‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 33 sur 59 · antimoine · texte numérisé non relu

antimoine

X tartre.

70 5 i/% de plomb.

3 d^antimoine.

I tartre.

Pour les six derniers mélanges 9 le plomb et Tantîmoine doivent être calcinés auparavant, et fondus ensuite avec les autres substance^.

80 i« de blanc de plomb.

3 d'antimonite de potasse (i).

1 d*alun.

X de sel ammoniac.

90 5 de litharge.

3 d'antimonite de potasse.

I de sel ammoniac.

Le tout est bien broyé , bien mélangé , et chauffé d*abord faiblement pendant plusieurs heures 9 ensuite 5 heures au rouge. Avec plus d*anlimoine et de sel ammoniac le produii est plus rouge.

Jvivage.

D'après M. LabpuUaye-Marillac , on avive le jaune

(i) L'antimonite de potasse s^obtient en mêlant Tantimoine arec i/3 de salpêtre > et projetant le mélange peu à peu dans un creuset rouge, et lessU^n^ le résidu. Il est connu sons le nom d*an\imoiue dUpYxoT^WcBQke.

a 58 LBS SECEBTS MODERNES

de Naples eo le faisant bouillir long-temps dans l'acide muriatique très-étendu. Cet acide agit eo dissolvant l'oxide de plomb en excès et Talumine.

Usages.

En peinture à Thuile, le faune de Naples donne des couleurs plus douces et plus solides que Torpiment^ Tocre faune et le jaune de plomb; il est aussi employé comme couleur d'émail.

Indigo précipité, dit carmin if (eu.

Indigo précipité de sa dissolution suifurigue par ia potasse. L*indi^o est un peu altéré , et par le fait de dissolution, et par la précipitation. Il se dissout alors sa facilement dans les alcalis caustiques, ainsi que dans Teau de chaux, en conservant la couleur bleue. Cependant cette couleur tourne au vert après quelque temps, et finit même par être complètement détruite. Il se décide aussi facilement dans les acides ; mais la couleur de ces dissolutions est détruite par les corps désoxigénaus , sans qu'elle puisse être reproduite ^ quand l'action a duré un certain temps»

Autrefois on regardait le carmin bleu comme de l'indigo simplement altéré par l'acide sulfurique. Valter-Crum le considère comme une combinaison d'indigo altéré et d'un sulfate.

La préparation de Tindigo précipité consiste a dissoudre de l'indigo dans l'acide sulfurique de ^ordhausen. La dissolution doit être faite lentement, en mettant l'indigo^ finement pulvérisé, par petites portions

DBS AATS ET lUèTIERS. 269

dans Tacide sulfurique, et on n'en ajoute de nouveau que quand le mouvement intestin a cessé. Si on ajoutait tout rindigo à la fols, il se développerait trop de chaleur , et on n'obtiendrait pas une belle couleur. Quelques fabricans emploient jusqu'à deux mois de temps pour dissoudre deux livres d*indigo; ils consomment 9 livres d*acide sulfurique : ils versent ensuite la dissolution peu à peu dans 5a mesures d'eau, laissent déposer 12 jours, soutirent la liqueur, et ajoutent une dissolution de 24 livres de potasse dans 48 mesures d'eau , jusqu'à ce qu^îl ne se forme plus de précipité (1).

Le résidu est ensuite séparé de la liqueur, qui n'a plus qu'une faible couleur bleue , et on lave a plusieurs reprises ; la couleur s'avive par ces lavages.

A la fin on sèche à l'ombre dans un lieu aéré. Cette opération ne doit point se faire dans des étuves ou au soleil, parce qu'une trop grande chaleur et la lumière affaiblissent l'éclat de la couleur.

La liqueur soutirée claire et abandonnée à ellemême quelque temps, dépose encore un peu d'indigo. Le marc qui reste dans la dissolution d'indigo peut être traité de nouveau par l'acide sulfurique, et élre employé pour le carmin inférieur.

Laque carminée; iague de Florence, de Paris , de

Vienne,

On comprend sous ces noms une combinaison de

(1) Quelques fahricans préfèrent i la potasse une lessive de cendres de bois de hêtre.

