CUIRS
Nouveite manière de tanner Us cuirs.
On suspend les peaux dans des cuves closes si hermétiquement, qu*on y peut &ire le vide k YdX^e d'une pompe pneumatique, qui^ en retirant l'air
DES AETS ET lUÊTIERS. Sl^
intérieur contenu dans les pdrés animaux^ facilite et hâte leur saturatiod par le tannin liquide.
Ces peaux sont chargées par le bas » pour assuretr leur tension. On introduit d'abord dans la cuve le tannin le plus faible, et Ton applique de nouveau la pompe pneumatique pour épuiser l'air qui pourrait encore se trouver dans la cuve.
Les peaux restent dans ce premier bain durant un ou deux jours , après lesquels on retire le liquide.
On laisse aux peaux le temps de s'égoutter et de se retrouver en contact avec Tair pendant quelque^ heures. Après quoi Ton remplit la cuve une seconde , une troisième fois y ou plus s'il le faut ^ avec un non* veau tannin 9 dont la force est progressivement augmentée.
ComiponUon poui* rendre te cuir imperméable.
M. Fieetwoodt de Dublin, a pris un brevet d'invention pour le procédé suivant :
On fait dissoudre dans vingt gallons d'essence de térébenthine , dix livres de caout-chouc ( résine élastique ) , coupé en petits morceaui. Le vaisseau ne doit être rempli qa'à moitié. On chauffe au bain-marie jusqu^à ce que la dissolution soit opérée.
On fait ensuite la même opération avec cent cinquante livres de caout-chouc, et cent gallons d'essence de térébenthine . On y ajoute vingt livres de poit de Bourgogne, et dix livres' de sandaraque.
Lorsque ces deux mélanges sont entièrement froids, on y ajoute, en les mêlant, dix gallons de vernis de copal; et, après avoir opéré le méLai\(<^, ow^ n^\^^
5l8 LES SEGBETS MOBEIRE»
peu à peu cent gallons d*eau de chaux. Le mélange doit se faire en six ou huit heures , pendant lesquelles on remue le tout avec la plus grande force.
Il est à observer qu*on doit remuer de nkéme cette composition , lorsqu'on veut la mettre en bouteille.
Pour donner au cuir un beau vernis noir ^ on ajoate vingt livres du plus beau noir de fumée, qu^on délaie dans vingt gallons d^essence de térébenthine » avant de les Jeter dans la composition.
On rapplique sur le cuir avec une grosse brosse de peintre, en frottant fortement pour le faire entrer dans les pores. Le cuir^ ainsi préparé , est imperméable à Peau ; il devient très-doux et trèâ-'souple.
ToUô préparée pour remplacer ie cuit.
M. Gunbjf a pris un brevet d'invention pour cet objet; et voici son procédé :
Pour les objets qu'on veut conserver flexibles, la composition se fait avec les substances qui suivent :
Colla de poisson ordinaire 4 pstrU«>-
Huile de lin bouillie. ........... a
Noir de fumée i i/a
Blanc de cëruse très-finement pulvérise i
Terre de pipo i
On fait fondre et on mêle bien toutes ces matières sur le feu, dans un vase rempli seulement à moitié.
On fait fondre d*abord la colle de poisson « on y ajoute rhuile peu à peu; le nDir de fumée vient ensuite 9 et après lui le blanc de céruse, la terre de pipe. Lorsque le mélange est bien intime, la composition
DES AfttS BT Ml&TfE18. SlQ
est propre à Tusage qu*on veut en faire ; elle n^eztge aucune cuisson.
Manière de i'empioyêr.
On étend la toile sur des perches ou sur un châssis; ensuite, avec une lame en spatule, on y appli* que également et doucement un certain nombre de couches légères de la composition , en observant que la dernière doit toujours être parfaitement sèche avant qu'une autre lui succède. On multiplie les couches autant que Ton veut.
L*étoffe ainsi encollée ressemble an cuir verni. M. Gunby reoonmiande de la tailler on de la coudre, suivant Tobjet et dans la dimension qui lui con* vient, avant d'appliquer la composition, et de la passer entre deux cylindres pour la rendre tout-^-fail douce et unie.
On peut lui donner un vernis mêlé de couleur ; on le rend luisant avec la brosse.
Si Ton emploie ces étoffes à couvrir des impériales de voitures , ou à tel autre usage qui exi^e des matières fortes et épaisses , on peut augmenter à volonté la proportion de l'huile , du blanc de céruse et de la terre de pipe. Pour donner le poli à ce cuir factice, on peut employer la pierre ponce , le tripoli , la potée rouge, etc.
Imitation parfaite du cuir dit de Russie.
