‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 6 sur 59 · LES SEGAET8 M0DEA1IE · texte numérisé non relu

LES SEGAET8 M0DEA1IE

aa*moins à Teau la plus pure qu'il pourira se proou-* rer dans la localité où II sera établi; il aura même* à examiner y dans le cas où il ne pourrait se procurer que de Peau de puits chargée d*hydrochiorates , s'il* n« conviendrait pas à ses intérêts de purifier cette eau au moyen du sulfate d'argent , avant de s'en servir pour opérer la dissolution des sulfates de cuivre et d'argent , et le lavage de l'or en poudre provenant du départ..

De Vhydrate de chaux emptoyé pour absorber

V acide sulfureux.

Pour préparer l'hydrate de chaux, il fiEiut prendre de la chaux vive, l'éteindre avec soin , et la tamiser en se servant d'un tamis On.

On doit employer de préférence la chaux grasse > qui foisonne beaucoup en s'éteigoant, et il faut avoir soin qu'elle contienne , étant éteinte, toute l'eau qu'elle peut retenir, quoique passant facilement au tamis. On arrive aisément à ce résultat eu éteignant h chaux comme il suit : on la met dans un panier à claire*voie que Ton plonge dans l'eau , et qu'on y laisse tant que l'on voit des bulles d'air sortir des morceaux de chaux ; on retire le panier de l'eau , n met la chaux en tas sur un sol dallé , on l'asperge avec un peu d'eau pendant son extinction, on la re* couvre ensuite avec des toiles, et on la laisse dans cet état pendant quelques heures ; elle est alors réd uite en poudre très-fine, prête à être tamisée j et dans l'état convenable pour rabsorpiion des gaz et des vapeurs acides. On ne doit préparer l'hydrate de

DES 1RT8 ET MÉTlEtS. $g

chaux qu'au fur et à mesure du besoin ; dans le cas contraire, il laudrati renfernaer avec soin dans deboa» tonneaux^

Du cotnbustiMô employé par faffineur.

Le combustible qui convient le mieux pour chauf" fer les chaudières de platine j est le coke ^ ou charbon de terre épuré. Il faut avoir soin de choisir du coke préparé avec de la houille ne donnant pas d'acide sulfureux, et laissant témoins possible de cendre ou de résidu terreux, lora de sa* combustion. Ee coke peut encore être employé de préférence au èhar« bon de bois, pour le service des fourneaux de fusion. Quant aux chaudières d'évaporation , elles doivent être chauffées avec le combustible qui, toutes choses comptées, revient à meilleur marché dans le pay^. Nous terminerons cet article en faisant observer que le coke provenant des usines d'éclairage , étant le pro^duit de charbon de terre de première qualité, con^viendrait parfaitement aux travaux de l'affînage, si l'expérience n'avait pas prouvé que ce coke brûle plus difficilement que cehii qui est préparé par l'ancien procédé ; il faut, pour l'employer avec avantage , pouvoir établir à volonté un courant d'air très-rapide dans le foyer du fourneau. Il est facile d'arriver à: ce but.

Des chaudtères de platine, et de leur conservation.

Une chaudière <Ic 4^ litres de capacité , pesant 8 kilogrammes et demi, et qui est revenue à environ

40 LES 8ECEBTS MOOE&KBS

8,5oo francs, a parfaitemcat convenu. Elle a été ejDH tourée d'une ferrure qui sert à la transporter faoilomenty et à la garantir des chocs auxquels ces chau« dières sont continuellement exposées. On sait que le platine se prépare mieux à Paris que partout ailleurs ; c*est donc dans cette ville qu*il convient de comman^ der les chaudières en platine dont on peut avoir besoin (i).

L'or fin, au moment où il est séparé do Talliage parle moyen de Facide sulfurique, étant en poudre trës*fiue , et se trouvant alors en contact avec le pla« tine , sous Tnifluence de Tacide bouillant qui décape les deux métaux et en élève considérablement la température I se soude facilement au platine, et épaissit de plus en plus le fond de la chaudière. La conservation de cet ustensile t et l'avantage qu^il y a à économiser le combustible, et à ne pas laisser de valeurs improductives, obtigeut à détacher souvent cet or, ce qu'on parvient à faire en passant à plusieurs reprises dans la chaudière de Teau régale affaiblie, pouvant dissoudre l'or sans attaquer le platine. Cette opération étant très-délicate , Taffîneur doit en bien étudier toutes les circonstances avant de la pratiquer en grand. Il conviendrait peut-être ici de substituer l'action du mercure ou des hydro-sulfates alcalins à celle de Teau régale ; mais nons avons fait trop peu d'expériences à ce sujet, pour conseiller autre chose que d'essayer en petit l'application de ces deux dissolvans.

