‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 32 sur 59 · COULEURS · texte numérisé non relu

COULEURS

Bistre.

Cest une couleur brune dont les peintres se ser^vent pour leurs esquisses , comme on se sert d'encre de la Chine. Cette couleur n'est autre chose que la suie de cheminée, préparée d'après les procédés qui vpnt être indiqués. Ou choisit dan« U vaâ^V^\&»t*

9l8 lES SEC&BTS MODE&HES

ceaux les plus compactes, les mieux cuits; on les pulvérise et on les passe au tamis de soie. Od fait tremper cette poussière dans Teau pure , et Ton remue de temps en temps avec une spatule de verre ; on laisse reposer, et l'on décante : cette eau dissout tous les sels étrangers , et Ton peut hâter cette dissolution en plaçant le vase vernissé sur le feu. Lorsque Teau n'entratne plus aucun sel, et qu^elle donne le même degré à Taréomëtre qu^elie avait avant d'être employée , on verse la pâte dans un vase long et étroit qu'on remplit d'eau ; on agite avec la spatule , et on laisse précipiter pendant quelques minutes le plus gros. On verse le liquide encore trouble dans un vase semblable , et l'on rejette ce qui se trouve au fond de trop grossier pour pouvoir servir.

On peut répéter cette opération deux ou trois fois de suite; plus on la répétera, et plus ce quî1*estera suspendu dans la liqueur sera fîn. On laisse finalement i*eposer, on décante la liqueur claire qui surnage sur le dépôt , et Ton incorpore ce dépôt dans de l'eau gommée : c'est là la bistre propre au dessin , au lavis et à la miniature. On ne remploie pas à l'huile.

Fabrication du Mano de ftom/b , dit cérusc.

La Hollande et l'Angleterre ont été long -temps eu possession de fournir le commerce de ce produit, qui enfin s'est naturalisé en France. Nous ne décrirons pas le procédé hollandais, et nous nous bornerons à donner celui des Français , actuellement en usage , et qui très-incontestablement est meilleur et plas écoBomique,

DES A&TS ET MÉTIERS. ait)

Les prix proposés successivement par la Société d'encouragement , pour la fabrication indigène du blanc de plomb , ont fait faire en France de rapides progrès à cette branche d'industrie. Cette fabrication est devenue^ sous la direcîton de M. Roard, à Clichy, presque colossale. Voici sur quel principe le travail est fondé :

Un même oxide peut se combiner en différentes proportions avec un même acide, et constituer différens sels^ que les chimistes ont distingués sous les dénominations de sous-seis , sels et sur-seis» Avec Tacide acétique, le protoxide de plomb offre deux modes de combinaisons ; savoir : Tacétate neutre, ou sel de Saturne ordinaire, et le sous -acétate , anciennement connu dans la pharmacie sous le nom d'extrait de Saturne. Ce que ce sous -sel offre de trèsremarquable, c'est qu'au contraire de tous les autres, ii est extrêmement soluble. Mais une propriété qui leur est commune , c'est que les dernières portions d'oxide, celles qui changent le sel neutre en sous-sel, tiennent moins à l'acide que les autres. C'est cette propriété qui forme la base du procédé de Clichy. Ce procédé consiste à faire passer dans la solution de sous-acétate de plomb, un courant de gas acide carbonique qui précipite à Tétat de sous-carbonate i'oxide de plomb ajouté à l'acétate neutre , et dont l'effet s'arrête là. Voici comment cette opération s'exécute :

L'acétate de plomb neutre, qui contient, sur loo parties, a6 d'adde, 58 d'oxide et 16 d'eau , exi^e, pour passera Tétat de sous-acétate, deux autres proportions d'oxide , c'est-à dire que 100 çarll^^ ^<& ^^ sel sont susceptibles de dissoudre \\^ i^^tVis^ ^^v

220 LES 8BC&BTS MODBBNBft

toxide deplomb; et il n'est nullement néçesMîre^ pour déterminer cette combinaison , d*avoir reoours à la chaleur ; elle s'opère parfaitement bien et trèsrapidement à froid. On conçoit que lorsqu^il s'agit de fabriquer la céruse, il est inutile d'employer Facetate de plomb cristallisé ; on fait directement le sousacétate en prenant la litharge et Tacide acétique ou pyroligneux. Cette préparation s'exécute facilement et par simple trituration à froid ^ dans des vases convenables. Il faut avoir soin de mettre un ^cès de litharge pour être sûr d'atteindre la sur-saturation convenable. Or, 65 kil. d'acide pyroligneux à 4o* acidi-métriques^ ou B° de l'aréomètre , e?dgent^ pour l'acétate neutre , 58 kil. de litharge. Il s'ensuit donc^ d'après ce que nous venons de dire^ qu'il faudra mettre au moins 174 kil- de litharge pour obtenir du sous -acétate avec cette même dose d'acide.

On étend ordinairement de i5 à ao parties d'eau acide; portion s'ajoute avant la dissolution 9 et poripn après. On laisse déposer , et puis on reprend le ésidu par de nouvel acide^ afin de l'épuiser de toute natière soluble; il reste enfin de O9OI à 0,01 5 de matièrp que l'acide n'attaque point ^ et qui se compose de plomb 9 de fer, de cuivre , de quelques parties terreuses, et d'argent dans la proportion de 4 h 6 millièmes environ.

Lorsque la dissolution est édaîrcie , on la décante dans de grandes cuves couvertes , fort étendues en surface , et qui ont peu de profondeur; là on fait arriver l'acide carbonique seulement , et par un trèsgrand nombre de tuyaux , afin de multiplier le plus poBsibh les surfaces de coniacV. C«\ aûde carbonique

DBS AATS ET METIEES. 23i

peut être produit de plusieurs manières » suivant l'occurrence 5 ou par, la combustion du charbon , comme on le fait à Clichy » ou bien par la décomposition du carbonate de chaux > soit par la chaleur ou par Taction d'un acide ; mais 5 dans tous les cas, il est bien important que le gajs acide carbonique ne contienne aucune portion d'hydrogène sulfuré. Il devient donc indispensable de laver le gaz, et mémOf pour plus de sûreté , d'ajouter dans l'eau de lavage un peu d*acétate de plomb, qui en sépare les plus petites portions d^hydrogène sulfuré.

L'acide carbonique, dont les points de contact doivent être multipliés à l'infini pour en favorisier l'action , détermine la précipitation de toute la deuxième portion d'oxide qui constitue le sous-carbonate; il va même un peu au-delà de ce terme; car la dis* solution 5 au lieu d'être neutre, devient légèrement acide.

Lorsque la précipitation est achevée^ on fait passer le tout dans une cuve un peu profonde, et on laisse en repos pendant quelques heures^ puis l'on décante le liquide, pour le combiner de nouveau avec de la litharge. Le dépôt est d'abord lavé avec une petite quantité d'eau , qu'on réunit avec la première liqueur décantée ; ensuite ou continue les lavages jusqu'à ce que l'eau n 'entraîne plus rien , et sorte parfaitement incolore : c'est alors seulement que le carbonate de plomb doit être mis à égoutter pour être moulé enfin dans les pots.

La liqueur dans laquelle s'est faite la précipitation du sous-carbonate est ensuite traitée par de nouvelle litharge , pour reproduire encore du sous- acétate de

222 US SECBBTS KODEANBS

plomb 9 précipité par de nouvel acide capbanîque. Cette ipanipulation pourrait se réitérer indéfiniment.

Blanc dô zinc*

Le blanc de zinc était autrefois employé seulement comme médicament; mais, depuis qu'on est parvenu à le produire à bon marché^ on Ta employé comme couleur.

Il est blanc , devient jaune citron à la chaleur rouge, et redevient blanc par le refroidissement , à moins que Taction de la chaleur n*ait été long-temps continuée.

Il a ,• sur le blanc de plomb , Tavantage de ne pas devenir noirâtr^ par les exhalaison s hydro-sulfurfques; mais il couvre beaucoup moins » et ne sèche pas aussi facilement.

