ENCRES DE SYMPATHIE
Les caractères d'écriture, les dessins, etc., tracés arec une encre de sympathie , restent d'abord inTisibles et ne se manifestent que lorsqu'ils sont placés dans des circonstances particulières. Ces circonstances sont très- variables ; les principales sont : i** l'exposition au feu, aux rayons solaires, à la vapeur dean chaude, à un dégagement d'hydrogène sulfuré; 2** l'immersion dans diverses solutions, telles que ceiles de sulfate de fer , de ferro-cyanate de potasse , de noix de galle , etc.
Encres de sympathie paraissant par V exposition
au feu.
1" Le suc d'ognons. Ce liquide, avec lequel on peut écrire en caractères qui deviennent visibles par leur dessiccation à l'air, prend une teinte très-brune lorsqu'on chauffe le papier devant le feu.
î^" Solution de muriate de cohait. Woutz a fait connaître, en 1706, cette encre, qui est l'une des mieux caractérisées et des plus jolies : on la prépare avec la mine de cobalt. On dissout une once de cette mine grossièrement pulvérisée dans deux onces et demie d'eau régale; on étend d'eau jusqu'à ce que la couleur ne soit plus qu'à, peine sensible. Si le muriate de cobalt est piir, ainsi que l'eau, les caractères tracés restent invisibles à froid, et lorsque Ton échauffe légèrement le papier, ils paraissent en bleu ; si ensuite on éloigne le çaçv^v d>\ 1^\)l ^ V^"^
S98 LES SECRETS HODBEBTBS
lettres disparaissent par degrés': on hâte cet effet eD exhalant dessas Tair humide des poumons.
En ajoutant au muriate de cobalt une petite quantité de muriate de tritoxide de fer^ la couleur jaune de ce dernier rend Tencre de sympathie verte. Oa préfère celle-ci > parce que ses effets sont plus pro* nonces.
5* Les acides suifuHéfue ou nitriqtie éteodos d*eau et employés comme encres donnent des caractères invisibles; mais si Ton fait chauffer le papier un peu fortement en rapprochant du feu , les acides se concentrent y çharbonnent le papier, et les lettres se montrent , en érun de plus en plus foncé avec Tacide sulfurique, et en jaune avec l'acide nitrique.
Encres de sympathie visii^les par Vexposition aux
rayons solaires.
La dissolution d'or dans Teau régale, d'où résulte un muriate d'or, et celle d'argent dans Tacide nitrique ( nitrate d*argent ) , quand elles sont affaiblies avec une suffisante quantité d'eau distillée, ou même de belle eau de rivière , peuvent servir à tracer sur le papier des caractères qui disparaissent en séchant, et qui peuvent rester invisibles pendant plusieurs mois si on les tient renfermés dans un livre ; mais ils deviennent apparens si on les expose à l'action du feu , d'une vive lumière , ou du soleil.
Encres de sympathie visibles par V action du gaz
hydrogène suifuré.
La plupart des soIuUobs in!€\.di\\c^^% ^x^l^vtent
DES. ARTS ET MÉT1ER8> Sq^
en noir par l*hjdrogène sulfuré ou par un hydrosulfate. Toutes les fois que Ton écrira avec une solution métallique incolore , les caractères invisibles apparaîtront si on les expose à l'action de Thydrogène sulfuré : ils paraîtront en brun noirâtre plus ou moins foncé ; c'est ainsi que Ton écrit avec :
i** Une solution de bismuth dans Tacide nitrique»
2° Une solution de plomb dans Tacide nitrique ou Tacide acétique ;
3** Une solution d'argent dans l'acide nitrique;
4** Une solution de mercure dans l'acide nitrique.
Les caractères seront invisibles, et paraîtront ensuite, lorsque l'on passera sur les lignes un pinceau imprégné d'une solution d'hydro-sulfate alcalin.
Encres de sympathie devenant visibles par € immersion dans diverses liqueurs.
Les caractères tracés avec r i* une faible infusion de noix de gaiie, paraissent en tieu noir, lorsqu'on promène dessus un pinceau imprégné d'une solution de sulfate de fer, et vice versa.
s** Une solution de muriate d'or donne des caractères d'abord invisibles , et qui deviendront pourpre en trempant le papier dans du muriate d'étain liquide.
3* Une solution de prussiate de potasse , de soude ou de chaux , donnera des caractères d'abord invisibles, et qui deviendront d'un beau bleu intense par ^immersion dans^ une solution faible de nitrate ou même de sulfate de fer. — Celle àwtk\fex^ ^Ti^x^ ^^
400 LB8 SBCRBT8 MOBEftKfiS
flympalhie est d'aul;sint plus remarquable « que Tm peut couvrir les caractères tracés avec elle, en écrivant avec de Tencre ordinaire ; il suffira ensuite de repasser sur les lignes écrites avec les deux enera un pinceau trempé dans une solation acide de fa ou de persulfate mêlé d*acido oxalique, pour que les derniers caractères, tracés à Tencre ordinaire, disparaissent et soient remplacés par les lettret bleues qui résultent du prussiate de fer qui se forme'
ÉPINGLES C Machine àj.
Deux Anglais, MALLemuelWellman Wright, ingénieur à Londres, et Daniel FootTaylor, nous ont apporté une machine extrêmement ingénieuse pour fabriquer les épingles, qui est gravée et décrite dans le Bulletin de (a Société d' Encouragement du mois de septembre 1827.
Le fil de laiton destiné à fabriquer les épingles est roulé, comme à Tordinaire, sur un dévidoir conique vertical placé sur Tun des côtés de la machine. Il est tiré horizontalement par une pince à travers {'engin qui le dresse, et va se faire couper à chaqae fois par longueur d'épingle à une cisaille, ce qui donne la hanse.
