CIRAGE POUR LES CHAUSSURES
Noir d'ivoire 3,5oo grammes.
Mélasse 3,5oo.
Acide sulforique • 4^.
Acide muriatique 4^o«
Acide acétique faible Xi7oo.
Gomme de pays. . aoo.
I{aile d'pUye aoo.
lOfOOO.
Otn étend Facide sulfurique de six fois son poid» d*eau; il faut ajouter avec précaution Tacide sulfurique dans Teau^ en mettre peu à la fois et bien agiter^ afin que la température ne s'élève pas trop rapidement , ce qui mettrait le vase en danger de. casser. On £pLit un mélange étendu de cet acide avec l'acide hydrochlorique et la mélasse dans une grande terrine de grès; d'un autre côté, on délaie le noir dans une quantité d'eau suffisante pour eu faire une bouillie épaisse; puis on y ajoute peu à peu la liqueur acide , en agitant bien , afin d'accélérer le dégagement de gaz qui a lieu, et pour éviter que le mélange ne se prenne en masse ou ne forme des grumeaux. Lorsqu'on a ainsi obtenu un magma bien battUi on le délaie dans l'acide acétique faible (ou vinaigre. ordi* naire)^ puis on y ajoute la gomme dissoute d'avance dans quatre ou cinq fois son poids d'eau , et l'huile. On bat bien le tout ensemble; enfin, on met la quantité d'eau nécessaire pour compléter un volume de 17 litres l , qui produit 70 bouteilles de cirage d'un quart de litre chacune» On aromatise quelquefois
AE8 ABT8 Et METIEBS. l^S
avec une essence commune 9 telle que celle de romarin.
Il faut bien agiter le mélange lorsqu'on le met en bouteilles , afin que les parties d'une densité différente ne se séparent pas les unes des autres.
Le cirage qu'on doit expédier au loin , ou qui peut rester long^temps dans les boutiques ^ est susceptible d'entrer en fermentation ; et la grande quan.tité d'a<cide carbonique qui se développe pendant la conver-»sion de la mélasse en alcool^ détermine dans les bouteilles une pression capable de les faire casser. Pour prévenir cet accident, il suffît de faire bouillir dans feau, pendant une demi-heure^ toutes les bouteilles bouchées y selon le procédé de conservation de M. Appert ; on atteindrait probablement le même but en mêlant une petite quantité d'acide sulfureux.
Cette composition est formée^ d'après les réactions des acides sulfurique et muriatiquo sur le noir d^ivoire, de muriate» de sulfate et de phosphate acide de chaux , de charbon et des autres ingrédiens employés à la préparer, et qui subissent peu d altération parleur mélange. L'acide muriatique que Ton emploie maintenant pour remplacer en partie Tacide sulfurique, forme» avec la chaux, un sel soluble et déliquescent qui entretient la souplesse du cuir, et ne produit pas Fapparence terne qui résultait d'un excès de sulfate de chaux.
On peut substituer à la gomme et à la mélasse, un sirop formé par la réaction de Tacide sulfurique sur la fécule de pommes de terre , selon le procédé de Kirkofr.
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Exceiicnt cirage luisant pour les hottes et les souliers. ( Sans autre acide que le vinaigre. )
Procédé pour faire ce noir. On pile dans un mortier deux kilogrammes de sucre candi et quatre kilogranmies de noir d'ivoire superfin. Lorsque le tout est passé au tamis de soie , on remplit le mortier de charbon bien ardent pour le chauffer le plus possible, ensuite on le vide et Ton passe dedans un quart de litre de vinaigre blanc , mêlé d'autant d'eau de rivière, et un demi-kilogramme de mélasse, que l'on jette ensemble pour qu'ils fassent corps , et aussitôt on y verse la poudre du iikélange de sucre candi et de noir 'qui a été passé au tamis de soie. Oa pile de nouveau pour donner au mélange la forme d^une pâte fine et très-épaisse, que l'on retire lorsqu'elle est froide pour la mettre en baril, où elle achève de sécher : cependant on pourrait l'employer de suite.
