‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 2)Chapitre 5 sur 59 · ACIER · texte numérisé non relu

ACIER

Conversion du fer en acier.

L'acier est une substance qui a pour élément prin^clpai le fer pur 5 combiné ou allié avec le carbone.

On a essayé la combinaison du fer avec le diamant, qui est reconnu comme le charbon à l'état de pu^ reté, et elle a parfaitement réussi. Un diamant qui pesait presqu'un gramme s'est combiné avec le fer , et l'a converti en acier.

Il y a diverses espèces d'acier, parce que l'un* de ses élémens, le fer, est lui-même d'une nature très^ variable. Il est d'ailleurs très-probable que le fer s^aliie au carbone en diverses proportions. On ne sait pas encore s'il y a des combinaisons de fer et de carbone en proportions fixes.

Il est très-remarquable que le poids du carbone ne s^élève , pour certains aciers , qu'au millième de leur poids : une aussi petite quantité de carbone transforme le fer en une autre substance qui a pour caractères particuliers^ 10 de devenir très-élastique j et de se durcir considérablement par la trempe ; a* de

aO LES SECBETS HODEllIBS

s'aimanter et de conserver après raimantation les propriétés raafj^nétiques.

La pesanteur spécifique de Tacier est un peu tiiotndre que celle du fer qui entre dans sa oomposition.

On a trouvé parVaualyse chiaiique que quelques aciers contenaient jusqu'à vingt milliènaes de leurs poids en carbone. On n^.est pas certain que ce eombustible soit la seule substance qui donne au fer les propriétés de Tacier ; il paraîtrait, d'après les expériences les plus récentes^ que les verres, les terres , les oxides fondus ensemble ou séparément avec le fer, s'allient avec ce métal, en passant eux-mêmes à l'état métallique par la perte de leur oxigène , et que ces divers alliages , dont le fer est toujours le principal élément, jouissent des propriétés qui caractérisent Tacier, et môme donnent à l'acier des qualités précieuses pour l'usage qu'on en fait dans certains arts.

De ia trempe de V acier.

Quelle que soit la composition de l'acier, ce métal exposé à Taetion d'une chaleur rouge , et li*empi^ subitement dans un liquide froid , acquiert des propriétés physiques toutes nouvelles : il devient moins doux j moins ductile , plus cassant que dans son état primitif; on dit alors que l'acier est trempée II est plus ou moins trempé, selon la température du bain d'immersion , et la nature du liquide de ce bain. Le fer, le cuivre, l'argent, l'or et les autres métaux ne jouissent pas sensiblement de cette propriété. M. Dar^ cet a même observé qu'un alliage incandescent de 80 paities de cuivre et ao d'étain, plongé dans l'eau

DBS AET8 ET METIERS. 21

froide y devient très-ductile , tandis que refroidi len* tement 9 il est cassant.

Une lame d^acier poli étant chauffée, elle prend successivement les couleurs suivantes : paitU , jaune foncé , rouge, vioiet , i?(eu y gris, blanc.

C'est ordinairement Teau qu*on choisit pour la trempe; on se sert cependant quelquefois de mercure^ de métaux fondus, tels que le plomb, Tétain , le bismuth, de presque tous les acides, des huiles, du suif, de la cire et de la résine. On peut , par exemple, pour éviter Toxidation d'une pièce d'acier, la chauffer dans du pJomb élevé au degré de chaleur convenable, et la tremper dans du mercure que l'on aura refroidi.

Rarement l'acier prend à la treoipe précisément le degré de dureté qu'on voudrait lui donner, ou qui conviendrait à Tinstrumeot qu'on en veut former. Le plus souvent on lui donne une trempe en excédant ; mais ensuite on le ramène au degré de dureté désirable, par une opération qui s'appelle recuit , et qui consiste à le chauffer et à le laisser refroidir lentement dans Tair : plus on l'a chauffé, et plus il perd de sa dureté par le refroidissement. Quelquefois on couvre la pièce d'acier d'une légère couche de suif, et on le chauffe par un premier recuit , jusqu'à ce que le suif répande une légère fumée; un second recuit , en chauffant )usqu*à ce que cette fumée soit plus abondante, et un peu. colorée; enfin, un troisième recuit jusqu'à oe que le suif soit sur le point de 8*enflammer : chacun de ces recuits convient à divers ouvrages de coutellerie.