Au même instant une pince la saisît par le milieu , I transporte paralléletnent à elle-même, suivant un •lan horizontal, dans une deuxième pince qui la aisit par le bout destiné à former la tête. Aussitôt -ette dernière pince prend suc elle-mêoLe un mou-
DES àATS ET MiTlE&8. 4ût
vement de rotation alternatif, tout en «^abaissant de manière à faire appuyer Tantre extrémité de la hanse, destinée à faire ia pointe, sur une meule métallique à grosse taille , qui exécute la première façon de Tempoiotage. 11 faut remarquer ici que la hanse est appuyée sur la meule à la distance de 5 à 6 lignes de la pointe , par un poussoir rertioal qui s'abaisse en même temps que Tépingle.
Ce premier empointage fait, Tépingle se relève et est saisie de nouveau par un mécanisme semblable au précédent, qui termine Tempointage sur une meule taillée en doux.
Cette troisième opération terminée, Tépingle reprend sa position dans le plan horizontal. Alors une pince semblable à la première la prend par le milieu et la transporte, toujours parallèlement à elle-même, dans une mâchoire qui la serre fortement, et où la tète , par une très-forte compression exercée par un piston dans la direction de Tépingle, reçoit une première façon. Elle est achevée dans une matric'e percée d'un trou du calibre du corps de l'épingle , où une pince mobile, comme les précédentes, la transporte. L'entrée de celte matrice est creusée en hémi-sphère, ainsi que la tête du piston qui vient s*ap* puyer dessus, dans laquelle cavité la tète se trouve arrondie. L'épingle en est retirée d'abord par l'effet de la réaction d'un petit ressort à boudin plaeé derrière la matrice , lequel ressort ayant été comprimé par la pointe de l'épingle qui s'engage dans un trou pratiqué dans un morceau d'os ou d'ivoire placé audevant du ressort, repousse l'épingle aussitôt que Faction du piston sur la tète cesse , et ensuite i^ar
4oa LES SECRETS UODB&NES
une petite fourchette qui s'abat entre la matrice et la tête , laquelle fourchette 9 par un mouvement rétrograde dans le sens de Tépingle , la retire entièrement de la matrice et la fait tomber dans une botle placée au-dessous.
Les nombreux mouvemens variés et simultanés que cette machine exige sont produits tous par un seul axe à manivelle qu'un homme fait tourner , et qui communique son mouvement à un second axe, à l'aide d'un pignon de i5 dents contre un de 5o; de sorte que le mouvement du mécanisme , comparé à celui du moteur, se trouve ralenti de moitié; et comme c'est le second axe qui porte 9 tant en dedans qu'en dehors du bâti , les excentriques et les cames qui font jouer toutes les pièces de la machine , il s'ensuit qu'il faut deux tours de manîvçlle pour produire une épingle. L'inventeur estime que sa machine peut recevoir une vitesse de 80 {ours de manivelle par minute, et faire par conséquent 40 épingles d'un numéro quelconque pendant le même temps , ou a,4oo P^i* heure.
Les meules d'empointage , dont les plans sont obliques par rapport à la direction des épingles 9 reçoivent leur mouvement d'une poulie fixée sur l'arbre de la manivelle et par des cordes à boyaux. Ces meules tournent avec une vitesse de 600 tours par minute. Cette machine, dont l'emplacement n'exige pas plus d*un mètre superficiel, coûte 5,ooo francs.
DES AETS ET METIEBS. 4^3
ETAMAGE.
Étamure saluhte.
Le procédé suivant, pour élamer le cuivre^ est recommandé comme préférable à tout autre , à raison de ce qu'il n'entre dans sa composition aucune substance qui soit de nature' à agir comme poison . L'étamure est de plus extrêmement durable > et garantit le cuivre mieux que toute autre du contact des acides.
Lorsque rintérieur du vase, de la casserole, etc. , a été bien nettoyé , on le martèie sur l'enclume pour rendre sa surface âpre , inégale , ce qui donne plus de prise et do solidité à Tétamure.
A l'étain très -pur dont on se sert , on ajoute du sel ammoniac , en place de colophane.
Sur une première couche de cette étamure , qui ne sert qu'à former le fond de l'adhérence ( elle doit être extrêmement unie et polie ) • on en applique une autre plus dure qui est composée :
D'étain a parties.
De ziac 3.
Auxquelles est aujouté le sel ammoniac le plus moelleux au toucher.
Après avoir battu cette dernière couche avec un marteau de bois , pour lui donner plus de solidité , on la frotte avec du blanc d'Espagne et de l'eau > qui donnent à sa surface un beau poli.
4o4 ^^ 8EGBBT8 MODBIUIIS
Si l*on veut étamer aussi les vaisseaux en dessus, on les plonge dans le mélange»
Non-seulement celte étamure est très-solide , maii encore elle conserve sa belle couleur jusqu'au dernier moment. Elle a en outre le mérite de n'êln pas dispendieuse*
On pourrait en faire usage pour le fer aussi bien que pour le cuivre.
Autre procédé- Ce second procédé est plus dispendieux que le premier ; mais son résultat est bien plus durable.
Etain très-pur ea grain. .
Fer doux de première qualité.
Platine
Argent
Or
Borax pilé
Verre pilé
Livres.
Onces.
Gros.
GraioS' 1
On fait fondre ensemble ces matières dans un creuset , et on en forme des lingots , lorsqu'elles sont en pleine fusion.
On pulvérise ces lingots dans un mortier chaud, et avec un pilon brûlant ; on met ensuite la poudre sur le feu , dans un vase de fer , et on la remet en fusion, en observant de la remuer beaucoup ; puis on la verse dans de pelits moules très-plats.
Telle est la préparation de celte étamure , avan^ qu'on puisse en faire usage.