‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 56 sur 59 · FILTRE-PRESSE · texte numérisé non relu

FILTRE-PRESSE

Le filtre-presse, inventé par feu M. Real, consiste en un cylindre métallique monté à vis sur une base de même matière, qui sert de réservoir ou récipient, et porte un petit robinet d'écoulement. Le cylindre est séparé de la base par un diaphragme percé de petits trous, et qui, se vissant sur cette base, reçoit

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aussi à vis le cylindre dont il est surmonté. A la partie supérieare est adapté un chapiteau creux, dont le fond est criblé de petits trous > et qui re^it une douille sur laquelle on soude un tuyau de plomb comniuniquant à un réservoir plus ou moins élevé au-dessus de Tappareil ; Fintérieur du cylindre est divisé en plusieurs compartimens par des diaphragmes mobiles 9 lorsque la nature de la matière oa la force de la pression établie Texige. Toutes les séparations à vis sont garnies de rondelles de cuir gras, afin que les liquides ne puissent pas passer par les joints.

Lorsqu'on veut faire usage de cet appareil, on détrempe , avec le dissolvant convenable , la substance sur laquelle il s^agit d'opérer y et qui doit être préalablement réduite en poudre très-fine , et de manière à en former une espèce de pâte; on triture ce mélange , et on le laisse assez de temps pour que la dissolution soit complète; on le chauffe même« si Ton juge que cela soit nécessaire ; ensuite en le place dans le cylindre, et on foule de manière à serrer autant que possible le mélange ; on place le chapiteau sur le cylindre , et Ton établit la communication de l'appareil avec le réservoir supérieur.

Cette communication étant établie , l'eau vient presser sur le mélange contenu dans le cylindre, avec une force due à la hauteur de son niveau audessus de l'appareil, et chasse devant elle le dissolvant chargé de la substance qu'on voulait dissoudre. Ce liquide, remplissant les intervalles des molécules solides de la substance, est ainsi remplacé par l'eau, ftt, passant à la partie inférieure du cylindre, traverse

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le diaphragme inférieur ^ et tombe dans le récipient. Cet appareil oflfre donc une application toute nouvelle de la pression hydraulique, et présente un principe auquel on n'avait pas encore songé, qui consiste à substituer un liquide à un autre liquide disséminé entre les molécules ou parties très-ténues d'an corps pulvérisé, et qui, par Finfusion ou la macération , s*cst chargé des parties résineuses ^ gommeuses, ou colorantes d*un corps solide. L'effet produit dans cet appareil participe également de la pression hydraulique et de la filtration.

On pourrait peut-être craindre que le contact im-médiat de Teau avec la substance liquide dissolvante n'pccasionàt un mélange nuisible au résultat de l'opération; mais cette crainte s'évanouira bientôt, lorsqu'oo aura examiné la manière entièrement mécanique dont l'eau agit dans cette circonstance. Tout le monde sait que, dans un tube capillaire, on peut faire succéder plusieurs substances liquides différentes ^ sans qu'il y ait mélange de ces substances, parce que la surface de contact est très-petite, et que l'agitation nécessaire pour opérer ce mélange est impossible. Or, on peut considérer les intervalles entre les molécules solides du corps pulvérisé, comme des espaces capillaires dans lesquels le mélange ne peut s^opérer» mais qui sont susceptibles de recevoir un liquide tel que l'eau , et lui permettent de se substituer à un autre , de quelque nature qu'il soit.

Tous les liquides peuvent être employés comme dissolvans, et l'eau servira de liquide agissant : ainsi, on peut mettre en usage Teau^ l'alcool, les acides,

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eto. f et n'employer pour chasser œs substances (jae de Teau seule.

Une multitude d'expérieoces ont élé faites, tontes favorables à cette invention. Celle que nous allons rapporter, et qui est très- singulière, prouvera Timpossibililé du mélange des substances liquides destinées il la dissolution , avec le liquide de la colonne agissante.

