‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 26 sur 59 · CHAUSSURE · texte numérisé non relu

CHAUSSURE

Perfectiomiement de ia chaussure -

Les recherches les plus importantes dans Part du cordonnier sont, sans contredit, celles qui sont relatives aux moyens de rendre les^chaussures impénétrables à rhumidité. Plusieurs procédés ont été essayés. H. Christian, directeur du conservatoire des arts et métiers à Paris, a communiqué en 1817, à la Société d'encouragement, le procédé suivant, qu'il assure.lui avoir parfaitement réussi. ,

c On sait, dit-il, que le défaut essentiel des bottes et des souliers, -est d'être mal cousus; le consommateur ne s'en aperçoit pas d'abord , la semelle extérieure étant parée avec soin , et la couture masquée à Taidc -d'un fer chaud, qui souvent brûle ou dessècKt^ Uîr^\\\ 1. ^

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mais ce n*est pas là le seul défaut des chaussures. Pour qu'elles soient bien confectionnées et impéné*^ trahies à rhumidité, il faut que la trépointe, et la première semelle attachée à Tempeigne» soient coa<» sues avec soin et à petits points avec du fîl bien poissé; et c*est précisément ce qui n*a pas lieu. Les ouvriers» étant payés à la pièce ^ négligent cette partie essentielle de leur travail. Le maître ne peut pas toujours s*en apercevoir^ puisqu'on lui apporte Tonvrage tout fait ; il lui suffît que le soulier ait de la grâce et chausse bien.

» Il est facile de remédier à cet inconvénient; c'est d'exiger du cordonnier qu'il vous apporte la chaussure avant que la seconde semelle y soit attachée; dans ce cas on est assuré que Touvrier aura soin de coudre la trépoiote à petits points bien serrés.

« Pour rendre le soulier imperméable 9 on se sert de la composition suivante :

1 Faites fondre dans un pot de terre vernissé que vous placerez près du feu, une quantité quelconque de bon goudron ; ajoutez-y un peu de gomme élastique coupée en lames bien minces, et préalablement ramollie à la vapeur de Teau chaude ; remuez le mé^ lange avec une spatule de bois pour faciliter la dissolution de la gomme. Ensuite passez cette composition encore chaude > avec un pinceau, sur la trépointe et la première semelle en la tenant près du feu. Enduisez-en d'abord la couture ^ ayant soin de laisser un petit espace non recouvert le long du bord , puis toute la surface, et répétez cette opération jusqu'à ce que la couche ait acquis l'épaisseur de deux cartes à jouer. Faites .«lécher, et rendez ensuite la chaussure au cor-

DES Aan ET MJÊTIERS. I7I

donnier , pour qu^il y attache la seconde semelle* La composition dont nous venons de parler, interposée entre les deux semelles, rend les souliers parfaitement imperméables, i

On eonnatt les chaussures dites eorioctaves inventées dans les États-Unis, et pour lesquelles M. Barnet a prit eu France un brevet d^importatien en 1810. Le soulier est cousu avec de petites pointes de fer , sans employer le fil en aucune manière dans la couture des semelles. €e procédé est fort simple : il consiste à placer, à la manière ordinaire, Tempeigne cousue aux quartiers et la première semelle, sur une forme en fer fondu ou en bois, roconverte d'une tôle épaisse; à faufiler ou à attacher, d'une manière quelconque, Tempelgne avec la première semelle, avee ou sans trépointe; à rabattre bien au marteau les bords de Tempeigne ; à assujétir la seconde semelle sur le soulier; à percer tous ces cuirs ; et enfin à enfoncer les clous un à un dans les trous pratiqués trèsprès les uns dès autres, et cependant à distances égales.

Les clous ont la forme de petits coins très-allongés; on les découpe à la cisaille dans une lame de tôle très-douce. On conçoit que la pointe du clou arrivant sur la forme en fer après avoir traversé tontes les épaisseurs, se refoule et se rive, et serre parfaitement tout l'ouvrage.

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