DES 1BT8 ET METIERS
et moulu; on sépare parle lavage le métal non oxidé, et Toxide ainsi obtenu est chauffé dans un four jus* qu'à ce qu'il ait acquis une couleur rouge. Alors on tamise, on décante),ç( qp p^sse de nouveau plusieurs fois- au moulin.
l"* AIaTIÈBBS PREUliiRES.
Plomi?.
La pureté du plomb est une condition importante* pour la beauté du minium. Le plomb anglais en barrcs^ à cause de sa pureté, est principalement recherché.
Mine de plomb.
Diaprés d'anciens écrits, iil paraîtrait que la mine de plomb (sulfure ou galène ) fournirait uo plus beau minium que le plomb métallique, mais il n'en est pas ainsi. On obtient alors un minium bleu-noir.
Les cendres de plomb et la Ht barge peuvent éga-^ lemcnt être employées pour préparer le minium. A Newcasllc, en Angleterre, on commence par faire de la lit barge, et par une. plus longue calcioation, on la tranaforaie en miniumi.
j ... - Biane^ de pionii.
Cette matière , lorsqu'elle est pure« donne par la calcination un oxide jaune qui se transforme ensuite en minium ; le blanc de plomb* eit d*abord soumis, à l'état de poudre fine, à l'action d'une chaleur douce, et ci^suite à une température \ois\Be ^^ \^ ^\x!^\^w<
%y^ LES 8SC&ETS 1IO0B&IIU
CaUdnation.
La Htbarge de plomb finement moulae est mise dans des retortes longues, placées horizontalement dans un fourneau, de manière que la flamme puisse facilement les enlourer ; on les remplit au quart ; elles contiennent alors à peu près 5a livres. L'ouverture des pots reste ouverte ; on y met seulement une tuile, afin d'éviter la déperdition de la chaleur. On chauffe avec de gros bois qui a la longueur du four, et on a soin que la flamme touche les pots. A une chaleur trop forte, il ne se manifeste aucun phénomène; une chaleur trop faible a Tinconvénient de faire perdre du temps et du combustible.
Toutes les ^ heures , ou toutes les fois que Von alimente le foyer , on agile la matière avec une spatule, en grattant autour des parois , parce que sans cela elle ê*y attacherait. Dans les jours longs on chauffe a jours et 1 nuit, dans les jours courts a-jours et a nuits, en tout 4B cures. La chaleur finit par devjeoir assez grande pour que la partie inférieure des pots soit d'un rouge clair.
Vers la fin on observe , par des essais répétés, si la matière a une belle couleur^ et on Tenlève alors avec des cuillers de fer , parce que par un plus long chauffage elle s'altérerait. Après le refroidissement on passe le minium au tamis, on lave par décantation , et souvent on le passe au moulin.
OisûnkiUions^.
Une giande division et une agitation fréquente du
DBS ARTS BT MéllEES. B79
plomb jaupe facilitent beaucoup la formation du mi« nium ; ainsi il est utile de le pulvériser très-fin. Dana quelques fabriques on calcine deux fois, la première jusqu'au rouge cerise; Toxide reste alors ^4 ^heures dans le four fermé.
On prétend que la chaleur la plus convenable est 400 à 450'' Fahrenhut; quand le feu est trop fort, le minium revient au jaune et repasse à Téiatde litharge.
Outremer.
Lltalie livre maintenant au commerce le plus bel outremer , et c'est elle qui fournit à presque toute la consommation qui s'en fait.
Préparation.
L*ou1remer est séparé par la pulvérisation et le lavage de la pierre d'azur ou lazulite, dans laquelle il est tout formé ; mais comme la simple décantation ne suffît pas pour en séparer complètement la gangue, on emploie un autre procédé : ou délaie la poudre fme de lazuliie avec une matière onctueuse , de manière à former une pâte homogène 9 et on la pétrit dans de Teau : la gangue reste combinée avec la matière onctueuse, et Toutremer est entraîné par l'eau.
On concasse grossièrement la lazulite dans un mortier de fer ; on enlève avec des pinces les parties presque incolores (plus tard on les pulvérise, et elles fournissent une espèce inférieure d*outremer). On chauffe les autres dans un creuset jusqu'au rouge, et on loi élçint dan9 do P^au froide, GeltQ oç4t^Vv^\)L v^
fSo LES SECRETS MODEIITES
répète jusqu'à ce qu -on puisse réduire facilement la pierre en poudre impalpable que Ton tauàise.
Une division très-fine est importante, et peut être d*abord obtenue par pulvérisation , et ensuite parle broyage sur une pierre, ou dans yn petit moulin. Àlexius Pede-Montanus prescrivait d'éteindre la pierre dans l-alcool; Kunkel, dans du vinaigre. Ce dernier mode d'extinction devrait être très-préjudiciable, parce que le vinaigre altère la couleur, et enlève l'alcali de la matière ; on prétend cependant que quelques fabricans emploient cette méthode. Quelques auteurs italiens prescrivent de jeter la pierre toute rouge dans de Tiiuile de lin. Il est probable que ceci serait nuisible.
Combinaison avec ie mélange oncluetix-
On délaie à chaud la poudre fine dans une matière grasse qui conserve assez de consistance pour s'étendre facilement dans Teau froide, et plus facilement dans l'eau tiède. On peut prendre, sur loo parties de poudre de lazulîte, 4o parties de résine de pin, 20 parties de cire blanche, 35 parties d'huile de lin, et i5 parties de poix de Bourgogne; ou bien, 9 parties de poix de Bourgogne, 6 parties de résine blanche , 6 parties de térébenthine, a parties de cire blauche, et 30 parties d'huile de lin.
Lavage.
On pétrit la pâte dans de l'eau froide (1) , d'abord
•mtmm
(1) QuAqae«>uDs laissent la pâte i4 jours dans Teau , parce qu*al<Hrs , disentils , la gangue est miem combinée , et rontremer se s^re plus factlemeot.
I>ft6 AftTS ET M^TIEBS/ sBl
au moyen' d*uii pilon» et ensuite avec la main (i), afin de faciliter la séparation de Toutromer (a). Qd'and la séparation ne se fait pas facilement, on a recours à l'eau tiède , ci même à Fèau chaude. On change Teau quand elle est suffisamment chargée de matière coïoriktïfè;, et on continue l'Opération {usqu^à ce que l'eau cesse db-se colotror. On dépare' les produits des différons lavages, parce que l'outremer obtenu par les préniiersest le phis beau.
