DECORS
Lastrico,
Or désigne à Naples sous ce nom» qui pavé 9 une couche de mortier fait avec des d pierre ponce » de tuf ou de pierrailles, dont gros morceaux sont plus petits qu*une noix , chaux éteinte depuis huit jours , bien delà réduite à la consistance de lait un peu ép; broie ce mélange à plusieurs reprises 9 eu Ta avec cette chaux ; on laisse reposer le tout { vingt-quatre heures , après lesquelles on b nouveau. On répète la même opéralion en a toujours du lait de chaux, jusqu'à ce que la 1 ne s*agite plus.
Avant d'appliquer cette composition pou lieu de carreaux dans les appartemens , on com par bien boucher tous les joints et fentes di cher avec de la chaux en pâte un peu ferme ; < on étend dessus un lit de petites pierres à s( arrangées, d'un pouce d'épaisseur au plus.
Sur ce lit de pierres, on jette, on étend e seule fois le lastrico « et on lui donne enviro pouces d'épaisseur; vingt-quatre heures après, 1 stance ayant acquis assez de fermeté pour qu'on — »<^her dessus, on commence à la battre av
nu iBTBW BÉTIEBS. Sa?
grosses balles do bois, en frappant loaionrs dans le inêaie sens jusqu'à ce que toute la snperlicic ait été massivée. Viu^l-qiialre heures après, on recommence l'opéralion avec des baltes plus minces, ayant soin de croiser les coups. On répète ce battage jusqu'à ce que le laslrico ait la fermeliS nécessaire, ce que l'on connaît à la réaction de la balte. Alors la couche . de 5 pouces qu'elle avait, n'en a guère que 3. Le laiilrico bien fait devient aussi dur que do la pierre, tellement que ses débris, lorsqu'il est un peu ancien, peuvent servir à faire des marches d'escalier; sa pesanteur est, i volume égal , à peu près la même ifue celle du bois de cligne.
A Venise, on f.iit anssi des pavés d'appartement formés d'une coucbo de ciment d'environ 4 pouces d'épaisseur, composé d'un mélange de tuilols et do briques bien cuiies, grossièrement écrasées, et mêlées aveu de bonne chaux. On met ordinairement une partie de chaux éteinte sur trois parties et demie de luilots et de briques mélangés. Cette couche s'élend en une seule-'foîsiavcc des l'Alcaux k pointes de fer. Quand elle est bien nivelée, on la laisse reposer im jour ou deux , selon la saison ; puis on la bat avec une barre de fer, en allant d'abord dans le même sens depuis un mur jusqu'à l'anlre. Un jour après, on bat de nouveau eu croisant les coupa; enfin on cesse do battre quand les coups ne lai);sent plus d'impression.
On laisse ressuyer pendant un jour; aprËs lequel 00 étend une seconde couche d'environ un pouce et démit composée seulement de luilots pulvérisés, broyés avec une égnie quantité de chaux éteinte. Sur
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cette couche encore fraîche , on sème de petits morceaux de marbre de différentes oouleurs f qu'on fait entrer dans la couche en roulant dessus un cylindre de pierre d^environ un pied de diamètre. On bai celte seconde couche , comme la - précédente , avec les mêmes instrumens , maïs moins fort , et avec certaines précautions. On répèle le battage tous les deux Jours , jusqu^à ce que les petits nu>roeauz de marbre soient tout-à-fait enfoncés et recouverts par la partie fine du mortier qui remonte entre leurs {oints.
Au bout de dix à douze jours, on procède au poli; on commence d*abord par dégrossir la surface avec un grès rude , emmanché au bout d'un morceaa de bois au moyen de coins. On lave la boue qui se forme , et Ton continue Topération en mettant ud grès d'un grain plus fin à la place du premier ; eufio Ton termine avec de la pierre pouce.
Gomme le lavage emporte toujours un peu de ciment , on forme avec de la poudre de pierre colorée et de la chaux, une espèce de mortier dont la teinte est; autant que possible, la même q^^|C^lle des morceaux de marbre en général avec lequel on remplit les vides qui se sont formés. On donne le lustre au ^out avec une espèce de truelle polie ; enfin on répa^^d <iur Touvrage une ou deux couches d*huile de lin très-chaude , laquelle , le pénétrant jusqu'à une certaine profondeur, lui donne une dureté remarquable , et le rend susceptible de prendre un poli très-brillant.