(i) M. Brëant et MM. Cuoq et Couturier peuvent fournir ces vases. M. Brëant a ses ateliers rue Montmartre , no 64 ; et le dépôt de MM. Cuoq <l Cotttttri«r est ra« de Sully, ao ter.

BSS àWB ET MBTIEMr. 4^

On sait que c'est priacîpalement à l'emploi des vases de piatîoe dans les travaux de raf&aage, que Ton doit les grands déveleppemens que les procédés de cet art ont pris en France. Malheureusement la rareté et la cherté du platine eo limî« tent encore beaucoup trop Tusage. Nous avonr appris^ à ce sujet, que cet icconvéamni se faisaot sen^ tir ea Allemagne , on j a remf»lacé le platine par itn allisige composé d'une partie d'or et de trois parties d'argent. I^ous ignorons si les vases fabriqués avec cet alliage Mit bien résisté à Fàctioti de l'acide con-* centré ei bouillant; nous avons quelques raisons d'en douter 9 et i:ious pensons qu'il serait mieux de fabriquer ces chaudières avec un alliage contenant une plus grande pr^ortion d'or , si surtout l'or en poudre ne s'attachait pas plus facilement à ces alliages d'or et d'argent qu'on ne ^'éf^rouve en se servant des vasesde platine. On vo^'f 9 au reste, que ce Eufet de recher^ ches est fort important; on ne saurait donc tropin-<' viter les affîneurs à s'en pccuperT Nofi9 terminerons ce que nous avions à dire relativement aux chaudières de platine > en reconu^andant bien de ne pas naettre ees vases en contact avec du plomb ou de l'é-' tain , surtout quaad ils contiennent de l'acide sulfnri«que bouîUant ; car ces métatix s'allient facilement au platine torsqu*il est élevé à cette haute température , et pourraient ainsi occasicmer la destruction de lachaudière, comme nous l'avons nous-mêmes éprouvé^ il y a peu d'années.

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Du sulfate de cuivre fabriqué dans les ateliers

d'affinage.

Les affioeurs ayant employé jasqu*îci le cuivre pour décomposer le sulfate d'argent provenant de leurs opérations, ont obtenu et mis dans le commerce des quantités si considérables de sulfate de cuivre > que ce sel y a beaucoup baissé de valeur , et qu'il est telle localité ou il ne se vend actuellement que ce que vaut le cuivre qu'il contient. Ayant eu à essayer souvent des sulfates de cuivre provenant des affinages» j*y ai trouvé du fer^ quelquefois de Tétain , plus souvent du sulfate de chaux , et presque toujours un assez grand excès diacide : ces substances étrangères nuisent dans presque tous les procédés où le sulfate de cuivre est employé ; il est donc important pour les affîneurs de ne livrer ce sel au commerce qu'après l'avoir amené au- degré de pureté nécessaire. On arrivera facilement à ce but en dissolvant les cristaux de sulfate de cuivre impur dans Teau , en traitant à chaud la dissolution , soit par des battitures de cuivre rouge , soit avec le carbonate de cuivre naturel 9 que Ton trouve à Chezy, près de Lyon; ou mieux encore , en la purifiant par le procédé de M.. Gay-Lussacy qui se trouve décrit tome 49 » P^g^ a5 des Annales de Chimie»

Des déchets ou résidus des ateliers d* affinage.