SÔO LES SEGBÉTr UODERHBS

la matière colorante de la cochenille avec de Vâla^ mine. Bile est ordinairement dans le commerce soas^ forme de trocliisques.

On prend ordinairement la cochenille qui a servi à la préparation du carmin et qui n'est pas complètement épuisée 9 ainsi que les eaux-mères , ou bien des^ cochenilles moins chères , souvent aussi les flocons ' da laine de la tonte du drap écarlate , bien que les fabricans de papier peints les emploient plus avantageusement. L'alumine se prépare ordinairement en précipitant Talun par la soude ou la potasse , recueil** lant le précipité sur un filtre^ le lavant à Teau chaude; et rajoutant avant sa dessiccation à la décoction de cochenille. On peut aussi ajouter l'alun à la décoction de cochenille , et précipiter par la potasse , mais on n^obtient pas ainsi d'aussi belle laque; Fréquemment on mêle le précipité avec de l'amidon , plus rarement avec de la craie.

On se sert d'eau pure , ou au moins d'eau douce de rivière , et on observe la plus grande propreté; on a recours aux alcalis lorsqu'on veut dissoudre beaucoup de matière colorante. On éloigne par le tannin . les parties animales lorsqu'elles sont nuisibles; on ajoute un peu diacide ou de crème de tartre quand la couleur doit tomber dans le rouge, un peu de potasse ou d*ammonîaque quand elle doit donner dans le violet ; on emploie peu de chaleur dans le premier. cas, et plus dans le second; on ajoute un peu de gaude ou de quercitron , quand la couleur doit avoir une nuance j^une.

-BBS 4KTS BT HETIBM. OfGi

1* Avee alumine précipitée.

On prépare un extrait de cochenille par rébullition (i). On filtre, on y met peu à peu de Taluaiine fratchement précipitée, on remue » et on chauffe un peu le mélange; quand l'alumine a attiré toute la matière colorante, on soutire la liqueur et on remet de la teinture , si Talumine n*est pas assez colorée ; quand elle Test assez, on lave avec de Teau pure, et on laisse sécher. Moins on emploie d^alumiue, plus la laque est colorée; on peut ajouter aussi un peu de sel d*étain pour aviver la couleur, ou à la fin précipiter la décoction de cochenille par un peu de sel d'étain.

Les proportions varient suivant les circonstances. On peut prendre , par exemple , ao livres de cochenille, 100 mesures d*eau, a ^ livres d'alun , et a4 ^î" vres d'alumine.

^utre procédé.

On dissout 2 parties de potasse pure dans de l'eau ; on y ajoute une dissolution chaude d'une partie d'alun , on fait bouillir le mélange ; on y délaie de la farine d*amidon ; on y suspend un petit sac renfermant de la cochenille finement pulvérisée, et on continue à faire bouillir. Â la fin on peut mettre encore quelques morceaux d'alun pour rehausser la couleur.

(1) On peut faire Textrait artc de Tean pure ou avec addition d'un peu de crème de tartre. L'ëbuUition dure ordinairement d*on quart d'heure i une demi-heure.

^6!È LES SEGBETS HODEElTtS

a» Avec l'atun.

On ajoute de Talun à l'extrait de cochenille , el on verse de la potasse aussi long-temps qu'il ae &it nu précipité. On traite le précipité comme îl a été dit précédemment, ou bien on fait bouillir la cochenille avec de Teau à laquelle on a ajouté un peu d'alun ; on ajoute alors le restant de Talun , et on procède comme plus haut. On peut aussi faire bouillir avec la totalité de Talun , et prendre dans ce cas trois parties d'alun pour i de cochenille. Suivant la nuance que Ton veut obtenir, on peut aussi ajouter en même temps un peu de tartre ou de sel d'étain.

3° Avec oxide d'étain.

On prépare de l'oxide d'étain par précipitation , et on met cet oxide seul^ ou mêlé avec de l'aluminey^ans la décoction de cochenille; il attire la matière colorante.

4° Avec (a iaine provenant de la teinte des draps

rouges»

On nettoie la laine par le lavage dans l'eau chaude, et on extrait la matière colorante par une lessive causrique étendue. On fil Ire, et on ajoute une dissolution d'étain jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité; et quand le précipité n'est pas assez coloré 9 on le met dans une décoction de cochenille.