On peut préparer le blanc de zinc, i*" en laissant le zinc en fusion s'oxider à l'air ; 2° en précipitant Toxide de ses dissolutions dans les acides au moyen des alcalis ou des terres alcalines. Quand les alcalis sont caustiques , on obtient l'oxide de zinc pur ; ou un sous- carbonate de zinc, quand les alcalis employés sont eux-mêmes carbonates.

10 Par la comitistion du zinc.

On met du zinc (1) dans un creuset à fondre ; on le place incliné, entre des charbons, de manière que

»rmim'i'mt!ttm^m

fi) Il faut prendre du linc pur qui ne contienne point de plomb. Si If ziuc contient du fer, les fleurs de zinc deviennent jaunâtres; mais Qn peut éviter cet effet en jetant un peu de soufre dans le linc en fujsion.

DBS AETS BT HÉTlEESk 235

la partie supérieure dépasse , et ne soit pas échauffée (i) ; ou agite le métal aussitôt qu'il est en fusion. Il s^nflfi^mme et brûle avec une fumée blanche très* dense 9 qui se dépose sur les côtés du creuset en flocons blancs. On recueille ces flocons^ et on continue à maintenir la combustion.

Ces flocons sont de l'oxide de zinc pur, que l'on désignait autrefois sous le nom de fleurs de zinc. Par le lavage on le dégage des parties métalliques non calcinées , et on le livre au commerce pur ou mélangé avec d'autres matières colorantes blanches.

2* Par précipitation.

On dissout le zinc (exempt de fer) dans Tacide sulfurique, l'acide muriatique, ou tout autre acide* Ces dissolutions se font à froid avec une grande facilité dans les acides étendus d'eau. On filtre la dissolution; on y ajoute une dissolution alcaline, aussi long- temps qu^il se forme un précipité ; on lave le précipité , et on fait sécher.

Bleu de charbon.

On obtient une couleur bleu-noir, en broyant du charbon de sarment de vigne avec partie égale de potasse , et le tenant en fusion dans un creuset jusqu'à ce que la matière ne se gonfle plus : alors on

(i) n vaut encore mieux pratiquer au-dessus et & côte une espèce de canal qcd reçoit les vapeurs } Toxide le plus fin se recueille dans les parties les plus Soignées du canal.

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verse sut une pierrei et on sature la potasse pari'acic^ sulfnriqoe. La liqueur devient bleue, et il se forme un précipité bleu foncé , que Ton fait chauffer ; il devient alors d*un bleu brillant.

Bteu d*Hœpfner.

Le docteur Hœpfner fit connaître cette préparation. Elle ne diffère de celle de M. Thénard qu'en ce qu'on emploie Toxide d*étain en place d^alumine.

On dissout trois parties de minerai de cobalt grillé dans de l'eau régale; on verse la liqueur dans une dissolution de six parties d'étain exempt de plomb dans l'eau régale ; on mêle bien les deux dissolutions^ on y aioute de la potasse tant qu'il se forme un précipité. Ce précipité est formé d'oxide de cobalt et d*Dxide d'étain. On lave le précipité, on le fait sécher doucement, on le met sur une tasse de porcelaine plate dans la moufle d'un fpurneau, et on élève progressivement la température jusqu'à ce qu'on obtienne une couleur agréable.

M. la BouUaîe-Marillac a proposé de substituer à Toxide d*étain ou à Talumine, du phosphate de chaux ou de^pDS calcinés; il assure qu'on obtient par ce moyen un produit plus velouté , foisonnant davantage , teignant les doigts , et très-susceptible d*ô(re employé pour la miniature. Il a, dit-il, autant de moelleux que Toutremer. L'addition d'une petite quantité de sel marin le rend encore plus velouté.

Bicu de molybdène.

Combinaison de molybdène et d'oxide d'étain , o^

DES AET8 ET mAtIBES.^ !»25

de phosphate de chaux , il est employé ccsnme couleur d'application 5 et comme couleur d'émaiit

On obtient aussi un bleu en mettant dans de Tacide molybdique (1) de la limaille d'étaîn (2) , et un peu d'acide muria tique. Il se forme de Tacidemolybdeux blen^ qui , évaporé et chauffé avec de l'alumine fraîchement précipitée , forme le bleu de molybdène. La couleur que l'on désignait soûs le nom de carmin bleu s'obtenait en décomposant du molybdate de potasse par du muriate d'étain.

Bieu nouveau et 6teu à laver. — Bleu angiais ;

bleu de Saxe.

On désigne sous le nom de bleu à laver liquide 9 une dissolution d'indigo dans l'acide sulfurique. Ou sature une partie de l'acide en excès par la craie , et on l'emploie comme encre « et pour bleuir le linge.

On désigne sous le nom de bieu nouveau de l'amidon teint en bleu par l'indigo, qui est employé pour bleuir le linge » les bas de soie, les rubans, etc. , et plus rarement pour couleur d'application. Il n'a été employé que nouvellement, et a fait beaucoup diminuer l'usage du tournesol et du smalt , qui servaient

(x) On Tobtient en traitant le sulfure de molybdène par Tacide nitrique.

(a) Le métal désoxlgène en partie Tacide molybdique et le fait passer èr rétat d'acide molybdeux. D*après Islemann, on obtient également un beau^ bWa en employant, au lieu d^tain, de Targent en feuille ou du mercure, du i^omb, du nickel, du manganèse, de Tarsenic, du cobalt; arec du 1nsmnth «t du sine on obtient un Ueu fidUe, avec du fer un bleu dV:i«t ^ avec TMitimoine on bleti astes foncé, «i p<AnX 4« cwiSkeux «:?«c\qt ^ ^>« platine.

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autrefois pour le même objet. Le bleu dit angla» contient ordinairement un peu de savon*

Préparation.

On dissout de Tindigo dans Tacide sulfurique; on le précipite par la potasse ; on mêle le précipité avec de la farine d'amidon , et on fait sécher le mélange. Il faut se servir d'acide sulfurique fumant ^ ou de Mord-*

hausen, parce qu'il dissout plus facilement TindigOt et qu'il donne une plus belle couleur.

La précipitation se fait au moyen d'une dissolution de potasse (i) que l'on ajoute peu à peu , jusqu'à ce qu'il n'y ait presque plus d'efTervescence. On compte neuf parties de potasse sur quatre d'acide sulfurique employé ; cependant cette proportion doit varier suivant la qualité de la potasse : trop de potasse détruit la couleur et la rend verdâtre. Il faut principalement avoir soin que la potasse soit pure 9 et qu'elle ne contienne point de silice ni de sulfure : la première de ces substances affaiblit le bleu; la seconde salit la couleur , la rend grise ou verdâtre.

Le précipité est mis sur un filtre et lavé ; on le mêle ensuite avec de l'amidon préparé à l'eau chaude; on étale le mélange sur des plaques de bois, de verre ou de fer-blanc ; ou les coupe plus tard en petites ta*

( 1) On pourrait employer de la potasse caustique pour ériter reffervesceoce , qui exige du temps et de plus grands rases ; on pourrait aussi employer la soude ou Tammoniaque, ou les terres alcalines , et principalement la chaux; mais toutes ces matières sont nuisibles à la beauté de la couleur , principalement la chaux, qui se précipite à Tétat de sulfate arec la matière coloraale, La soude rend la couleur sale , k cause des sulfures qu'elle contient.

SES ARTS ET METIEES. *X2y

bleltes carrées 5 et on les laisse sécher dans un lieu sombre » exempt de poussière.

La proportion d'indigo varie suivant la qualité du bleu que Ton veut obtenir. Pour le plus fin , on prend ordinairement cinq livres, pour le moyen quatre livres, et pour l'inférieur trois livres d'indigo par quintal.

Il faut que Tamidon soit pur et parfaitement blanc* Fréquemment aussi on ajoute de la craie pour augmenter le poids. Quelquefois la surface des tablettes est peinte avec de l'indigo pour en foncer la couleur, ou môme aveo du bleu de Prusse ; mais ce dernier doit être rejeté , parce qu'il est décoloré par le savon* et que le fer qu'il contient tache lé linge.