Ces résidus, connus dans le commerce des ma-

DES ARTS ET KéTIEftS. 4^

tières d*or et d'argent , soas le nom de cendres > se composent principalement de la terre des creusets , qui, après avoir servi » sont piles, pour en extraire le p]^ de grenaille possible par le mojea du tamisage et du lavage; on y joint les balayures de Tatelier^ les cendre» des fourneaux de fusvon, la suie de ces fourneaux,' et, ea un mot, tous les autres résidus et débris du travail, qui contiennent touiours quelques parcelles d'or et d*argent. Les cendre», après avoir été tamisées et lavées avec soin, sont, dans Tétat actuel des choses, traitées à plusieurs reprises par le moyen du mercure, pour en extraire ce qui a échappé au iavage, et ces cendres sont, en définitivOr fondues» soit au fourneau à manche, soit au four* neau à réverbère, aveo le flux convenable, pour 00séparer la portion des métaux précieux qui, s'y troo-^ vant à rétat d'oxide , ou même vitrifiés , échappent ainsi aux différons modes de traitement dont nous avons parlé, et que l'on fait subir aux cendres avant d'en veniir à llss fondre. Je pense que l'on^ peut amé-liorer notablement ce travail : en effet, puisqu'on est définitivement obligé d'opérer. la fusion des cendres pour en séparer la portion d'or et d'argent qui s'y trouve ou oxidée ou vitrifiée, pourquoi ne pas fondre ces cendres immédiatement après leur lavage, e% sans les traiter par le mercure? On aurait ainsi, en une seule opération , tous les métaux précieux qu'on n'en retire qu'au moyen de deux ou trois amalga* mations et de la fonte ; il est probable qu*il y ac «ne grande économie à suivre ce procédé d*expl)i tàoo. Si Ton n'a pas pris, jusqu'à présent, ce pi

44 X*» lECREfS MODEHHIS

il faut land doute Tattribuer an grand bénéftcd qtieiâi traitement descendre» a donné pendant long^tevi^, à la difficulté de les faire essayer pour en savoir ctt^ suite la valeur , au haut prix de* substance» que Ton^ pouvait employer eonune fondana, à la perte q«*en-* traînent nécessairement des opérations nouv^Ueti faîtes sur des matières représentant souvent , en or et en argent, une valeur considérable; au manque de confiance 9 et enfin au défaut de rindustrie qu'il fal« lait développer pour organiser ces nouveaux prooé* dés. Plusieurs de ces difficultés n- existent plus, et tout fait espérer qu'avant peu les résidus des ateliers d*&ffinage seront , ainsi que les cendres des directeurs des monnaies, des orfèvres, des bijoutiers, etc., traités par des procédés plus prompts et plus économiques que ceux dont on fait encore usage en ce moment. J*ai étudié ce sujet il y a quelques années : Tapplication du sel de soudj, du çr.Ifat^ de aoude, de roxfie de fer, comme fondans, a été tentée, a donné en petit de bons résultats, et n'a échoué en grand que per des causes étrangères à la partie chi« mîque de Topération. Mais fe n'insisterai point sur ces idées; je sais que des hommes bien capables reprennent ce travail, et sont au moment d'appliquer en grand les procédés dont il s'agit, le prends sevtlement ici date , en faveur de Tindustrie française 5 d'un perfectionnement remarquable qui , en amélio* rant une partie importante de l^art de l'affîneur,.' contribuera sans doute à rendre plus lucratifs les tra*> vaux dans lesquels on emploie l'or et l'argent, ou bien à diminuer la valeur des produits auxquels ces tra-

«E& ÂMiu n wiimts.' ifi

:Vaiix donnent ttaissance. Nous terminerons ce méatioire en rappelant que les nouveaux procédés dont U a*a|$it 9 ODit déjà fàii rentrer dans la cireulation une musse 4'or considérable qui était perdue pour eile; qtt*U0 ont procuré de taès^gvands bénéfices au commerce des matières d*or et d'argent ^ et qu'ils présagent une preore bien remarquable de la graode influence qne> les connaissanees chimiques peuvent an»tr sur la ot éalion des nouvelles branches d^odustrie f et sur le perfectionnement des procédés qui y sont etaç^oyé^ "

iILLIAGES.

Le langage des arts est oonlorme à celui de la ch(nue 9 pour ia dénomination des composés dont il est ici question. La combinaison dé deux ou d*un plus ^and nooftbre de loétaux est un oiHage, eatcepté celui où domine le mercure 9 qui lui communique aloraen partâe sa fliildité, et qui porte- le nom d'a«

Le nombse ^es ailiag« usités dans les arts est déjà bien graiiid» el Ton est loin cependant d'avoir épuisé, «n toutes propoirlions, tont oe qui pourrait élre tenté à cet égard.