On distingue trois espèces principales d'acier dans le commerce : Vacier de cémentation » Vacier de

a a ' ^ LES SEGBETS MODI&NfiS

forgt, et V acier fondu. Ils sont fabriqués par trois procédés différens.

Fa/bricatien de Vacier de cémentation.

La cémentation est une opération par laquelle on acière le fer forgé pur. Les ouvriers cémentent quelquefois de petites pièces de fer, seulem.ent à leur surface, et à une très-petite profondeur, par un procédé connu depuis très^ong-temps sous le nom de trempe au paquet. Ce travail consiste à placer dans des caisses de tôle, de fonte de fer ou de terre, les morceaux de fer que Ton veut aciérer : on enveloppe ces morceaux de fer d'un cément composé de charbon pulvérisé, de suie, de cendres et de sel marin (i). Les caisses étant enduites de terre argileuse pour résister au feu , on les place dans un fourneau de forge ou dans un four à réverbère : après quelques heures d*une haute température (80 à 90 du pyromètre), le fer se trouve aciéré à sa surface.

La cémentation en fabrique ne diffère pas essen^ tiellement de ce procédé, mais on rapplique, avec les modifications dont il est susceptible» aux grandes masses à cémenter.

Un trente-deuxième de charbon suffît pour rendre'

<i) COMPOSITION DES CÉMENS.

POUR usa FEES MOUS. POUR LES FERS DURS.

Sui« 8 parties 4 parties.

Charbon de bois. .4 id* 4 id.

Cendres. . . .4 id 8 id.

Sel marin. : . . 3 id 3 id.

IdES laiS BT MÉTlBftS. a5

le fer acier; en augmentant cette dose^ on obtient un acier plus facile à ramollir au feu^ mais toujours de plus en plus difficile à forger.

On peut se servir indifféremment, pour la cémentation , de creusets ou de caisses qu'on fait ordinairement en briques réfractaîres. Dans la plupart des usines anglaises , les creusets sont en grès. Les dimensions d'une caisse ou d'un creuset sont très-variables.

Réaumur s'est assuré qu'il faut 12 heures pour cémenter un barreau de 7 millimètres d'épaisseur, et 36 heures pour cémenter un barreau d'une épaisseur double. Ordinairement on donne aux barreaux de fer à cémenter, une épaisseur qui varie d un à deux centimètres.

Les caisses ou creusets étant placés dans le fourneau, les ouvriers les emplissent de couches alternatives de cément et de barreaux de fer, en ayant soinque les barreaux ne se touchent pas, afin qu'étant amollis par le feu, ils n'adhèrent ni entre eux ni aux parois des caisses. A mesure qu'on stratifié le fer avec le charbon, on pose des barreaux éprouvettes, dont l'extrémité inférieure est au fond de la caisse; ils sortent de cette caisse, et on les garnit extérieurement d'argile, de crainte qu'ils ne soient altérés par le feu. Il faqt éviter de porter la température du fourneau jusqu'à i5o degrés du pyromètre de Wedgwood.

De Vacitr fondu*

L'acier le plus pur, le plus homogène ,^ susceptible du plus beau poli, s'obtient par la fusion du fer com-

«^4 l'Es SEG&ETS UODEIllIES

biné avec du charbon : on le nomme pour cette raisott acier fondu.