M. Real ayant extrait, au moyen de Talcool* la résine contenue dans la poudre d*nu bois résineux , voulut soumettre de nouveau le marc de la première opération à Tactîon du filtre-presse : il humecta cette poudre avec de Talcool le plus rectifié qu^il eût alors à sa disposition; mais, n*co ayant pas une quantité suffisante de cette espèce, il détrempa le reste avec de Talcool à un degré un peu moins élevé; il plaça d*abord dans le fond de Tappareil la première portion y et versa Tautre par-dessus. La pression ayant été établie 9 il reçut dans le récipient ralcool du plus haut degré, sans aucune altération de densité ni de transparence; et, lorsque celte première partie se fut écoulée tout entière, il vit arriver immédiatement l'ulcool de la seconde partie , aussi transparent que le premier, et conservant la même pesanteur spécirique ; enfin succéda Teau de pression, sans aucun indice de combinaison avec Falcool.

FONTAINE DEPURATOIRE.

En 1800, MM. James Smith, Cachet, et Denys

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Hontforty prirent uq brevet d*invenlion pour la confllrnction de fon laines dépuratoires.

Ces appareils peuvent être en bois, en pierre ou CD terre cuile ; leur forme extérieure est cylindrique ou conique , à base quadrangulaire ou circulaire , à Tolonlé : on peut se servir tout siniplement d'une futaille. 11 suffit d*élever Tappareil^ quel qu'il soit^ sut un trépied en bois d'environ un pied de hauteur^ afin de pouvoir tirer l'eau avec facilité.

A quatre ou cinq pouces du fond, est une première séparation eu métal ou en grès, percée d'une multî^ tade de petits trous , comme une écu moire : elle est exactement lutée contre les parois intérieures de la fontaine. On place un robinet au fond du vase, pour pouvoir retirer toute leau contenue dans l'espace ménagé an-dessous de cette séparation. Un petit tuyau de cinq à six lignes de diamètre descend du haut le long des encoignures intérieures de la fontaine* et vient aboutir dans cet intervalle. C'est par-là que s'écbappe ou arrive l'air, lorsqu'on remplit ou qu*on vide celte capacité.

On met d'abord sur cette première séparation un tissu de laine, et par-dessus une couche de grès pilé d'environ deux pouces d^é^iaisseur. On forme aussi nne autre couche d*iiii pied d*épaisseur plus ou moins, selon la profondeur de la fontaine, aveo un mélange de poudre grossière de charbon de bois et de grès pilé très-Pin et bien lavé. A défaut de grè8> on peut employer du sable fin de rivière. On a soin de comprimer fortement celle couche, afm que l'eau qui doit la traverser reste long-temps en contact avec le charbon. Par-dessus cell% couche, ou etk \&ft\.\»w^

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troisième de sable ou de grès pilé i à peu près de deux pouces dMpaisseur, et Ton recouvre le tout d'un pla* teau, ayaut la forme exacte de la footaiuey parfaitement luté dans son contour. Ce plateau , en grès ou en pierre 9 est percé vers son milieu de trois ou quatre Irons d*uu pouce.

On place sur chacun de ces Irons des champignons en grès, dont la tige creuse est percée de petits trous; la tête de chaque champignon est eoTcloppée d*uno éponge. L*eau , en traversant les éponges , se débarrasse déjà des substances qui n*y sont que suspendues. On a soin de laver ces éponges do temps en temps.

Un petit tuyau en plomb 9 semblable à celui dont nous avons parlé plus haut» va de ce plateau à la partie supérieure de la fontaine. 8a fonction est de donner issue à Pair contenu dans les couches de ma* tières filtrantes 9 à mesure que Teau les pénètre.

Ces diHposîtîoDS peuvent être modifiées de différentes manières, pour les approprier à divers usages. Tantôt, par des cloisons intérieures, Teau est forcée, lorsqu'elle est descendue en se ûltraut, de remonter à travers de nouveaux filtres ; tantôt elle descend directement jusqu'au fond de la fontaine; et puis, forcée de remonter au travers des filtres, elle s'échappe par un robinet placé vers le milieu de cette même fontaine.

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