Un Métal n'est pan toujours susceptible de s'alh> indifféremment avec ekaenn des autres métaun; .est même des métaux qui ne peuvent contracter e tjre eux aucune espèce d'union discernable, du moix

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dans les circonstances où ces sortes de combinaisons s'opèrent ordinairement. Il est au contraire tels autres métaux qui s'unissent entre eux avec la plus merveil* leuse facilité, presqu'en toutes proportions^ et comme s'ils étaient doués d'une sorte d'avidité l'un pour Tautre.

Les alliages, en général, ont des propriétés qui sembleraient n'être pas dérivées de celles de leurs composans : ce qui indique que cette union ne constitue pas un simple mélange.

Les alliages , comparés aux, métaux qu'ils contien* nent , offrent en général les caractères suivans : io communément, la ductilité est moindre que celle des constituans en somme , et l'on a plusieurs exemples de métaux très-doux qui , par leur réunion , forment un alliage excessivement aigre. Pour ce qui est de la dureté , le phénomène est ordinairement in- ^verse : elle est en général plus considérable , hormis les amalgames mercuriels.

Il arrive aussi très-rarement que la pesanteur spé* oiQque d'un alliage soit la moyenne entre celle àeè métaux qui le composent: mais* chose étrange, tantôt cette pesanteur est augmentée, et tantôt elle est diminuée ; c'est-à-dire que le volume d'un alliage est souvent plus grand que la somme des volumes, et souvent aussi que ce volume est plus petit.

Voici, à regard de cette dernière propriété, la table des rapports , insérée dans la dernière édition de la Chimie éiémentaire de Thénard.

DBS JM» BT HBTIEIS.

Jlliages dont la densité est plus grande que la densité moyenne des métaux qui les constituent.

Or et siac.

Or et ëtain.

Or et bismuth.

Or et antimoine.

Or et colMlt, Argent et linc. Argent et plomb.

Argent et ëlain.

Argent et bismuth* Argent et antimoine.

Coirre et nnc.

Cuivre et ëtain.

Cuivre et jNiIladium.

Cuivre et bismuth.

Plomb et antimoine.

Platine et molybdène.

Palladium et bismuth.

Alliages dont lu densité est mointtre que la densité moyenne des mé* taux qui les constituent.

Or et argent.

Or et fer.

Or et plomb.

Or et cuivre.

Or et iridium.

Or et nickel.

Argent et cuivre.

Cuivre et plomb.

Fer et bismuth.

Fer et antimoine.

Fer et plomb.

JÉtain et plomb, étain et palladium.

Elain et antimoine.

Nickel et arsenic.

Zinc et antimoine.

Le degré de fusibilité d'un alliage est tout aussi difficile à déterminer à priori , parce que ce degré 8*écarte également, dans le plus grand nombre des cas, de la règle de la moyenne proportionnelle entre les fusibilités des constituans. En général cepen« dant, on peut d'avance annoncer que l'alliage sera plus fusible qu'aucun de ses constituans. Un exemple très- remarquable de la fusibilité qu'acquièrent les métaux par leur union , c'est la composition connue sous le nom de métal fusible de Darcet.

Cet alliage est composé de huit parties de bismuth, cinq de plomb et trois d'étaiu. Il fond à la tempéra-* ture du bain-marie, et on peut ajouter encore à sa fusibilité sans en changer sensiblement la texture , au moyen d'une très* légère addition de mercure.

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Dans cet état, on s*en sert pour Tiniectiou des pièces d'anatoBÛef et pour boudier les trous des dents cariées.

Les couleurs des alliag[es semblent elles-méHMs œ dépendre en aucune façon de la combinaison des couleurs propres aux métaux qu'on réunit; c'est ainsi que la couleur du cuivre , au lieu d*ètre affaiblie par l'addition d*une certaine proportion de sânçi qui est un métal infiniment moins haut en couleui', «e trouve au contraire singulièrement rehaussée. Au contraire , il sufiGit d*ui^e quantité d'argent infinÂmy^Qt minime pour éteindre la couleur vive de Ter.