PurifiêaU&n. '
Quand l'outremer s'est déposé^ on le purifie d'abord par le lavage , et à la fm en le faisant rougir , ou mieux- encore en le lavant avec de l'alcool, pour enlever les matières résineuses qu^ii retient encore. Le traitement avec une dissolution de potasse produit le même effet, et pour faciliter l'action de la potasse, quelques fabricans délaient l'outremer avee du blanc d'œuf. Il est bon aussi d'ajouter du savon à la dissolution de potasse.
Ctiïdres d'outremer.
Le mélange résipeux qui ne colore plus l'eau , est fondu avec de l'huile de lin et pétri de nouveau dans de l'eau oii Ton a dissous un peu de soude ou de potasse (3i) : on obtient par ce moyen une pou iro d*un
(x) IjCS mains doitent être endailcs d'huile de lin. (a) On peut aussi laisser couler un mince fllci dVau chaude sur la pâte, I>endant qu^on la pétrit.' L*esu «mtratne ronlremcr*
(?) Qnelqnei fabricans prescrivent de prouOlrc é^aVcifvvxiV ÀMi%\« 'v^tLXwv^*
a8d LBt fiBClETS MODBRI10
gris-bieu comioe daus le commerça soiu le nom de cendres d*oatremer.
Produit.
La quaulité d*outremer qui résulte de loo parlies de lazulile oe peut pas être déiermioée, parce qu*eUe dépend de la qualité de la pierre t et de la qualiléde routremer que Ton sépare. D*après quelque» iadicatioos, on pourrait croire que loo parties de lazuUte fournissent de a à lo d*outremer«
Outremer artifieiei.
En 18379 M. Guimet, ingénieur des ponts-el-ebausséesf a obtenu un outremer artificiel qui a élè employé , à la plus grande satisfaction des peintres les plus distingués. On Ta même reconnu supérieur à celui qui se vend îusqu*à 1 10 fr. Tonce ; et cependant M. Guimet livre le sien à a5 fr. Ponce. Il fait mystère
'- de son procédé , et cependant la Société d'encouragement a cru devoir lui décerner le prix de 6,000 fr.
k qu^elle avait proposé.
Mais M. Gmélin , de Tubingen , a fait connaître un
' procédé que nous allons rapporter.
trarail de Teau alcaline. Cependant cela n^est pas à recommander quand en veut extraire le plus bel outremer. On peut aussi obtenir la cendre d'outremer en fondant la pâle dans 4 fois son poids dliuile de Un, et mettant le mélange dans un vase allongé où on le maintient liquide par un bain-marie; l'outremer se dépose. On enlève le liquide suroafeant, on 1^0^^ ^ llinile pour séparer le reste de la résine, et enfin on fidt booilUr daof Teaniioar •éparer l'huile.
DES AITS BT I1BT1EB8. %S5
On se procure de Thydrate de silice et d'alumine; le premier, en fondant du quartz bien pulvérisé , avec quatre fois autant de carbonate de potasse, en dissolvant la masse fondue dans Teau , et la précipitant par Tacide muriatique ; le second, en précipitant une solution d'alun par l'ammoniaque. Ces deux terres doivent être lavées soigneusement à l'eau bouillante, iprès cela on détermine la quantité de terre sèche qui reste » après avoir chauffé au rouge une certaine quantité des précipités humides. L*faydrate de silice dont l'auteur s'est servi dans ses expériences contenait sur 100 parties 56 de terre anhydre, et Thydrate d'alumine , 335 parties.
On dissout ensuite à chaud , dans une dissolution de soude caustique, autant de cet hydrate de silice qu'elle en peut dissoudre, et on en détermine la quantité. On prend alors, sur ^a parties de cette silice anhydre, une quantité d'alumine en gelée qui représente 70 parties d'alumine sèche ; on l'ajoute à la dissolution de silice, et on évapore le tout ensemble en re« muant constamment jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une poudre humide.
Cette combinaison de silice, d'alumine et de soude est la base de Toutremer , qui maintenant doit être teinte par le sulfure de sodium ; et c*est ce qu'on fait de la manière suivante :
On met dans un creuset de Hesse, garni d'un couvercle fernunt bien, un mélange de a parties de soufre et 1 partie de carbonate de soude anhydre; on chauffe peu à peu , jusqu'à ce que, à la chaleur rouge, la masse soit bien fondue ; on projette alors ce mélange en très* petites quantités à la fois an m\V>A2a^
9<84 IBS SKCRBT8 MODERNES
la masse fondue ; aussitôt que reffervesceDce due aux vapeurs d'eau a oessé , on y |ette une nouvelle portion. Après avoir tenu le creuset pendant une heure au rduge modéré , on Tôle du feu et on le laisse refroidir. Il contieat maintenant de l'outremer mêlé à du sulfure de sodium eu excès ; on le sépare de ce dernier par l'eau. S'il y a du soufre en excès, on l'eDlèYe par une chaleur modérée. En cas que toutes les parties de l'outremer ne soient pas colorées également , on peut séparer les parties les plus belles , après les avoir réduites en poudre très- fi ne par le lavage à l'eau.
Pourpre d'or; pourpre de Cassius.
Le pourpre d*or est formé d*oxide d'étain et d'oxide d'or. L'oxide d'or seul présente déjà cependant un corps de couleur pourpre , et l'étain n'est pas absolument essentiel pour produire le pourpre d'or ; mais il estutile pour ramener l'oxide d'or à un moindre degré d'oxigénatioD.
Le pourpre d'or est rouge-violet ou pourpre, dans l'état sec presque noir. Par la chaleur rouge, il devient rouge de tuile.
Préparation,
La préparation du pourpre de Cassius consiste à précipiter l'or de sâ dissolution dans l'eau régale par un corps qui en absorbe une partie de l'oxigène. Le corps que Ton emploie ordinairement pour cet objet Qst le muriate de protoxide d'étain, le sulfate de pro-
DBS ARTS ET MiTIBRS. 985
loiide d'étain, rétaio métallique » et d*après Orshall , le muriate de mercure (i).
Ou étend d'eau une dissoluiion ;d*or (a) .9 et on ajoute alors peu à peu 1 en remuant, une dissolution très-étendue d'étain (3)9 {usqu'à ce qu'il se soit formé une couleur rouge-vif; on laisse déposer le précipité gélatineux 9 on sépare la liqueur par le filtre 9 on lave avec de l'eau distillée et on laisse sécher.
Quand on veut une couleur violette ^ il faut ajouter beaucoup de dissolution d'étain ; moins pour le . pourpre.
Quand les dissolutions ne sont pas étendues, il se forme un précipité brun ; si la dissolution d'étain non étendue domine , il se forme également un précipité brun; mais si c'est la dissolution d'or qui domine, il se forme un précipité d'or métallique. On avive le pourpre en le traitant par Tacide nitrique ou l'acide sulfurique, qui dissout une portion de l'oxide d^étain.