Les fondans propres à convertir les aciers naturels ou les aciers de cémentation en acier fondu, sont tous les verres siliceux , salins ou terreux , ou "des mélanges de ces verres ; les verres de gobeletetrîe ordinaire, qui ne contiennent que de la silice , de la chaux, de ralcali, et point d*oxides métalliques, sont fort bons; un verre composé de chaux et d'argile est aussi fort bon. Si , au lieu de chaux , on emploie du carbonate de chaux avec de l'argile cuite , ce deri^ier fondant sera propre à convertir te fer en acUr : on peut aussi l'employer pour fondre l'acier d^jà formé. Si, au lieu d'employer les verres tput faits, on voulait employer leurs élémens non encore combinéjs, la silice, l'alcali, etc., on n'obtiendrait pas de bons résultats : l'acier dans ce cas fond bien , mai^ il est trop difficile à forger quand les verres terreux ont été employés en élémens. Les verres trop fusibles reB.deat l'acier difficile à forger.

Lorsqu'une fois Tacier est fondu, il ne faut pas le laisser trop long-temps en fusion avec le verre, parce qu'alors il en prendrait plus qu'il ne faut pour être facile à forger. Aussitôt que la fusion est complète , il faut le remuer avec une baguette de fer, et le couler de suite dans la lingotîëre, en observant de ne pas couler trop vite, surtout les dernières portions, qu'il faut ménager de manière .à pouvoir en remplir le creux que forme la matière à l'instant où elle se fige; il faut aussi avoir soin d*enlever le verre avant de couler, afin qu'il ne se mêle pas avec l'acier, lorsqu'on verse celui-ci dans la lingotière.

3DES ABTS ET Bi£tIERS. si5

Des aciers orientaux.

iiQ8aciersfonda86*aUîeatàd*aufvesniétai!ni,t«lsque r^rgeat» le f^onb, le«oâiomy le potarssicim > le manganèse 9 le rhodium'4 ie càitérme t e t quelque ce» métaux n'y entrent qu*en très^petiles^propeHfens, aéanmofm Ififi fyraptviéiés 'dfi Tacier «ont grandement modifiées pMT teffiai de oet aitîafge r TÈii^eiaf principalement augmente considérablement la dureté de l'aeier. La nuMUfioatioa la plua remarquaMe de )'ae$er fondu est h$ dumaéséL XIu momeaw d'acier^ Mombay/éff jy00t^t iXmkX pellwur «ne face y on eo«rrre cefte face di*Mna coudie d'adde nitrique alfîiîbif , et^ après ■quelques InlUua», »o« y ap«PÇiofi« un* dessin vermitrtilé^, pluë ou OMMns régulier^ q«ft'4Mi' nomme damassé: En fondant 46 «ouveafii l'aeier Wooift, il conserve ecftë même propriété d'être dainaisé. On eomment/e à rimîl;^ ea Euiiope.

Ma^iàif^ de comocrtvr partiêttéméM k> fét-éH

La fabflioaUMi> de Tatoier par eémetfta^îoh -^opSre ainsi :

Apoèe avoir eareloppé le fer avec du poussier de charboo dn boie, on l'eKfiose à une chaleur irès'éieviée^ en obsorvavt de le mettre à fabrf de tbnt «ontact avec Tair atmosphériqfcie. Une^ partie du charbon se combine chimiquement avec le fer, et produit ce qu'on nomme Tacier; mais ce procédé est long et coûteux : il double 9 il triple^ et quadruple I. tt

a6 LES 8EGABT8 MODEINKS

même la valeur première du fer ; ce qui oblige Touvrier à en être avare.

Gependant, en appliquant cet acier , îl arrive souvent qu^on en emploie plus qu'il n'en faudrait j à cause des difficultés que présente son incorporation , et Touvrage éprouve nécessairement une augmentation dans son prix commercial.

Le procédé nouveau est donc d'une grande importance ^ surtout sous le rapport de l'économie, commeon va le voir.

S'il suffît de convertir en acier un côté, ou seulement une partie d'une lame, ou même une étroite place dans quelque pièce de fer, on se contente d'appliquer sur le côté, sur la portion de lame, ou sur le point nécessaire , le poussier du charbon de bois , et on couvre d'une couche épaisse d'argile ( de la nature la moins fusible ) toutes les portions qui ne doivent pas être trempées.