Veut-on que le pavé fait de cette manière ait des compartimens colorés ? On dessine sur un papier un peu fort le quart de retendue de Taire de la pièce
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( nous la supposons carrée ) ; on pique ce dessin et on rapplique sur la couche de ciment; on ponce avec de la poudre de charbon renfermée dans un sachet de toile; on répète cette opération quatre fois , ayant soin de retourner le dessin à chaque fois , afin que le tableau total soit composé de quatre parties symétriques.
Le tracé étant terminé , et les couleurs qu*il doit avoir étant arrêtées , on forme des petits tas de morceaux de marbre 9 chacun d*une couleur parti* cuiîère ; mais, afin que ces morceaux aient à peu près la même grosseur, on les fait passer d*abord à travers un grillage de fil de fer , dont les mailles , d'environ deux lignes , ne laissent passer que les morceaux très-petits ; un second grillage à mailles un peu plus large» laisse passer ceux qui sont de grosseur convenable, et retient ceux qui sont jugés trap gros. On écrase de nouveau ces derniers et on les passe encore à travers le grillage . Il es t des ouvriers qui ont assez de îustesse dans le coup d*œil pour donner aux petits morceaux de marbre une forme cubique et la même grosseur à peu de chose près.
Pour appliquer ces morceaux de marbre, on a un carton dans lequel on pratique une ouverture de la même figure et de la même dime nsion que le compartiment qu'il s*agit de paver ; on applique ce carton sur la couche de ciment encore frais, et Ton sème à la main , le plus également possible , les petits marbres colorés, ayant soin de n'en mettre ni trop, ni trop peu : s'il y en avait trop , ils se superposeraient, et ceux qui se trouveraient en dessus se détacheraient; dans le cas contraire, les parlie^e la surface qui ue '
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seraient pas recouvertes de marbre s'useraient plus vite 9 ce qui formerait des creux qui rendraient le pavé désagréable. On enferme les petits fragmens de marbre dans le ciment , en frappant dessus avec un morceau de bois plat ; on opère de là même manière pour chaque compartiment ; après quoi on fait rouler le cylindre de pierre pour unir le tout; on bat à pla* sieurs reprises y et Ton procède au poli , comme il a été dit plus haut. Cependant , comme les contours manquent toujours plus ou moins de régularité, on les retrace 9 après Topera tion du poli, avec une pointe ^d^acier , et Ton remplit le trait avec du noir de fumée broyé à l'huile de noix. On fait de ces sortes de pavés à petits compartimens qui imitent la mosaïque ou des tapis tr^s-ornés.
Lorsque ces ouvrages doivent être faits au rez-dechaussée ou sur des voûtes » il faui les asseoir sur un massif de maçonnerie ^e blocage bien battu et arrangé parfaitement de niveau : si c'est un plancher, il faut que les poutres qui doivent le soutenir aient plus de grosseur que si c'était un pavé ordinaire. On pose sur ces poutres des planches d'un pouce d'épaisseur^ sur lesquelles on jette un lit de paille avant d'étendre la première couche.
Dans les maisons particulières , on fait ces pavés d'une seule couleur ou de plusieurs imitant le granit. Quelquefois ; pour éviter la dépense, on se contente de Tenduit de ciment bien battu et dressé , que l'on peint en rouge , et que Ton frotte comme les pavés en carreaux ordinaires.
Pour que ces pavés conservent long-temps toute leur beauté , il est bon qu'ils soient composés de frag-
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mens de pierre de la même dareté^ autant que possible ; il faut les pratiquer de préférence au rez-dechaussée 9 sur des voûtes et dans des pièces non exposées aux secousses produites par. le roulement des voitures ; ils se conservent alors pendant denx ou trois, cents ans et plus<
On voit à Paris de^ces sortes de pavés rue du Mont- Blanc 9 hôtel du cardinal Fesch , et sous la colonnade du Louvre 9 du c6té de Saint -Germain-rÂuxerrois. Ce dernier , exécuté par M. €. sur les dessins de M. Fontaine 9 quoique exposé à Tair, se conserve très-bien ; il n'a coûté que 6,000 fr. , tandis qu'une mosaïque en aurait coûté 9O9O00. Il remplace d'ailleurs avec avantage un pavé en dalles de marbre.