On fait aussi un bleu nouveau avec le bois bleu ou la myrtille. Tout cela est nuisible au linge. Pour faire servir à cet usage le bois bleu, on en fait bouillir vingt parties et cinq de Fernambouc avec de l'eau ; on abandonne la décoction pendant quatorze jours; on ajoute à 20 mesures de cette décoction 4^ onces de sulfate de cuivre et 26 onces d'alun , et on y mêle l'amidon.

Bleu en toutes.

Ces boules sont bleu de ciel. On pulvérise un kîL d*indigo de pastel , on le purifie avec dix litres d'alcool , et ensuiteavec del'acide muriatique très-étendu; on lave, et on fait sécher ; on le dissout dans 6 kilogrammes d'acide sulfurique à 67*; à la dissolution on ajoute une dissolution sirupeuse de iS kil. de potasse blanche, et 1 kil. de savon blanc, jusqu'à ce que tout Tacidie soit saturé > et après !à^ \xeut^% cyck ^\^3^^

JlaB LES 8EGAfiTS MODEaHES

8 litres d'eau de pluie bouillante 9 dans laquelle off a fait dissoudre ^ kil. d*alun. (Cette indication est de Wuy^ à Fontenay. Brevet expiré. )

Bleu anglais.

D'après les indications d^Estève^ à Flessingue^ quf prit ^ en 181 1 , un brevet d'invention , on dissout une livre d'indigo grossièrement pulvérisé dans une quantité suffisante d'acide sulfurique ; on ajoute de la craie jusqu'à ce que l'acide soit saturé ; on mêle alors G.livres d'amidon broyé fin^ et 4 livres de plâtre ou de craie; on forme une pâte uniforme , on la broie entre deux pierres 9 en ajoutant autant de sang de bœuf qu'en peut supprorter la couleur qu'on veut obtenir. L Quand la pâte est molle ^ bien homogène» on la: Mouie en tablettes ^ et on la laisse sécher.

Bleu dû Prusse.

Toutes les matières animales sont susceptibles de donner du bleu de Prusse parleur calcination avec les alcalis; mais il n'en est aucune qui puisse en fournir * autant que le sang : aussi , depuis Woodward » n'a-ton pas cessé de l'employer pour cette fabrication. Toutes les fois donc qu'on peut se procurer du sang^ c'est avec cette matière qu'on fabrique le bleu de Prusse f bien que sous un autre rapport il y aurait plus d'avantage à employer des substances sèches ; car l'évaporation de l'humidité du sang occasione seule une dépense considérable de combustibles. Ia réaction qu'on chcrcb^ i. déterminer entre la

DBS AIT8 ET KETIEBS. A2gv

sobatance animale et l'alcali , pour servir à la fabri-eatloD du bleu de Prusse » ne s'effectue qu'à une température très-élevée, et par conséquent le premier soin qu*on doit prendre est de dessécher les substances destinées à concourir à cette fabrication. On commence donc par évaporer tonte l'humidité contenue dans le sang , et cette opération se pratique ordinairement dans une chaudière de fonte ou de tôle peu profonde et trës-évasée (il faut éviter autant que possible d'employer pour cet objet des ustensiles en cuivre). On chauffe le plus rapidement possible , et on agite continuellement avec une spatule ou un ringard en fer. Cette dessiccation est longue, quelque soin qu'on y mette. Lorsque le sang est desséché et qu'on a écrasé autant que possible tous les grumeaux, on l'étalé sur de grandes tables, et on l'expose au soleil si le temps le permet. On le retourne fréquemment avec un râteau , et quand on juge la dessicoalion bien achevée, on le serre dans des tonneaux qul^ doivent rester ouverts. Si l'on renfermait le sang au sortir de la chaudière, on ne pourrait le conserver. Quoique très-sec en apparence , il retient toujous une assez grande quantité d'humidité; il s'échauffe, prend de la viscosité , éprouve un commencement de fer-* mentation putride, et se convertit en une espèce de terreau.

On fait dissoudre une parHe de potasse dans une très-petite quantité d'eau bouillante , on arrose avec cette solution concentrée dix parties de sang desséché, auxquelles on aioule environ un centième de battitures deferpulvérisées. Letout étant bien mélangé, on le verse dans un creoset de fonte. Ou \)\<^W^^V^

t50 LES SECRETS MODBEHBS

oaloinatîon dans un fourneau ordinaire. Ces creusets sont arrondis dans le fond^ et déforme à peu près cylindrique dans leur hauteur. Ils sont munis à la partie supérieure de trois oreilles ou supports qui les fixent dans la maçonnerie. Us ont assez habituellement environ un pied de diamètre sur i6 pouces de profondeur. Dans ceux qui ont ces dimensions on peut brûler en sept ou huit heures à peu près loo livres de sang.

Le mélange , qui d*abord se ramollit et brûle avec flamme y s*affaisse peu à peu et laisse une grande portion du creuset vide. On ajoute alors une nouvelle quantité de sang alcalisé ; on remue avec une tige en fer, et on continue de la sorte ^ de manière à maintenir toujours le creuset plein. Après cinq à six heures de calcination ^ la vapeur ne s'enflamme plus, et la matière est complètement charbonnée. Â cette époque on chauffe plus fortement , en soutenant une température très-élevée , jusqu'à ce que la matière commence à éprouver une sorte de fusion , .et qu'en la remuant on la voie s'attacher à la spatule. Cette dernière époque de l'opération dure environ deux heures pour loo livres de sang. Quand on juge la calcination terminée , on retire , à l'aide d'une cuiller de fer, la matière du creuset, et on la projette par portions dans une chaudière de fonte contenant de l'eau froide , le double, à peu près de la quantité de sang employé. Ou chauffe la liqueur , on la pousse jusqu'à l'ébulUtion, puis on filtre sur des carrés de toile serrée. Le marc est ensuite repris pour être lessivé de nouveau , et lorsqu'on en a extra it tout ce qu'il y a de seluble^ on réunit les liqueurs dans de larges baquets peu

DES ARTS ET KÉTIEKS. ftS't

profonds. On les laisse ainsi exposées au contaet de Tair jusqu'à ce qu'elles ne précipitent plus en noir par racétate de plomb, c'est-à-dire jusqu'à ce que la portion de sulfure qu'elles contenaient primitivement soit décomposée. Alors, pour chaque partie dépotasse employée^ on en fait dissoudre trois d'alun et une demie seulement de sulfate de fer oxigéné (i). Pour cela on pile grossièrement ces deux sels^ on les met dans un baquet, et on verse sur leur mélange de l'eau bouillante. On ne doit faire cette dissolution qu'au moment de s'en servir. Quand tout est disposé comme nous venons de l'indiquer, on produit le bleu de Prusse , en ajoutant peu à peu la dissolution saline dans la lessive prussique du sang, et brassant trèsexactement avec un long bâton. Lorsque l'opération a été bien conduite , le précipité qu'on obtient est immédiatement d'un très-beau bleu. On laisse dépo* ser, on décante à l'aide de siphons ou de chevilles placées à différentes hauteurs; on lave à diverses reprises, et quand l'eau est parfaitement claire, ne précipitant plus par l'ammoniaque , alors on jette le dépôt sur une toile ; on le secoue fréquemment et on l'agite de temps à autre avec une douve , afm que l'eau en soit plus facilement exprimée. Quand il est bien égoutté, on le soumet à la presse , puis on divise le gâteau qui en résulte en petits parallélogrammes , qu'on laisse sécher à l'air libre sur des tablettes placées à l'abri du soleil. En hiver on fait sécher à l'étuve ; mais il faut éviter que la température excède 25*»

(i) On oxigène le sulfate de fer en faisant bouillir sa dissolution avec une pelit« quantité d'acide nitrique».