On peut même opérer sur une masse considérable de pièces; ce qui produit une grande économie , i*" sur le combustible ; a* sur la main d'œuvre ; 3* l'ouvrage est plus parfait, il n'a aucun des défauts auxquels Texpose l'incorporation, et l'acier n'a pas besoin de recevoir de nouveUes chaudes, qui affaiblissent toujours sa qualité.

On peut même, par ce procédé, proportionner aux besoins la quantité ou l'épaisseur de l'acier ^ en abré** géant la dur.ée de la cémentation , qui se prolonge flepuîs un jour jusqu'à trente^

IQBS ARTS ET ttl&TIEAB. S^

iUETIlIAGE.

ïn restreignant racceptîon de ce mot a\i simple obiel que nous pouvons avoir en vue dans cet otivrage , il n^y faut voir que la purïflcatioii de Vor et de Targent.

t^es tleux métaux ne jouissent complètement de la malléabnîté presque incroyable dont ils sont susceptibles, et qui , pour beaucoup d^arts, est une condition absolument nécessaire, que dans leur état de pureté absolu. On ne connaîtrait pas ces feuilles d'une extrême ténuité que le batteur d'or obtient par un martelage long et gradué, si le métal restait allié à la moindre portion de cuivre.

Vor et Targent durcissent considérablement pour peu qulls soient souillés parla présence d'un autre métal. Quant à Tatliage de cei) deux premiers métaux entre eux-mêmes, il n'a pas la même influence sur leur malléabilité, parce que chacun d^eux séparément en jouit à peu près au même degré. Ce n'est donc pas à cause de la propriété de dncf ilîté qu'on tâche de les isoler si complètement l'un dei*autre, mais parce que la différence de valeur vénale est énorme entre eux. Cela résuite du prix conventionnel que les hommes ont arbitrairement fixé à chacun, comme signe représentatif des objets d'utilité réelle; et cela dépend encore de la rareté comparée de ces deux substances.

Si l'alliage qu'on se propose d'affiner ne contenait que de l'or, de l'argent ou du cuivre, toute épuration préliminaire serait inutile. Mais il est assez rare qu'il en soit ainsi : 'les matières de la foote contiennent

;a8se2 constamment, en outre, de rétain» et même souvent du plomb: ces doux d^rsiera métaux généraient considérablement Topération de Taffînage, et il convient av^nt tout ^ s'en débarrasser. Jjes matières k bas titre doivent être soigQeusemeni purifiées de tous les métaux étrangers ^uji deux seuU qu'on veut amener ai^ titre de fin. Get.te première opératioq , qui a pour objet de n'avoir jplus à traiter ensuite qu*uo alliage d'or et d*argent , se nomme ia powsé^f Gs nom indique que le but q^xe To^n se propose est d^. pousser Và\\\ai^^ au fia le plus possible..

Voici en quoi conskte ce prenxier projcédé. Au inoyen de l'opération coQnue sous le nom d*essaj , on s'assure préalablement du titre réel de fin des matières qu'on doit spuoaeltre à l'affînage ; ai l'or prédqmîne assezpour représenter & lui s^ul plus du quart du poids total de l'alliage affîoé , alors on détenmipe la proportion d'argent qu'il convient d'ajouter pour établir les proportions requises du mélange : c'est ce qu'on appelle inqmar.tatian, Cett^a £^ugmentatiop dans la proportion retspectiye de l'argent , est bien loin d*ètre une précaution oiseuse : U a été constam* men t observé qgc^ lorsque l'alliage ne contcfi^t qu'une proportion d'argent luoii^drjÇ que cçiUe rigoureuse? ment nécessaire^ il était en quelque SQrte garanti de ractiqn des. açi.des p£|r la présence d^ Ton II esi reconnu qvi^ l!^rgent doit, s'y trouver dans U pro*. portion de trois parties au moins d'argent contre; uuf^ d or ; alors l'aci^ft flénè^^ £»cilep(M^ par^ut , et peut s'eipparcr des dernières p^rliculcts.d'arg^p t.