DES A&TS ET MiTIEfiS. ift6S

Od peut procéder de la môme manière avec les ré* sidus de cochenille dont on a déjà fait nn extrait , et prendre à la place de potasse , de Tammoniaque liquide étendue.

On peut aussi obtenir de la laque de carmin en précipitant une décoction de cochenille par le sel d*étain, et broyant le précipité avec de Talumine fraîchement précipitée, ou en mêlant de l'argile blanche lavée dans la décoction de cochenille, et accélérant la séparation de la matière colorante par Taddition d*un peu de gomme; cependant ces deux procédés ne donnent pas de bien beaux produits. Quelquefois on ajoute aussi un peu d'amidon à la laque. Quand elle n'a pas assez de corps après le séchage pour se laisser mettre en trochisques, on ajoute un peu de gomme.

Laque carminée avec magnésie.

On fait bouillir la cochenille avec une dissolution étendue de sulfate de magnésie, à laquelle on ajoute un peu d'acide n^uriatique, ou d'alun quand la couleur doit être claire , et on ajoute de la potasse tant qu'il se forme un précipité. La laque ainsi obtenue est tendre dans sa consistance, et paraît principalement utile pour les crayons de pastel.

Laque de kermès*

On peut préparer avec le kermès une belle laque, par les mêmes procédés que ceux décrits pour la cochenille. On peut faire bouillir le kermès avec de Teau et un peu de tartre, filtrer et précipiter ensuite par Talun et la potasse.

«64 U8 SBCBETS H0DB1BE8

Laques de Femamhaue.

Ces laqaes peuvent s'obtenir par les procédés soi* vans :

1* On fait une décoction de Fernambouc ( lo à 16 minutes d'ébuUition ) > on ajoute alors de Talnn et du sel d'étain, on filtre, et on verse une dissolution de potasse tant qu'il se forme un précipité (1), que l'on sépare par le filtre ; on le lave à Teau pure ; on y ajoute un peu de gomme adragante , et on met en trochisques.

Quand le précipité est très-rouge, on peut aiouter un peu d'argile blanche décantée; cependant il faut alors un broyage fait avec soin,

2'' On fait bouillir le Fernambouc avec un peu de vinaigre, on filtre, on ajoute de Talun et du f>el d'étaîn, et on précipite par une dissolution de potasse.

5* On fait une décoction de Fernambouc avec un peu de potasse, ob filtre, et on ajoute de l'alun aussi long-temps qu*îl se forme un précipité. On obtient ainsi une laque inférieure. On peut prendre 1 partie de potasse, 1 partie de Fernambouc, et a parties d'alun . Si Ton prend plus de potasse et d'alun, la couleur devient plus claire. On obtient encore plus de couleur du Fernambouc en faisant bouillir d'abord avec de la potasse , ensuite avec de l'alun , et mêlant les deux | décoctions. On peut d'ailleurs aviver la couleur par ui) peu de dissolution d'étain.

(i) Quand Teau est roug€ de sang, il faut encore un peu de potasse ; si elle est rouge cramoisi, c'est qu'on en a trop mis.

DES ABTS ET HitlEBS. Sl66

On peut prendre i livre de Fernambouc , 5o à 4o livres d'eau ^ i ^ h 2 livres d'alun (pour le rouge foncé ) ;

Ou les mêmes. proportions et ^ de dissolution

d^étain ;

Ou 1 livre de Fernambouc, la livres de vinaigre, i3 livres d'eau ; faire bouillir ^ d'heure, ajouter 1 livre 2 d'alun , dltrer , et mêler { de livre de dissolution d'étain 9 et précipiter avec une dissolution de potasse ( I de livre) ;

Ou 1 livre de Fernambouc, ^o à 5o livres d*eau^ 5 livres d'alun et | livre de potasse (pour laque rose ou laque de Florence )•

Il serait bon d'améliorer la décoction de Fernambouc en'la laissant vieillir; on épure la décoction par la gélatine 9 quand on emploie du bois rouge en place de vrai Fernambouc.

