‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 31 sur 59 · CONSTRUCTIONS · texte numérisé non relu

CONSTRUCTIONS

Couvertures plates imperméables pou/r les maisons.

On forme un comble presque plat, ne lui laissant que la pente nécessaire pour Técoulement des eaux pluviales.

On commence par poser sur les soliveaux du dernier étage , un plancher bien joint , en planches de sapin de six lignes d'épaisseur, placées en long, dans la direction de la pente au bas de laquelle on les cloué.

On applique sur ce premier plancher une couche de goudron môIé avec de la poix, sur laquelle on colle

^DBS ABT8 ET METIElld. I89

de grandes feuilles du même papier em{doyé pour le doublage du fond des vaisseaux^ et dont le dessous a été aussi goudronné.

On commence à les poser sur les bords extérieurs de la terrasse^ en faisant déborder la seconde feuille d^environ un pouce sur la première^ etc. 9 et on goudronne- cette couche de papier en-dessus.

On pose alors un autre cours de planches, dont le milieu couvre les joints des premières , sur lesquelles on les cloue dans la partie inférieure.

Ces planches sont goudronnées des deux côtés , et recouvertes d*une dernière . couche de papier semblable en tout à la première.

£n6n^ on termine cette couverture en la saupoudrant d*une couche de mâchefer ^ et de déchet de forges , de verreries , de fraisil de charbon de bois > réduits en poudre ^ et qui ne tardent pas à former incrustation avec le mélange de goudron et de poix.

Enduit pour ia conservation des couvertures

d'édifices.

La composition proposée par M. Pew est destinée à former une espèce de mastic inaltérable et incombustible. Pour cet effet , il prend de la pierre calcaire la plus dure et la plus pure qu*H puisse se procurer , et totalement exempte de sable 9 d'argile ou de toute autre matière hétérogène ; le marbre blanc est ce qu'il y a à préférer. On met calciner celte pierre calcaire dans un fourneau de réverbère; ensuite on la pulvérise » on la passe au tamis , et on en prend une partie en poids I qu'on mêle avec deux patl\t% Al %t%A.^ V\^t^

I^a ISS SECBETS MODEBHES

La coupole devait être grattée au vif ^ pour enleva le fond de .colle et de blanc de plomb dont eUâ^tait couverte; on devait ensuite , au moyen d^un grand réchaud de doreur, chauffer successivement et fortement tout l'intérieur de la coupole , en opérant sur un mètre carré à la fois, et y appliquer le mastic à la température de loo degrés environ avec de larges pinceaux. Â mesure tjue la première couche serait imbibée, elle devait être remplacée par une seconde, et ainsi de suite jusqu'à ce que la pierre refusât d'en absorber. Pour faciliter l'absorption , la pierre^ dans le cours de rimbition , devait être chauffée de temps à autre une à deux fois, suivant son degré de porosité. Dans tous les cas, la chaleur devait être aussi élevée que possible, sans être portée toutefois au point de charbonner l'huile. Enfin , les murs étant imprégnés d'enduit , bien unis et bien secs, ils devaient être recouverts de blanc de plomb délayé dans l'huile , et c'est sur cette couche blanche qu'on devait peindre.

Notre projet fut adopté; M. Rondelet se chargea de l'exécuter, et mit bientôt M. Gros à même de faire un nouveau chef-d'œuvre, qui, reposant sur une base aussi solide, n*éprouvera par la suite d'autre altération que celle que les couleurs pourront recevoir de Fair et de la lumière.

Des gouttelettes d'eau, semblables à celles de la rosée, et qui couvraient, presque tous les matînsi en nombre infini, les voûtes de la coupole, donnèrent d'abord de l'inquiétude à l'auteur du tableau. Pour nous, nous n'en avions aucune, et Tauteur lui-même commença à se rassurer lorsqu'il vit ces gouttelettes paraître et disparaître souvent sans laisser la moindre

DlK AatS ET MériBRfl. 1^3

attéraiion : aujourd'hui plus de quinze années d'épreuves saivîes ont dissipé toutes les craintes.

£'enduit de cire et d*huile ne met pas seulement la peinture à l'abri de Thumidité; il prévient encore ViméUf par Timpossibilité où se trouve Thuile d'être absorbée, et dispense le peintre de vernir son tableau, avantages dont il est facile de sentir tout le prix.

L'épreuve de notre enduit, faite sur la coupole supérieure de Saiute-Geneviéve^ avait eu trop de succès pour que nous ne désirassions pas de voir préparer de la même manière les quatre pendentifs qui appartiennent à la grande coupole ou coupole intérieure de la même église , et que M. Gérard doit peindre incessamment. Aussi ce célèbre pdntre a-t-il accepté avec le plus grand empressement la proposition que nous lui en avons faite. L'enduit, sous notre direction, a été appliqué par M. Belot avec des soins qui ne laissent Hen à désirer , et tels que , encore bien que la pierre soit extrêmement dure, il a pénétré de i^ à a lignes.

Il était naturel que nous cherchassions à savoir si l'enduit dé cire et d'huile pouvait s'appliquer sur le plâtre comme sur la pierre, le durcir, lui donner la faculté de résister à l'eau , et le conserver. De nombreuses* expériences furent faites dans ce dessein, et la preuve nous est acquise que, sous ce point de vue, il sera d'une grande utilité ; on en jugera par les échantillons que nous mettons sous les yeux de l'Académie. L'un est un bas-relief, et l'autre un portrait, tous deux à moitié imprégnés d*enduit; on les a placés sous des gouttières pendant très-long-temps, et l'on voit que toute la partie du plâtrer put a été fortement attaquée, rongée, dissoute, tandis quec^VV^o^v^v^^

194 ^^ SECaETS MOIARKES

imprégnée d^enduit o*a souffert aucune altération. Le procédé d'application est ici le même que pour la pierre ; lious remarquerons seulement que le Cbq doit être ménagé , autrement le plâtre se décomposerait : i) supporte aisément de loo à 120 degrés de chaleur; mais on ne Tezposerait pas impunément à i45 degrés. D'ailleurs il s'imbibe facilement ^ et l'opération ne présente point d'obstacles.