Après que ces proportions respectiviss auront. -éyiiô bien exaclemeut^^terminéesi.illaudi:^ placer un bon

B^8 ÂftTS El? MérrEKT'. sg

Creuset au niHea des cfafwbons, oif on te fera corn* plétement rougir. Oo mettra ésn^ le crenset seulement assez de matière pour Qu'étant bien fondue , elle n'ocoape environ que la fcnoitfé 4e sa capacité. La quantité soumise à un traitement est communément de ^iozft à vingt-cinq marcs à ta Mb. A Pinstant où le n^étal est prêt à fbndre, on projette dessns une demi-livre de nUrate de potasse; pnis on ferme le crenset » que Ton recouvre de charbons. À cette époqvie , la clialeur doit s*atigmenler pour fondre itOD-sénlement rallfage^ mais encore pour déterminer la décomposition dd nitrafe) et par conséquent Posidation de tous les métaux étrangers. Les gaz qui se dégagent à cet instant occasionent un bouillonilement assez considérable ; mai^^ comme le creuset n*a été rempli qu*à moitié , il n'y a pas de danger d'eitravasién delà jïiatière.

On reconnaît que la matière eÉt eu pleine fusion, au moyen d'une baguette de fer , à Taide de laquelle on Faglte. Aussitôt que cette fusion est complète, il faut donner un dernier coup de feu vif; ensuite le bain devient tranquille , les scories se séparent. On retire alors le creuset , et on le laisse refroidît. On le easM' ensuite, et Ton trouve dans le fend un* culot homogène, faèfle à isoler du chapeau de scories qui le reooovre. Dans ces scories oh retrouve beaucoup dé potasse caustique ; elles sontestrèmement déliqoescentes. Ces scories contiennent en outre des exides de cuivre, d'étai» , quelquefois do plomb et de fer. Elles ne sont même jamais totalement privées d*or et d'argent, dont on retrouve une petite portion à Tétat d*alUage. Toutes ces scories se mettent de côté ;

30 LBS SBGEBTS M0DE1NE8

et, quand on en a rassemblé une assez grande quan* tîté , il faut les traiter par la fonte avec du poussier de charbon, peur réduire les métaux. Après quoi on soumet à la caupelLation TalUage qui résulte de cette fonte.

Le produit de la poussée en or et en argent doit être fondu de nouveau. On le réduit en grenailles en le coulant dans un tonneau plein d*eau, au fond duquel on a placé une bassine de cuivre. La division qu'on opère ainsi du métal , a pour objet de multiplier les surfaces^ et de donner plus de prise à Taeide pour U dissolution. On est même attentif aux moyens de se procurer la grenaille la plus légère et la plus feuilletée possible. G*est à quoi il est facile de parvenir en ne versant le métal fondu qu*en un filet très-mince e.i de haut;

On enlève ensuite là bassine qui contient Fa grenaille ; on décante et on sèche au feu.

Il faut distribuer cette grenaille séchée dans des matras àfond plat, ou dans des bouteilles de grès» ou mieuxe encore, sL Ton en a la facilité, dans des vases de platine, que l'on place sur une espèce de fourneau en galère. On verse dans chaque vase deus ou trois fois le poids de la grenaille en acide nitricp» à 3o ou 55^ et Ton chauffe légèrement pour faciliter l'actioa. L'acide ne tarde pas à être décomposé par Talliage. Il se dégage beaucoup de gaz nitreux,,et le métal est dissous. Après que Teffervescence à entièrement cessé, on décante la liqueur, et on verse de nouveau une petite quantité du même acide sur le dépôt : alors on chauffe davantage, et Ton pousse même jusqu'à rébulliUoo. On décante encore nM

l^ES AAT8 ET lIléTIEBd. ot

fois 9 puis on ajoute une troisième et dernière dose d'acide ; mais il faut pour celle-ci un acide nitrique plus concentré 9 et on fait bouillir un peu plus longtemps.