Emploi de ce double noir. Aprte avoir humeeté, en le trempant dans l'eau, un piaceau roide, vous l'appliquez fortement sur le double noir; ce qui s'y attache suffît pour être étendu sur le bout d'une vergette dure et serrée, avec laquelle vous frottes tout un soulier ; sitôt après, polissez vivement avec l'autre bout de la vergette, et vous aurez à Tinstant même un brillant qui ne tache pas, ne porte aucune mau<» vaise odeur, et rend le cuir doux et imperméable.
La première fois qu'on applique de ce double noir, on doit avoir soin de bien décrasser la peau et la laisser sécher, de manière qu'il y reste encore un peu d'humidité ; après quoi on commence l'opération comm^ il vieut d'être dit.
DES ARTS BT MÉTIEES. i^S
CHOUCROUTE C^^^P^^^^^^^ ^^ la).
( Savee xeaut des allemands. )
On désig^oe par ce nom un aliment salubre qui nous est venu du nord; on en fait un grand usage, et il est très-utile comme approvisionnement dans les voyages de long cours.
On prépare la choucroute avec le choU''Caius blanc 9 de la manière suivante : après avoir enlevé les grandes feiiilles pendantes et la tige, on coupe le chou-pomme en le rabotant syr une coiomée de tonnelier , en tranches minces qui se divisent d'ellesmêmes en rubans. On étend au fond d'un tonneau propre qui a contenu du vinaigre ou de Teau-de-vie, un lit de sel marin gris , dît sei de cuisine. On met par-dessus une couche de choux divisés, de 3 à 4 pouces d'épaisseur, sur lesquels ou saupoudre une poignée de baies de genièvre ou de semences di^ carvi , pour aromatiser. On ajoute un second lit de sel, puis une couche de choux de même épaisseur^ que l'on aromatise de même, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le tonneau soit plein. Dès la troisième couche , il est nécessaire de bien fouler les choux le plus possible, soit avec une bûche arrondie, soit comme le pratiquent les Allemands, en y faisant descendre un homme qui piétine avec ses bottes.: on répète ensuite la même opération à chaque couche que l'on ajoute, et l'on termine par une couche de sel. La proportion qu*il en £aiut est d'une livre environ pour 5o de choux.
1^6 LCS SECRETS MODBRNBS
On couvre le dernier de sel avec de grandes feuilles vertes, sur lesquelles on étend une toile humide 9 et Ton recouvre le tout avec le fond du tonneau , que Ton charge d'un poids de 100 à i5o livres , pour empêcher que la masse ne soit soulevée pendant la fermentation.
Les choux ainsi comprimés et environnés d'un sel déliquescent) laissent écouler Téau de végétation qui dissout le sel marin , et qui devient acide ^ fétide et boueuse; on la tire à Taide d'un robinet, puis on ia remplace par une saumure nouvelle que l'on change encore au bout de quelques jours. On conti^ nue à prendre ces soins jusqu'à ce que la saumure ne contracte ptus de mauvaise odeur ; ce qui arrive dans Tespace de 12 à 18 jours , suivant la température du lieu : il' est nécessaire qu'elle ne soit pas trop élevée.
La choucroute préparée de cette manière et tenue dans un lieu frais, s'y conserve pendant toute l'année; elle a un goût acide très-prononcé , et une sa« veur particulière assez forte, qui ne paraissent agréables qu'après avoir mangé plusieurs fois de cet aliment.
Pour conserver la choucroute dans les transports et les approvisionnemens de mer, il faut la changer de tonneau, la bien fouler, y mettre une saumvire nouvelle, et fermer avec soin le baril qui la contient. Les fûts qui Ont servi à l'eau-de-vie sont très-'propre» à conserver la choucroute; lorsque l'on craint qu'elle ne s'échauffe et fermente de nouveau , on doit renouveler la saumure , ou, si Ton ne pouvait se procurer de la saumure fraîche, on soutirerait celle qui se
DES ABTS ET METIEBS^ 1^7
gâte, on la ferait bouillir, et on la remettrait dan^ lo baril , après Tavoir laissée refroidir. Lorsque Ton peut y ajouter un ou deux millièmes d'acide sulfu-^ reux, ou mieux encore de sulfate de soiute, on est bien plus assuré d'une plus longue conservation.