Maintenantque l'on connaît le procédé d'imprégner les pierres et le plâtre dje l'enduit de cire jet d'hqile cuite» nous allons parler des autres applications que nous avons faites ou que l'on peut faire de cet enduit , soit qu'on l'emploie tel que nous en avons donné la composition , pour des ouvrages précieux où l'économie de la cire doit être comptée pour peu de chose , soit qu'on remplace la cire par la résine, et qu'on forme alors l'enduit d'une partie d'huile lithargirée et de deux à trois parties de résine, commis quand il s'agit de garantir un n^ur de Thumidité.

4ssainùsement des appartemens ou iieux ifas et

^ humides»

La Faculté des sciences possède à la Sorbonne deux salles dont le soi est de'plusieurs pieds au-dessous de celui des maisons voisines » du côté du levant et du midi. Les murs, à cette exposition, sont très-salpètrés. On crut devoir les couvrir de plâtre, il y a quelques années, dans respérance de rejeter les sels au dehors; mais les sels traversèrent la couche de plâtre qu'on leur avait ppposée, et reparurent bientôt dans rintérieur^ entretenant une telle humidité^ que le

DES ÀBT8 ET lliTlERS. I'qS

pïâtre perdit de sa consistance, et qne le local devint inhabitable, même en été. C'est ^ur ces deux salles que notre expérience fut tentée. Nous allons la décrire telle qu*elle a été faite.

L^enduit a été composé d'une partie d'huile de lin cuite avec rf^ de son poids de litharge et deux parties de résine. Celle-ci a été fondue dans l'huile lithargirée, en employant une chaudière de fonte et ménageant le feu. D'abord la matière s^est boursouflée fortement; mais ensuite elle est restée en fusion tranquille. Parvenue à ce point, on Ta laissée refroidir pour la fondre de nouveau , et s'en servir au besoin.

Les murs étant très-humides, ont dû être séchés avec le réchaud de<loreur. Celui dont nous avons fait usage avait environ 1 8 pouces 6 Kgnes sur 1 4 pouces 4 lignes, en sorte que nous séchions à la fois une surface de a pieds carrés environ. Il portait de chaque côté, à la partie supérieure, antérieure et latérale, deux anneaux à demi-fermés qui servaient à l'accrocher à une tringle de fer horizontale de 4 pieds lo pouces de long. Les deux bouts de cette tringle étaient reçus dans des entailles à crémaillère, qu'on avait faîtes sur les bords de deux planches verticales, éloignées l'une de l'autre de 4 pieds 7 pouces, et unies entre elles par deux traverses, Tune supérieure et l'autre inférieure. Ces planches qui , avec leurs traverses, formaient une espèce de châssis facile à tr-ansporter , avaient presque la hauteur des salles (environ 9 pieds 10 pouces); on les plaçait à distance convenable du mur ; mais comme le fourneau tendait à s'en rapprocher par trop, dans la paTlie \u\fet\fi\xx^ ^

196 IBS SEGEET8 MODEENBg

on- l'en tenait éloigné au moyen de deux petites broches vissées près des extrémités de la grille , o^estràdire au bas du fourneau et sur ses côtés. D'ailleurs ce fourneau, par-derrière, était muni de deux poignées, au moyen desquelles on le faisait mouvoir ou glisser sur les tringles très-commodément.

D'après ce qui précède , il est facile de voir comment Topération se faisait. L'appareil , G*est-ft-dire le fourneau , la tringle et les supports à crémaittère^ ou le châssis, était placé devant une partie du mur» et y restait jusqu'à ce que cette partie fût enduite. SUe se partageait, pour le travail, en huit bandes hori>zoDtales qui avaient chacune la hauteur du fourneau (4déciiâètresJ,et troîs,fois sa largeur (i5 décimètres); on commençait par sécher les plâtres , et quand Us étaient bien secs» on les chauffait de nouveau et successivement pour y faire pénétrer le mastic, comme pous l'avons exposé précédemment : c'était la bande supérieure qu'on enduisait d'abord. A cet effet , lors* que le premier espace qu'on voulait enduire, espace égal à la surface du fourneau ou au tiers de la bande, était convenablement chaud, on déplaçait le fourneau en le faisant glisser sur la tringle qui lui. servait de support, et pendant qu'un second espace était chauffii, 00 appliquait le mastic en fusion parfaite sur le pre* mier : seulement, si le mastic ne s'absorbait pas bien, on l'exposait à Faction du feu en rapportant le fourneau et le tenant à distance convenable ; dès-Ions , des bulles d'air se dégageant en grand nombre, l'absorption avlait lieu en très-peu de temps. On contir nuait ainsi d'appliquer le mastic jusqu'à ce que le jojâtre jefusât de s'^ imprégner. Cinq fortes couohes

I>B8 ART6 ET lUÈTIEBS. ig^

farent absorbées ; la sixième ne le fut qu'en partie , et forma à la surface du mur un léger glacis qui finit par prendre beaucoup de dureté.

La bande supérieure étant enduite de mastic ^ on descendait le fourneau et la tringle d*environ t\ dé* cimètres; on faisait sur la nouvelle bande, et par suite sur toutes les autres ^ ce qu'on avait fait sur la première.