On prétend qu'il devient plus brillant , quand au lieu de verser la dissolution , on la répand en injection.
On prépare la dissolution d'or: en traitant de l'or fin en feuille ou en grenaille, ou de l'or de départ,
(1) On prétend que ce dernier donne un plus beau pourpre que le sel d*é1ain.
(a) Lcnlin étend la dissolution de a5 à 3o parties d^eau.
(3) La quantité dV>au à ajouter dépend du degré d*oxigénation de Tétain. 11 faut d'abord chercher par des essais le degré le plus convenable; pour cela on élendi une dissolution d'étain avec 80 parties d*eau, on divise cette liqueur dans des verres , et on étend chaque partie d'une maniàre différente ; alors on plonge dans chacune une tige de verre qu'on a trempée dans une disso- 'lutioB d*or , et oli observe. celui-dant leq«el on a obtienuX» ^|^baA\MA\<t ««i«a^»ax ■
a88 LES SECAETS MOOBANBS
augmeiUe alors la chialear jiiaqu,*à ce. que la masie que roo obtient soit devenue d'un beau couge. Après le refroidissement on lave par déoatitatioû.
Les fragiiens les moins calcinés sent choisis pour la préparation du rouge anglais ; ceux qqi sont brunâtres ou rouge-pourpre, pour le rouge à polir.: les parties bleuâtres sont les meilleures pour ,€e dernier usage 9 parce qu'elles sont les plus dures. Elles se trouvent au fond de la chaudière , où était la plus grande chaleur.
Si Ton mêle parties égales de sulfate de fer et de sel marin , et que l'on chauffe , il se dégage beaucoup de vapeurs, et la matière coule en une masse d'un brunviolet ; elle est formée d'écaillés à reflet métallique (i). En lessivanrt , on obtient comme résidu une poudre micacée lourde , et une autre plus légère : la dernière peut servir de poudre à polir ; la première pour aiguiser les rasoirs.
^'^ Du coicotar.
On pulvérise le coicotar , on le lave jusqu'à ce que les sels soient enlevés , et on le met en petites masses carrées d'environ lo onces, que l'on laisse sécher à Tombre. S'il confient du sable , ou si Ton "veut le rendre pluâ fin, on lave par décantation. Quelques fabricans le font moudre encore une fois; cette opération se fait dans des tonneaux avec des boules de fer.
(i) Si Ton chauffe trop Içiig-temps, la masse détient noire. On pent la retirer aussitôt qa*elle ne dégage plus de Tapeurs, et la refiroidir dans TeiB.
WLê AVTS ST lliTIERS. ûSg
C'est par oe procédé que Ton fait ordinairement le bruB-^rouge de Prusse. Le rouge-brun d'Angleterre doit être plus rouge ;pour cela on chauffe le colcotar moulu a^ant on après le lavage , jusqu'à ce qu*îl ait pris la nuance convenable.
Pour le rouge à polir, quelquefois le colcotar n'est pas lessivé 9 parce que quelques polisseurs de glaces pensent que celui qui renferme des sels s'attache an verre 9 l'attaque davantage , et donne un plus beau poli. Dans ce cas , on décante seulement à l'eau froide pour éloigner le sable.
On a nouvellement recommandé , à Id place de la plus fine terre à polir, du feutre de chapeau teint en noir, que Ton met un peu. de temps dans de l'acide sulfurique très*étendu , jusqu'à ce qu'il soit devenu jaune-rouge ; alors oa le lave bien avec de l'eau , et on le graisse pour l'usage.
Rouge de carthame»
Le touge presque seul en usage aujourd'hui comme fard pour les dames, est extrait des fleurs du carthame {carthatnus tinttoritts)» Le nom de rouge d'Eipagne, qu'on lui a donné, semble indiquer que c'est dans ce pays qu'on l'a d*abord préparé. L'importance du rouge de carthame comme fard, son emploi dans la teinture , l'amélioration apportée à sa préparation , qu'on doit attribuer aux progrès de la chimie, exigent quelques détails.
On préfère le carthame qui a été cultivé dans le Levant, surtout la variété à petites feuilles. Les fleurs du carthame oontienoeat deux malv^t^^ ^A^t^^o^^ i. Vb
»gO LBB 01GAITS XODlEUi
bien dtetioctes : Tune iaane» très-foluble daD»^r«aii; Vautre rouge , insoluble dans ce liquide » maie «olnUt dans les alcalis et les carbonates alcalin^» aozqndi elle communique une couleur jaune : en eaturani Talcali qui en est chargé » la liqueur se trouble « rougil el dépose un précipité jaune-rougeàtre. La couleur obtenue diffère selon Tacide employé à la précipitation; le sue de citron , Tacide citrique pur et Tacide acétique» sont ceux qui procurent la plus belle couleur; Tacide sulfurique affaibli y et en proportion codvenable» peut leur être substitué » et mieux enoore k suc ou l'acide du sorbier. Voici le procédé que Foo emploie avec le plus de succès. On lave lea fleurs de oarthame asses long-temps pour que Teau en «orte incolore. La portion insoluble desséchée est polvérisée finement et traitée par une dissolution de sonsF^ac* bonate de soude qui la dissout en prenant uneoouleur jaune. On plonge dans la dissolution du coton cordé bien fin et bien blanc, et Ton y verse un léger excès de jus de citron ou d'acide citrique pur ou d'acide acétique; la matière colorante, devenue libre f se précipite sur le coton. Celte matière est altérée par une certaine quantité de couleur jaune échappée aux premiers lavages à l'eau , mais qu'on enlève aisément en lavant le coton jusqu'à ce qu'il ne colore plus l'eau. Le colon qui, suffisamment lavé, ne retient plus que de la matière rouge, est traité par une non- Telle solution de carbonate de soude qui s'empare de la portion rouge à l'état de pureté. Avant de précipiter le rouge pour la seconde fois, on peut placer au fond du vase où on doit l'opérer, du talc^ ou oraie de Briançon^ réduit en poudre impalpable, destiné à se
i>ES Àftts Bt vitiEHS. agi
charger du rduge à mesuré que Tacide ^pâre ce dernier de la soude qui le tenait dissous. Lé tnétangé obtenu est enfin broyé soigneusement aVéé quelques gouttes d'huile d'olive ou mieux de ben y -ptùptés à lui donner plus de liant et de moelleux. De la finesse du talo et de la proportion du précipité du carthame qu'on y mêle 9 dépendent la beauté et le prix dei rouges dans le commerce. Le rouge de la 'secondé précipitation est reçu quelquefois sur des morceaut d*étoffe de laine tortillée, qui se nomment créponâ; les dames se servent de ces crépons rougis pour se frotter les {oues. Le précipité petit être obtenu seul , puis broyé avec la craie de Briançon. Souvent, au lieu de le mélanger, on Tétend pur et humide sur des papiers, des tasses ou des soucoupes, ob, en se dessé-< chant i il prend une teinte vert bronzé , analogue à la couleur des cantharides, mais qui repasse au rouge vif par le contact d'un peu d'eau pure ou acidulée par le vinaigre. Des fabricans qui le vendent dans cet état , ont imaginé , pour exprimer le prompt change* ment de couleur qu'il éprouve en le mouillant, dé lui donner le nom ridicule de vert-rouge d!^ Athènes. On vend encore un rouge liquide qui, d'après l'analyse qu*en ont faite plasieurs chimistes habiles, n'est autre chose que le rouge de carthame purifié aTeo soin, subtilement broyé et tenu en dissolution par UB mélange d'alcool et d'acide acétique faible.