On ne peut traiter ici que des alliages usités dans les arts.

La faculté de combiner ainsi les métaux entre eux, équivaut pour nous à la possession de substances métalliques , en bien plus grand nombre que nous n'en avons à notice disposition. C'est ainsi que tel alliage nous vaut un métapl qui^ tout en ayant la propriété de rester solide «\ la température ordinaire^ est cependant d*une fusibilité bien plus grande qu'aucun autre. Un second alliage remplace un métal sec, cassant et bien sonore , susceptible d'élre employé à la confection des cloches^ des timbres, etc. Un troisième sera susceptible de prendre le plus beau poGi et deviendra précieux pour la fabrication des miroirs métalliques, des télescopes, etc. Les applications de cette partie de la chimie qui s'occupe de l'aUiage des métaux pour en former des composés niixtes, sontdéfà extrêmement nombreuses et importantes^ et cependant elles sont encore loin de ce qu'elles peuvent atteindre. C'est un vaste champ à explorer, champ resté

en friche depuis les travaux de Gellert et de Blaok. Et celte Dégligeoee a d*autant plus Heu de aou» éton^ ner , qu'en général les essais de ce genre ne nécessitent ni appareil coûteux, ni travaux délicats, aï grande fatigue.

En générçil, on sait assez bien qtie tel inétal est susceptible de s'allier à tel autre. Mais dans quelles proportions respectives des conslituans^ cette union pourrait-rclle être la plus avantageuse ? c'est ce ^ui n'a pas été expérimenté. Les alliages peuvent d'aile leurs .s'effectuer en nombres ternaires , quaternaires^ etc. On n'en a que peu l^nté; on ne conjialt no|i plus presque pas l'effet, dans les alliagej^, de tant de nouveaux métaux récemment découverts.

Combien ces combinaisons ii'offriraient^elles pas de chances poqr les résultats les plus iuatteodus et les plus refluarquables? On a cherché à imiter le JVootz, ou acier indien , et les essais faits à cet égard .ont dé)à eonduit à des résultats singuliers.

La pratique éclairée des alliages repose 6ur .quelques données générales , qu'il est indispensable de connaître pour réussir à les faire con veaableme«t.

.On observe d'abord que le procédé repose.sur Ifepération de la fusion des métaux qu*on veut unir. Or^ à la température nécessaire pour cette fusion, ils flont très-susceptibles en général de s'oxider; il .est donc essentiel ût les garantir autant que possible dsl'aclion de l'air. Différons miDyeos se présentent pour atteindre ce but, qui tous sont relatif au degré d'«xtd9bilité et de fusibilité des métaux en «particulier. C'est ainsi que pour Fétain ei le piogib, par exeaiple > tt suffit de ^rajefter dans le'Creuset,:lpiiiq«ie

5o LES SBGEET8 MODERKCS

les métaux commencent à fondre » un peu de résine d'huile ou de suif. On aide à Teffet^ d*ailleurs^ en brassant avec une petite verge de fer. Si quelques portions métalliques s'étaient oxidées , elles seraient immédiatement réduites par Thydrogène et le charbon en jeu , qui résultent de la décomposition des corps gras.

Lorsqu'il s'agit. de Talliage du fer avec l'étain, comme le premier de ces métaux exige une température beaucoup plus élevée pour entrer en fusion 3 nonobstant même la présence de l'étain fondu , il est évident que les corps gras dont -on vient d'indiquer l'emploi, auraient le temps d'être brûlés avant que l'alliage pût s'effectuer. Voilà pourquoi^ dans ce cas, on est obligé d'avoir recours à un flux, qui forme une espèce de bain , dans le but qu'on a d'entourer de toutes parts le métal pour le garantir du contact de l'air. Quand on juge que la fusion coin« plète est opérée, on brasse pour rendre toutes les parties bien homogènes.