Afin d'éviter d'avoir des nuances violettes , il faut avoir soin de ne pas ajouter de la potasse en excès- Si l'on veut avoir des couleurs plus élevées et plus jaunes , on prend de l'acide en excès , ou bien on mêle un peu ^e décoction de gaude. La crème do tartre rend la couleur brunâtre.

Le muriate d'étain précipite également une laque rouge de la décoction de Fernambouc; mais cette laque est trop chère. Cependant on peut l'employer concurremment avec Talun, pour obtenir une nuance particulière. Si l'on mélange de la laque rouge-foncé de Fernambouc avec du stil-de-grain, on obtient une espèce de laque de Vienne.

a66 l'Es SBCEETS MODEtVB»

Laque de garance-

Olargrafffat le premier qui fit une laque rouge aiec la garance. Il indique pour cela la préparation soVvante : On chauffe dans une chaudière de cuivre 16 à ao mesures d'eau jusqu'à rébullitîon 9 on y met a U* vres de la plus fine garance et autant d*alun de Rome, on fait bouillir \ d'heure , on filtre la décoction , on y ajoute de la potasse en dissolution ( t livre ^) fusqu'à fie qu'il ne se forme plus de précipité ; on lave et on sèche. L'intensité de la couleur dépend de la quantité d'alun.

On obtient de la belle laque de garance en lavant la garance à l'eau froide jusqu'à ce qu'elle ne la colore plus; arrosant alors la garance avec une dissolution d'alun, et abandonnant le mélange pendant quelques jours. On peut aussi employer une chaleur très^douce. La liqueur teinte en ronge est séparée par le filtre 5 et on précipite la laque en ajoutant lentement une dissolution de sous-carbonate de soude. Le précipité qui se forme le premier est le plus beau, et doit être séparé.

Une addition de sel d'étaîn à la dissolution de garance devrait être utile. On pourrait aussi employer une décoction ordinaire de garance dont on aurait précipité la matière rouge-brun par de l'acétate de plomba et ensuite la matière rouge-rose par l'alun.

Méthode pour retirer de la garance une superte

(aque.

Tout le monde sait qu'il n'est point de couleur

»B0 AITS BT MBT16R8. 167

végétale (en exceptant rindigo)<qui résiste mieax à Tiofluence de Tair que celle qa*oii retire de la ga-

raDce«

Cependant jusqu'à présent on n'avait pu réussir en obtenir un rouge aussi ferme et aussi beau que celui de la cochenille.

En effets Tespèce de laque produite par la garancct que quelques bons peintres emploient avec Thuile^ a une teinte jaunâtre qui approche de celle de la pous* sîère de brique ou de Tceillet pâle; elle est opaque et manque de brillant; enfin , on ne peut remployer dans les peintures à Teau.

Il est bien prouvé qu^une partie de la matière co* lorante était perdue dans l'ancien mode d'extraction. Les procédés qui suivent ont porté remède à tous ces inconvéniens , et donnent des produits vraiment admirables.

N° 1. Premier procédé.

On enferme deux onces de la plus belle garance de Hollande dans un petit sac de calicot d'un tissu fin et fort 9 dont on n'emplit que la troisième ou la qua* trième partie.

On verse dans un mortier de naarbre ou de faïence une pinte d'eau froide, douce , bien claire , et avec un pilon de marbre ou de terre coite 9 on y presse 9 on y triture 9 on y écrase la garance avec toute la force possible, toutefois sans briser le sao.

Lorsque l'eau a pris une couleur opaque et trouble, on la retire du mortier; on verse une seconde piote d'eau, et on renouvelle l'opérati^o du triturage, etc.» mut le petit iao«

l(^ us 0EGEVT8 MODHllfBS

Le second produit doit être retiré ausiiK légèrement coloré.

Enfin , on renouvelle ce procédé jusqu'à c'est-à-dire jusqu'à ce que toute la malien soit extraite.

En pesant ensuite la racine lorsqu'elle ei tement sèche , on trouve qu'elle n'a perdu vage qu'environ 5 gros. La couleur qu'on a une légère couleur de nankin ou de canne!

lui reste qu'une petite odeur ligneuse ; o propre à la racine a disparu.