La surface totale était de 94 mètres carrés^ environ 24 toises. La dépense , noa compris la main d'œuvre, fut de 16 sous par mètre carrée ou de 5 fr. 20 c. la toise; elle serait moindre sur la pierre, par la raison toute simple qu'il y aurait moins d'enduit absorbé* Les plâtres sont devenus durs en peu de temps ; Tonglc aujourd'hui ne les raie que difficilement. Dans deux endroits , ils avaient-été trop chauffés ; on les a refaits. S'ib étaient trop salpêtres , le mastic n'y pé* nétrerait qu'à peine , et pourrait même se détacher au bout de quelque temps sous forme de plaques ; dans ce cas 9 il faudrait les remettre à neuf: Topération sur les plâtres neufs et secs réussit toujours' bien.

On pourrait encore, et c'est peut«êlre ce qu'il y aurait de mieux à faire pour les lieux extrêmement salpêtres, détruire les plâtres, unir le mur à la hachette, le jaintoyier^ le couvrir d'enduit, et mettre par-dessus un papier sur toile.

Rien ne s'opposerait à ce que, dans les rez-dechaussée, Ton se mit aussi à l'abri de l'humidité du sol : là oii les salles devraient être parquetées, on ferait une aire en p^lâtre que Ton enduirait de mastic, et sur laquelle le parquet serait posé au moyen de Iftinbourdes; et là ob il devrait y avoir d»^ ^^iXV^ ^\x.

IgS LES SEGBETS MOOBRHU

des carreaux 9 oe géraient les carreaux eux-mêmes ou les dalles qui seraient enduits. Si ce procédé ne paraissait pas suffisant, il en est un autre qui serait infaillible pour les salles parquetées et chauffées par un poêle; ce serait de construire une aire, comme nous venons de le dire, et de se servir de Tair de la chambre pour alimenter le poêle « mais en le faisant circuler auparavant sous le parquet. D'ailleurs on tirerait de Tair du dehors, qui se rendrait, comme à l'ordinaire» dans les bouches de chaleur, et de là dans la chambre.

Préparation des plafonds qui doii)tni être peints*

On sait que la peinture sur les plafonds en plâtre se détériore peu à peu. Nous sommes convaincus qu'en les imprégnant d'un enduit de cire et d'huile lithargirée , comme nous Tavons fait pour la coupole et les pendentifs, on les conserverait presque autant que s'ils étaient de pierre, et que les couleurs n'éprouveraient pas plus d'altération que- sur lat toil«. On pourra nous ohjectec sans doute qu'il y: aura de rhumidité Jtransmise par la partie supérieure ; qu'elle diminuera peu à peu la cohérence du plâtre, et finira par le détacher en morceaux ; mais nous répoa* drons que nous pouvons faire pénétrer l'enduit à une grande profondeur, et que le plâtre prend une si grande dureté qu'il imite la pierre. Cela est si vraî» que l'angle de la tablette d'une cheminée, au labo* ratoire des essais de la monnaie , ayant été cassé , on a pu remplacer le morceau par du plâtre imprégné après coup, d'enduit à la cire. L'opération a été faite

DÉS ÀHTS ET HJ^TIEBST. I99

ctepuia qaioze ans, et cependant le morceau rapporté, qaoique exposé à un frottement continuel , ne paraît pas usé f et fait si bien corps avec la tablette dé pierre de liais, que lés joints né s'aperçoivent pas. Ainsi, dans la préparation des plafonds, et surtout des plafonds voûtés, le plâtre, durci par Tendult, prendrait tant de solidité qu'il résisterait sans doute à de petites quantités d'eau transmises par les parties extérieures; et nous avons tout lieu de croire que si le plafond de la salle des antiques , peint par Barthélémy, en Tan X, eût été imprégné d'enduit, il existerait encore aujom'd'hui; tandis qu'il a été détruit en iSao par une infiltration d'eau provenant de la salle au-dessous de laquelle il était placé.

Statues et àas-reliefs en piâtre , rendtM inaltéra^

êtes à i'air.

Puisque le plâtre imprégné d enduit de cire et d*huile lithargirée n'est altéré, du moins pendant plusieurs mois , ni par la pluie , ni par les courans d'eau , ni par l'eau tombant des gouttières, on voit le parti qu'on en peut tirer pour faire des statues et de^ bas-reliefs en plâtre qui résisteraient probablement aux injures de l'air; et, si d'un aut^e côté, nous faisons remarquer que cet enduit peut être uni à du savon de cuivre et de fer , si nous ajoutons qu'il remplit tous les pores du plâtre sans rien laisser à la surface, sans former d'épaisseur, sans empâter les finesses de la gravure, et sans rendre flous les traits qui y sont sculptés , on en conclura qu'il serai ^^*&^^Vb

aOO LES SBCBETS ttODERNBS

de se procurer à bas prix (i), pour orner nos poonomens, et peut-être nos jardins, de belles statues de plâtre, qui auront la couleur du bronze, et qui seront bien préférables à celles que Ton peint avec les .couleurs à rhuile. Les modèles que nous présemtonsà TAcadémie lui feront sans doute partager pptre ppinion. L'exécution n'offre aucune diillculté.

On prend de Thuile de lin pure ; on la conv^^rtit <*»

(i) Les difierenies opérations que nous avons eu occasion de fidre, ■aooâ ont prouvé que le plâtre sec, pénétré de composition , en absorbait entiron 3o centièmes de son poids , et quHl fallait au plus a,5oo grammes de composition pour préparer à o,oia mètres de profondeur, une table en-plfttoeayMit I mètre carré de superficie.

Nous avons en outre reconnu que le kilogramme de composition prête à être employée ne revenait au plus qu*à 4 francs ; nous allons appliquer ces données à révaluation approximative de la somme quHl faudrait dépenser pour obtenir un plâtre de la yénus de Médicis parfaitement préparé.