Un obstacle considérable à l'union de deux métaux par la fusion, est celui qui naît d'une différence notable dans les pesanteurs spécifiques. Il est difficile , dans ce cas , d'obtenir un alliage parfaitement identique dans toutes ses parties; et cela, parce que chacun des deux métaux tend continuellement à *se séparer suivant Tordre de sa densité. On n'a guère d'autres moyens de parer à cet inconvénient, que par un brassage plus fréquent, plus complet, principalement à l'instant de la coulée. Mais, quand on opère sur de grandes masses, le refroidissement de l'intérieur peut être assez long-tepips retardé, pour que de

DES AfttS ET miTlEBS. 5t

nouveau il y ait séparation des coostituans dans le bain fluide : c*est un des farauds dangers de la fonte des eloches et des pièces d*artillcrte. Ce qui reste de mieux à faire , quand on soupçonne que ce partage à €u lieu, c'est de briser la pièce pour la soumettre de nouveau à la fusion. En prenant cetle précaution , il est rare que les matières ne restent pas bien mêlées.

K est quelquefois très-difficile aussi de parvenir à allier entre eux trois ou un plus grand nombre de métaux. Cela peut tenir à plusieurs causes : ou Tun d*eux est moins fusible ou plus oxidable que les autres, on l'affînité qui doit déterminer l'union de tous n*est pas assez énergique. Quand, c'est cette der** nière cause qui influe, on peut la combattre en ne prenant pas d^abord chaque métal isolé ; mais en les combinant deux à deux, pour en faire ensuite un Alliage unique. C*est ainsi, parexemple, qu'on éprouve assejs de peine à allier directement une petite portion de fer avec du bronze ; mais qu*au lieu de fer on ajoute du fer-blanc , c'est-à-dire un premier alliage dé 1er et d'étain , alors la combinaison s'effectue de suite, et le bronze , par cette addition, acquiert de la qualité sous un certain rapport. Autre exemple : pour rendre le laiton (cuivre et zinc) plus propre à oertiiins usages , il faut y ajouter une petite quantité de plomb, et ne pas combiner les deux autres métaux directement, car on n'y réussirait que fort mal. M. Chaudet assure ayoir .observé ce £aiit-là. Il conseille de préférence de fondre d'abord le plomb avec le zinc, parce que ces deux métaux se combinent fà'^ cilement; on ajoute ensuite le cuivre à ce premier a^ liage, pour obtenir le résultai cherché.

QiKlnt À la ^îfféreikce de fusibilité , dont nouf aVcms ^^arlé «otnuie d*uii obstacle à Tunion des mé* tjiiix, c'en est en effet un si puissant 9 qu'il est queliqaafdis £aeile d'en lirer un grand avantagie pour la ^êcoxklpoBitlon de oertaios alliages; c*est ce qui a lieu dan« FtKpévàtion de la liqaatioo , qui a poUr bat de sépai^r i'argdiYt <|Ui e^t uni au cuivre. Pour y panre- Air 9'on afocrte une odrUide -quantité de plomb, lïen vèsuite ««alliage codipeeé d'élémens très-'différens eeuiB 1« rapport de la fusibUité. Ce même alliage exposé à unidegré de chaleur seulement suffisant -pour lîlHidre >le pKnnb, celui-ci se liquéfie dt entraîne la prd8(}tie totalité dâ Targent. La différence d'oudabilité 'offre ensuite \b moyen de tëparer le plomb de rangent.

Yolbiles principaux alliages usités datis lesaHs» iL^um des plus usités est celui du iSiùc et du cuivre; ii'èbtfpius ductile- et moins oxidable que le cuivre lui- «némè ; ^comparativement au sino, ces propriétés «oàtienvore plus prononcées, et elles sont d*un imttiemé at^Magedans beaucoup d'arts : aussi n*est-41 Huouli «Uiage qui'Soit plus en usage. Cet alliage peut wfeiire dans 'des proportions très-variées ^ entre les limites -propres-àoe qu'on appelle leeuivi^ jaune » le 4ltitdo> »le )totnlbac ^ le eimilor, le métal du prince f(«bèPt,4*o^>de Màohctt'm, etc. Toutes ces dénomitMioiiS'ëoûtMrelaiives aux qualités différentes qtte Vttlli2(^eat<|ùié£t d'^prèé leé proportions fespectives :^ %efr4ètt^t(HietltùaDs( mais toutes^^e confondant -dWlàfrlî&pïfettailOffgéli'érique de laiton é

Éiain et cuivre.