CIRE C Blanchiment de la J.
On parvient facilement, avec un peu d'habitude^ à reconnaître les cires qui ont été altérées par laddi* tion de quelques matières grasses. La cire mélangée répand une odeur désagréable et une fumée plus épaisse, étant projetée sur des charbons ardens; mais surtout on éprouve beaucoup de difficulté pour Ten* lever de dessus les étoffes à Taide de Tesprit-de-vin. Lorsque la cire est pure, Tesprit-de-vin l'égrène surle-champ, tandis que dans le cas contraire elle est très-adhérente et fait tache. Il n'en est pas de même par rapport à la matière colorante, rien n'indique d'avance «on genre de destructibilité : on sait bien que les cires de tel canton se décolorent plus aisément que celles de tel autre ; mais en admettant môme qqe cela fût constant pour un même pays, ce qui n'est pas toujours vrai, on n*a aucun moyen de reconnaître l'origine des cires, une fois qu'elles sont versées dans le commerce : il faudrait pouvoir les acheter sur les lieux mêmes. Ceux qui s'occupent du blanchiment et de la purification de la cire, les achètent pêlemêle, et les soumettent à l'essai avant de se détermi* ner sur le triage qu'ils ont à eu faire pour les divers usages. Voici comment on y procède.
I^S tes StCltETS MODEBBES
On numérote d*abord tous les pains de oire, on enlève ensuite sur chacun d'eux quelques raclures, à Taide d*un instrument tranchant; puis ou distribue ces raclures dans un casier porté sur des tréteaux, et l'on a soin que chaque échantillon soit placé dans une case de numéro semblable à celui du pain de cire d'où il provient. Les choses étant ainsi préparées , on expose ce casier à l'action successive de la rosée et des rayons solaires : de temps en temps on renouvelle les surfaces j et l'on continue ainsi jusqu'à ce que le blanchiment en soit achevé. On tient note du temp« exigé par chaque échantillon. Tous lés pains de cire étant essayés par cette méthode, on réunit en un seul tas ceux dont les échantillons ieorrespondans ont atteint le premier blanc , et l'on assortit de même ceux de denxiètne et de troisième blanc. Enfin , on met à patt les pains de cire qui n'ont donné qu'un blanc {auhàtre ou grisâtre , ou qui ont résisté tout-à-fait à *âotion de la lumière. €es pains de cire réfraclaire int ordinairement réunis avec ceux qui contiennent ne trop grande porportion de suif ou de résine , et n en fait une qualité commune qu'on réserve pour ^tre vendue aux frotteurs. Tel est du moins l'usage f établi dans une des plus belles manufactures de l'rance, celle d*Ântony, près de Paris.