Stuc pour tes ometnens et ies moulures d^archi"
lecture,
lorsque les ouvrages en stuc doivent avoir beaucoup de relief 9 comme des chapiteaux 9 des corniches 9 etc. 9 on commence par en faire Tébauche ou {'ossature de la manière suivante : On fixe dans la surface sur laquelle Touvrage doit être placé , dos clous ou autres fer^emeos qu'on laisse saillir suivant Fépaisseur que le relief en stuc doit avoir ; on prépare ensuite du mortier fait de chaux et de sable fin bien broyé ; on se procure aussi de bon plâtre en poudre en quantité suffisante; cela fait 9 on mouille avec un pinceau Tendroil où Ton a enfoncé les ferremens, puis on couvre promptement toutes ces surfaces d'une couche de bon plâtre 9 en lui faisant
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prendre la forme que l'ouvrage doit avoir quand il sera terminé.
Cette opération étant faite 9 oû étend sur une planchette une certaioe quantité de mortier ^ avec lequel on forme 9 toujours sur la plaochette 9 un petit bassin capable de contenir une quantité déplâtre gâché qui soit le double de celle du mortier ; on remplit d*eaa ce petit bassin , et Ton y sème à la main du plâtre en poudre, jusqu'à ce que toute Teau soit absorbée > et tout de suite on broie bien ensemble le plâtre et le mortier pour les employer sur-le-cbamp : on se sert pour cela de truelles de différentes grandeurs y de spatules , etc. » selon que le travail est plus ou moins délicat.
Pour là troisième couche » on diminue la dose de plâtre , de sorte que» pour la dernière façon de Tébauche , il ne faut qu'une partie de plâtre pour trois de mortier. Lorsque Tébauche est terminée , avant de la couvrir de stuc , on Thumecte bien avec de Teau 9 jusqu'à ce qu'elle en ait pris autant qu'elle peut en boire ; ensuite on applique le stuc : quand il est sec 9 on repasse Toavrage avec des instrumens d'acier aigus et recourbés; enfin on polit avec des linges mouillés cl de la poudre de pierre ponce , quelquefois avec le doigt tout nu. On finit de donner le lustre avec de l'huile de lin ; mais il faut avoir soin , dans cette dernière opération , de frotter vivement , sans quoi l'huile imprimerait sur l'ouvrage des taches qui le dépareraient pour toujours.
Le poli du stuc est une opération très-mînutieuse> et qui demande une certaine habitude , lorsque les surfaces sont hérissées de petites éminences, qu'il
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faut ménager avec soin , ou sillonnées par des rai* nures à arêtes vives, dont il importe de conserver toute la pureté.
Lorsqu'on se propose de couvrir de stuc une cpr- Diche 5 une colonne , ou toute autre surface de ce genre non hérissée d'aspérités, il faut « après avoir trainé la corniche ou tourné la colonne avec un calibre y les couvrir d'une couche de stuc » puis y passer un autre calibre de la même figure absolument que le précédent , Qiais fait ou disposé de manière qu'en le passant sur la corniche ou la colonne, il y laisse une couche de stuc d'environ une ligne d'épaisseur. £n procédant de cette manière , on est certain de faire de bon ouvrage.
On peut se conduire semblablement toutes les fois que la surface est lisse et régulière. Supposons un mur tout uni ; après l'avoir enduit d'une forte couche de plâtre , on pourrait , afin de le dresser parfaitement , faire passer dessus un calibre à tranchant droit ; le même instrument servirait également à dresser et à mettre d'épaisseur la couche de stuc : pour cela 9 il suffît d'écarter du mur la lame coupante d'une quantité égale à l'épaisseur qu'on se pro* pose de donner au stuc.
Lorsque les ornemens doivent avoir peu de saillie, il est inutile de faire l'ébauche en plâtre et mortier ; il suffît alors de bien mouiller le fond, qui doit être un peu rude, afin que le stuc s'y attache mieux. Après avoir étendu sur la surface upe couche de stuc d'environ deux lignes d'épaisseur,et l'avoir dressée avec un linge mouillé un peu rude , on appliquera dessus le dessin en grand de l'ouvrage, et, après en avoir