DES A%T8 EX METIERS
Oo commence par étamer le métal , de la manière accoutumée^ avec Télain et le sel ammoniac. On frotte oette première couverte , et on y applique la composition ci-dessus , sans autre soin que ceux pris pour la première.
Après l'avoir laissée refroidir , on la chauffe à un feu doux pour rendre l'adhérence plus forte, et on la plonge immédiatement dans Teau froide , pour lui donner plus de dureté et de solidité.
Il faut polir la surface avec du sablon , ou du blanc d'Espagne , etc. > car elle est quelque peu raboteuse.
Si on applique une seconde ou utie troisième couche, on ajoute proportionnellement à la durée de rétamure ; mais généralement deux suffisent pour les ustensiles de cuisine qui servent journellement.
Si Ton veut obtenir une surface extrêmement douce , et boucher tous les pores , il faut recouvrir avec une étamure d'étaîn pur et très-fin..
ÉTAMAGX: BES GIiOBES BE VERRE,
( Procédé anglais. )
Les globes de verre dont les Anglais font des miroirs sphérîques, qu'ils suspendent au plancher pour orner leurs appartemens , sont étamés avec un amalgame composé d'une partie de. bismuth et de deux parties de mercure.
On élève le bismuth à une température suffisante pour qu'il entre en fusion. Aussitôt qu'il «%X icycA^v^
4o6 LBS SBGRET8 MODBMIES
on y projette peu à peu le mercure , que Ton a d'abord légèrement chauffé. On mélange » et quand Tamalgame est bien homogène , on le coule à demi - refroidi y et mieux encore très -chaud, dans le globe de verre. Dans ce dernier cas^ il faut avoir soin d^échauffer peu à peu ce globe pour prévenir la fracture. On retourne le globe dans tous les sens, afin que l'amalgame s'attache à ses parois bien uniformément. Pour obtenir cet effet , il faut que l'intérieur du globe soit parfaitement net et sec sor toute sa surface : cette condition est de rigueur.
ETOFFES IMPERMEABLES A L'EAU.
a Un chimiste de Glascow a découvert une méthode simple et eiïicace de rendre la laine , la soie et le coton entièrement imperméables à l'eau. Il dissout du caout-chouc ( gomme élasiique ) dans rimile retirée du goudron de charbon de terre qti'on obtient en abondance dans les usines pour l'éclairage , et applique , au moyen d'un pinceau , cinq à six couches de ce mélange sur un des côtés de l'étoffe ; il la recouvre ensuite avec une autre pièce d'étoffe , et les passe toutes deux entre des cylindres pour les faire adhérer. L'adhérence est en effet si complète , qu'on déchire plutôt l'étoffe que de la séparer du caout-chouc. i
DES AETS ET MÉTIEBS. 407
Divers procédés de nettoyage et de rétattissement
des étoffes.
Quand Topération du biauchissage ne suffît pas pour restituer aux étoffes noires leur belle teinte et leur lustre y il faut faire bouillir dans une suffisante quantité d*eau quelques copeaux de bois de Campêche ; ce bain tiré à clair est de nouveau remis sur le feu , et on y plonge Pétoffe en la palliant , c'est-à-dire en la retournant de manière à développer tous ses plis. Après dix minutes de bouillage , on retfre Tétoffe ; on la suspend pour la faire égoutter, et on jette dans le bain une très-petite quantité de couperose verte ( sulfate de fer ) , à peu près le quart du poids du bois de Campêche employé. On laisse fondre la couperose; on achève de remplir la chaudière avec de Teau claire. On y plonge de nouveau Tétoffe en palliant comme il a été dit ci-devant; ce second bouillage ne doit pas durer plus de trois minutes. On lave ensuite à plusieurs eaux ; on fait sécher sur le châssis, on encolle et on brosse.