M. le comte de Glarac, conservateur des antiques du musée royal, ayant eu besoin de connaître la surface développée de cette statue , la fit calculer

par trois méthodes dififérentes^ et arriva à ce résultat > que la surface de la

^ fi 2 Vénus de Médicis développée était de a3 pieds carrés î^^JôÔ' ®^ * mètres-

carrés 4i647.

11 faudrait donc , pour pénétrer complètement cette statue , en loi acqpposant partout une épaisseur de o,oia mètres , employer au plus 6 kilogrammes de composition.

Voici à peu près ce que coûterait un plâtre de la Vénus de llédicis, préparé par le mode dont il est question.

Un plâtre de la Vénus, bien réparé, se vend xoo fr.

6 kilogr. de composition, k ê^ tr a4«

X hectolitre de coke pour chauffer Tétuve ou pour le service du réchaud du doreur 4*

a journées de deux ouvriers peintres, a 5 fr ao.

Menus frais, pinceaux, linge, coton, etc a*

TotAl. ..... i5o fr.

Une copie de cette statue , en marbre , coûterait 7 ou 8^000 fr. ; une copie en bronze reviendrait à peu près au même prix : elle coûterait encore 3,oo(v à a.,4oo fr. ea la faisait faire en pierre tendre ordinaire.

savon neutre au moyen de la soude caustique ; pn ajoute ensuite une forte dissolution de sel marin, et Ton pousse la cuisson jusqu^au point de donner une grande densité à la lessive, et d'obtenir le savon nageant en petits grains à la surface de la liqueur. Le tout est mis sur un carrelet^ et quand le savon est bien goutté , oa le soumet à la presse pour en exprimer le plus de lessive possible. Alors on le fait dissoudd^e dan» de Teau distillée, et lV)n passe la dissolution chaude à travers un Itngè fiii. D'un autre côté, OD (ait diftBoudre dans l'eau également diatillée un mélange de 80 parties de sulfate de cuivnt et de au parties de sulfate de fer du commerce; on filtre la liqueur, et après en avoir fait bouiUlr une partie dans un vase de cuivre bien propre , on j verse peu à peu de la dissolution ée savon, jusqu'à ce que la dissolution métallique «oit com:plétement décomposée. Ce point 'dsè décompesition étant atteint, une nouvelle quantité de dissolntion dé sulfate de cuivre et de fer doit être if ers<^ dans le vase , la liqueur agitée de tempk en temps, et portée à rébulUlisn. DeceCle manière , le savon , jous forme de flocons , se trouve lavé dans *un excès de sulâite ; après quoi il doit l*élre successivement à graade eau l)outllante et à Peau froide ; puis il est pressé dans un iioge pour ressuyer c^ le sécher le plus possible , et c'est dans cet état que roB.s'en sert comme ir va être dit.

On fait cuire 1 kilogramme d'buâle de Im pure avec s5o grammes de iilharge pure en pondf« trèsfine* On passe le produit par un linge., et on le laisse d^MMcr A l'étune; il se clarifie assez çmm^^ ment. "^

' a03 LES SCGAETS MODERNES

Gela fait ,. on prend :

Dliuilc de lin cuitei 3oo grammet:

D« savoa de cuivre et de fer x6o.

De cire blanche pure xoo.

On fait fondre le mélange à la vapear ou au bain«marie^ dans uo vase de faïence; on le tient fondn^ pour laisser dégager rfaamidité qui s'y trouYe^ on fait chauffer le plâtre jusqu'à' 80 ou 90 degrés centi-* grades^ dans une étuve, puis on Teo retire et l'on y applique le mélange fondu-.-

Lorsque le plâtre se refroidit assez pour que I6 m&' lange n'y pénètre pkis , on remet le plâtre A l'étuve , on le chauffe de nouveau de 80 à 90 degrés » et Ion continue d'y appliquer la couleur grasse Jusqu'à ce qu'il en ait absorbé assez. Le plâtre est alors mis encore à l'étuve pendant quelques instans, pourquoi! ne reste pas de couleur à sa surface, et pour que toutes les finesses de la sculpture paraissent et ne soient pas empâtées. A cette époque , on le retire de Tétuve» on le laisse refroidir à l'air, on l'y laisse exposé dans un endro t couvert pendant quelques jours, oU' plutôt tant qu'il n'a pas perdu Todeur de la composition ; on le frotte avec du coton ou un linge fin, et le travail est fini.

Si les pièces à préparer étaient petites, il faudrait les tremper dans la composition fondue , les retirer , les secouer et les essuyer d'un côté pour faire péné«* trer la composition qui se trouverait à la surfoce op-> posée : le même effet serait produit en présentant oette* surface devant un feu clair.

DBS A&TS ET lléTIBES. 303

Si les pièces K préparer étaient trop grandes ^ on aurait recoars au réchaud du doreur.

• En mettant de Tor en coquille sur les points culminans du plâtre^ et préparant ensuite le plâtre comme il vient d'être dit^ on obtiendrait la patine antique avec le bronze métallique apparent dans les endroits saillans.

Une plus grande quantité de savon de fer dans Tenduit procurerait facilement la patine rougeâtre que présentent certains bronzes.

Le savon de fer seul donnerait une teinte rougebrun; les savons de zinc^ de bismuth et d'étain y imiteraient le marbre blanc.

On pourrait tëinrdre les plâtres avec des dissolu^ tiens alcooliques ou aqueuses de substances colorantes , et appliquer sur ces plâtres teints les savons métalliques : il en résulterait un grand nombre de nuances différentes.