Rotêge de ehrâme.
Le rouge de chrome est une matière d'un rouge de oioabref qtii ne se trouve que députe p«a ^\«ib^
2Q2 LES 8ECBETS MODBRRES
dans le commerce. A Tétat de pureté , il est formé de çhromate de protoxide de mercure. A la chaleuri il 80 décompose ; le mercure se volatilise , et il reste pour résidu de l'oxide de chrome vert.
Four le préparer, on dissolut des cristau;c de nitrate de protoxide de mercure dans de Teau chaude ud peu acidifiée par l'acide nitrique , et on verse dans la dissolution , en remuant continuellement , une dissolution de çhromate de potasse à 6 ou 8*. 11 ne faut pas ajouter autant de ce dernier qu'il en faudrait pour précipiter tout le mercure, parce qu'alors le çhromate de mercure entraînerait avec lui un peu de çhromate de potasse, ce qui nuirait à }a beauté de la couleur, et à celle du vert de chrome qu'on en préparerait. En s'arrêtant au point convenable, il faut que la liqueur surnageante soit entièrement claire ; dans le cas contraire, elle contient du çhromate de mercure et a une couleur améthyste : cela arrive principalement quand la dissolution de mercure est trop acide et contient du deutoxide de mercure, parce qu*il se forme du çhromate de deutoxide qui est très-soluble.
Terre rouge de John.
John est parvenu à préparer une matière terreuse d'unis belle couleur rouge avec du phosphate de manganèse : il dissout a parties de phosphate de magnésie, et 1 partie de phosphate de chaux, dans de l'acide nitrique, aioutant ^ de phosphate de fer, et précipitant le tout par l'ammoniaque ; le précipité lavé et rougi donne une couleur jaune d'pore. Si on emploie
«■■ta^^
DES ABTS ET MjhlEaS. 2^
moins de phospkate de fer , la couleur devient couleur de chair claire 9 ou couleur nankin) si on ajouté en même temps du phosphate de manganèse , elle devient rougeât^e; si 6n emploie seulement du phosphate de manganèse 9 en procédant de la même manière , on obtient une belle couleur rose fleur dé de pêcher : la quantité de sél de manganèse était au plus de Î-0Q. John pense que plusieurs minéraux et coquilles doivent leur couleur rose à une combinaison semblable.
Stit-dc-grairi,
Le stil-de*graîn est une terre d'un jaune clair ou jaune d'or, fine, se pulvérisant facilement. Le stitde-grain se trouve dans le commerce en trochisques. On Tobtient en teignant de la craie blanche , ou une terre blanche alumineuse, avec des décoctions jaune^ d e substances végétales.
Préparation. La terre doit être blanche , et mise en poudre fine par décantation; quand elle contient beaucoup de chaux, il ne faut pas employer une cou« leur de plante faeilement altérable par cette terre; on ajoute un peu d'alun où de sel d'étain pour s*opposer à Taltération que l'air tend à faire éprouver à toutes les matières jaunes végétales. Si la ferre con^ tient du fer, il faut prendre des décoctions qui ne deviennent pas noires par les sels de fer.
On peut employer toutes les décoctions déplantes qui teignent en jaune, y ajouter les corps qui avivent le plus la couleur, y mettre la terre préparée, et agiter jusqu'à ce qu'elle soit uniform^m^wX ^\.%\i^^
994 us 8BGBBT8 lIOBBlMBi
tfiii|iiient teinte. On met en troçhisquca » el on bit «^ber i^ pair.
Les matières colorantes qui sont les plu^ avantageuses sont Técorce de quercitron, )e boin jaune |ki feuilles de bouleau et de chàlaîgnier rose ,}ak sarrette, la gaude^ la graine d* Avignon.
Nous allons donner quelques détails sur dlfféreotei espèces de stil-de-graia.
^vec graine d* Avignon. On fait bouillir une partie de graine d*Avîgnon avec 4 ^ ^ parties d'eaa el j dV lun ; on filtre y on la verse sur ^- à | de craie blanche finement broyée; on laisse le mélange à Tair^OD lave après quelque temps avec de Teau , et on sèche. Avto la gamie. On fait une décoction deg^u^Ie par une ébuUition d*un quart d'heure , on laisse teposer, on filtre , et on y délaie de la craie qui a été au{iaia« vaut bouillie avec l de son poids d'alun et une partie d'eau.
Colard et Farser, en Angleterre^ ont indiqué ce procédé pour obtenir une couleur jaune qui peut être employée à Thuile , et qui est plus belle que le jaune minéral ; comme la gaude contient du tannin , il faut éloigner le fer j et employer de la craie qui n*en coatienne pas..
Sulfures (Varsmio 'préparés artificieUetncni' -- Arsenic jaune; orpiment.
John de Gersdorflf, à Vienne , obtenait un arsenic jaune artificiel, en dissolvant dans de Teau régale la mine de cobalt arsenicale, et y faisant passer un courant d*hydrQgène sulfuré. Le jaune ainsi obtenu a
«18 AMS vr Minns-. ^
la propriété de consenrer long-temp9fon éclat. Il ne supporte pas le mélange an blanc de plomb » mais bien celui de la eraie. La méthode la plus ancienne de le préparer consistait à mêler du soufre et de Tarsenic dans des proportions convenables, et à snbllmet le mélange.
: ArMnicTotigê', réaigar.
On le {urépare artificieUement dans plnsieorspays, par exemple en Bolième , en fondant et sublimant un mélange àe^y k è parties d^arseoioy et 3 & 4 parties de âoufre.