Quant aux étoffes de soie teintes en couleurs susceptibles de passer ou de changer par les opérations du nettoyage, il faut redoubler de précautions. Il convient que tout se fasse avec une grande rapidité. On pourra, d'ailleurs, si les couleurs fadissent , les raviver au moyen d'un bain très-légèrement acidulé par Tacîde sulfurique. Cette acidulation du bain conviendra parfaitement, surtout pour les étoffes de soie d*un jaune brillant, pour le cramoisi, et même pour le marron. Comme dans ce cas on est forcée
4o8 us «cBm «MMi 1
k caote de b rapidité 'qui coDYieot à ropératioijj de faire ustge du tordage , Toici eonuiieBt il &nt ^ prendre , pour qu'il altère le moins poaiible lé luit» des étoffes : Après avoir rincé les objets à Teau pur et les avoir bien pressés & la main , on les étend sa une toile développée sur une taUe ; on place 4*étol à plat , et ensuite on enroule le tout , toile et étoBl et on tord.
Pour les couleurs rose» cramoisi- rose et coules de chair , c*est le jus de citron qu*il faut snbstitai à racide snlfurique dans Ravivage. A défaut de |i de citron , on pourra employer, soU une légère Si lution diacide tartrique» soit même de beau vlnalgi distillé.
Pour Técarlate , il sera bon d^ajouter au {as i citron un peu de sel d*étain , que les teintœie vendent sous le nom de eompaHtion.
Pour les étoffes de soie teintes en vert-olive , ( emploiera de Teaii dans laquelle oa aura jelé que ques gouttes d'une solution de couperose blei ( sulfate de cuivre ).
Les soies teiutcs en bleu sont incomparableme les plus difficiles à nettoyer sans altération de couleur. Le savonnage fait disparaître presque con plétement et rend sale le bleu obtenu par la diss lution de l'indigo dan», l'acide sulfurique ( ou Ui de Saxe ). Les bleus éclatans que doane le prassia de fer , dits Meus Raymond , sont également s fectés avec beaucoup de promptitude par le savo nage à chaud.
Dans le cas de la teinture au bleu deJSaze» i peut restituer de l'intensité et de réclot à la ooi
DK8 km ST HéllEBS. 409
leur, au moyen des boules de bleu anglais, ou avec celte espèce de bleu que Ton trouve aujourd'hui dans le commerce sous le nom de éieu en U"
Quant aux teintures bleues à l'orseille sur la soie, loin que le savonnage en altère la nuance, il ne £iit que Tavîver et;rembeliir. Dans cette classe on trouve ordinairement les gros bleus dits tieu de roi. Il en est de même du violet donné par la même substance ; mais toutes ces couleurs , si résistantes au savonnage , sont fort sujettes à rougir en séchant. Pour prévenir cet inconvénient, quand on s*est assuré sur un échantillon qu*on a affaire à l'orseille, on ajoute à Teau du savonnage une très-petite quantité de potasse blanche ou perlasse.
En général , l'éclat de toutes les couleurs sur la soie peut se rehausser d'une manière très-avantageuse, au moyen de l'encollage à la colle de poisson , appliqué à l'envers de l'étoffe.
Le nettoyage des rubans ne diffère pas beaucoup , ainsi qu'on peut bien le penser , de celui des autres étoffes de soie. Nous n'aurons donc rien à en dire de particulier , à l'exception de l'encollage et du lustrage, qui exigent quelques manipulations spéciales.
Le lustrage se donne à l'éponge avec une colle de poisson très-légère. On n'attache point les rubans à la rame ou au châssis, comme les autres étoffes, pour les faire sécher. On met une feuille de papier net et bien uni sur une table couverte de drap, comme une table à jouer; puis on place le ruban sur cette feuille de papier , et ensuite une nouvelle 1. \^
4 10 LB8 nGABTS HOBEU^
feuille de papier biano sur le ruban. Après quoi, avec un fer à repasser ordinaire ^ mais plus fortemeDt chauffé que pour le linge ^ on repasse long-temps sor le papier. Pendant Topération du repassage » une seconde personne ( un enfant est trèsrpropre à ce service ) tire à elle le ruban à mesure qu'il se développe 9 et de cette manière il acquiert un très-beau lustre.