Dans tous les cas ^ de Thuile de lin cuite pourrait être coulée dans l'intérieur des statues pour les rendre plus imperméables à l'humidité, et pour employer moins de composition colorée.

Nous n'avons pas fait d'autres épreuves que celles que nous venons de rapporter; mais elles suffisent pour nous convaincre que l'on pourra employer avec économie l'enduit de résine ou de cire et d*huile de lin lithargirée^pour préserver de l'humidité les rezde-chaussée et les prisons; pour empêcher les réservtnrs et les citernes de fuir; pour s'opposer aux inGltrations des voûtes et des terrasses; pour contenir Fean dans des vases de plâtre qui prend si aisément toutes les formes que l'art veut W\ àou\i^ v\^^^^ ^^*

ilSJJl 1E8 8EGABTS MOtlE&IIEg

duire les statues de plâtre ou de pierre tendre i le» médailles en plâtre et beaucoup d'objets « tels ^me vases 9 bas-reliefs 9 colonnes, mitres de ohemiaées, corniches, entablemcns , etc. ; enfin , pour conserver les gi'ains dans les sUoi : applications imporlantes dont la société, si nous ne sommes pas dans Ter** reur, tirera un grand parti.

^mJr

CHAUX ET MORTIERl^.

DjVEAS emplois fiBS CHAUX HYDRAULIQUES ET DES GIMBlTS TEEBEUX AATIFICIELLEUBNT COMPOSÉS.

1" Préparation de la matière avant Vem^ptoi.

On forme sur le pavé, ou aire de râtelier, un bas* sin avec deux mesures de sable , dans lequel on renverse une mesure de chaux hydraulique, après l'avoir trempée dans Teau. Cette chaux fuse lentement» et on en fait le mélange à sec avec le sable. On forme du tout un tas; ensuite, on humecte peu à peu la masse, en y jetant de l'eau, à mesure que deux manœuvres vigoureux broient les matières, les corroient à force de bras. On ne doit donner à ce mélange que Teau qu'il lui faut pour le rendre grumeleux, c'est-à-dire pour qu'il ne paraisse pas plus humide après avoir été broyé , que de la terre qu'on tiendrait de tirer d'une fosse & trois ou quatre pieds 4e profoodeuri

SES À&T^ JUT JUfitlEBS^. 20S

3* ConHrucUùn9 en moeUons U hiœagt», Uéei^ par U mortier de ehaux hydraulique.

Ou fait les fondemeos en maçonaerie ordinaire r et on élève les murs hors de terre à la hauteur de iB à 24 pouces en moellons ou pierres de taille.

On construit rencaissement qui doit servir de moule au mur. Le tout est rempli de blocages avec mortier hydrautique.

3° Cotistrucêiofi des terrasses qui recauvrerU ies

ùâtimens.

On forme les terrasses par lits successifs de maté-riaux de même espèce, en observant le procédé de mastication par une forte compression. Les matières qu*on emploie à la superficie doivent être trèsfinement pulvérisées et placées à bain de mortier hydraulique.

Pour ajouter encore à la légèreté des terrasses, sans leur rien ôter de la solidité , on peut en composer la masse principale de briques creuses ou cylindres en pierre factice liées et réunies avec mortier de même composition.

4« D^$ pavés simples et planchers»

Pour rétablissement d*un plancher sur la terre au rez-de-chaussée y soit dans une salle à manger ou vestibule 9 soit dans une cuisine ou corridor, mais parftiouliireoi^t dans um laîtfici^ > ow cWtoisA^ ^^

306 LBS SEGBETS ItODE&RftS

bains , où ce genre de construction convient parfailement, vous ferez creuser le sol -d'environ 4 pouces de profondeur , et après l'avoir battu avec des pilons pour le raffermir , vous poserez sur le fond un lit de petites pierres dures ou cailloux 5 sur* lequel vous répandrez une couche de mortier hydraulique. Cette couche de mortier ayant environ un pouce d'épaisseur, vous la couvrirez de fragmens de pierises dures, mêlés de tuilots concassés. Après avoir fait battre et massiver des lits de cailloux et des lits de mortier alternativement placés les uns au-dessus des autres, Jusqu'à un demi-pouce près du niveau du rez-dechaussée, vous formerez la superficie du plancher d'une couche de chaux hydraulique , et de deux parties de sable fin et bien net. On massivera de nouveau. On peut facilement ensuite donner un beam poU à cette surface, en la frottant très-fortement avec uq caillou aplati.

5o Tuyaux de conduite pour tes eaux.

Pour ces tuyaux, on se sert de moules ; le mortier est d'avance préparé et soigneusement corroyé* Un manœuvre le porte dans le moule pour y être étendu par lits successifs d'environ a pouces d'épaisseur, posés les uns sur les autres, en observant de bien massiver chaque lit, jusqu'à ce que le moule cylindrique en soit bien garni d'un bout jusqu'à l'autre.

6* Construction de pierres creuses ou d* auges pour abreuvoirs des bestiaux, etù.

On fait usage de ces auges dans les buanderies 1

VES ÂRT9 Bt MBTIEAS; 20^^

lèfi lavoirs et dans les pressoirs à vin et à cidre ; on s'en sert aussi dans les basses-cours ^ près des écuries , pour abreuver les bestiaux ^ dans lès jardins pourTarrosement, etc. Yoici la manière demies former :

Supposons une auge de 9 pieds de longueur sur 4 de large et a'| de profondeur, dônt'Iés parois auront 6 pouces d'épaisseur. On* la construit sur un massif de maçonnerie en blocage; Ce massif à 10 pieds 3 pouces de longueur sur 5" pieds 3 pouces de large et 12 pouces d'épaisseur. G*ést sur ce massif , dont lé dessous est élevé de 4 pouces au-dessus de la superfrcie du sol, que l'on établit le moule ou rencaissement pour former les parois de l'auge.