Le cuitre et Tétaio constituent pav leur réuiiioii> Talliage bien connu sous les noms de bronze et d*air. rain , alliage également très-précieux , qui se fabrîr que en grand sous forme de cloches et de pièee» d*artillerie.

Comme nous nous occuperons di» bronze e^ de rairain dans d^aulres articles de cet ouvrage , il serait inutile d'en parler davantage ici.

Le besoin qu*on a souvent de réum> solidemeol plusieurs pièces métalliques a donné naissanee an procédé de la soudure ^ qui consiste à {oindre et àtàan* cher leurs surfaces en un ou plusieurs pointa au moyen d*un alliage qu'on interpose » et dont une des conditions essentielles est d'être plus fusible que le métal qui compose la pièce que l'on veut eouder, ou que le plus fusible des deux métaux qu'on voudraîl réunir ensemble. Une autre condition non moins. nér cessaire de la soudure, est qu'elle soit formée de métaux aptes à se combiner facilement avec celui ou ceux auxquels on accole cette soudure, pour letuc servir de b'en : doù il résulte évidemment que cba^ que métal exige, pour ainsi dire, une soudure pariicvrlière. Aussi faut-il , pour la soudure de Tor de \h)oii ou de vaisselle 9 un alliage d*or et d'argent ou d'or et de cuivre. La soudure de l'argent est un alliage d'ac* gent et de cuivre ; celle du cuivns , est ou de Tétaio pur pour les pièces qui ne doivent pas aller au feu , ou un alliage auquel on donne le nom de seudiwe fiorle, et qui est composé d'étaiu et de cuivre. Quani

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à la soudure de rétaîn et à celle du plomb ^ c'est un alliage de ces ^euz métaux , etc. Suivant qu^on a besoin d*un degré de fusibilité plus ou moins considérable , on est matlre de faire varier, entre des limites assez étendues, les proportions respectives de» composans de ces divers alliages. Ainsi^ pour des pièces très-délicates, on rend rslliage le plus fusible possible. L'alliage dit sotuiure des piominerê est composé d'une partie d'étain cl de deux de plomb.

Quand on recouvre certains métaux d'une couche métallique d'une autre espèce « afin de les garantir de Taction de Tair et des divers agens susceptibles de les altérer , pour les rendre propres à la construction d'une grande variété d'iustrumens et d'ustensiles , c'est dans le fait un véritable alliage qu'on produit > alliage très-superficiel à, la vérité , et qui o*a lieu seulement qu'au point de contact des deux surfaces. Au-delà de ce pomt , les deux métaux sont entiërcr ment libres et isolés l'un de l'autre ; i'étatnagéj ia dorure, ^argenture, sont dans ce cas -là. Nous parlerons séparément de ces trois procédés. Le ferblanc est également un alliage dont nous indiquerons le procédé.

L'alliage de l'étain avec le fer est assez difficile. Pour y réussir , on doit commencer par mettre dans le creuset le fer en très-petits copeaux ; on le couvrira ensuite avec du verre pilé. Ce creuset placé dans ut> fourneau à vent et chauffé jusqu'au rouge-blanc» on y projette l'étain fin , qui se fond en tombant. Il faut promptement brasser le mélange, et couvrir de nouveau avec du Terre pilé; après quoi on ferme le creuset. Lorsque le tout est bien rouge, on Urasse

BBS AET8 ET MéllBES* 55

encore et on donne une dernière chaude ; puis enfin on coule dans une lingotière. Par la raison que nous avons indiquée plus haut, parlant du fer uni au bronze , il est probable qu'on réussirait mieux ici en substituant aux copeaux de fer des rognures de ferblanc* .

L'alliage de Tétain et du fer va Jusqu'à la chaleur rouge avant que d'entrer en fusion ; et cependant si on le promène à la surface d'une plaque de cuivre légèrement chauffée , mais imprégnée de sel ammoniac » Palliage se fond immédiatement. On peut alors rétendre sur la plaque de cuivre avec une étoupe i tout aussi facilement que si c'était de l'étain pur. C'est ce procédé qui a été proposé par M. Biberel , maître chaudronnier à Paris 9 il y a quelques années. Les proportions qu'il indiquait étaient de 8 parties d'étain et. une de fer. Cet étamagc offre^ beaucoup^ d'avantages ; il est beaucoup plus durafile que ceJkii à l'étain fin. Il parait cependant que l'usage ne s'en est point répandu. Gela tient peut-être à la difficulté d'opérer la combinaison dans ces propcrtioos.