DfS ARTS ET METIERS. /ill
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FâC-SIBIILE.
Procédé nouveau pour reproduire Vécriture en
fac-simite.
CouEz un morceau de papier fort au fond d'une assiette en porcelaine ; écrivez sur ce papier avec de l^encre commune , et avant que l'écriture soit sèche f répandez dessus de la poudr^ très-fine de gomme arabique , formant un léger relief. Lorsque Fencre sera sèche , enlevez légèrement la poudre qui n'est pas adhérente, et versez dans Tassiette une composition métallique fusible à la température de l'eau bouillante , et qui est composée de hait parties de bismuth, sept de plomb et trois d'étain; ayez soin que le métal se refroidisse promptement y afin qu'il n'y ait point de cristallisation. On obtiendra ainsi une plaque métallique f qui deviendra l'empreinte ou la contre-partie de l'écriture. En la plongeant dans de l'eau tiède 9 toutes les portipns de gomme qui y adhéraient encore seront enlevées 9 et elle présentera alors des caractères qui , vus à la loupe 9 seront très-beaux et très-lisibles. On pourra avec cette planche , en se servant de noir d'imprimerie 5 obtenir de véritables fae* rimitc de la première écriture.
4lft LU 8ICEIT8 HODEinS
FAIElfCE.
Moyen d'appliquer $ur toute espèce de faUna ordinaire , de$ couleurs gui produisent dei
herborisations.
Lorsque les pièces de terre sortent de la maii de Touvrier qui les a ébauchées et dégrossies» e après qu^ciies ont pris un peu de consistance, oi trempe leur surface extérieure ou intérieure , seloi qu'on veut les peindre en dehors ou en dedans, dans un baquet plein de barbotine blanche ou co lorée , jusqu'à ce que ce bain les mette en état ai moiteur. Ce premier bain produit sur la pièce ui fond de la couleur de la barbotine dans laquelle oi Ta plongée.
Cette préparation faite , si Ton veut produire de herborisations , il sudit ^ pendant que la barbotini est encore fraîche, et au moment où Ton sort U pièce du baquet j de poser légèrement avec un pin ceau une ou plusieurs gouttes d'autres couleurs ; chaque goutte produit un arbre plus ou moins grand j suivant que Touvrier a chargé plus ou moini son pinceau de couleur , ou qu*il agite la main avec laquelle il tient la pièce.
Les herbori.oations peuvent être de toutes couleurs; mais la plus agréable est celle dite bistre ^ qui se compose de la manière suivante :
I lirre de manganèse calcine' ;
6 onces de baltUurc ou paille de fer, ou i livre de mine de fer j 3 onces de silex en poudre.
Le manganèse et la paille ou mine de fer doivent être pîiés séparément dans un mortier; après quoi on calcine le tout ensemble dans un creuset.
Ce mélange ainsi préparé , on pile le tout ensemble 9 et on le broie ensuite dans une tinette d'eau.
Les couleurs bleues, vertes et autres, doivent se composer des diverses matières connues pour les produire , et se broyer, calciner et piler de la môme manière que pour le bistre.
Pour faire ensuite l'application de ces diverses couleurs aux pièces, il faut, au lieu de les délayer avec de Teau , comme cela se pratique pour la peinture ordinaire , se servir d'un mordant quelconque. Les plus avantageux, et qu'on peut employer avec le plus de succès, sont l'urine et TesseDce de tabac.
Si l'on se sert d'essence de tabac , il faut faire infuser deux onces de bon tabac en feuilles, pendant douze heures, dans une bouteille d'eau froide, ou bien simplement faire infuser les deux onces de tabac dans une bouteille d'eau chaude.
Nouvel émail pour la porcelaine et ta faïence
fine.
M. John Rose vient de publier la composition d\in nouvel émail pour la porcelaine et la faïence fine, dont il est l'inventeur. Le feld-spath forme le principal ingrédient de cet émail , qui consiste en un mélange de
»7 parties de feld-spath pulvdristf.