Après avoir tracé sur la superfTcie du terrain les contours du- massif, on creusera là terre à environ 10 pouces de profondeur, et on affermira le sol avec des pilons ; mais si le fonds n'est pas solide, et que ce soient des terres rapportées qui le composent, il faudra nécessairement y poser un grillage de charpente, sur lequel on établira le massirde maçonnerie, car le moindre affaissement qui pourrait avoir lieu, donnerait à l'auge un ébranlement qui la ferait fendre.

Si, après avoir creusé la terre à 10 ou la pouces de profondeur, on trouve le fonds ferme et bon , on le couvrira d'abord d'un lit de pierres plates ou de cailloux , ou petites pierres dures arrangées de façon que la terre en soit entièrement couverte ; sur ce lit on* construira une couche de bonne maçonnerie en mortier hydraulique avec des moellons de l'épaisseur d'en* viron 6 pouces ; il restera encore 4 ou 5 pouces pour atteindre au niveau du fonds destiné pour l'auge. On achèvera cette épaisseur eu maçouu^m ^^W^^^^ v

90$ I<BS 6EGBETS H0DE&11E8

et en posant alternativement des lits de mortier hydraulique et de caîUoux ou biocailles , que T-on battra fortement avec des pilons , en observant de finir ce massif par une couche de mortier.

Le mortier qu*on emploie ainsi en dernier Ueu 9 et celui qui sera employé pour les parois deTajoge, doivent être trjbs-long-temps corroyés à force de bras.

On répandra dans le moule destiné aux parois de Fauge^ un lit de mortier d'un pouce d'épaisseur, sur lequel on posera un lit de cailloux ou fragmens de pierres dures^ en observant qu'aucun de oes cailloux ne touche aux panneaux de l'encaissement. Après avoir battu ce Ut de cailloux au pilon ^ 90 jcépandca par-desAUS un nouveau lit de mortier , et ensuite un Ht de cailloux que l'on massivera comme Jq premier , allant toujours de niveau et par lits alternatifs de mortier et de cailloux ou blocaiUesi ju^u'à la hauteur du mur, en battant tous les lits de cailloux avec un pilon composé d'une masse de fer emmanchée. Quand les parois de l'auge seront élevées jusqu'à 2 ou 3 pouces des bords de rencaissement , on se servira d'une batte à main pour massiver les deruiers lits, afin de pouvoir mieux aplanir le dessus des parois*

L*auge étant achevée, on ne démontera lé moule que trois jours après ; après quoi on frottera les parois avec du lard. Ensuite un ouvrier polira en quelque aorte les surfaces en les frottant fortement et longtemps avec un caillou approprié à cet usage par sa forme.

;?<* Voici l'objet le plus intéressant dans l'emploi da mortier hydraulique ou pierre Sactice.

DES à^KSB ET HETIB&S. 'OOg

Étaiftissement de corps de pompes.

On sait que le grand usage que Toii fait des pompes, dans les vîUes , dans les campagnes 9 dans toutes les usines I joint aux inconvéniens de la fente du bois, fait des pompes un objet très-coûteux 9 et qui contribue l^randement à la cherté des bois de construction» Malgré les liens de fer et les collets dont on garnit ces corps de pompe en bois, ils ne tardent pas d'ailleurs à se fendre et à donner passage à Tair : le jeu de la pompe est dès-lors arrêté.

Le» nouvelles pompes construites en pierre factice 9 une fois bien et solidement établies, n'exigent plus aucuns frais de réparation , et leur durée est presque indéfinie : jamais elles ne donnent passage à l'air ; on peut les exécuter à bien moindre prix que celles en bois 9 etc.

U est encore une multitude d'emplois de la pierre factice , qui n'ont pas besoin d'être indiqués pour que chacun les aperçoive du premier coup d'œil.

Excellent ciment.

4 parties de briques pilées, 1 partie de plâitre et X partie de limaille de fer. Le tout est gâché avec moitié eau, contenant en dissolution une petite quantité de sel ammoniac et moitié vinaigre. Ce ciment acquiert beaucoup de dureté et résiste bien au feu. On peut l'employer avec beaucoup d'avantage dans les constructions des fourneaux, des poêles, etc.

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Moyen de reconnaître avant (eur empUri , les pierres qui résisteront à i* effet de la gelée 9 et de les distinguer de celtes ditù^lisses ou gélives.

L^auteur n'ayant pas trouvé , dans >|a sérié des caractères minéralogiques ordinaires, la moindre notion certaine à cet égard, étudia avec soin^ à raide d'une forte loupe, pendant Tfaiver rigoureux de 1819, les calcaires crayeux des environs de Périgueux et les grès psammites du bassin houiller de la Yezère , qui a'égrènent également à la gelée. Il reconnut ainsi que de petites aiguilles de glace soulevaient , à chaque nouvelle gelée, les petits grains de grès et les petites écailles de calcaire, qui tombaient tout autour de la pierre au dégel suivant. Frappé de Tanalogie de ce phénomène avec celui des efflorescences salines qui se montrent entre les feuillets de certains schistes, et à la surface des vieux murs , et avec Teffet du sel commun sur les poteries mal cuites, M. Brard imagina d'employer Faction d'une dissolution saline sur les pierres, pour connaître l'effet que la gelée doit leur faire éprouver.

