau Irès^claire, on le retord pour l'égoutter , et on le met immédiatement dans une dissolution de colle de poisson bouillante. Quand on estime qu'il en est entièrement imbibé , on le place sur le mouîe pour lui donner la forme.

On peut plonger le chapeau , avant qu'il soit entièrement sec 9 dans un nouveau bain froid d'acétate ou de tartrate d'alumine , ou de super^suifate , et après Ty avoir laissé pendant quelques heures , on le lave encore dans l'eau claire.

Il y a aussi un autre genre do préparation qu'on peut substituer aux deux derniers. Le voici :

En retirant le feutre de la dissolution d'alnn , on le plonge dans un bassin de gélatine dissoute, dans laquelle on mêle quelques sels d'alumine» et quand on l'a tordu pour l'égoutter , on le jette dans une lessive alcaline. Enfin , on le met au séchoir.

Par ce procédé , la gélatine est fixée au premier 9 au second, ou au troisième degré ^ suivant la volonU^ du fabricant.

l6o LES SBGRETS HODE&IÏES

Il se fait dans cette dernière opération deux corn* binaisons chimiques qu'il est bon de connaitrer

L*acide des sels alumineux s'unit à l'alcali, et l'alumîne , en se combinant avec la gélatine, la rend insoluble dans l'eau.

Les avantages de rintroductiou de ralunaine soat remarquables. Elle détruit la graisse de la soie , et par la grande affinité qu*elle a avec le feutre , ainsi qu'avec la gélatine, qui en ont peu entre eux, elle agit comme un puissant intermédiaire , en fixant la dernière, qu'elle durcit et rend imperméable, ce qui Tempéche de se gonfler d*eau et de]se réduire en poussière; enfin, elle augmente ou facilite Tadhésion des gommes y et maintient fermes les substances que la chaleur pourrait amollir.

C'est lorsque le feutre a reçu ces diverses préparations qu'on lui donne i'engommage , suivant le procédé ordinaire, ou bien , si on l'applique par le moyen du bain , on fait entrer la térébenthine de Venise dans la dissolution.

Ordinairement on mêle à la laque un tiers ou un quart de résine ou de sandaraque.

Cependant I'engommage au mastic (i) est préférable, parce qu'il ne se plisse pas comme la sandaraque en se refroidissant , et parce qu*il a plus de consistance que la résine. Il contient d'ailleurs une substance ( environ ^ ) presque semblabe au caoutchouc, par sa nature.

Cette dernière résine, dissoute dans de l'essence

(t.i) Résine du pistacia lentisats»

I>ES AftTS ET HéllERS. l6l

de térébenthine très-épurée, et étant ensuite desséchée , soit par de Talumine pure^ soit avec de l'éther, oaplus économiquement avec de l'acétate d'alumîne<» pourrait aussi être employée» mais ce ne doit être qu*en faible proportion.

CHAUFFAGE A LA VAPEIFR.

Ce mode de chauffage présente des avantages marqués dans un grand nombre de circonstances ; aussi devient-il d*un usage de plus en plus général. En effet» il n*offre aucun danger pour le feu , le foyer pouvant être placé à une grande distance des endroits que la vapeur doit échauffer.

Dans le système de chauffage par la vapeur , un seul foyer suffît pour toutes les parties d'un bâtiment d'une grande étendue : cette circonstance est une cause d*économîe , puisque les pertes de chaleur s'augmentent avec le nombre des foyers. Il y a de plus économie de main d'œuvre et facilité dans la surveiilance. Une grande régularité de température est facile à obtenir, et c'est une condition essentielle de succès dans beaucoup d'applications» pour certaines étuves et séchoirs, pour les manufactures de cotons filés en numéros très- fins , les opérations de teintu« res, divers apprêts, l'encollage du papier, etc. Enfin, il est très-facile , comme on le verra plus bas, de calculer d'avance, pour ce mode de chauffage , toutes les dimensions de la chaudière et des conduits propres à donner les résultats que l'on se çt^^^s^ ^^z^

l69 LES SSCaETS 1101»H1I<8

tenir; la quantité de coméustibte, la dépenge d^étàblissementy etc., etc.

Les appareils que nécessite ce procédé varient de mille manières dans leurs formes, en raison des choses que l*on veut éohaufTer , et suivant les localités.

L'appareil que Ton emploie pour échauffer au moyen de la vapeur,, se compose d*une chaudière fermée et de divers conduits : le tout peut être construit eu cuivre 5 en fonte, en tôle , en plomb ou en étain ; mais parmi tous ces métaux le cuivre mérite la préférence , il réunit en général le plus d*avantages. En effet, si on le compare à la fonte, on trouve que, dans les mêmes circonstances, il permet de produire et de condenser une quantité de vapeur beaucoup plus considérable , et par conséquent laisse passer une quantité beaucoup plus grande de calorique; sa dijurée est beaucoup plus longue 9 puisqu'il ne s'oxide ni ne se casse aussi facilement : les réparations y sont aussi bien plus aisées. La valeur de la fonte diminue des trois quarts quand elle est hors de service par Taltération de ses formes , tandis que le cuivre ne perd par-là que le tiers de sa valeur. £n supposant que la dépense première fût double , la durée étant plus que deux fois aussi grande, il y aurait toujours économie réelle ù employer le cuivre. Le poids plus considérable qu'il faut donner à la fonte pour obtenir la même résistance , oblige à faire des constructions plus solides pour la soutenir. La comparaison avec les autres métaux est encore bien moins soutenable. La tôle «de fer> bien plus oxidable que le cuivre, est plus difficile à travailler , en sorte que, façonnée eu chaudières et en tuyaux épais, elle re*

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