18 — »• de borax.
4 — ^ de sable.
4l4 ^VS 8BCEBT8 KODBBim
I partie de sel de aoude.
I — - de nitre.
I — — d*argile.
On fond ce mékDge en fritte; on afonte 3 partki de borax , et on réduit en poudre fine.
D*aprÔ8 l'essai que la Société d^encouragement de Londres a ordonné de faire de cet émail , il a été trouvé supérieur à tout autre connu jusqu'ici. 11 s'applique aisément et uniformément sans que la porcelaine doive être non-seulement fondue ^ mais même ramollie. Il s'étend très-uniformément sans bulles et sans saillies; il ne couvre ni n'altère les couleurs même les plus délicates, telles » par exemple , que les verts et les rouges de chrome; il s'incorpore parfaitement avec elles, et la porcelaine qui en est recouverte peut passer une seconde fois au fevt, sans que cet émail coure le risque d*éprouver aucune gerçure ni aucune tressaillure.
faïences et poteries.
FABBICÀTION DBS POTERIES OU FAÏENCES QUI IMITENT LE MARBRE^ LE PORPHYRE, LES PETRIFICATIONS, ETC.
lo Terre noire à {'imitation de celle des Anglais.
Cinquante livres de terre verte ou terre glaise qui se trouve dans les carrières à plâtre ; Dix livres de ciment fait avec de la même terre, et bien broyé; Sept livres et demie de cuivre jaune que Ton a fait brûler à la charge un four de faïencier, et parfaitement broyé; Quinze livres de manganèse du Piémont, parfaitement broyé.
DES ARTS BT lUBTIEE^. 4l5
. Tous ces objets mis ensemble se délaient dans Teau, se tamisent au tamis de soie ; on les laisse ensuite reposer, et on décante Teau pour faire sécher le mélange et le corroyer. En cet état , on l'emploie à former des vases et autres objets d'ornement y que l'on fait cuire au four du faïencier , dans des gazettes bien Intées, en observant que cette terre ne demande pas un grand feu.
Autre composition de terre noire.
Deux ceots livres de la même terre verte ; Trente-trois livres de manganèse ; Trente- trois livres de fer brûltf ; Trente-trois livres de cuivre brûle.
Toutes ces matières doivent être préparées comme il a été dit ci-dessus. Cette composition ne diffère de la précédente que parce qu'il faut plus dé feu pour la cuisson.
ao Terre dite bambou , à limitation de cette des
Anglais.
Cette terre , avant M. Ollivier, n'avait été fabriquée qu'en Angleterre, ainsi que la précédente; ce fabricant a trouvé le moyen d'y appliquer des camées , comme on le verra plus bas.
Cent livres de terre verte, comme la précédente; Cinquante livres de sable de Nevers broyé.
Le tout mêlé, délayé dans Teau et passé au tamis de soie; on fait sécher pour s'en servir. Les camées
4i6 LS8 SECRETS MODERVES
qu'on applique dessus sont de la même terres à laquelle on ajoute un sixième ou un septième de son poids de sanguine ou bol d'Arménie; le tout bien mêlé ensemble, on en forme, dans des moules de plâtre 9 des sujets qu'on applique sur la pièce. En variant la quantité de la substance rouge qui entre dans la composition de cette terre, ou obtient des nuances différentes.
Cette terre doit être cuite dans des gazettes lulées, comme pour la terre noire. Les couleurs qu'on emploie sur les vases sont les mêmes que celles dont on se sert sur la porcelarne y et se cuisent dan» un four de réverbère.
5° Des camées en par ceîaine de différentes cauteuri-
Première opération. —Vingt-cinq livres de sable blanc «("Étampes
Seize livres de belle potasse blanche ; Huit livres de soude.