Après beaucoup dressais, le sulfate de soude fut préféré. Voici comment on doit conduire les expériences : on fait tailler des cubes d'environ m. o55 de côté, de toutes les pierres à essayer; on sature de Peau froide avec du sulfate de soude, de manière qu'il reste en excès un peu de sel au fond du vase , on fait bouillir cette dissolution pour y plonger alors tons les petits cubes, et on laisse encore sur le feu une demi-htture , à compter du moment où l'ébuUition interrompue s'est rétablie. On retire tous ces cubes

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pour les placer dans autant de soucoupes ^ on les arrose avec une petite quantité de la dissolution saline, et on les abandonne à eux-mêmes jusqu^à ce qu'ils se couvrent d'efHoresdbnces Blanchâtres; ce qui a lieu au bout de vingt-quatre heures, si Tair est sec et chaud, et dans six jours au plus tard si Tatmosphère est humide. On fait tomber ces efQorescences dans les soucoupes, en arrosant les cubes avec un peu de là solution salhie : de nouvelles efïlôrescen ces se forment et sont enlevées de même pendant trois ou quatre jours au plus. On lave enfin avec de Tèau chaude chaque cube dans la soucoupe , pour recueillir tout ce qui s'en est détaché; et les poids particuliers de ces divers débris peuvent être pris pour Pexpressîon de l'action de la gelée sur les espèees de pierres dont ils proviennent. On s'est assuré que l'action prolongée du sel est plus puissante que celle de la gelée ; aussi l'action du sulfate de soude s'exercet-elle indifféremment sur toute espèce de roches mal aggrégées , sur tous les calcaires, les grès, les granits à gros grains, les granits trop micacés, les schistes, les laves, etc. ; ce qui fait qu'on peut cmplbyer ce sel à éprouver le» ardoises , les briques , lés tufs , les mortiers , les mastics, etc. L'article est terminé par un tableau d'expériences faites à Genève sur les pierres des environs. Entre autres résultats qu'on y trouve, on observe que lès quantités de dissolution saline absorbées par les pierres ne sont pas un indice sûb de leur bonne oa mauvaise qualité , puisque des pierres qui ont aoquis très-peu de poids ont été fortement attaquées , tandif que d'autres, qui ont beaucoup absorbé, ontpMCiiteineot' résisté aux épreuves. .

212 LES 6EGftET§ MODE&HES

CORNE C Travail de la J.

Refente. Ou fait bouillir dans l'eaa les plaques pour les ramollir le plus possible , ensuite on' les soumet à Taction de la presse. On se sert d^une forte presse ordinaire, ou mieux d*une presse hydraulique. On place les cornes ramollies et quelque informes qu'elles soient , et sans qu'on ait cherché à rendre leur épaisseur égale. Ou les place chacune entre deux plaques de fer chaudes plus grandes que les cornes 9 et on les comprime fortement. Ces feuilles s'amincissent et s'étendent en proportion de leur amincissement. Lorsqu'on est arrivé au maximum de la compression , on laisse refroidir toutes les plaques.

Lorsqu'après plusieurs pressions succesnves exéca* tées de la même manière^ on est parvenu à réduire les feuilles à l'épaisseur qu'on désire, elles sont encore couvertes de rugosités qu'il s'agit de faire disparaître) en polissant leur surface : voici le moyen qu'em* ploie M. Houlet, tabletier - mécanicien fort habile.

Dans des viroles en fer de différentes dimensions et de hauteur convenable pour y placer douze feuilles de corue l'une sur l'autre , séparées entre elletpar des plaques de cuivre , il ajuste d'abord une fort* plaque de fer de 6 lignes au moins d'épaisseur et bien unie sur une surface. Sur cette surface il place une pla« que de laiton d'une ligne d'épaisseur et bien polie sur ses deux faces , ensuite une feuille de corne ^ et soc* cessivement une plaque de laiton polie et une feuilte de corne. Il couvre la troisième feuiUe 4e UkUm

DES ARTS ET SéTIERS. at3

d^une plaque de fer semblable à la première , et il , sonmet le tout à Taetion d*ane presse ordinaire. Les deux plaques de fer sont chauffées, ainsi que la virole dans laquelle sont enfermées les cornes. Les feuilles Portent de cette compression, après que le tout est entièrement refroidi, parfaitement polies et bien égales , et il suffît de passer dessus un peu de blanc d^Espagne avec la paume de la main ou un tampon de linge.

C'est encore à M. Houlet que Ton doit le procédé suivant, pour préparer les feuillets de corne transparente pour Tusage de la marine. Il commence par choisir les cornes les moins torlillées, qu*on affran-

chit du haut et du bas à la longueur désirée , avec une scie à denture bien égale ; ensuite il les nettoie en dehors le plus proprement possible, avec un grattoir ou tout autre outil, et il les fend sur la longueur de leur courbe intérieure, oti selon la forme la plus avantageuse qu'elles présentent. Cette opération achevée, il les iette dans une chaudière pleine d'eau bouillante; il les y laisse quelque temps, afin qu'elles se ramollissent et soient susceptibles de s'ouvrir, ce qui 86 fait au- moyen de pinces propres à cet usage. Lorsque le» cornes sont ouvertes , on les glisse promptement sous une presse dont la plaque est en fer, de 7 à 8 pouces de long sur 6 de large, dimensions ordinaires des cornes de France , lorsqu'elles ont reçu la plus grande extension : on passe sur la corne une seconde plaque de fer de même forme que la précédente, et on Ty assujétit avec un fort tasseau ; ensuite on serre la vi& de la presse le plus fortement possible. On laisse refroidir la corne à volonté so\\% Vdi ^^x^^^^ ^

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OU bien on la plonge toute chargée de ses plaque« dans un baquet d*eau froide z ce dernier moyen est préférable 9 parce que la corne se dessèche moins; enfin , on remet la presse sur Tétabil à mouler , où on la desserre. La corne ainsi préparée passe dans la boite au tranchant mécanique, qui est disposé pour ta couper en feuillets minces.