Tout ustensile ou vase de fer étant nuisi ration , on met le liquide dans une terrine bassin de cuivre bien élamé ( le meilleur récipiens est un vase d^argent), et on le c.

qu'à ce qu'il bouille. Alors on le transvai grand bassin de faïence , en y ajoutant:

lo Une once d'alun dissous dans une ] bouillante 9 et on mêle bien le tout ;

lo Environ une once et demie d'une s turée d'alcali végétal, qu'on verse à plusiei en remuant continuellement le mélange.

U se fait bientôt une vive eflTervescence leur se précipite immédiatement au fond <

On laisse le tout se refroidir sans y touc obtient :

io Un liquide jaune clair, ao fJn précipite rouge.

On verse alors deux pintes d^eau bouil précipité 9 en le remuant continuellement 4e bain est refroidi , on le filtre au papie

DBS A&TS ET MériBRS; SkÔg^

encore de Teau bouillante dans le filtre^ jusqu'à ce que le liquide qui en sort ait pris une légère couleur de paille, et n'ait presque plus de goût alcalin.

Séchée librement , la couleur pèse une demi-once, c^est-à-dire le quart juste du poids de la garance.

En l'analysant on y trouve plus de 40 pour cent d'alumine.

Si l'on emploie moins d'une once d'alun ,1a couleur sera plus consistante; et si, au contraire, on en met plus , la totalité de la couleur ne sera pas combinée avec l'alumine. D'après l'expérience ^ on peut donc décider que la meilleure proportion est celle d*uno once d'alun pour deux onces de garance sèche. ..

No a. Deuxième procédé.

Si l'on ne remue pas le liquide en y mêlant la solution d'alun , et si l'on retranche l'alcali, il se fait un précipité considérable d'un rouge-brun pâle.

Si l'on ajoute la dissolution d'alcali au liquide qui reste, quand on en a séparé le précipité , et si l'on fait chauffer le tout, on obtient un second précipité d'un très-beau rose, mais il manque de force et de ton.

Quoique cette couleur puisse convenir en quelques occasions, on doit dire en général que celle qu'on obtient par les moyens détaillés ( n"* 1 ) sera toujours préférée , sa teinte étant très-belle lorsqu'elle n'est pas trop chargée ; on peut même assurer qu'elle n'a point d'égale pour le ton et la richesse 9 soit qu'elle soit employée avec l'huile ou à l'eau.

Si l'on ne met dans la couleur qu'une demi-once d'alun, le premier précipité sera çt«%(\|a!^ \^.\nAx&k^

2yO LES SCCftETS MOVBAims

que celui no i ; mais le second ou le précipité de laque» qui sera moins considérable ^ aura une teinte plus ferme et plus riche.

Dans ce cas, certainement, toute la matière colorante n'est pas combinée avec Talumine ; car, ai Ton ajoute une nouvelle dissolution d'alun à la liqueur, on obtient un troisième précipité d*un rouge lég^èreoEient violet.

En opérant d'après ce procédé, si Ton mêle une once d'alun à deux onces de garance, le premier précipité contient environ quarante parties d'alumine » et le second , ou le précipité de laque^ en contient en* viron cinquante-trois ; mais ces proportions dans les résultats ne sont pas toujours les mêmes dans toutes les expériences , sans doute à cause de la diflérence dans les qualités de la garance.

N* 3. Troisième procédé.

Si , en usant de tous les autres procédés , on sabsdtue l'eau bouillante à l'eau froide, la couleur sera d'une teinte moins bonne et plus sombre, et le résida de la racine , quelque soigneusement quil soit lavé et pressé, conservera une forte couleur tirant sur le pourpre , preuve non équivoque que la chaleur concentre une portion précieuse de la couleur, pro« bablement dans les libres ligneuses.

Walt avait déjà observé que l'extraction de la couleur était plus complète à froid qu'à chaud; on a donc de puissans motifs de croire qu'une partie de la matière qui donne le rouge éclatant, demeure ooncentrée.