Les matières pîlées, tamisées et bien mêlées ensemble, doivent être déposées dans un bassin revêtu de sable bien battu , formé sur Pâtre d'un four à faïence, et de la grandeur convenable pour que lesdites matières forment une épaisseur de dix pouces. Celle composition se nomme fritte. Après l'avoir retirée du four, il faut la nettoyer, la piler et la broyer dans un movdiu à faïence avec des meules de grès.
Pâtes à camées. Sur deux parties de celte fritte bien broyée ^ une partie de pâte à porcelaine lavée. Le lavage de cette terre se fait de la manière suivante : On délaie parfaitement la terre à porcelaine
DBS ABT8 BT néTlBtS. 4^7
dans un vase rempli d'eau, qu*on décante dans un autre vase 9 avant que la terre soit complètement déposée. On la laisse déposer dans ce second vase ; la terre qui se précipite au fond se nomme terre tavée.
Bieu à employer sur tes camées*
Cinq onces de pâte à camées ; Deux gros et demi de terre lavëe ; Cinq gros et demi de bieu de cobalt.
Le bleu se fait de la manière suivante : On prend une livre de cobalt de Suède ou des Pyrénées , et après ravoir pilé et tamisé, on le met dans un creuset que l'on expose ensuite au grand feu d*un four de faïencier , pour en faire évaporer l'arsenic , en ayant soin de l'enfoncer dans du sable jusqu'à moitié de sa hauteur. On trouve au fond du creuset un culot de métal qu'on nomme, dans les ateliers, régule de cobalt.
Sur deux parties de régule de cobalt pilé et tamisé, on ajoute une partie de fritte ; on place ce mélange dans un creuset qu*on remet au four, et on obtient un beau bleu , qu'on nomme bleu royal.
Manière de faire les camées. Remplissez le plus eiaotement possible, avec de la pâte blanche à camée, un moule en cuivre en forme de bague ; ajoutez dessus et dessous du papier blanc et des rondelles de chapeau ; pressez ces objets, et après les avoir retirés de la presse, enlevez les rondelles et le papier, puis appliquez avec un pinceau une couche de bleu de répaisseur d'une pièce de deux sous; ajoutez de nouveau le papier et le chapeau; mettez sous presse 9 €t
aprii atûlr miré le eaïuée dok pmw^ eoatervai4a «o frtit eatre deiut lingét huddki.
Le oanée s^applique de la numltoe mlf aate :
Aprèa vous éitt piticiifé 0b coirre mv leqiid on aafa gravé en forme de cachet le Mi|et qne voua déaires , ▼ona le firotleres avec de llialle donee ed d^ featenee de térébenthine 9 et vous en rempUres lea créas aveo de la pâte & camée; ennilte yÔob le porteres anr la pâte endnite de bleu cl-de•a^jl déciile; vooa repaaierei la tout à la prcMC : te camée ae trouvera douille du cuivre 9 fini et prêt à cohe.
On cuit Ici caméea au même feo fne la faïence.
4* De (a terH à foêUê.
Sur vingt-quatre mottea de terre, peiant obacune
cinquante livres, qae vous faites délayer dans Teau, ajoutez douze boisseaux de ciment de la même terre » et six boisseaux de sable de Belleviiley le tout bien mêlé ensemble.
Cette ferre, ainsi composée, sert à faire le corps des poêles.
Observation. Comme cette terre ne pourrait pas bien se polir , on a soin de faire une autre compo* sition de terre , nommée terre douée , composée de la manière suivante : Sur vingt-quatre mottes de la même terre , on met dix-huit boisseaux de sable fin « cette terre bien pétrie, on la met en œuvre; on la recouvre ensuite d*un émail de la composition de M. OUivier, lequel émail a la propriété de recevoir les plus belles couleurs; ce qui rend la faïence des poêles semblable à la plus belle porcelaine.
DBS iATS BT WÉTIBfl^. , • 4^9
Composition de VémaU de M* Ottivier,
Prenez six oeats livres de plomb et cent huit livres d'étain d'Angleterre ^ le tout calciné dans une four-, nette de faïencier.