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Trois jours d'étuye suffisent ordinairemeat pour que le bleu soit parfaitement sec ; il en faut au moins sept à huit , température moyenne , quand on fsât sécher à Tair libre. On obtient par ce procédé environ lo onces de bleu de Prusse par livre de potasse employée. Souvent on livre le bleu à Tétat de pâte, et on modifie le prix d'après la quantité d*hunnJdité qu'il retient. Pour les manufactures de papier à écrire et de papiers peints ^ on le préfère aussi , parce qu'il se distribue plus uniformément , et qu'il donne une teinte plus homogène. Tous les fabricans réussissent assez bien à faire des bleus pâte , parce que tant que ces bleus restent humides, leur beUe nuance se conserve ; mais assez souvent ils tournent au verdâtre pendant la dessiccation, et c'est malheureusement l'inconvénient de presque tous ceux qu*on fabrique en France. Les beaux bleus de Berlin n'ont pas ce déjEaut.

Fabtication du Meu Thénard.

Le savant professeur Thénard a enrichi les arts de la plus magnifique couleur bleue que Ton connaisse.

Pour préparer cette belle couleur , qui peut remplacer Toutremer dans la plupart de ses emplois , et qui , selon le professeur , doit être en définitive un composé d'alumine et d'oxîde de cobalt, on doit se procurer du nitrate de cobalt , et l'on obtient ce dernier sel ( pour cet usage ) par le procédé suivant :

On prend de lamine de cobalt, qui est composée, comme chacun sait, de cobalt, d'arsenic, de fer, de soufre et d'une très-petite quantité de nickel; après

DES AAT8 BT MÉTIERS. a3S

ravoir réduite en poudre , on la grille dans un petit four à réverbère; afin de profiter de la chaleur du fourneau , on fait ordinairement plusieurs opérations de suite ^ en sorte qu*aprës avoir retiré le minerai grillé 9 on en recharge une noavelle quantité. Il faut avoir le soin de remuer plusieurs fois pendant la calcination , afin d'exposer successivement toutes ses parties le plus également possible à l'action de la chaleur. La cheminée du fourneau doit avoir un puissant tirage , afin que presque tous les principes combustibles delà mine soient brûlés, et les produits volatils de la combustion entraînés dans le courant que détermine ce tirage. Il se dégage beaucoup d'oxide d*arsenic^ sous forme de vapeurs blanches^ et du gaz acide sulfureux. On continue le grillage jusqu'à ce qu*il ne se dégage plus de vapeurs arsenicales, ce dont il e^t facile de s'assurer : il faut qu'en ramenant, à l'aide d*une cuiller, un peu de gaz de l'intérieur du four, l'odeur d'ail, due à l'arsenic, ait cessé de se développer. On retire alors la mine grillée, et l'on obtient un résidu composé des oxides de cobalt, de fer et de nickel , retenant en combinaison de l'arsenic à l'état d'oxide ou d'acide, et mêlé encore d'une partie de minerai non altéré.

L*opération du grillage étant terminée , on fait bouillir légëreinent le produit qui en résulte avec un excès d*acide nitrique faible, dans un ballon de verre ou matras , et après avoir décanté à clair le liquide surnageant, on fait évaporer presque (usqu'à siccité la solution ainsi obtenue, dans une capsulede porcelaine , ou mieux-de platine; on délaie le résidu dans de l'eau bouillante ; on filtre pour séparer

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de cette folution Tarséoiale de fer qui s*ai pendant Topération ; on verse alors dans olaire une solution do sous- phosphate de ( en décomposant le nitrate de cobalt, doni nitrate de soude soluble , et à du phospl balt insoluble qui se précipite.

Ce précipité est violet » et susceptible d rose en demeurant sous Teau ; après Tavoi sur un filtre» on le rassemble tandis qu*ilc Tétat de gelée ^ pour le mêler avec huit foii (taiumine en geiée. Il faut , pour que le m bien opéré , que la pâte ait une teinte ps uniforme 5 c'est-à-dire que ce phosphate ment disséminé dans toute la masse, en Ton ne puisse apercevoir aucun point isolé alors ce mélange sur des planches unies étuve ; et lorsque la dessiccation est assez avi qu*il soit devenu dur et cassant , on le 1 dans un mortier , et on Texpose au feu dac set de terre recouvert. Après avoir soutei pérature du tout au rouge cerise pendant heure » on retire le creuset du feu , et l'on ver, en rouvrant, la belle couleur bleue c proposait d'obtenir. Dans cet état, on la nu flacon pour la conserver.

L'opération réussira constamment , pc Ton observe attentivement les précautions et surtout que (^alumine en gelée ait été avec un assez grand excès d'ammoniaqu< lavée avec de l'eau limpide ( telle , par exe celle qu'on obtient des filtres de charbon), épuisement complet.

SES ARTS ET METIER». a55

Carmin.

On a beaucoup de procédés différens pour la préparation du carmin.

Il est important de précipiter la matière colorante sans altération et avec un grand éclat.

Il est aussi important de donner du corps et du poids à la couleur^ autant qu'on peut le faire sans nuire à sa beauté.

On a observé que la matière colorante pure ne se laisse pas facilement précipiter ; mais celle qui est combinée avec des matières animales est précipitée d'autant plus facilement qu'il y a plus de matière animale dans la décoction.

Les règles suivantes sont importantes :

1* On prend de Teau distillée , ou de Teau de pluie , ou de l'eau pure de rivière 9 mais point d*ean de puits, parce que les matières salines que contiennent ces dernières sont nuisibles à la beauté de la couleur ;

a'' Il faut observer à l'égard des ustensiles la plus grande propreté. On recommande, pour remuer la matière » une baguette en baleine ;

5° On se sert, pour faire bouillir, de vases de porcelaine, de verre, ou de vases de cuivre bien étamés;

4* Pour fillrer, on ne se sert pas de draps qui aient été lavés avec du savon, parce qu'ils eu retiennent toujours un peu ; on recommande des tamis de toile de lin oude soie ;

5° On prend pour le plus beau carmin la meilleure cochenille, que Ton moud dans un moulin semblable aux moulins à ca£é, ou bien on la pulvérise et on la

a56 LES SECRETS MODEEHBS

broie. îl faut aussi employer de Talun bien pur et bien exempt de fer.

Voici maintenant les différentes manières de préparer le carmin.

1» Précipitation avec alun sans aucune addition. ( Vieux procédé allemand. )

On fait bouillir de Teau, on y jette la cochenille pulvérisée 9 on remue bien et on fait bouillir le mélange six minutes. (Il ne faut pas faire bouillir trop long-temps, de crainte que la cochenille ne brunisse.) On ajoute en remuant un peu d'alun pulvérisé , on laisse encore bouillir trois minutes; on enlève le vase du feu f on filtre ou on décante , et on laisse la liqueur trois jours dans des vases de porcelaine : pendant ce temps il se précipite une matière rouge que Ton sépare et que Ton fait sécher à l'ombre ; c'est le carmin.

lia liqueur, après trois jours, dépose enclore une sorte plus inférieure de carmin ; mais on peut aussi séparer la matière colorante par le sel d'étaîn, ou Tutiliser pour faire de la laque carminée*

Les proportions sont, d'après les indications ordinaires, 57,6 d'eau de rivière, 16 de cochenille, et 1 d'alun. On obtient 1 7 à a d'alun.

a*" Avec tartre.

On fait bouillir de Teau, on y ajoute la cochenille; après quelque temps un peu de crème de tartre; après 8 minutes d*ébullition on ajoute un peu d'alun, on laisse bouillir encore une ou deux minutes, on sort

BBS ABT8 ET MixiEBS. %Zy

du feu^ on verse dans des vases de verre, on filtre, et on laisse reposer tranquillement jusqu'à ce que le carmin se dépose; alors on décante et on fait sécher à Tombre.

Les proportions sont :

6 mesures d*eau douce , 8 onces de coclieniUe , 1 once de crème de tartre, | d*once d*alun. On obtient 1 once de carmin.

3"* En faciiitant ia dissolution des matières animaies par ia potasse et addition de gétatine et d'alumine.