Les Russes préparent une sorte de cuir fort re« cherché , à cause des propriétés qu'où l^\v ^ x^^
3aO LES 8BG1ETS M0DEEHI8
connues 9 de n'être pas sujet à noioisir dans les Kem humides , d*étre inattaquable par les insectes, et même de les éloigner de son voisinage. On a imilé assez imparfaitement cette préparation en Angleterre; mais des recherches provoquées par la Société d*eD« couragement de Paris ont lait connaître les procédés des Russes , et introduit cette fabrication en France. MM. Grouvelle et Duval-Duval ont obtenu le prii proposé pour atteindre ce but.
Toici le procédé :
Pour le débourrement des peaux ^ on les fait détremper dans une lessive de cendres, asses faible pour qu'elle n'attaque pas le tissu de la peau.. Lorsque le débourrement est opéré, on rince les peaux te mieux possible à la rivière , puis on les foulé plas ou moins longuement ; on les fait fermenter ensuite dans une cuve, après les avoir lavées à l'eau chaude. Au bout d'une semaine , on les relève et on les fait cuver une seconde fois, si cela est nécessaire; enfin, on achève de les nettoyer en les travaillant de chair et de fleur.
On prépare ensuite une pdte composée , pour deux cents peaux , de 38 livres suédoises de farine de seigle, qu'on laisse aigrir après y avoir ajouté du levain; on la délaie dans une quantité suffisante d'eau pour baigner les peaux; on les y laisse pendant 4B heures; on les met ensuite dans des tinettes , où elles séjournent pendant quinze jours; au bout de ce temps on les lave à la rivière.
Toutes ces opérations ont pour but de disposer les peaux à absorber les sucs astringens dans toutes leurs parties; la préparation qu'on leur fait subir ensuite est analogue à celle da lam\Bi^<Ê kVa Jusée.
HES àRTS E¥ ICéTIEES. 5a 1
On fait une décoction d'écorce de saule , et lorisque la température est abaissée au point que les peaux ne puissent s'y crisper , on les plonge dans la chaudiëre, on les manie et on les foule pendant une demiheure ; on répète cette manipulation deux fois par jour : elleii séjournent ainsi pendant une semaine dans la décoction. On renouvelle le bain tannant en opérant de la même manière, et les peaux restent en macération pendant une semaine encore; au bout de ce temps, on les met à l^air pour les faire sécher, et il ne reste plus qu*à les teindre et les corroyer à rhuile empyreumatique de Tépiderme du bouleau.
C'est uniquement à cette dernière substance que le cuir de Russie doit toutes ses propriétés caractéristiques. On sait plusieurs procédés pour préparer cette. huile. En Russie, ou Tobtieul de la manière suivante :
On se procure, dans les forêts qui bordent la Kama, principalement, Técorce blanchâtre, feuilletée , ou épiderme du bouleau , privée de toute la partie seulement lig;neuse, qui s'en détache avec facilité, lorsque le bois est tout récemment abattu ou très-vieux , et quel'écorce est altérée par Thumidité. On a remarqué , en effet , que la partie corticale extérieure blanchâtre , qui donne Thuile odorante , résiste très-long-temps aux intempéries des saisons ; elle reste ferme et consistante, lors même que déjà l'autre partie corticale ( sous cet épiderme) brune, épaisse , plus altérable que le bois, et le bois luimême, tombent en pourriture.
L*éooroe étant donc séparée des parties qui ne difl*èrent pas sensiblement du bois ordinaire, on l'in*
3aa iiES sECfiETs uoDEasts
troduit dans une chaudière en fer, en quantité aussi grande qu'il est possible d*en faire tenir ; on recouvre la chaudière avec son couvercle 9 qui est bombé extérieurement , et qui est muni sur son aûlieu d'une buse en fer, ou tuyère. Une seconde chaudière^ dans laquelle cette tuyère peut entrer sans toucher au fond y se place par-dessus et se joint bord à bord avec la première. On les fixe solidement dan» cette position 9 puis on les tute à leur jonction ; on i«n verse le tout sens dessus dessous , en sorte que l'écorce se trouve dans la chaudière supérieure. On enterre cet appareil à moitié de sa hauteur; on enduit la surface de la chaudière restée en dehors avec un lut argileux; puis on l'entoure d'un feu de bois, que Ton soulieut jusqu'à ce que la distillation 8o;t achevée.'
Cette opération, grossière en apparence, et dispendieuse sous le rapport de l'emploi du combos*tible, remplit pourtant bien son but; et nous verrons plus bas qu'il serait aisé de la rendre plus économique. Lorsque l'on délute l'appareil , on trouve dans la chaudière supérieure un charbon très-léger, informe; et dans la chaudière inférieure, qui a servi de récipient^ une matière huileuse , brune , empyreumalique , iluidc , d'une odeur forte , mêlée de goudron , et qui surnage une petite quantité d'une eau acide. C'est la matière huileuse don^ on se sert pour imprégner les peaux, en les travaillant de chair, à la manière des corroyeurs.
Il est assez difUciie de faire pénétrer cette huile également : il paraît que les Russes n'y réussissent pas toujours , car beaucoup de leurs peaux sont tachées.