Prenez ensuite six cents livres de cette catcincM autant de sable de Ifevers, quatre-vingts livres desa« licot provenant des écumes des verreries; mêlez lé tout, et faites vitrifier dans le four à cuire les poêles; et j après la cuisson y pilez et tamisez y et broyez ensuite dans un moulin de faïencier. Sur cent livres de cette matière 9 ajoutez six livres de mine de plomb d'Angleterre ( minium ) ; vous pourrez ensuite remployer selon les procédés connus.
Au moyen de cette composition d'émail, on peut donner aux poêles toutes les couleurs qu'on donne à la porcelaine.
5<> Bette terre itanche, semtiatie à cette d'An^
gteterro.
Cent quatre boisseaux de terre de Montereau, et cinquante livres de terre de Breleuil ( Oise). On fait biscuire la terre de Breteuil ; on la broie ensuite au moulin. Cette terre , mélangée avec les cent quatre boisseaux de terre de Montereau ^ dont nous avons parlé, fait une superbe terre blanche qui égale en beauté celle d'Angleterre.
Aiitre terre h tanche. Douze cents livres de terre de Montereau ou des colonnes de Moret , parfaitement nettoyée des oorps étrangers ;
4aO LES 8ECEET8 MODEBinSS
Six cents livres de pierres à fosil passées dans le four y ensuite broyées. Ces deaz substances, mélangées et passées au tamis de soie » forment une superbe terre blanche.
Couverte pour la terre Manche.
Deux cent vingt-cinq livres de plomb calciné, ayec doae lirret d*éUiade Malaca ; Cent soixante lirres de sable de Nevers ; Soixante-quatre livres de cendres gravelëes ; Vingt-quatre livres de bonne soude; Yingt-buit livres de sel marin; Sept onces d'asur.
Toutes ces substances étant bien mélangées, on les mettra au four dans un bassin , en forme de pain de sucre, enduit de sable humide , bien battu , où elles éprouveront la fusion vitreuse , et formeront un beau cristal 9 qu'on retirera du four »pour le nettoyer, le piler, le tamiser et le broyer au moulin, avant de 8*en servir.
La terre blanche se cuit dans des étuis , caisses ou gazettes; Tenfouruage s'en fait avec du sable blanc ou du grès pilé, afin que la terre façonnée ne puisse pas se gauchir au four. Le degré de feu pour la première cuite, qui s*appelle biscuit, est d*un sixième de moins que pour cuire la porcelaine. Ce biscuit, sorti du four , doit être très-dur et très-blanc. On le peint, si Ton veut ; ensuite on met la couverte > et on le fait recuire une seconde fois à un feu très-doux , désigné par ftu de réverbère*
DES AETS ET nilIEES. 4^1
60 Couverlô imitant te bronze antique.
Ceat cinquante livres de sable de mortier , près de ICevers; Cent soixante-dix livres de miniom ; Trente livres de mai^anèse.
Le tout vitrifié au four du faïencier , nettoyé i pilé et tamisé; on l'engrène au moulin, en ajoutant, au moment de l'engrenage, un seizième de cuivre jaune calciné et brûlé à lai charge du four.
Cette couverte s^applique sur une terre composée de six mesures de terre verte, de trois mesures de terre d*Ârcueil, nommée hiiie dans le commerce, et de quatre mesures et demie de terre franche, délayées ensemble, ensuite séchées et préparées selon Fart. La couleur de la couverte, après la cuisson , imite parfaitement le bronze.
7** Carreaux propres à servir de iamiris dans ies appartemens, ies cuisines, ies saiies de hains et de garde^robes, à former des rosaces pour piafonds, etc.
Les carreaux émaillés dont les Hollandais se servent pour décorer Tintérieur de leurs maisons « et qui unissent la propreté à la salubrité , forment une branche de commerce fort étendue. Les fabricans français ne les ont encore imités qu'imparfaitement. M. Ollivier est parvenu à en fabriquer de très-beaux et parfaitement droits , dans les dimensions de 94 ^ 26 pouces carrés. Les carreaux de fabrique hollandaise n'excèdent pas 6 pouces.