On fait bouillir a ^ seaux d'eau de rivière , on y verse à peu près une livre de cochenille , on remue ; on a|oute une dissolution filtrée de six drachmes de soude dans une livre d'eau, et on laisse le mélange jeter encore six bouillons; on enlève la chaudière du &u, et on laisse refroidir en inclinant. On ajoute 6 drachmes d'alun pulvérisé , on remue avec un pin* ceau pour accélérer la dissolution du sel , et on laisse le tout reposer pendant aS minutes. La liqueur, qui a une belle oouleur rouge écarlate, est décantée avec soin dans un autre vase> et on niet dans ce dernier deux blancs d'œuf qui ont été bien battus avec une demi-livre d'eau , et on remue avec un pinceau. La chaudière est replacée sur le feu , l'alumine se coagule i et toute la matière colorante se précipite ; on enlève la chaudière du feu , on laisse reposer 95 à 5o minutes pour que le carmin se dépose. La liqueur surnageante est soulevée. Le dépôt est mis sur dos toiles tendues dans des cbâisis ]^m \e Î^Vc« ^^^x^vv^'^

S3S LES SBGEETS MODEBITES

On verse la liqueur sur le filtre jusqu^à œ qu'elle passe complètement décolorée. Quand le cèrmiD a pris la consistance d'un fromage à la crème, on Ten* lève du filtre avec une cuiller d'argent ou d'ivoire, et on le fait sécher sur des assiettes couvertes de papier pour éviter la poussière. Une livre de cochenille donne i 7 once de carmin.

4* Avec gélatine.

On fait bouillir de la cochenille pulvérisée avec de la potasse et de l'eau (sur 1 livre de cooheuille, oo prend 5 seaux d'eau), dans une chaudière de cuivre; on modère l'ébullition par de Teau froide ; après une ébullition de quelques minutes, on enlève la chau* dière du feu, et on la pose penchée sur une table de manière à pouvoir soutirer facilement ; on y délaie de l'alun pulvérisé. Ce dernier rend aussitôt la couleur plus brillante; on laisse le tout reposer pendant quinze minutes; pendant ce temps la cochenille se dépose et la matière colorante reste en dissolution avec un peu d'alun. On verse cette dernière dans une autre chaudière que l'on reporte sur le feu , et on y délaie de la colle de poisson dissoute dans beaucoup d*eau. Aussitôt que la liqueur bout, le carmin monte à la surfsice et forme une écume. On enlève aussitôt la chaudière du feu , on agite bien et on laisse reposer ; après i5 à 9to minutes le carmin est déposé; on tire la liqueur claire ( qui peut être utilisée pour la laque); on fait égoutter sur une toile de lin serrée, et on fait sécher.

Si le travail réussit bien » le carmin se laisse facile-

DES ABT8 ET MJÉTIBES. sSg

ment écraser entre les doigts , -et d'autant plus que la potasse contenait plus diacide carbonique.

Les proportions pour le carmin ordinaire sont 36^ parties cochenille^ i partie sous-carbonate de potasse 9 2 1 parties d'alun , et i partie colle de poisson .

5'' Par ie sel d* oseille. ( Procédé de madame Cénette ,

d'Amsterdam. )

On fait bouillir 6 seaux d'eau de rivière, on y jette a livres de la plus fine cochenille en poudre, on fait bouillir le tout 2 heures, et on ajoute alors 5 onces de salpêtre raffiné, et après quelques minutes 4 onces de sel d'oseille. Après lo minutes on enlève la chaudière du feu, et on la fait reposer pendant 4 heures; on soutire avec un siphon la liqueur, que l'on distribue dans des vases plats. On abandonne ces vases pendant 5 semaines. Après qu'il s*est formé sur la surface une moisissure assez épaisse, on l'enlève avec un morceau de baleine à Textrémité duquel on a fixé des morceaux d'épongé fine, ou bien on le courbe pour enlever d'une seule fois la pellicule. Si la peau se déchirait, et qu'il en restât des fragmens, on les enlèverait avec le plus grand soin. On décante l'eau au moyen d*un siphon. On peut faire descendre l'extrémité du siphon au fond du vase» parce que la couche de carmin est très-dure; s'il restait encore de l'eau, on l'enlèverait avec une pipette. Le carmin est séché à l'ombre; il a un éclat extraordinaire.

6* Par le sel d'éuUn. ( Carmin de la Chine. )

On fait bouillir de la oocfaenille daxi% d!& Y^^xx \^

!240 LES SECRETS MODEENIS

rivière 9 et on y ajoute de Valun de Borne; on entève après sept minutes de touUion, et on la met de côté pour Tusage; avec le temps elle devient plos vive.

Après avoir chauffé cette liqueur^ on y verse goutte à goutte de la dissolution d*étain : le carmin se pré<^ cipite aussitôt.

Les proportions sont i seau d^eau, ao onces de cochenille , 60 grains d'alun , et dissolution d*étain ( 1 livre d'eau forte de part , 1 once sel marin 9 et 4 onces d*étain ).

On a aussi recommandé d'employer en même temps de Talun et du sel d*étain 9 et de précipiter par de la soude ou de la potasse. Four cela on fait bouillir la cochenille avec de Teau, on ajoute alors la dissolution d*étain et d*alun, et aussi long- temps delà potasse ou de la soude qu'il se forme un précipité.

Les proportions peuvent être a55 parties d'eau, 16 parties de cochenille, 1 partie d'alun, 1 ^ de dissolution d'étain.

Pour le carmin inférieur, on peut broyer de la co* chenille (1 partie], avec dissolution d'étain 4 ^ ^ parties, dans un mortier de verre; ajouter de l'eau distillée (6 parties), filtrer et verser goutte à goutte de Tammoniaque jusqu'à ce que la couleur rouge foncé ait passé au rouge carmin. ( Si l'on met trop d'ammoniaque, la couleur devient cramoisie. )

Avivage du carmùi.

On peut aviver le carmin ordinaire et en obtenir un très-beau carmin, mais très-cher, en le faisant dissoudre dan«.de Tammoniaque liquide. On laisse

DBS ÂMT% ET M^TIEBS, 24 1

pour cela 3 à la chaleur du soleil , de rammouiaque ^ur du carmiDy jusqu^à coque ce dernier soit déooloré^ et que rammouiaque soit d*un )oli rouge. Oo soutire la liqueur , et ou précipite par Tacide acétique et Tidcool (ce dernier accélère la précipitation J. On lave avec de l'alcool et on fait sécher. Le carmin dissous dans Tammoniaque est depuis long^temps employé par les peintres sous le nom de carmin liquide.

Fabrication des cendres hieues cuivrées , ou azur

de cuivre.

Le cuivre asuré naturel, ou carbonate de cuivre , se rencontre dans toutes les mines de cttivre, sous forme de grains, de petites lames, en cristaux ou .prismes rhomboidaux , terminés par des sommets à quatre faces; en concrétions mamelonnées et striées , en masses informes , etc. , etc.

Ce n^est pas de ce carbonate naturel', assez rare d'ailleurs, qu'il va être ici question, mais d*un produit artificiel fort en usage dans plusieurs arts.

Le bleu de montagne artificiel est plus généralement connu sous le nom de cendres bleues. La préparation de cette matière n'avait pas encore été décrite telle qu'on peut la pratiquer en grand. C'est à M. Payeu, fort habile chimiste-manufacturier , que cette intéressante description est due. Parmi les divers procédés que l'on a publiés relativement à cette fabrication , la plupart sonit inexacts, et aucun d'eux n'offre la certitude d'obtenir toujours les mêmes résultats : M. Payen affirme qu'en suivant la méthode qu'il indique, et en observant toutes les précautions voulues, on ne peut manquer d'y réussir.

24^ LfiS 8EGEET8 M0DEE1IB8

On fait à chaud une dissolution de sulfate de cuiwre (couperose bleue] dans de Teau ^ en proportioiu tellesf que la solution marque 35 degrés à raréomètre de Baume. Nous supposerons une quantité de cette solution égale à a4o litres: on la répartira également dans quatre tonneaux défoncés d'un bout; on afoutera 180 litres d*une solution bouillante de muriate de chaux marquant 4o« de Baume. Il faudra avoir soin de diviser exactement en quatre parties égales cette quantité de muriate de chaux, qui est calculée de manière à décomposer presque complètement le sulfate de cuivre , et aie convertir en muriate soluble, taudis que le sulfate de chaux qui résulte de cette décomposition réciproque se précipite. Il est important de brasser fortement au moment du mélange 9 pour empêcher que le précipité ne iCagglomère en masses inégales. On laisse déposer pendant douze heures; alors on prend une petite quantité de la liqueur claire pour s'assurer si Ton a employé les proportions vouhies de sulfate de cuivre et de muriate de chaux , et pour cela il est nécessaire que cette solution donne un léger précipité , soit que Ton y ajoute un excès de sulfate de cuivre, soit qu*on y verse un excès de solution de muriate de chaux : dans le cas où elle précipiterait abondamment par le sulfate de cuivre, il faudrait ajouter dans les tonneaux une quantité approximative de la solution de muriate de chaux, et réciproquement, de manière à approcher le pins posstble du terme indiqué : il y a cependant moins d'inconvénient à ce que le sulfate de cuivre domine.