Turiith minéral; saus-sutfate de mercure.
Combinaison d'acide sulfurique avec un excès d*oxlde de mercure. Il est pulvérulent, jaune citron ; fonda, il ressemble au cinabre. Il est soluble dans sooo parties d*eaa froide , et 6oo d*eau bouillante.
Priparaiiùn.
1^ Mercure et acide sulfurique.
On met une partie de mercure dans une cornue , et on verse autant ou un peu plus d*acide sulfurique ; on fait chauffer : il se dégage de Tacide sulfureux; quand tout le métal est dissous , on laisse refroidie. Le produit est un sulfale acide de mercure; pour le transformer en sous-sulfate il faut le laver avec de Teau ; il se divise alors en sulfate aeide qui se dissout, et es seus-sulfiite qui se précipite. Pouf t^V^^\t\ ^\i
SQ^ L£S 8BGBBT8 MODERlttS
brpie Ja masse aveo de l*eau bouillante » tant .qa*eU^ en disêoui; on recueille le précipité , qui est d*UD beau jaune ; on le sèche, et on ie conserve dans des tases clos.
fto Sels de mercure et sulfate.
On verse dans une dissolution de sulfate de soude ou de potasse, une dissolution de nitrate de mercure, tant qu'il se forme un précipité; on lave , et on fait sécher.
Gommei couleur de peinturé, tes propriétés du turbith minéral sont égales à celles du cinabre ; iï peut être employé comme couleur d*or, etc. Avec le blea de Prusse , il donne un plus beau vert que Tarsenic jaune.
Fert de Scheele.
Gett« couleur a été découverte par Scheele ; elle est composée d'acide arsénieux ( oxide d*arsenic blanc), ■td'oxide de cuivre^ Elle est vert de serin, et trèsutile à Teau et à Thuile; cependant ses propriétés vénéneuses la reoon(^mandent peu.
On dissout du sulfate de cuivre à chaud, et on y verse une dissolution d*arsenio blanc dans la potasse, jusqu'à ce qu*il ne se forme plus de précipité; oo filtre , on lave et on fait sécher.
On peut prendre 2 livres de sulfate de cuivre dîs^ sous dans 6 cannes d*eau chaude , et une dissolution d'arsénite de potasse formée avec a livres de potasse, 22 onces d'arsenic, 2 cannes d'eau. On obtient 1 livre i5 onces de couleur ;
Ou 4 parties de sulfate de cuivre dissous dans 24
DES A11T8 Vt MillERS. 297
parties d*eau , et une dissolution d^arsénite de potasse formée de i ^-arsenic blanc , 4 potasse pure^ et* 5a d*eaa bouillante.
' Le vert minéral pour lequel 11 fut donné une patente en Angleterre^ en j8i4 ou iSiS, n*est pas autre chose qu'un mélange de i partie de vert de Scheele, i d*oxide de cuivre précipité du sulfate de cuivre bouillant par la potasse , i ^ de bleu de mon« tagne, 5 de blanc de plomb, J d*acétate de plomb. La couleur est vert de pois, avec un reflet bleu ;. elle résiste au temps et à Teau de mer.
Fert de SchwcinfuH.
Le vert de Schweinfurt a été découvert en 1814» par F. Y. Rusz et G. Wilhelm Satller , à Schweinfurl; il fut mis dans le commerce en 1816. Il ressemble au vert de Mittis , mais il est plus foncé et plus pur. Dans les annonces qui parurent alors, les inventeurs disaient qu'il surpassait en éclat et en ton toutes les autres couleurs vertes. Il n^est ni aussi pâle ni aussi bleu que le vert de Brème et de Brunswick, ni aussi jaune que le vert minéral ; il supporte, sans altération, une chaleur à laquelle le vert de Brème et ce** lui de Brunswick deviennent bruns; il n'est point altéré par l'air ni par les émanations sulfureuses.
Il s'en fait un débit considérable, et peut être considéré comme une des plus belles couleurs vertes que nous possédions. Il faut seulement des précautions dans son emploi , à cause de l'arsenic qu'il renferme, et qui le rend vénéneux.
On a pour sa préparation des indications du pra«
fesseur Kaetsner, de H. Liébîg et de H. Bracoimot. M. Raetsner dît : c On chauffe lo livres de yert-degris avec lo livres d*eau dans une chaudière de ciiifre, tusqu*à ce que le tout soit en pâte liquide; on late récftme avec du vinaigre ; on verse la liqaeur de la-' vage dans la pâte , et on passe celle-ci par un tamis très-fin. On nettoie la chaudière ; on y met 90 mesures d'eau de pluie , et S à 9 livres d'arsenio blanc | pulvérisé très-fin. On fait bouillir deux à trois heures, on filtre à travers une toile de Un , on remet la liqneor dans la chaudière, et quand ia liqueur est bouillante on verse la dissolution de vert-de-gris peu àpeu, à cause de Teffervescence. Quand cela est fait, on fait bouillir iusqu*à ce que la liqueur surnageante soit claire; akirs on la soutire (1)5 et on recueille le dépôt sur un filtre.
• Si le vert-de-gris contenait beaucoup de sous-acétate^ on prendrait pour faire la dissolution du vinaigre au lieu d'eau.
• Si 9 d'après une épreuve que Ton fait'auparavant , on voit que la couleur joue dans le gris » il ne £aiut pas épargner le vinaigre.
• 10 livres de bon vert- de-gris et S livres d*arsenic blanc donnent i5 livres de vert.
• Si on précipite le mélange avec l- de son poids d*argile» la nuance ne perd que peu de son intensité 9 et gagne en vivacité. »
D'après U. Liébig , on dissout 4 parties de vert- de-
(i) Elle contient encore lourent de Tarsenicv et est employée pour IV féntioB suiyante*
grit dans nne quantité loffisante de finaigre, et 3 parties d*anenic blanc dans 9 parties deyinaîgre ; on verse cette dissolution dans celle de yert-de-gris, et on fait évaporer le idélange; la couleur verte se précipite en petits cristaux. La liqueur restante peut être employée dans l'opération suivante.
M. Braconnot indique le procédé suivant : On dis* sont d'un côté 6 parties de sulfate de cuivre dans de l'eau tiède 9 et de l'autre on fait bouillir 6 parties d'ar* senic blano et 8 parties de potasse, )usqu*à ce qu'il ne se dégage plus d'acide carbonique, et on mêle les deux liqueurs. Il se forme un précipité vert-jaunâtre sale. On ajoute à ce précipités parties de vinaigre, ou autant qu'il en faut pour qu'après le mélange on puisse encore s'apercevoir de l'odeur du vinaigre; le volume du précipité diminue, il se forme une poudre un peu cristalline. La liqueur entièrement décolorée est enlevée.