4a3 IBS SECftETS H0DBKNS8
Composition. Douze cents livres de terre verte dé^ layée dans Teau et tamisée;
Neuf cents livres de ciment de la même terre , pilé et tamisé en fin ; le tout bien corroyé , on en remplit des moules de la grandeur et de la forme des carreaux ou autres objets qu'on veut fabriquer.
On se sert pour les carreaux dés inêmes couleurs que pour les poêles, à Texception d'un blanc qui sert de base au revêtissement, et que l'on coinpose de la manière suivante :
Calcine» Cent soixante- quinze livres de plomb, vingt livres d'^tain d'Angleterre, douze livres et demie d'étain de Malaca , le tout calciné.
Composition de i^émaii.
Deux cents livres de sable de mortier , près de Nevers } Deux cent vingt livres de la calcine ci-dessus ; Quarante-cinq livres d'écume de verre ; Douze livres de minium; Six livres de potasse blanche.
Mêlez le tout et faites vitrifier au four de Caîenciêr ; ensuite pilez et broyez dans un moulin dont les meules soient de grès ; sortez la matière du moulin , passez-la au tamis de soie , et travaillez-la suivant les procédés connus. On peut employer les mêmes couleurs que pour les poêles.
M. Ollîvier fait servir celle même terre à l'établissement des chambranles de cheminées et d'autres ornemens.
DES ARTS ET HiTIEHS. 4^3
8* Terre rouge étrusque, à toutes nuances, imitant parfaitement {'antique étrusque, tant par ta peinture que par la forme.
La composition consiste à employer toute terre ferrugineuse et vitriolique susceptible de prendre, par la cuisson ^ une couleur rouge. La perfection de cette composition consiste à bien larer et décanter, pour séparer de la terre, le sable qui , par sa nature, diminue plus ou moins la couleur que Ton veut avoir* Pour cet effet, il faut prendre cent livres de terre légère et sablonneuse, susceptible de se colorer en rouge par le feu , que vous ferez dissoudre dans un vase plein d'eau, et, après qu'elle aura été bien délayée, vous la passerez au tamis de soie double : la terre , ainsi séparée du sable, prendra une teinte plus ou moins rouge par la cuisson , suivant qu'elle contiendra encore plus ou moins de sable.
La terre grasse non sablonneuse, susceptible de se colorer en rouge par le feu, se prépare de la manière suivante : Prenez cent livres de terre , délayez-la dans un vase plein d'eau, passez-la uu tamis de soie, et aussitôt que le dépôt aura la fermeté exigée pour la faïence , vous remploierez de la même manière , avec cette différence que lors du tournayage , il faut lui donner un très-beau poli.
Les pièces étant fabriquées, on les fait cuire dans des fours , fourneaux et mouffles de faïencier ou de poroelainier. Les couleurs sont tirées des minéraux, comme pour la porcelaine, et on les applique sur cette terre à l'état de biscuit, avec plus ou moins
4^4 KVS 8SGEBT8 HODBlItS
d*art f selon le talent des artistes employés à ce geore de travail.
Il est bon d'observer à cet égard que, si cette tene était trop grasse « les pièces seraient sujettes à n fendre pendant la fabrication , et à se gauchir à U cuisson. Pour éviter ces défauts, on prendra de cette même terre que Ton fera dégourdir au feu , et après ravoir pilée et broyée , on en ajoutera à celle que Ton veut employer^ dans les proportions d*un tiers on d*un quart plus ou moins, suivant que la nature de la terre l'exigera.
9* De ia terre imitant ie [marbre par le simplt mélange de différentes terres.
Une partie de terre verte, mélangée aveo une demi* partie de sable, forme un composé qui prend la couleur de chair par la cuisson.
Si Ton ajoute à cette composition un huitième de bol d*Âraiéuie, ou de la terre ferrugineuse qui se trouve dans les glaisières d'Arcueil, le composé sera d*un gros rouge-brun.