Le plomb ^ dans son état de mollesse extrême 9 est absolument impropre à un grand nombre d'usages ; on est donc forcé de lui communiquer une certaine dureté en l'alliant à de l'antimoine en proportion plus ou moins forte , suivant le besoin. Â la dose d'un sixième d'antimoine 9 ou pour dernière limite, d'un douzième , l'alliage est plus dur 9 mais plus fusible que le plomb ; il en conserve cependant encore la malléabilité. Ces deux métaux 9 combinés dans le rapport d'un d'antimoine contre quatre de plomb 9 offrent un alliage qui est employé pour les caractère»

56 Lit SCiSEETS MODfilrïrBS

d'imprunerie. Geë propojrtions sont cependant loia d-éire totalement fixe!, et chaque fabricant les fait yariér , et se pique de posiséder la bonne recette ; il a coutume d*en faire un secret. Quand on est à la recherche du bon marché , on peut forcer le dosage du plomb ; mais alors Toeil de la lettre manque de soutien , et après quelque temps de service , il eède à Teffort de la presse et devient épaté , en terme d*imprîmerie'; tandis qu^une très-petite quantité de cuivre ^ au contraire^ ajoutée. au dosage de plomb et d'antimoine que nous avon» indiqué , procure un caractère de bonne qualité et très-durable.

L'alliage usité à Paris pour lesxobinets de fontaine est assez analogue à celui dont il vient d'être fait mention ; à cela près que les proportions de plomb y sont plus considérables. Polir ces robinets, quand le régule d'antimoine est cher, les Ouvriers en rempla«cent une partie plus ou moins considérable par di^ zinc. Ce dernier métal communique en efict toujours au plomb un certain éclat, de la dureté et un commencement de sonorité.

A une dose même excessivement faible, Tarscnic communique à la plupart des métaux de l'aigreur et de la fragilité , en augmentant aussi leur fusibilité. A une température plus ou moins élevée, ces sorte» d'alliages sont facilement décomposés , surtout avec le contact de l'air. Cette propriété de l'arsenic a été d'un grand secours pour Texploitatioâ du platine. On fondait ensemble les deux métaux , puis on se débarrassait de l'arsenic par une calciûation graduelle j à mesure que, par l'effet de celte volatilisation de l'arsenic^ le plaline devenait plus poreux, on en rappfô-

* BES AAT8 ST MinCiâ. S^

diaft ItB parties en le soumeUaat à uae ibrte piesvsion. Mais aujourd'hui que les acides minéraus ont beaucoup diminué de prii^ on a préféré avec raison de traiter ie platine par la voie humide , d'abord parce que, de cette dernière manière, on peut Tobtesir beaucoup plus pur et plus malléable ^ et parce que d'ailleurs , comme dans le procédé par rarsenie , on ne reste pas exposé à tous les dangers d'un empo»^ sonnemcnt par fumigation , qui est quelquefois trèf-^ lenl à la vérité , mais qui ne manque cependant guère de devenir t6t ou tard funeste à Topérateur, quelque précaution qu'il puisse mettre en usage pour se garantir des émanations arsenicales.

Le cuivre Mano , dont ou fait usage pour fabrir quer certains inslrumens , est formé d'à peu près dix parties de cuivre contre une d'arsenic : on l'obtient par la fusion du cuivre avec l'arsenic directement ^ ou en traitant le premier par l'arseniate de potasse , en ayant d'ailleurs , pendant l'opération , le soin ait se garantir des fumées.

Fabrication du laiton, ou cuivre jaune.

Cet alliage de cuivre est d'une extrême utilité.

Le laiton est composé moyennement de 0,64 de c»î-« vre , 0^35 de zinc et o,o3 de plomb et d'étain , qui s'y trouvent accidentellement. Il est employé dans les arts à un grand nombre d'usages.

Les matières premières employées pour la fabrication du laiton , sont :

1^ Les minerais de sine, les mêmes dont on retire ordinairement le zinc métallique; ce sont des oxides et des carbonates de sine connus sous le nom de oa^

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