M. Braconnot a répété ce procédé en grand, en se servant d*arsenite de potasse, préparé avec parties égales d'arsenic et dépotasse, et employant cette dissolution plus saturée. Quelques heures après que le mélange était effectué, il se formait sur la liqueui^ une pellicule d'un très-beau vert ; en l'exposant à la chaleur, il se précipitait une poudre lourde que Ton lavait pour lui enlever le grand excès d^arsenic. On obtenait un vert très-beau.
Liébig a donné un irrocédé encore plus simple : on dissout une partie de vert-de-gris, à l'aide de la chaleur, dans du vinaigre pur, et on ajoute une dissolution aqueuse d'une partie d'arsenic blanc. On recueilles le précipité, on ajoute du vinaigroi jusqu'à ce qti'll^^V^
i02 UBS 0BOEETB VODMtBS
le broyage et le lavage. Plus de tint la rend fAus claire. Elle n'est pas d'une nuance aussi belle que celle du vert-de^gris, mais elle est plus solide.
Magnifique conteur verte ^ à Vusage des manufacturée de papiers peints.
c M. Noëtf qui possède une belle manufacture de papiers peints à Nancy, m'a remis, pour en faire l'analyse 5 une superbe couleur verte, qui, deptfis quelques années, est répandue dans le commerce. Il m*a assuré qu^un fabricant de couleurs de Schweinfurth avait seul le secret de la composer , pour Texpédler dans les principales villes de TËurope. Curieux de connaître la nature de ce composé , je' l'ai sou^ mis à plusieurs expériences, et j*ai reconnu aisément qu'il était le résultat de la combinaison triple deTacide arsénieux , du deutoxide de cuivre hydraté, et de l'acide acétique. Ainsi sa composition se rapproche du vert de Scheele , mais celui-ci parait fort sombre en comparaison.
l » S'il m'a été facile do reconnaître la nature intime de ce beau vert, il n'en a pas été de même lors* que fai voulu le recomposer. Cependant, à force de persévérance, j'ai surmonté les principales difficultés qui s'étaient présentées , et je suis arrivé au but que je me proposais d'atteindre.
• J'avais d'abord pensé que j'obtiendrais la corn*bînaiison triple dont il s'agît, en arrosant du vert de Scheele avec du vinaigre distillé ; mais le beau V^rt ne s'est produit ni spontanément , ni à l'aide de la chaleur. De tous les moyens que j'ai essayés pour ob-
DBS AâtS BT METIEIS. 3o$
tenir celt6 belle couleur, celui qui m'a le mieux réussi est le suivant : Je fais dissoudre, dans une petite quantité d'eau chaude, 6 parties de sulfate de cuivre ; d'une autre part , je fais bouillir dans l'eau 6 parties d'oxide d^arsenic avec 8 parties de potasse du commerce (i), jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide carbonique. Je mêle peu à peu de cette dissolution chaude avec la première , en agitant continuellement, jusqu'à ce que reffervescence ait entièrement cessé : il se'forme un précipité fort abondant d'un jaunc-verdâtre sale ; j'y ajoute de l'acide acétique ( environ 3 parties ) (a) , ou une quantité telle qu'il y en ait un léger excès sensible à l'odorat après le mélange ; peu à peu le précipité Amînue de volume, et, au bout de quelques heures, il se dépose spontanément au fond de la liqueur entièrement décolorée, une poudre d'une contexture légèrement cristalline et d'un très-beau vert. Je sépare la liqueur surnageante, laquelle, en séjournant trop long-temps sur la couleur , pourrait déposer de l'oxide d'arsenic qui la rendrait plus pâle ; je la traite ensuite avec une grande quantité d'eau bouillante, pour enlever les dernières portions d'arsenic excédantes à la combinaison.
• Il faut avoir soin de ne pas ajouter à la solution de sulfate de cuivre un excès d'arsenic de potasse, parce qu'il saturerait en pure perte l'acide acétique,
(t) La potasse dont je me suis seiri était d*ane médiocre qualité; die n^ndiquait que 4^ degrés à Talcalimètre de M. Descroisilles.
(a) Trois gramme* do cet adde provenant^du bois t>nt dissous 0,4^ grammes de carbonate de chaos.
3o4 I«ES 8EGBET8 M0DEBNB8
qui doit être eo léger exoës dans le mélange ^ sans y causer d^effervescence bien apparente; voilà pourquoi , en général, il convient de faire choix d*an arsénite de potasse bien saturé d*arsenio. Il est vrai qu'une partie de Tacide arsénieux reste dans les eauxmères; mais celles-ci peuvent servir ensuite à la préparation du vert de Scheele 9 que Ton emploie communément pour les papiers peints d'une qualité inférieure. Il m*a semblé que, lorsqu'on ajoute au mélange^ avant que le beau vert se soit manifesté, une petite quantité de ce dernier, il en favorise la production plus promptement, à peu près oonmie un cristal qui attire à lui les molécules salines d'une dissolution qui lui sont analogues.
: • Nous venons de répéter plus en grand , et avec quelques modiûcatîons, le procédé que je viens d'exposer, dans la manufacture de M. Noël; nous nous sommes servis d'un arsénite de potasse qui avait été préparé avec 8 parties d'oxide d'arsenic.
» Les liqueurs étaient concentrées ; quelques heures après le mélange , il s'était formé à la surface une pellicule d'une superbe couleur verte. Nous avons exposé le tout à la chaleur, et il s'est précipité une poudre lourde, que nous avons lavée avec beaucoup d'eau, pour la débarrasser d'un grand excès d'arsenic. Le vert que nous avons obtenu était magnifique; plusieurs coloristes non prévenus Tout jugé plus vigoureux que celui de Schwcinfurth. Nous ne l'avions pas encore obtenu si beau.