Si à celte même composition on ajoute an quatorzième de cuivre jaune brûlé et calciné, la couleur sera vert tendre.
La même terre , mêlée avec un seizième de cuivre calciné et un trente-deuxième de fer brûlé, devient noire.
Une livre de terre de Montereau , mêlée à une demi-livre, soit de bistre calciné, soit de terre de Breteuîl biscuite , soit de terre de Cologne , soit de craie» soit de blanc d'Espagne, etc., produit à la culte un corps blanc.
DES Â&TS BT MBTIE18. 4'^^^
La manièro de faire la terre marbrée ^ .sans le secours des peintures » consiste uniquement dans le choix de la matière première que Ton mêle, en plus ou moins grande quantité, à l'une des terres cidessus, et que l'on corroie avec art, et en y apportant les soins nécessaires pour produire des effets naturels et agréables.
La couverte de la terre dite anglaise , décrite sous le n* 5, s'applique sur les pièces marbrées sortant du four.
L*auteur applique , tant sur cette terre marbrée que sur celle des poêles et carreaux, des bas*reliefs en biscuit de porcelaine. Un bas-relief monté en pâte de porcelaine dure, cuit au four à porcelaine, rapporté sur la pièce de terre marbrée , se marie avec elle et fait camée par l'opposition de la couleur.
M. Lambert, fabricant à Sèvres , a fait un travail complet sur la fabrication des terres noires ; il est le premier qui ait introduit, dans le travail des terres, le tour à guillocher et les mollettes , à l'aide desquels on imprime sur la terre à demi-sèche des ornemens d'un fini admirable. Il a beaucoup contribué à répandre l'usage de cette machine. Il a aussi essayé de dorer la terre noire au four. Enfin, il emploie des moules en soufre qui sont beaucoup plus nets que ceux en plâtre.
M. Oppenheim, dans son ouvrage intitulé : i'Art dû fabriquer la poterie, façon angiaise, fait observer, r qu'aucun oxide métallique ne donne seul un beau noir ; a* que cependant le manganèse en approche le plus ; ^ qu'on obtient cette couleur par la réunion des oxides de cuivre , de manganèse et un
4a6 us SKGUT8 MOftBllfCS
peu de cobalt. Il afoate qu*on obtient le gris en Bopprimant le cuivre et en augmentant la dose de fondant. L*attteiir composé le noir de la manière suivante :
XftnganèM 4 ptrtiet*
BatUtures de fer i
Oxidc gris de cuivre, ou calamine. . i
Kinium 6
Il ajoute qu*il faut broyer parfaitement toutes les substances ensemble, et s*en servir sans fusion préliminaire.
fil. Brongniart, directeur de la manufacture de porcelaine de Sèvres, a présenté à Texposition de iSaa^ comme résultat de ses premiers essais, tin grand vase en terre noire.
La terre noire de Sèvres est composée :
(A) D^argile d'Arcneil et de fer oxidulë , ou batiitures de fer scorifiées ea-
semble ;
(B) DVgile de Montereau, ou autre analogue ;
(C) D^oxide de manganèse et de fer oxidé rouge.
On forme avec la composition (B) une pâte que Ton broie sous des meules , et dans laquelle on introduit une partie de la composition (A), également broyée sous des meules.
Cette terre forme une pâte que Ton nomme , en fermes d*art, tangue, c*est-à-dire qui se travaille fa-
sment sur le tour et dans les moules.
£lle se cuit difficilement ; il faut être très-attentif
faire régler le feu et à s'arrêter à propos. Si la terre i'est pas assez cuite > elle n'est pas d'un beau noir;
DES ABTS BT METIERS. 4^7
si elle Test trop, elle 6e déforme et se glace à la surface.
La terre noire de Sèvres ^ quand elle est cuite à point 9 est aussi noire à sa surface et à Tintérieur que la plus belle terre d'Angleterre; elle est dure comme du grès et fait feu au briquet. Sa composition prouve qu'elle ne peut jamais devenir chère.