»BS IKSB ET METIERS. 2^1

N° 4* Qtuitrième procédés

Si Ton fait infuser deux onces de garance dans une pinte d*eau froide^ pendant trois ou quatre jours, dans on grand bocal légèrement bouclié , à la température de i5^ centigrades, en les remuant souvent, il s'établit une légère fermentation , qui donne à l'infusion une petite odeur vineuse ; la partie mucilagîneuse de la racine est presque entièrement détruite , et la teinte jaune est beaucoup affaiblie.

Si on laisse ce premier bain s'écouler sans employer aucune pression , et si Ton procède comme il a été dit n^ I , la couleur rouge se dégage beaucoup plus facilement qu'elle ne l'eût fait sans la fermentation, et elle n'est pas moindre en quantité , mais elle est un peu moins foncée.

Cet affaiblissement de la teinte parait provenir de la destruction d'une portion de la laque par l'effet de la fermentation.

En effet, si l'on procède comme il a été dit au n^ a, la différence du premier produit sera presque insensible ; mais le second précipité aura une légère teinte œillet.

On est entré dans tous ces détails, qui sont le résultat de beaucoup d*expériences faites avec un trèsgrand soin , parce qu'il est à peine aucune notion qui n'ait pas quelque utilité dans une matière d'un si haut intérêt.

Garance d'Espagne et de Smyme, Quoique la garance d'Espagne ^oà\i\âi& xnw^w^

373 LES SEGBBTS MODERMSt

d*un ton plus prononcé que celle de Hollande , ce« pendant on est porté ^ croire qu'il est moins pur.

JL.a garance de Smyrne est extrêmement précieuse ^ et ses produits sont très-remarquables par la richesse et la force de la teinte 9 lorsqu'on la traite par Je procédé uo 1.

Néanmoins on n'extrait que 3 gros a4 grains de 2 onces de racine; mais cela n'étonne pas quand on sait qu*elle est importée en racine entière trës-sëche, et que celle de Zélande ( Hollande ) consiste surtout en écorce, qui probablement contient plus de matière colorante que la partie fibreuse de la racine. Il ne paraît donc pas douteux qu'intrinsèquement la première ne soit plus riche que la dernière.

Par le procédé n^^ a, on obtient de la racine de Smyrne une couleur abondante ^ et plus riche que ne Test celle de la racine hollandaise. Voici les propor-* tious des deux produits :

Deux onces de garance de Hollande donnent :

lo a gros de rouge.

ao 2 gros 48 grains de laque*

Quoique la garance de Smyrne ne donne que 1 gros 24 grains de rouge, et a gros 24 gi'ains de laque ^ ces proportions sont grandement à son avantage, puisqu'elle est expédiée en racine, taudis que celle de lu Zélande consiste principalement en écorce.

Garance fraîche.

On peut opérer sur la garance qui vient d'être récoltée, sans que la couleur qu'elle produit en souffre.

DBS ÂRT8 ET HJBITIE&S. 3^

On serait même porté à croire qu*elle a quelque supériorité; mais il est difficile de se procurer des racines fraîches. Toutefois , si Ton y parvenait , en les faisant empaqueter dans de la mousse humide , il faudrait employer le procédé suivant :

Huit onces de garance fraîche furent nettoyées de toute terre , poussière 9 etc. *, ensuite , après avoir coupé les racine» en petits morceaux, on les broya dans un mortier, et onles réduisit en pâte, qu'on mit dans un sac de calicot , et qu'on traita comme il est indiqué au n° 1 .

Cinq pintes d'eau environ suffirent pour extraire toute la couleur, ou peu s'en fallut;

Après avoir fait bouillir le liquide coloré , on y ajoute i'alun et l'alcali comme dans le procédé n» 1 , et l'on obtient une très-belle couleur.

Cette expérience donne à croire qu'on tirerait beaucoup d'avantages de ce mode d'extraction , si on l'employait en grand.

On pourrait iaîre usage des moulins à cidre, qui sont si fort en crédit, ou des moulins à l'huile, pour réduire la racine eo pulpe, et on remplacerait les mortiers par de grandes cuves, par de forts pilons et des rouleaux, etc. On pourrait former ainsi , sans beaucoup de frais, des gâteaux de couleur, qu'on garderait sans crainte qu'elle perdit de sa qualité ; enfin , on ferait par^là une grande économie sur les frais de transport et d'emballage.