M. Houlet emploie pour cette opération nn banc en fer , de 8 pieds de long sur 1 4 pouces de large hors d'oeuvi:e9 composé de deux jumelles semblables à celles d'un banc de tour, ayant quatre pouces d*équarrissage, fixées par cinq traverses emboîtées à tenons et serrées par des écrous. Ces traverses, qui fprment la botte duqs laquelle est disposé le plateau , sont à 8 pouces de distance intérieurement; les jumelles du banc ont 6 pouces d*écartement. Le plat/3au tranchant glisse dans deux coulisseaux, au moyen d'un tirant à crémaillère qu'un pignon fait aller et venir. Sous le banc est placé un fourneau portant une plaque de cuivre bien ajustée qui entre dans la boîte, et sur laquelle sont placées les cornes que Ton veut débiter en feuillets minces.

Le fourneau, qui est mobile dans la boite, communique une douce chaleur à la corne, et dispose le tranchant à passer sans résistance. On coupe la corne à l'aide d*un hérisson armé de a4 dents bien aiguës , que l'on fait tourner, et qui détermine l'épaisseur des feuilles; une vis, passant au centre 4es croisillons qui portent le fourneau, le fait monter et s'appuyer contre le plateau fixé au-dessus. Au fur et à mesure que les feuilles sont coupées , on les charge d*un fort tasseau, de crainte qu'elles ne se tortillent.

DSS AftTS ET MÉTIERS. 2l5

Le banc qui vient d'être décrit est garni d'un second plateau en dessous^ qui maintient la corne lorsque le tranchant se présente pour la couper. On met sur ce plateau des fers chauds pour entretenir la mollesse de la corne à mesure qu'elle se débite ; on la voit alors passer par-dessus le tranchant et se recouriber ; c'est pourquoi M. Boulet conseille de la placer sous un tasseau , afin de la maintenir bien égaie. C'est après cette opération qu'il polit les feuillets, comme il a été dit plus haut.

Lorsque M. Houlet veut avoir des feuillets d*une très-grande dimension, il commence par faire bouiI*« lir la corne maintenue entre des tasseaux de bois, afin qu'elle ne se courbe point ; puis il la laisse refroidir avant de desserrer les tasseaux. Pour procéder à l'opération du soudage, il s'assure de la hauteur du contour de l'assemblage , qui doit être apprêté en bec de fljate ou en biseau , et nettoyé avec un grattoir à tranchant vif. On assemble ensuite la soudure , qu'on maintient avec des fils serrés les uns contre les autres, afin qu'elle en soit entièrement couverte, ou mieux encore avec des bandes de papiers qu'on colle en les croisant. Ce dernier moyen est préférable^ parce que 9 quand la soudure est achevée , il ne reste plu3 de marques ni d'empreintes; on indique sur ces ba|ides de papier la place de la soudure. Comme les formes des pièces exigent dififérentes manières de les appicéter , on abandonne ce soin à J'intelligence de l'ouvrier ; mais il faut toujours avoir l'attention de bien nettoyer la soudure , qui se fait communément à plat. Pour cette opération on emploie des fers à palettes garnis en cuivre^ que l'on fait chauffée 9^^

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degré convenable : une chaleur lente et modérée est nécessaire; mais Texpéricnce seule j>eut indiquer celle qui est propre à produire une soudure parfaite. La pince à palettes étant chauffée , on passe' la pince entre ses palettes, et on les serre dans un étau ou sous une presse. On laisse refroidir la pince , puis on la retire et on la trempe dans Teau froide. La pièce étant sortie d*entre la pince, on ragrée la soudure avec un grattoir à tranchant bien vif, en ayant soin à6 ne pas prendre à rebours la soudure, tant qu'elle ne sera pas afileurée; dès qu'on aura atteint la surface de la corne, on pourra parcourir la feuille en tous sens. On adoucit la pièce avec de la pierre ponce bien fine^ et on la polit ensuite avec du tripoli de Venise bien broyé et lavé.

Il faut beaucoup de propreté dans ce travail , et surtout ne pas toucher les bords ou biseaux avec les doigts ou rien de gras ; car alors la corne ne se souderait pa^. Il faut pour ce soudage plus de chaleur que pour celui de récaille.

Manière de fondre et de mouler ta corne.

On moule la corne pour en faire des poires à poudre, des bonbonnières, etc. La ràpure de fa corne se réunit par une chaleur suffisante en un corps so* iide , et se moule facilement comme celle de récaille. Dans fun et Tautre cas il faut avoir soin de ne pas la toucher ni avec les doigts^ ni avec aucun corps gras, si Ton veut que la réunion soit parfaite. Eu conséquence , en faisant éprouver diverses lotions à cette substance 9 soit dans l'eau chaude pour en séparer les

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matières étrangères qai pourraient la salir^ soit dans la lessive caustique à un degré de Taréomètre 9 pour la dégraisser et la débarrasser des parties huileuses ou graisseuses qui mettraient obstacle à sa réunion y on doit remuer avec des fourchettes de bois.

Pour donner à la corne Tapparence de Técaille^ on la teint par les procédés suivans :

1* Une dissolution d'or dans de Teau régate , répandue sur la surface de la corne 9 lui conmiunique une couleur rouge ;

a*" Une dissolution d'argent dans Tacide nitrique produit une couleur presque noire;

S"* Si la dissolution dans l'adde nitrique a été Ëiite à chaud , la couleur qu'elle communique à la corne est plutôt brune que noire*

Ces divers substances employées avec adresse, avec goût, et par places sur la surface de la corne > à l'aide d'un pinceau» ou mieux d'une éponge fine, lui donnent une telle apparence d'écaillé, qu'il est difficile de ne pas s'y méprendre.

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