CIRE A CACHETER
PREMIÈEE QUiXITé.
Quatre parties de gomme iaque première qualité, une partie de térébenthine de Venise, et trois parties de vermillon de Chine , le tout en poids.
Dans une chaudière destinée à cette. opération, placée au-dessus d'une .braisière remplie de charbons allâmes, on fait fondre. avec précaution la gomme laque; on y verse ensuite la térébenthine; on agite avec deux bdtons ronds, dont on tient un de cha€\ue
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maÎD, et euGn on ajoute le vermillon en remuant toujoars fortement. Lorsque ees substances sont bien mélangées 9 on forme les bâtons*
Il y a deux espèces de bâtons d€ cire à cacheter : les uns sont ronds ou carrés; les autres sont ovales^ unis ou cannelés et couverts , sur une face seulement^ de dessins ou d*ornemens , et du nom du fabricant : oe qui constitue deux manières d'opérer.
Pour former les hâtons ronds 9 Touvrier pèse une certaîoe quantité de matière quand elle est figée, mais pendant qu'elle est encore molle ; il en prend une quantité suffisante pour faire 6 bâtons ^ c'est-àdire une demi*livre, si la livre doit être composée de is bâtons, et un quart, ai la Uvre doit avoir a4 bâtonSt et ainsi à proportion. Il travaille sur une forte table percée d'un grand trou dans son milieu; au-dessous de ce trou , à une hauteur convenable , est une cassolette pleine de braise , et au-dessus une plaque de marbre bien dressée et bien unie. Cette plaque peut être en noyer ou autre bois dur , pourvu qu'elle soit bien dressée et bien unie ; mais le marbre vaut mieux , parce qu*il est moins sujet à se déformer par la chaleur. L'ouvrier pose sa composition , pesée comme il vient d'être dit, sur la plaque de marbre; il Tallonge id'abord en l'étirant avec les mains , aus0F également qu'il le peut, à quelques pouces près de la longueur convenable pour les 6 bâtons; ensuite, à l'aide d'une ^potissoirej il Tarrondit et l'étiré jusqu'à la longueur voulue. Alors il passe son travail à un autre ouvrier qui le polit. La potissoire est une planche rectangu* taire, faite en bois dur, bien unie au-dessous et aor* montée d'une poignée.
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' Le second oo?rier ronk^ à l'aide d'une polissoire semblable , qui peut être en bois, mais qui vaut mieux en maii>re bien poli par^dessous , suf un marbre bien dressé et bien poH, fusqu^àce que le bâton soit entièrement froid; ensuite il polit ces bâtons. Ce polis* sage consiste à donner le brillant à la cire par le moyen du feu. Pour y parvenir, il se sert d*un fourneau particulier qu'il nomme fourneau à grilles. Ce fourneau est formé de trois pièces : i" d'une braisière en fonte et à 3 pieds ; a* de deux réchauds à g;rilles. Ces réchauds sont disposés de manière que les grilles se regardent. On plaoe d'abord dans le fond des charbons allumés , ensuite on les remplit de charbon.
Tout étant ainsi disposé 5 et le fourneau à grilles placé sous un manteau de cheminée, pour l'évacuation des vapeurs mortelles du charbon , Touvrier , assis en face du fourneau, passe les bâtons entre les deux grilles» en tournant conlinuejlement d'un bout à l'autre, jusqu'à ce que la chaleur du feu leur ait donné le brillant. II laisse refroidir assez pour ne pas altérer le poli avec les doigts, mais pas assez pour que la cire soit entièrement froide et cassante. Au mo* ment convenable, il marque profondément la Ion* gueur du bâton, ài'aide du campas ou monte , afin de les cas#|r facilement lorsque les bâtons seront parfaitement refroidis.
Les bâtons carrés ne sont guère d'usage , mals^ lorsqu'on veut en avoir , c'est le même ouvrier qui leur donne cette forme, en les aplatissant pendant que la cire est encore molle.
Lorsque les bâtons sont bien secs et coupés, on les approche de très-près par leurs bouts de la flamme
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d' une lampe ou d^une |30ugîe , mais sans les y plonger, ce qui les noircirait; et lorsque le bout est assez mou, on applique un cachet eu creux qui donne en relief d'un côté le numéro de la cîre^ et de l'autre la marque du fabricant.
Les bâtons ovales, cannelés ou non, se font dans des moules ; on y coule dedans la pâte liquide, et on laisse refroidir; ensuite on les place dans d'autres moules, en acier poli, qui portent les impressions et les divers ornemens que le fabricant a adoptés, ainsi que son nom et la qualité de la cire. Les bâtons sortent parfaitement polis- de ces moules.
Ou appelle cires à eachtUr dà couleur celles qui ne sont pas rouges ; elles se font de la même mauière : c'est la même composition, avec la seule dif* férence qu*on substitue au cinabre ou vermillon , la couleur en poudre qu*on veut donner. Les couleurs sont prises dans les oxides métalliques, à Texception du bleu et du vert surtout , pour lesquels on emploie rindigo.
Les cires marbrées se fabriquent par un procédé analogue à celui qu*on emploie pour faire le papier marbré. On a plusieurs chaudières, dans chacune desquelles est une composition colorée, du tou-et de la couleur qui doit entrer dans la marbruve. On verse ces cires colorées, les unes après les autres, dans la chaudière qui contient celle qui doit faire le fond, et Ton agite fortement avec les bâtons. Cette cire n'étant pas fluide, s'interpose irrégulièrement avec la cire du fond , et la marbrure est très-agréable. Il ne faut qu'un peu d'intelligence et de goût pour réussir parfaitement.
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La cire d*or se fait de la même manière que la cire de couleur ; elle n^cst pas marbrée. On y verse de la poudre d*or, lorsqu'elle n'est plus que peu fluide ^ et Ton agite fortement Les paillettes se répandent dans la masse et imitent Taventurine. On appelle poudre d*0T une espèce de mica qui porte le nom d*OT de chat, et dont on se sert pour répandre sur récriture et dessécher Tencre.
Pour la cire parfumée , on peut faire entrer , au moyen d'une huile essentielle , telle odeur qu'on désire dans la cire. Le plus ordinairement c'est du musc. Ou verse Tessence au moment où la composition se fige , et l'on brasse bien , afin de la répandre uniformément.
La cire noire ne diffère de la rouge que parce qu'^u lieu de vermillon, on y incorpore du beau noir de fumée de Paris. Ce noir est plus léger et moins gras que le noir d'Allemagne. Pour la cire noire on emploie la gomme laque de troisième qualité et la térébenthine de Suisse.
Dans les cires de basse qualité , on diminue de plus en plus la proportion de gomme laque, et l'on augmente d'autant celle des autres résines.
Le dorage des cires inférieures consiste à les couvrir d'une pellicule de cire fine. Pour cela l'ouvrier qui polît les bâtons a près de lui une boîte, ouverte par un des petits côtés, qui contient de la matière de belle cire à cacheter réduite en poudre. Lorsqu'il a ramolli le bâton entre les deux fourneaux à grilles dont on a parlé, il le plonge dans la poudre, elle s'y attache; il présente le bâton entre les grilles, cette poussière se fond, se polit ^ et vernit ainsi la cire ia« îérieuro.
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