Alors Targent qui était contenu dans Talliage se trouve complètement dissous , et Tor est resté au fond des vases y sous forme pulvérulente , ou sous celle de petites masses d'un brun jaunâtre.

On lave très-exactement cet or • et on le soumet à la fonte dans des creusets, en y ajoutant un peu de nitrate de potasse. C'est l'or de départ.

Pour obtenir ensuite l'argent contenu dans les solutions y celles-ci se versent dans de grandes terrines de grès , où l'on plonge des plaques de cuivre rouge. Ce métal enlève l'acide à l'argent, qui se dépose au fond des terrines sous forme d'une mousse cristalline plus ou moins compacte ; ce qui dépend du degré de concentration qu'avait la liqueur. Quand on veut s'assurer que cette précipitation est entièrement terminée» il faut verser quelques gouttes d'une solution de sel marin dans une petite portion de la liqueur. Si la limpidité de celle-ci n'est pas troublée par cette affusion , c'est un indice certain que tout Targent a été séparé.

La poudre précipitée par le cuivre, et qu'on nomme fort improprement chaux d'argent ( car c'est de ^argent métallique), est lavée jusqu'à ce que les eaux de lavage ne bleuissent plus du tout par une addition d*ammoniaque caustique. Ensuite on fond cet argent avec un mélange de six parties de nitrate de potasse, et une partie de borax. Lorsque la fonie est devenue tranquille^ on la coule dans une lingotière plate, qu'il

^a U8 SECtfiXS HOMÏEKBB

faut préalabkmeat avoir aoia 4« graîsfter aviDora peu de suif. Le UDg;ot étant refroidi^ en te pAoofpd dan» Teau » afin d^en séparer les parties flaliaes qoî pourraient y être restées adhérentes.

Quand lk>pératîon a été oaoveaableiBeBi conduite, Tardent que Ton obtient pent servir de nouveaii à riuqXiartation ; mais il a'esipas e»oore au plus haul deig;ré de pureté : il eonlient eneore quelques atomes de cuivre , dont il est au surplus li»cile de lo débarrasser par la coupeltation.

Il faut un temps plus ou moins tong, et subordonné à la quantité de liqueur sur laquelle ott opère , pour que le cuivre ait achevé de précipiter l*arf;ent ée sa solution nitriqoe. Cela tient aussi au degré de cen« centratiom j à retendue àes lames de cuivre , et à la tem|»érature de Tatmosphère.

Quand on agit sur des masses considérables , il ne £aut pas négliger ces solutions de cuivre , dont il est possible de tirer un assez bon parti : pour cela il faut préalablenaeat le* concentrer par Tévaporalion ; car dans leur état naturel eUes sont beaucoup trop aquecH ses. D'abord oa les traiio à vase ouvert dans des bassines de cuivre rouge^ on mieux^ si Ton peut, dans des vaisseaux de platine. La liqueur, ainsi concentrée, est ensuite répartie dans des cucurbites de gtès munies de chapiteaux et placée* sur une galère r on adapte des i«écipiens, oo luie les joints avec de la terte^grasBe, on chauffe et on pousse la distillation jusqu'à sicciréw On obtient de cette manière la presque totalité de l'acide niiriqtie; U est bm de séparer cet acide eo deux portions : kl première recueillie pourrait servir à l'opération du départ , et la second à la reprise éû

DM A&n BT ViviElf. SS

cornet* Cette eau-forle est alors Irès-parO) et ne nécessite pasy eomme eelie da commeroe» la j^oipitalion.

De 4a cêmposiUan dêê attiages empt&yés po/t (es

mffineurê.

L'allia^ contenant le mieux pour $tre affiné par le moyen de t*acide sulfariquCf est celui qui} ne eonlenant que de Targent , de 4*er et du cuivre ^ et n*étant qu'au titt« de 900 ou de gSo niillièmes 5 tient environ »oo millièmes à*ar. Cet aMîage doit être en général composé comme suit :

Argent ^^St

Or aoo.