Lorsque le dépôt de sulfate de chaux est bien formé, on soutire à clair la solutiop de cuivre , et Ton verse

DBS ÀBT8 ET BUèllEBS. !245

8ur le dépôt des eaax de lavage à 8 ou lo degrés, obtenues d'une opération précédente; on les mêle bien à Taide d'une large spatule , puis on les laisse déposer encore pendant la heures ;' on soutire alors les liqueurs claires , que Ton réunit aux premières obtenues , et l'on délaie le dépôt avec un râble en bois ; on le met ensuite sur des filtres coniques en toile écrue : ces filtres sont quadrangulaires , solidement cousus et attachés à des châssis en bois , à Taide de six cordes passées dans des œillets sur chacun de leurs côtés ; leurs dimensions peuvent être de 18 pouces carres sur 1 pied de profondeur. Au fur et â mesure que les marcs s'égouttent sur ces filtres ^ on y verse de petites eaux provenant d'une autre opéra* tîon , et ensuite de Teau pure : on continue ces lavages jusqu'à ce que la solution qui passe au travers des filtres ne marque plus que a ou 3 degrés au plus.

Toutes, les solutions obtenues ainsi successivement, et divisées dans quatre tonneaux, produisent environ 670 litres de liqueur verte à 20 degrés de Baume ; les solutions plus faibles sont réservées pour opérer le lavage des sulfates de chaux dans une opération suivante.

D'un autre côté, Ton a une bouillie de chaux préparée d'avance, et par le procédé suivant : on pèse 1 00 kil. de chaux , que l'on délaie dans 5oo kil. d'eau ; l'on passe la bouillie qui en résulte dans un tamis de toile métallique en cuivi^e, pour séparer de petits fragmens de pierre et de sable que l'eau n*a pu déliter; on divise ensuite tous les grumeaux de la chaux en broyant cette bouillie tamisée dans un moulin à meules horizontales en pierre.

244 ^^ 8EG11E.TS MOBE&HES

La bouillie étant ainsi préparée^ on en prend 70 A 85 kil. (la beauté de la oouleur est en raison inverse de la quantité de chaux employée) que Ton léptrtjt par portions égales entre les quatre tonneau qui contiennent les 670 litres de liqueur verte; on agite fortement à Taide d'une spatule en bois; on laisse déposer > et Ton essaie la liqueur claire par l'ammoniaque : elle doit produire « par ce réactif, ane nuance bleuâtre; si elle donne une forte teinte bleue, cela indique qu'elle contient trop de cuivre, el pour ren** dre sa précipitation plus complète , il faut ajouter de la bouillie de chaux. Lorsque la saturation est opérée de cette manière, on lave la pâte précipitée par dé- Cjantalion 9 et en y employant les eaux fiiibles de lavage d'une opération précédente; on lave ensuite et Ton fait égoutter le dépôt sur des filtres en toile, semblables à ceux que nous avons décrits ci-dessus. Toutes les eaux jusqu'à 10 degrés de densité sont ré* servées pour être concentrées par i'évaporation ; elles ne contiennent presque que du muriate de chaux, et lorsqu'elles ont été rapprochées à 4o degrés, elles servent, dans une autre G|>ération9 à décomposer la dissolution de sulfate de cuivre, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Les eaux de lavage à un degré plus faible que 10 degrés sont mises décote pour laver les dépôts semblables d'une opération subséquente. Lors* que la pâte laisse écouler une solution qui ne marque plus que a degrés après avoir passé au travers du filtre , on la laisse bien égoutter 9 et on l'entrepose ensuite dans des barils, pour s'en servir comme nous allons l'indiquer. Les proportions des diverses substances dont nous avons proposé l'emploi, produisent

D^tS A&TS ET MéTlfiBS. 2^5

environ 5oo à 54o kilogrammes de pâte verte.

On essaie la pâte verte ainsi obtenue, avant de s'en servir, afin de savoir combien elle contient d'eau , ce qui doit déterminer les quantités relatives des autres agens à employer, et pour cela on en fait dessécher 10 grammes avec précaution ; si elle représente ^ d'après l'expérience, 27 pour 100 de matière sèche, on en met la Lil. (1) dans une sapine ou baquet de bois blanc, contenant environ ao litres; on y ajoute ensuite un kilogramme de bouillie de chaux, en mêlant le tout très-précipitamment. Aussitôt après on ajoute au mélange 7 décilitres d'une solution aqueuse de potasse perlasse du commerce à i5 degrés, que Ton a préparée d'avance; on agite bien encore tout ce mélange , et l'on se bâte de le broyer dans un moulia à meules horizontales : lat promptitude de cette opération influe beaucoup sur lu beauté du produit.

On a , d'un autre côté , préparé encore d'avance deux solutions j l'une de sel ammoniac gris, 25o grammes fondus dans 4 litres d'eau claire, et l'autre de sulfate de cuivre 9 5oo grammes de ce sel dans 4 litres d'eau.

Lorsque la pâte qui s'écoule du moulin dans une tourelle en grès est entièrement passée, on enlève la meule supérieure, on rassemble promptement toute la pâte adhérente aux côté« du mouliu et à la surfaco de chaque meule, à l'aide d'un pinceau, et l'on fait couler le tout dans la même bouteille ; on ajoute alors

(t) Si elle représentait une plus ou moins grande quantité d*«va^ qw vc^^ emploierait plus ou moins, mais toujours dans le rvgi^otV <V« i-^^^a-x,-

246 LES SECRETS MODBERBS

simultanémeot les 4 litres de solution de sel ammo^ nîac, et Ton secoue fortement la boateille, après l'avoir bouchée avec un bouchon de liège ; on lute ensuite ce bouchon avec un mastic composé de saif et de brai gras.

Si cette opération est bien conduite , on peut faire par ce procédé , et avec les mêmes outils , 6 bouteilles en deux heures, et fort aisément a4 dans un jour (i)« Toutes les bouMsilles bien lutées, comme nous Vavons dit , restent dans cet état pendant quatre jours ; au bout de ce temps , on verse le produit de ces 4 bouteilles dans une pipe à eau^d&*¥ie d*une contenance d'environ 4co litres y c'est-à-dire que l'on répartit dans 6 pipes le produit de 24 tourelles ; on remplit d'eau claire les pipes à quelques pouces de leur bord 9 «t l'on mélange bien le tout avec un râble ; le dépôt qui se forme devant occuper un peu moins que le tiers de la capacité de chaque pipe, une cannelle est placée à un pouce à peu près de la hauteur à laquelle ce dépôt s'élève, et permet de soutirer l'eau claire sans entraîner le précipité : on fait eq hiver cette opération une fois chaque jour, et deux fois en été. On remplit d'eau chaque fois, ou délaie" le dépôt avec le râble , et l'on recouvre ces tonneaux avec leurs couvercles dans lesquels un trou est ménagé pour passer la tige du râble. Si, après huit lavages opérés de cette manière, Teau fait encore sensiblement virer au brun la couleur faune du curcuma , il faut laver

(i) 11 faut qu^à la fin de la journée tous les outils, et les moulins parliculicrcmeai^ soient bien Uvés^

DES AttTS ET UBT1EE8. ^47

avec une petite quantité d'eau additionnelle jusqu'à ce que Ton soit arrivé à ce point de ne plus faire changer la couleur du curcuma. Lorsque les dépôts sont suffisamment lavés, on les porte sur des filtres eu toile de chanvre , et on les laisse bien égoutter. Chaque pipe produit de 4^ à ^o l^il* de cette pâte , qui est vendable en cet état ; on remploie pour les papiers peints.