Chacun des trois lots de cire reconnue propre au blanchiment , est traité à part pour former autant de sortes différentes ; qui sont ensuite appliquées à des usages spéciaux. Ce traitement se partage en deux opérations, la purification et le 6ianchiment. La première s'effectue en faisant liquéfier la cire dans uoe chaudière de cuivre éUmé et munie d'un conduit
DBS ÂÈtS BT MÉTIBll. ï^§
jittté à quelque distance au-dessus du fond , qui doit êire de forme elliptique. On verse de Teau dans la ^andière, mais de manière à ne pas atteindre le conduit qui se trouve placé à un tiers environ de la hauteur totale; on fait chauffer Teau et Ton ajoute la cire coupée par fragmens : on continue de chauffer graduellement, en ayant soin d*agiter sans cesse avec une grande spatule en bois, afin que la chaleur soit uniformément répartie et toujours tempérée par la présence de Teau. Lorsque la liquéfaction est complète 9 on a|oute une petite quantité de crème de tartre en poudre, environ 4 onces par quintal de cire, et l'on brasse fortement pendant quelques minutes, puis on laisse reposer. Lorsqu'on juge que la cire est suffisamment éclaircie , on ouvre le robinet pour la transvaser dans une cuve en bois, placée à la proximité du fourneau , et garnie à son extérieur de manière à s'opposer au prompt refroidissement. Là on laisse de nouveau la cire séjourner quelque temps, pour qu'elle se sépare du reste des impuretés. Enfin , -au moyen d'un robinet situé à la partie inférieure de cette cuve , on fait couler la cire dans une espèc e de poissonnière ou lîngotière percée à son fond de petits trous disposés sur une même ligne. La cire tombe en filets déliés sur un cylindre de bois en partie plongé : daDi4'«au, et auquel on imprime un mouvement régulier de rotation. La cire, en tombant ainsi, s^aplatit ■ par .son propre poids , et le mouvement du cylindre la •faisant toujours tomber sur une nouvelle placo , elle •ne peut s'accumuler en las, mais elle se convertit en hmières ou rubans qui présentent beaucoup de sur- -fiioe et peu d'épaisseur, c'e^t-À-dire qji't^^ «^ Vc^wh^
]8o LES SECBETS MODBaNES
dans un état de division convenable pour le blanchi^ ment; c'est ce qu'on appelle ^r^^er la cire. La cuve longue et aplatie, espèce de baignoire dans laquelle plonge le cylindre , est doublée en plomb ; Teau qu'elle contient est sans cesse rafraîchie à Taide d'un courant. On enlève la cire ainsi rubanée, et on la dispose sur de grands châssis de bois garnis de toile, qui sont placés dans un lieu très-aéré. Chaque jour on la remue plusieurs fois, afin d'en renouveler les surfaces; et lorsque le blanchiment ne fait plus de progrès , on refond et on rubane de nouveau la cire, pour l'exposer encore h l'action successive de la rosée et de la lumière. On ne cesse de réitérer ces opérations que quand on juge que le blanchiment est parfait.
Cette opération étant terminée, on refond la cire une dernières fois^ et quand elle est liquéfiée, on la passe au traveps d'un tamis de soie ou de crin serré , pour la couler ensuite , à l'aide d'un vase nommé écuion , dans des trous circulaires creusés de quelques lignes de profondeur, sur des tables en bois bien mouillées : on obtient ainsi de petits pains ou plaquettes de a onces environ , et c'est sous cette forme qu'on la livre au commerce ; elle prend alors le. nom dé cire vierge.
On a remarqué que si on enlevait la cire blanchie de dessus les châssis par un temps pluvieux et humide , non-seulement elle prenait une légère teinte grisâtrOy et on dit en fabrique qu'elle iisaiiie, mais qu'en outre on éprouvait un déchet assez considérable. Aussi a-t-on soin de ne pratiquer cette dernière opération que par un temps très-sec.
Les dépôts sont réunis pour être fondus de dou»
DES ARTS BT MBTIEB8. l8l
veau avec de Teau , et soumis ensuite à la presse. Le produit qu'on en obtient reste souvent grisâtre , même après le blanchiment 9 et Ton est obligé de le réserver pour la fabrication de ces bougies communes aux** quelles on a donné le nom de rats de cave; mais on a soin de donner les dernières couches avec de belle cire.
Les derniers résidus ou tourteaux d*oli la presse ne peut plus rien extraire, et qui cependant contiennent encore une certaine quantité de cire, sont ensuite vendus pour être employés dans nos ports. On s'en sert pour ajouter au goudron et lui communiquer de Télasticité.
Jusqu'à présent on n'est pas parvenu à appliquer avec avantage au blanchiment de la cire» le chlore ou les chlorures d'oxide. La cire, dans ce cas , acquiert trop de dureté, et perd toute ductilité.