On pourrait aussi substituer aux sacs de calicot des sacs de laine « qui seraient plus susceptibles d*éprouver une forte pression feans être crevés.

374 <«lt0 SEClEtS MOÛlftHM

Laques jaunes,

Oa comprend en général sous le nom de laques y toutes les couleurs qui ont pour base des matières blanches qui entraînent les matières colorantes par précipitation ; mais le plus communément on ne donne oe nom qu'aux couleurs obtenues par la précipitation de Talumine; elles servent pour les peintures unes.

La préparation consiste à ajouter à une dissolution de matières colorantes une dissolution d'alun, ou une dissolution d*aluu saturée qui convient mieux pour les couleurs qui sont altérées par les acides. Il se lait d'abord un faible précipité formé d'alumine et de matière colorante ; mais en ajoutant une dissolotlon de potasse ou de soude, l'alcali se combine aveclV cide sulfurique de Talun qui était neutralisé par l'alumine. Cette dernière est précipitée, entraîne avec elle la matière colorante, et forme la laque. Pour les matières colorantes qui ne sont pas susceptibles d'être altérées par les alcalis, et qui sont améliorées par eus, on renverse ce procédé; alors on prépare une décoction avec de l'eau alcaline ( soude ou potasse ), et on y verse une dissolution d'alun tant qu'il se forme un précipité coloré.

Une troisième manière, qui n'est point praticable pour les matières colorantes qui n'ont pas une grande affinité pour l'alumine, consiste à mettre dans la dissolution de la matière colorante, de l'alumine nouvellement précipitée ; par Tagitalion répétée, Talumine se charge de matière colorante.

On peut ainsi obtenir des laques jaunes , par ces différeus procédés, avec toutes les plantes qui con* tiennent une matière colorante jaune. En voici quelquefr^unes.

Laque de nerprun.

On fait une décoction de baies de nerprun fraîches ou de graines d'Avignon ( baies de nerprun mûres et desséchées), i partie, avec la quantité nécessaire d'eau; on y ajoute une solution de potasse ou de soude pure, 9 parties, et on y verse de la dissolution bouillante d'alun tant qu'il se forme un précipité (il faut environ 2 parties d'alun) (1). On peut laisser pendant la précipitation la liqueur sur le feu, et remuer constamment; mais ensuite il faut laisser refroidir, séparer le précipité après quelque temps, filtrer, laver, mettre en trochisques et faire sécher.

On peut aussi mettre dans la décoction de graine d'Avignon de l'alumine fraîchement précipitée ou de l'argile pure , jusqu'à ce qu'elle se soit suffisamment chargée de matières colorantes.

Laque de feuilles de bouleau ou de châtaignier

rose.

On procède de la même manière qu'avec la graine d* Avignon , mais on ajoute un peu d'étain à la décoction.

(ft) On peut «mployer auwi i livre de gnin* d*à:«\^uou^\)^\n\% ^Vvv% i««M, 1 If rre de pofaefe , et i/t ttwra A*liUMi.

376 LES SËGftETS HO DE E SES

Laque de guer citron.

On procède comme précédemment ; on purifie la décoction par du lait aigri on une décoction de colle; on filtre, et on avive par un peu de dissolution d*étain.

Laque de roucou.

On dissout du roucou dans un liquide alcalin, et on précipite par une dissolution d^alun. Cette laque est jaune-orangé. On est maître de la rendre jaunecitron par une dissolution dVtain , et plus rouge par les acides.

Laque de gmnme gulte.

On laisse tremper une once de gomme gutte pendant la nuit dans Teau, on la broie en un jus épais, on l'arrose alors avec une mesure d*eau chaude dans laquelle on a dissous 12 onces d'alun; on accélère la «solution par la chaleur , cependant sans laisser aillir; on ajoute, en agitant, a onces d'acide uilue, on précipite alors par l'alun, on filtre, on vc et on fait sécher.

Minium.

Le minium s'obtient par une calcination prolongée du plomb ou de la litharge. En grand, on tient le plomb fondu jusqu'à ce qu'il soit complètement oxidé. Le produit de la calcinalioa eft\ arto^é aseo de l'eau,

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