Fabrication du cinabre ou vermiiion.

Le cinabre étant très-employé , par rapport à la beauté de sa couleur, pour la peinture, la coloration de la cire à cacheter, et autres objets d*art, il s'en fait une très- grande consommation ; mais comme ses divers usages exigent pour la plupart qu*il soit dans son état de pureté, état sous lequel on le rencontre rarement dans la nature, on a pris le parti de le composer de toutes pièces.

Le cinabre artificiel 8*obtient toujours par la voie de sublimation ; voilà pourquoi il se présente sous forme de masses plus ou moins épaisses > concaves d'un côté, convQzes de l'autre, aiguillées dans leur cassure, d'un rouge brun dans leur entier, et d'un rouge vif étant pulvérisées. Projeté sur un corps trèschaud , le cinabre ou vermillon se volatilise sans reste, et sa vapeur n'est accompagnée d'aucune odeur désagréable. Le cinabre^ broyé à Teau et réduit en poudre impalpable^ est ce que Ton connaît dans le commerce et dans les arts, sous le nom de vermiiion ; mais malheureusement ce produit n'est pas toujours pur : on rallonge, par fraude, aveo diverses subftXaktk^^^^x.^^^

a48 LEg BEGEETg MOftBBlIBS \

que le minium, le colcetar, le saog^dragooi Ja brique^ etc.

Depuis long-temp» les Hollandais sont en possession exclusive de la fabrication du cinabre en Borope.

Nous possédons sur Tensemble dé la fabrication du cinabre par les Hollandais, de très-bons reoselgue*mens qui nous ont été transmis par M.* Tuckert. M. Payssé, qui a eu occasion de visiter plusieurs de ces fabriques, s^est assuré de leur exactitude, \oici textuellement ce qu'en dit M. Tuckert : • La fabrique dans laquelle j'ai assisté plusieurs fois à la fabrication, du cinabre , est celle de M. Braud, située à Am^erdam. C'est une des plus considérables de la Hollande : on y fabrique annuellement dans trois fowaéaux, et par le moyen de quatre ouvriers, 4^>ooo livres de clnabre. Voici le procédé :

9 On prépare d^abord l'éthiops , en mêlant ensemble i5o livres de soufre et 1080 livres de mercure pur, et exposant ensuite ce mélange à un feu modéré dans une chaudière de fer plate et polie, d*un pied de profondeur sur deux pieds et demi de diamètre. Jamais ce mélange ne s'enflamme, à moins que l'ouvrier n'ait pas encore l'habitude nécessaire.

» On broie ce sulfure noir ainsi préparé, afin d'en remplir facilement de petits flacons de terre , de la contenance de 24 onces d'eau environ , et l'on remplit d'avance 5o ou 40 de ces flacons, pour s'en servir au besoin.

» Après cette préparation, on a 5 grands pots ou vaisseaux subîîmatolres, faits d'argile et de sable très* par. Ces vases sont enduits devance d'une couche do

DBS AKT8 ET MÉTIERS. S>jfg^

Uxtf afin qu'ils aient acquis la plus grande sécheresselorsqu'on veut les em^ploycr. On pose ces pots sur trois fourneaux garnis de cercles de fer, et adossés contre une voûte élevée et capable de résister au feu. Les vaisseaux sublimatoires peuvent être de différentes grandeurs; les fourneaux sont construits de manière que la flamme circule librement autour , et qu'elle environne les vaisseaux aux deux tiers de leur hauteur. > Lorsque les vaisseaux sublimatoires sont posés sur leurs fourneaux, on y allume le soir un feu modéré, que Ton augmente jusqu'à faire rougir les vaisseaux. On se sert à Amsterdam de tourbe pour cette chauffe. Lorsque les vaisseaux sont rouges, on verse dans le premier un flacon de sulfure noir de mercure (éthiops),ensuite dans le second, puis dans le troisième. On peut dans la suite en verser 4^ux , trois, et peut-être davantage à la fois; cela dépend de la plus ou moins forte inflammation du sulfure de mercure. Après son introduction dans les pots, la flamme s'en élève quel» quefois à 4 et même 6 pieds de hauteur. Lorsqu'elle est un peu diminuée , on recouvre les vaisseaux avec une plaque de fer d'un pied carré et d'un pouce et demi d'épaisseur, qui s'y applique parfaitement. On introduit ainsi, en 34 heures, dans les 3 pots, toute la matière préparée , ce qui fait pour chaque pot 36o livres de mercure et 5o de soufre, en tout 4io livres. Toute la matière une fois introduite, on c^onliotie le feu dans un juste degré, et on le laisse éteindre lorsque te tout est sublimé ; ce qui exige 36 heures de travail. On reconnaît si le feu est trop fort ou trop faible, par la flamme qui s'élève quand on 6tei lé couv^t^I^ ^^ 1er : dMoê le premier cas , la flamme &uT\ia%%^ \^ n^\%-

a5o LES SECRETS MODEENES

seau de quelques pied» ; dans l*autre , elle ne paraK pas, ou ne fuit que loucher faiblement rouvertore des pois. Le degré de feu est ju8te> si, en enlevant le couvercle, on voit paraître vivement la flamme sans qu'elle s'élève à plus de 3 à 4 pouces au-dessus de l'ouverture.

r> Dans les dernières 56 heures, on remue tous les quarts d'heure ou demi-heures la masse avec une tringle de fer pour en accélérer la sublimation. Les ouvriers s'y prennent avec tant de hardiesse que fen fus étonné^ et que je craignais chaque fois qu^ils n'enfonçassent les vaisseaux.

> Après que tout est refroidi , on retire les vaisseaux avec les cercles de fer, qui empêchent qu'ils ne crèvent, et on les casse. On trouve constamment dans chaque pot 4oo livres de cinabre sublimé; ce qui fait 1,200 pour les trois, et par conséquent lo livres de perte pour chaque pot.

» Il ne s'attache point de cinabre aux plaques de fer, puisqu'un les ôle continuellement, excepté vers la fin de l'opération , où l'on ne touche plus aux vaisseaux. Ces plaques ne souffrent pas le moindre

dommage. »

Jaune de chrême.

Le jaune de chrome n'existe que depuis peu d'années dans le commerce ; il est employé dans la peinture à l'huile, et comme couleur d'émail. Il est formé de chromate de plomb.

On l'obtient en précipitant une dissolution de chromsiie de potasse y par uiie 4v%%oVwVvou de nitrate

DBS AtTS BT MÉTIBES. a5l

OU d*acétate de plomb. On peut l*obtenir dans toutes les nuances comprises entre le jaune olair et l'aurore foncé, suivant qu'on prend des sels avec excès d'acide, ou avec excès de base, et que les dissolutions sont chaudes ou froides. Alais il ne faut pas oublier que les dissolutions doivent être étendues de' beaucoup d'eau avant leur mélange ; le précipité est alors plus fin , il n'entraîne point de sels non décomposés , et on lave plus facilement.

Le chronnate de potasse s'obtient en traitant la mine de chrome de France ou d'Amérique , qui est composée d'oxidede chrome 5^ d'oxide de fer, de silice, d'alumine et de magnésie, avec un poids égal de nitre, pendant J heure à la chaleur rouge. La matière refroidie est jaune, poreuse; elle contient beaucoup de chromate de potasse, et une certaine quantité de si-» licate de potasse et d'alumine. On lessive cette matière , on rapproche la liqueur , et on sature l'excès d'alcali par l'acide nitrique ; on filtre pour séparer la silice et l'alumine ; on fait concentrer, et le chromate de potasse cristallise par le refroidissement. Les dis* solutions neutres fournissent des cristaux d'un jaune orangé de chromate acide; les eaux-mères, qui deviennent fortement alcalines, laissent précipiter des cristaux jaunes qui sont alcalins; ils contiennent o,3a d'eau. Lorsque le chromate de potasse doit être employé à la préparation du chromate de plomb , il n'est pas nécessaire de le faire cristalliser ; on peut em« ployer la dissolution aussitôt qa*elle a été rendue neutre par l'acide nitrique , et filtrée.