» Quoique j'aie établi des proportions pour préparer cette couleur , je suis loin de penser qu'elles soient invariables ; il est môme probable que de nou-
DES ABVS BT METIERS. 5o5
veaux essais apporteront des modifications avantageuses dans la manière de la préparer. Quoi qu'il en soit 9 i*ai cru rendre service aux arts en faisant connaître une bellQ couleur, dont le prix trop élevé n^avait pas encore pernûs de remployer fréquemment. •
Bette couleur nerte produite par la graine de
cafi,
£n reprenant le beau travail de Brugnatelii sur la matière colorante de la graine de café , j'ai eu occasion d*observer quelques phénomènes nouveaux. Si on laisse tomber sur un morceau d'étoffe quelques gouttes de l'infusion ou de la décoction de la graine , il s*y forme une tache jaune entourée d'un cerne plus ou moins large , d*un très-beau vert : j'attribue cette couleur verte à Toxidation de l'huile de café. Pour Axer cette couleur , j'ai fait bouillir un hectogramme de café en poudre, et j*ai réduit la décoction à huit heotogranàmes ; j'ai ajouté mesure égale de sulfate de cuivre dissous dans l'eau , et i*ai précipité par de la soude caustique liquide. Il s'est formé un dépôt pesant lo grammes, lequel, par son dessèchement à l'air, a pris une couleur verte; plus son exposition à l'air, pendant qu'il était humide, a été prolongée , plus sa couleur a pris d'éclat. L'eau, l'éther, Talcool et les sous-carbonates alcalins , sont sans action sur cette couleur: Tammoniaquc y indique la présence du cuivre ; la potasse caustique la change en bleu de ciel 9 et prend elle-même une cowV^x»^
3o6 £B8 8ECBBT8 MOfiBimS
verte» la soade canstique ne Taltère point » et se colore à peine en vert.
Le dépôt , qui est une yérilable laqiie5 résiste assez bien aux acides ^ et , àll'iezceptîon de Tacide snlfàrique et de Taoide oxalique ^ tfucun autre ne détruit totalement la couleur : Tacide acétique dissout ce(te laque en donnant lieu à une solution du plus beau vert. En arrosant de cet acide le précipité» avant de l'avoir avivé par son lavage à l^air^ sa couleur prend encore plus d'éclat^ et je préfère même ce mode d'avivage à celui du lavage.
CRAYONS DORS A DESSINSIL
Conté, à Paris, et Hardtmuth, à Vienne, ont employé presque en même temps Targîle pour former des crayons avec le graphite ( plombagine) en poudre, et ils offrirent au commerce des crayons qui surpassaient en bonté ceux que Ton avait fabriqués fosqu'alors avec le graphite scié. Hardtmuth obtint plus tard, pour cet objet» une patente en Autriche.
Par crayons à dessiner on entend , dans un sens plus étendu , tous les crayons de couleur avec lesquels on peut écrire ou dessiner sur le papier, le parche* min , soit qu'ils soient métalliques ou de matières végétales ou animales charbonnées ] montés en bois on nus.
On emploie beaucoup maintenant les crayons -de graphite ( plombagine ) que Ton fait aveo cette substance, à Télat de densité et naturelle » ou aveo des
DBS ARTS IT METIER». So^ '
mélanges artificiels dans lesquels le graphite en poudre forme Télément principal. Les crayons rouges naturels ou arlificiels, et les crayons de craie noire ^ sont moins usités; les crayons de craie blanche , les crayons cotorés, les crayons métalliques > le sont encore moins.
Nous allons examiner les principales espèces.
I* Crayons de graphite ptrr.
On assortit le graphite d'après la dureté et la couleur f en destinant le plus dur pour les crayons à dessins linéaires ; on coupe les morceaux avec une scie fine de ressort de montre; on obtient ainsi des plaques de différentes dimensions. On les débite ensuite en prismes quadrangulaires allongés.
Les sciures et les petits fragmens sont recueillis , el sont employés pour les crayons composés, qui^ dans ces derniers temps, ont atteint un haut degré de perfection, principalement dans les fabriques anglaises et françaises.
à Tusage , on reconnati facilement les crayons anglais 9 à ce que les pointes les plus fines ne s*usent que lentement, et en laissant cependant des traits plus prononoév. G*est cette propriété qui les fait rechercher.
Les crayons de graphite pur , étant chauffés , ne dégagent ni vapeurs ni fumée; au chalumeau ils brûlent lentement, mais complètement. La pointe, chauffée au rouge et refroidie, prend une couleur . plus claire do gris d'acier, et laisse sur le papier des traits aussi forts qu'avant le chauffage.
3o8 LES SECRETS MODERVES
20 Crayons de poudre de graphite et de soufre.
Ou emploie le graphite écailleux, pulvérisé, tamiséf décanté , desséché.
On mêle 3 à 4 parties de cette poudre avec i ou r ^ de fleur de soufre ; on fond le mélange dans un creuset de fer, enduit de suif^ en remuant; on verse la masse liquide dans des formes de fer échauffées , en plaques de i à 6 pouces d'épaisseur : on couvre avec une plaque de fer la matière coulée, et on comprime la masse encore molle à l'aide d'une presse.
Quand la matière est refroidie, on Tenlève du moule, et on débite la masse au moyen dé la scie.
Cette méthode n'est presque plus employée que pour les crayons communs des charpentiers. A l'usage, ces crayons sont cassans^ grenus, et ne sauraient tenir une pointe aiguë; ils laissent des traits inégaux, sont durs , et raient le corps sur lequel as laissent des
traces colorées.
A la flamme d'une chandelle, ils se fondent, brûlent avec une flamme bleuâtre, et répandent une odeur sulfureuse.
y Crayons de graphite et de colophane. \
On mélange a parties de graphite pulvérisé avec 3 parties de colophane ; on ajoute un peu de craie quand la couleur du mélange est trop foncée; on fond à une chaleur douce jusqu'à ce que la matière se laisse tirer en fils. Quand elle est suffisamment refroidie, on la roule en forme de cylindres sur une table, et on les
DES ÂâTS ET MÉTIERS. < 50Q
introduit dans des calumets de roseaux ; la matière peut aussi être mise en plaques et coupée.
Quelques fabricans ajoutent aussi un peu de graisse, et prennent alors 3 à 3 ^ livres de graphite, a livres colophane , a onces de cire , i once suif ;
Ou 5o graphite 9 3a résine claire , i ^cire jatine, ^ suif.
Ces crayons, pour Tusage, ne sont point taillés; on les ramollit à la flamme d*une chandelle , et on les presse pour former la pointe. Ces crayons sont un peu meilleurs que ceux qui sont formés avec le soufre , mais on n*en fabrique presque plus.
4^ Crayons de graphite e^ de gomme laque.
L'anglais Favley a donné récemment la prescription suivante : On prend du graphite pulvérisé , et on le fond avec la gomme laque ; on pulvérise le mélange, et on fond de nouveau pour rendre la masse aussi homogène que possible. Alors on débite la masse à la scie , et on colle les prismes dans du bois de cèdre : les crayons sont durs et solides.
5° Poussière de graphite et antimoine.
On ml^le de la poussière de graphite et du sulfure d'antimoine, et on procède comme au u** a.