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Le procédé adopté par MiVI. Gronvelle et Duval- Duval diffère peu de celui-ci :
L^épiderme blanchâtre 9 feuilleté , séparé avec soin de la partie corticale épaisse, est introduit dans un alambic en cuivre , analogue à celui dans lequel on distille le bois pour en obtenir Tacide pyroligneux ( acétique ) ; un récipient qui plonge dans Teau reçoit et condense les vapeurs ; les gaz cxcédans peuvent s'échapper dans Tair par un petit tuyau , ou être ramenés dans le foyer pour y être brûlés. Cette distillation donne les mêmes produits que la précédente; les proportions d*acide pyrolrgneux et de goudron y sont cependant plus fortes, Thuile odorante plus colorée etmoins abondante. En la redistiilant, M M.Grouvelle et Duval ont trouvé moyen de Tobtenir presque incolore ; mais il reste dans la cornue uiie assez grande quantité de goudron et dMuiile odorante altérée, ce qui constitue une perte trop forte pour les ouvragée ordinaires. Cette rectification n*cst utile que pour les peaux très-peu colorées, que Ton veut travailler de fleur et de chair , sans foncer leur nuance.
Les proportions d'huile odorante impure ^ obtenue de première distillation , par ce procédé , ont été évaluées aux soixante centièmes de Técorce choisie* Les auteurs ont cru devoir rechercher s'ils obtiendraient , d\ino autre substance végétale, Thuile em* pyreumatique odorante qui communique aux peaux les propriétés du cuir de Russie : la rue, la sabinc, les bourgeons de peuplier, et Técorce d'aune, ne leur ont donné qu'une huile fétide très-pénétrante ; les écorces de chêne, de saule, de pcuj^Uer ^ \\'^\>^.
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pas^ donné de meilleurs résultats : le iiég^e seul a présenté dans son huile empyreuma tique , quelque analogie avec celle de Técorce de bouleau. Le bois de bouleau » privé de son écorce t n'a pas produit des résultats différons de ceux obtenu» avec tons les bo is.
Al. Payen en répétant la distillation par des- cuissons de bouleau^ au moyen d'un appareil fort simple, a observé que l'on pouvait obtenir de cette manière une huile moins colorée, en plus grande quantité dans la proportion d'un cinquième au moins , à une température moins élevée et moins long-temps soutenue; qu'enfin le résidu charbonneux était en moindre proportion.
On conçoit, ajoute M. Payen, qu'il serait très-facile de disiUUr par des]cuissons l'écorce de bouleau dans des vases cylindriques en tôle ou en cuivre ^ ou en fonte ; il sufïlrait de les placer verticalement , la base eu bas , dans un fourneau à réverbère dont le foyer serait latéral. Deux vases semblables feraient le service d'un seul four; on emplirait l'un , tandis que l'autre opérerait.
Quel que soit, au reste, le procédé que Ton ait suivi pour se procurer l'huile, il faut prendre les mêmes soins pour l'appliquer. MM. Duval et Grouvelle sont parvenus à diminuer les difficultés, en étendant la matière sur les peaux , amenées , par un commencement de dessiccation , à ne conserver qu'un certain degré d'humidité : lorsqu'elles sont trop mouillées ou trop sèches , l'huile ne les imprègne pas également. L'huile de bouleau est ainsi substituée au dégras ordinaire dans le corroyage. On prend
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les veaux ou vaches en crotîte, tels qu'ils sortent de chez le tanneur, on les défonce ; et lorsqu'ils ont été bien assouplis et bien travaillés, on les mouille y on les laisse ressuyer , puis on les passe à l'huile de bouleau. La pénétration se fait aisément , et d'une manière égale dans tout le tissu , au fur et à mesure que la dessiccation a lieu ; et les peaux , ainsi préparées, exhalent pendant fort long-temps lodeur forte de Thuile de bouleau, qui même ne se perd jamais plus. Cette odeur, acre d^abord , devient peu à peu plus douce , et se rapproche de plus en plus de celle du cuir de Russie , qui ne nous arrive qu'après un certain laps de temps écoulé depuis sa fabrication..
£n général, une grande vache exige de 55o à 5oo grammes d'huile; une petite n'en prend que la moi;tié, et les veaux depuis le quart jusqu'à la moitié.
Lorsqu'on veut passer à T huile de bouleau les cuirs sans couleur , il faut prendre beaucoup de précautions pour éviter que cette huile traverse les cuirs^
On peut communiquer aux peaux maroquinéeà l'odeur de l'huile de bouleau, eu les imprégnant de chair seulement, avec une petite quantité de cette huile. Quant aux peaux de couleur foncée et aux maroquins noirs, on peut à volonté les passer à l'huile avant ou après la teinture.
Le cuir de Russie a perdu beaucouj;^ de là vogue d'engouement dont il avait joui pour une infinité d'usages divers ; mais son utilité dans la reliure des livres , qu'il préserve des ravages des insectes , est incontestable j et le fera toujours rechercher pour cet emploi.
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