On trouve deux espèce» de chromate de ^t&.iA<^ dans le commerce. La première eil utk «o^^aA^tiÀ. ^^^ox^

25d Vis 8ICEET8 MODEBMtS

jaune pâle , qui e9t susceptible de se combiner àvecr différens sels ; il est souvent uni atec V^ de son poids de sulfate de potasse ; quand il contient de rahuDinet il est en erîsiaux plus petits. La deuxième espèce est en gros cristaux d^un* rouge orangé. Cette dernière espèce est préférée dans les arts.

On peut obtenir de plusieurs manières un sous* chromate de plomb rouge , renfermant deux fois plus de base que le chromate neutre, i* en faisant bouillir du carbonate de plomb avec un excès de chromate de potasse en dissolution ; a** en faisant bouillir du chromate de plomb ordinaire avec de la potasse» La seconde méthode donne en grand on meilleur produit que la première.

Le sous- chromate de plomb broyé à Thuile donne mie très-belle couleur qui a beaucoup de corps ; mêlé avec de la céruse, il ne perd rien de sa couleur,, comme cela a lieu pour le vermillon. Il peut entrer en mélange avec d*autres couleurs, et même dans cet état, il ne paraît pas s'altérer à la longue. (John Badskms ^ Jnnais of Phiiosophy , i8a5. )

Dans le commerce, le chromate de plomb se trouve ou pur, ou mêlé avec de Talumine^ du sulfate de baryte, de la silice, elc.

Si Ton mêle du chromate de potasse avec du phosphate dé soude et des os calcinés, par la chaleur rouge on obtient une couleur jaune que M. Laboullaye-Marillao recommande dans la peinture à Thuile comme une couleur invariable. On obtient de semblables couleurs jaunes en prenant, en place du jaune décHrômCj de ranlimoine jaune ou de Toxide de

DBS AKTS ET MÉTlERSé a55

Jat$ne de Cotagn^i

La matière colorante répandue dans le commercesous le nom de jaune de Cologne f qui joint à un grand éclat beaucoup de solidité, et qui en outre est d*un prix peu élevé , est composée, sur loo parties, de 19, 5o de sulfate de plomb, 60 de chaux, et a 5 de ohromate de plomb. On peut Tobtenir en décomposant du> sulfate de chaur et du ohromate de plomb par une dissolution de sulfate de soude. £n délayant du sulfate de chaux en poudre très-fine dans une dissolution de chromate de potasse, et précipitant par Tacétate neutre de plomb , on obtient une matière qui ne diffère en rien du jaune de Cologne.

Jaune minéral, dit jaune de Kasster, jaune de Paris, jaune de Féronne.

Le jaune de Kassler provient de la combinaison du chlore avec le plomb et Toxide de plomb. Lé chlorure de plomb est blanc (1) ; si on le fond avec ^ de son poids de litharge, il devient gris de perle; mais fondu avec la moitié de son poids de sous-carbonate de plomb, il devient d'un jaune foncé, en refroidissant jaune-citron , et plus tard couleur de perle. Si l'on prend beaucoup plus d'oxide de plomb ou de souscarbonate de plomb, la couleur reste d'un joli jaune.

(t) On Tobtient en Irtitant une dUsolnlioa saliuc do ^V^tc^ \«c \vc\<^% muriatigue, ou Voxide de pkisiJ^ par le même .aâde%

a 54 l'Es SEGBBTS H0DBERB8

Ordinairement on produit le jaune de Kassler en fondant ensemble 4 parties de minium et i partie de sel ammoniac; plus rarement en faisant roupr le muriate de plomb.

Qn met la matière dans un creuset à fondre (i) ; on presse un peu, et on chauffe d'abord lentement, et ensuite au rouge-blanc. Le mélange reste en fusion pendant 6 ou lo minutes, après quoi on le verse dans un vase de fer poli intérieurement et bien chauffé , d'où il s'enlève facilement après le refroidissement.

L'oxide de piomb et le sel ammoniac doivent être mêlés aussi bien que possible. Il ne faut pas mettre dans le mélange des corps ' combustibles (a), et en général il convient d'observer la plus grande propreté; on remue avec une tige de fer. Le four doit être con« struit de manière qu'il ne puisse tomber ni cendres ni charbon dans le creuset.

i*" Avec oxide de plomb et set ammâniac,

Hahnemann indique ai parties de minium et a parties de sel anunoniac, comme la meilleure proportion^ quand les vases ne peuvent tenir la masse liquide que 8 à lo minutes sans être pénétrés ; mais, si Ton a des vases qui tiennent bien la matière liquide, une proportion de lo à i est préférable; on laisse alors la matière de lo à i5 minutes en fusion. On peut

(i) Comme le mélange attaque ordinairement les creusets, on prend des Tases de grès que l'on recouvre extérieurement d^une couche d^argile ; ou bien l'on £iit des creusets de terre de pipe avec 1/4 de talc ou de sttfattte. (a) Le sel ammoniac fuligineux et uoir esV uvànbVe i^m ceV\» T«.\%QTk..

DB8 ÀKTS BT MÉTIEBS. 9l55

même alors prendre seulement 4 parties de minium et 1 partie de sel ammoniae. En général , la couleur devient d^autant plus foncée que Ton emploie moins de sel ammoniac.

Quand le mélange a une couleur trop claire, c'est qu'il a été trop peu de temps en fusion , ou bien qu*on y a mis trop de sel ammoniac. On peut alors le pulvériser et le fondre de nouveau. Quand il est tçop foncé , on le refond de nouveau avec de Toxide.

En place de minium, on peut prendre de la litharge ou du blanc de plomb; mais alors on obtient d'autres nuances.

a^ Litharge et sei marin.

On change la litharge en muriate , en faiisant une pâle avec 4oo parties de litharge finement pulvérisée, et 100 parties de sel marin dissous dans 4oo parties d'eau, et agitant continuellement, parce que sans cela la masse se durcirait (i). Pour empêcher cet effet, on ajoute de la dissolution de sel marin ^ et quand elle ne suffit pas, on ajoute encore de Teau. Après a4 heures^ elle est ordinairement exempte de masses dures ; on laisse encore le mélange quelque temps en remuant quelquefois (2).

Quand le mélange est uniformément blanc, on làvc avec de Teau pour enlever la soude, on le presse dans

( 1 ) Dans le commencement on n'ajoute que le quart de la dissoluUon de sel marin , et on verse le reste peu à peu.

(1) Il se forme un ouriate de plomba et la soude reste ca dis&oVoXv^xv^^xA la liqueur.

a 56 LES SEGEETS BIODEEVBS

des sacS) et on le chaufife au ronge dans des ereusets : il prend une belle teinte d'un jaune brittant.

Vsages*

Le jaune minéral est parmi les couleurs jaunes ce qu*est le vermillon parmi les rouges; il est très-estimé à cause de sa belle couleur jaune d*or. Il sert comme couleur d*émaîl et comme couleur d'application.

Jauf^ dô Naptôêf terrô de Napies.

11 est tous la forme d'une poudre jaune » ou d*une nialièrc terreuse d^une couleur jaune mate et pro- Ibodc i o'c«t une combinaison des oxides de plomb et d^mlimoiiic» La préparation en est simple ; elle repose aur la Fiision dea mélanges soivans, que Ton peut exétuler comme celle du jaune minéral.

«« I |t«Ht«« cMidre* d« ploHsb.

V Fu»i\m à uii« température pen élcrée: )

«* % ^Hif minium.

) tlV«i«l« U*)iQtunoine.

i onUitf gris de tiao.

.tJ" »4 imrtics de plomb.

id d'«uti moine.

I de tarlre.

t de tel marin.

4« 16 1/3 plomb.

10 t/3 antimoine.

I tartre

DBS A&TIS BT liéTlEBS.. sS^

5^ 10 3/3 plomb.

S 9/3 antimoine.

1 tartre»

60 6 plomb.

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