Les crayons ainsi obtenus surpassent ceux que Ton obtient par les n"^ a , 3 et 4 : ils ne sont pas aussi cassans; le grain est plus fin , plus serré et plus brillant , mais ils cèdent à ceux indiqués sous les numéros 1 et 7.
3(9 IBS 8ECEBTS MODIBUIS
avec des masses avant de la mettre en forme» on la ooupe avec des fils de laiton , on ronle les morceaux en forme de cylindre; ensuite on les remet en boules, et on continue jusqu'à ceque 5 coupant la masse par des fils de laiton » on n'aperçoive plus d*alr , et qae la coupe soit lisse et dense.
Moulage. On pourrait faire chauffer les masses obtenues» et les scier ensuite; mais, comme il y aurait beaucoup de déchet, il vaut mieux former la pâte en petits parallélipipèdes allongés , et les cuire ensuite.
Conté fait faire des rainures daiis une planche de buis ; elles doivent avoir de plus grandes dimensions que celles des crayons cuits , à cause du retrait. ( On pourrait aussi faire des formes en alliage de bismuth et d*antimoioe. ) On fiiit bouillir la forme de buis dans du suif ou de Thuile, pour que la pdte n*j adhère pas ; on comprime la matière dans les rainures, et on laisse sécher dans les formes : la dessiccation a d^abord lieu par les bouts ; ils laissent un espace vide ; peu à peu la dessiccation gagne le centre, et tout le crayon se détache. On porte alors les formes dans une étuve 0(1 les crayons sèchent cornpiétement; après on les enlève. Ils sont pour la plupart entiers et toujours droits.
Dans la fabrique de Hafnerszeil, on emploie, d'après Schmitz, une presse ordinaire, et on moule les crayoos comme le vermicelle ; les prismes sont d'abord courbés; on les coupe de la longueur convenable , et on les redresse en les mettant dans des rainures pratiquées dans une planche oh ils sont complètement séchés.
DK9 1RT8 ST lléTlElS. 3r5
Cftile. Conté cuisait les crayons en les plaçant perpèndicalairement dans un creuset , les couvrant d'une couche de poussière de charbon , de cendre ou de sable fin, couvrant le creuset, lutant le couvercle, et chauffant jusqu'à la chaleur rouge, enlevant le creuset et laissant refroidir.
A Hafnerzell, on les met dans un creuset avec du charbon , et Ton fait rougir faiblement. Il faut que le chauffage et le refroidissement se fassent lentement et avec précaution*
Amélioration. Si Ton veut faire des plans ou des lignes trës-iines, ii est avantageux, avant Tusage, de les plonger dans de la cire ou du suif bouillant , pour que les crayons acquièrent de la souplesse, s'usent moins et conservent long-temps leur pointe. Pour le dessin de la figure et du paysage, il est plus avantageux de ne pas les plonger dans la cire ; les traits sont plus noirs et plus nets.
Propriété. Les crayons de graphite formés avec de l'alumine se rapprochent le plus des crayons de graphite pur , quoiqu'ils ne donnent pas des traits aussi purs et aussi vifs. Au chalumeau, ils rougissent plus facilement que toutes les autres sortes; ils ne dégagent ni odeur ni fumée. Après la combustion du graphite , ils ne présentent plus qu'uoe masse d'argile grise ou jaunâtre, qui ne laisse plus de trace sur le papier.
. Cette préparation est simple, mais elle exige beaucoup de soins ; tout dépend de la finesse et de l'égalité de l'argile et du graphite : un trop prompt séchage courbe les crayons; un trop prompt refroidissement les rend durs et cassans.
3l4 I«B9 8BCBET8 MODEENB8
Comme l'argile n'a pas une composition uaifonne, le retrait n'est pas toujours égal, et on ne peat )atnai« compter avec assurance d'obtenir des crayons d'égale dureté.
Humblot-Gonté , gendre et successeur de Conté a cherché un moyen de rendre plus durs ou plus mous les crayons déjà formels, et a décrit cette méthode dans le brevet de perfectionnement qu'il prit en 1807. Ce moyen consiste à plonger les crayons dans des dissolutions plus ou moins fortes de sel ; ces dissolutions les rendent plus durs et plus serrés. Il fait usage principalement des sulfates, et surtout de ceux qui ne sont pas fusibles ; quelquefois même il se sert d'une dissolution de sucre.
80 Crayons rouges.
On peut obtenir des crayons rouges de la même manière que les crayons de graphite , en prenant de la sanguine à la place de graphite.
Si Ton emploie le procédé n"* 6, on peut prendre les proportions suivantes ( on évapore la pâte de sanguine décantée jusqu'à ce qu'elle ait la consistance du baume ; on ajoute quelquefois un peu de savon ) :
Pierre rouge 32 j gomme arabique 1 ; les crayons sont très-mous.
Pierre rouge 52, gomme 1 \ ; crayons doux pour le dessin.
Pierre rouge 5», gomme 1 |, ou encore mieux 1 vj^g ; crayons tendres solides.
Pierre rouge 5a , gomme t \ ; crayons solides.
Pierre rouge 5a , gomme 1 | ; crayons très-solides pour les dessins délicats.
DÏS Âtt» ET lUBTIBBS. ' 5l5
Pierre rouge 3a , gomme i f ; crayons durs : avec plus de gomme ils deviennent trop durs.
Pierre rouge 32^ gomme i 1, savon blanc sec i l. Ces crayons sont plus bruns que les précédens , solides 9 prennent la pointe facilement ; mais ils ont rinconvénient de tous les crayons qui contiennent du savon , c*est de donner des traits luisans quand on appuie fortement.
Pierre rouge Sa, colle de poisson sèche a ; crayons brillaos d*un bon usage.
9*» Crayons noirs et craie noire.
On obtient des crayons noirs avec du graphile auquel on ajoute du noir de fumée ^ et suivant le procédé n^" 7; dans la cuite, il faut éviter soigneusement Taction de Tair.
Uumblot-Conté forme des crayons noirs avec un mélange de ^ noir de fumée et | d'argile ; il met en forme et les polit , lorsqu'ils sont secs, sur une table garnie d'un drap de laine , et les fait cuire : les parties résineuses du noir de fumée forment probablement ici cette espèce de vernis qui les recouvre.
10* Crayons diversement colorés.
On peut produire des crayons de différentes couleurs par le procédé n** 7 , et les monter en bois comme les crayons de graphite. La terre d'ombre et l'argile donnent des crayons bruns; le vermillon et l'argile des crayons rouges; le carmin et la laque carminée des crayons rouges; l'ocre roùge-brun des crayons bruns ; Tindigoet le bleu de Prusse des crayons bleus.
5l6 LES SBGEBT8 II0I>BRIIK9