Gaivre 75.

xooo.

On sait que les alliages contenant plus de cuivre donnent des dissolutions tenant en suspension du sulfate de cuivre anhydre qui em|)6che d*çn séparer i*or facilement j et que les alliages qui oontienaenr trop d'or ne sent plus attaquables par Tacide sulfurique bouillant. L'affioeur doit donc toujours tendre à ramoner aux proportions indiquées ci-dessus les alliages qu'il aà expbiter (i). Il peut atteindre ce but»

mm^mmmm^,^i^m^^*f^^^»m»mmm^m^mm^l^''^*'9r-^^^^rv^w^^^'^^i^^^

(1) On peut dire qu'en général ces alliages se dissoivent a*autant plus fiwileiMDt, ot 4aiia une moindre quantité â*aaide, qu'ils «vntiennent moin» de cttiTM et plus d*ai:geDt; et qu'ils sont d'HuUnt plus nwitagettz à traiter, quMtant au titre indiqué^ la qiianlité d'or s'y rapproche le plus de la propor-* tkm de 100 millièmes,

34 tl8 6BGEET8 MODEEHES

soit en traitait le» alliages à bas titre j>ar le salpêtre^ ou en y ajoutant des matières plus riches ou même do l'argent fio^ soit en soumettant ces alliages, à bas titre à la coupellatîon. Quant aux matières d^or et d'argent,, contenant du plomb ou même des métaux facilement oxîdables , autres que le cuivre , Taffîneur doit toujours éviter de les traiter par facide sulfuri* que 9 et doit en séparer préalablement ces métaux par le moyen du. salpêtre » s'ils ne s'y trouvent qu'en petite quantité » on , dans le cas contraire ^ en les affînant à La coupelle. Il peut résulter de grands bénéfices » pour Taffîneur, de la bonne composition de l'alliage soumis au départ ; le succès dépend ici de la réunion des connaissances chimiques et conmier* ciales, et de leur bonne application.

De i*acide stHfurique employé pour Cafpnage des matières d'or et d'argent.

Les affîneurs font usage de l'acide sulfurique concentré que l'on trouve 'dans lé commerce, er qui marque ordinairement 66 degrés ( 1 844 de pesanteur spécifique ) ; on pourrait néanmoins employer cet acide tel qu'il sort des chambres de plomb , c'est-àdire marquant 4^ à 5o degrés ; mais en prenant ce parti , on ne gagnerait qu'une partie des frais de concentration , et l'on aurait l'inconvénient de retarder les opérations de TafiGnage, et de risquer de voir du sulfate de plomb se déposer dans les chaudières de platine , ce qui , dans certains cas , pourrait occasioner leur destruction. L'acide faible, sortant des chambres de plomb , contient d'ailleurs presque toa^-

l>tS AETS fit MéTIEEâ? S5

jours des acides nîtriqtie et hydrocblorique ( inuria^ tique )| dont la présence ne peut qu*étre nuisible aux ustensiles de platine* Nous, conseillons donc aux affineurs de n*employer ^ pour leurs travaux , que de Tacide sulfurique concentré 5 marquant exactement 66 degrés. Nous n*avons parlé de Tacide sulfurique faible que parce que nous savons que cet acide a été employé en grand par un affîneur , çt aGn d'indir quer cette ressource pour le cas qb. absolument on ne pourrait pas se procurer l'acide concentré dont on aurait besoin.

Lorsqu^on fait évaporer les dtssofutions acides con-^ tenant le sulfate de cuivre ^ qui proviennent du travail de raffinage 9 on obtient^ après les dernières cristallisations , de Tacide sulfurique extrêmement noir , et qui ne tient que très-peu de substances en< dissolution. Cet acide , concentré dans des chaudières de plomb jusqu'à 60 degrés^ et porté ensuite à 66 , soit dans une chaudière de platine , sait dans des eomues de verre , fournit de l'acide sulfurique près* que aussi pur que celui du commerce , et qui peut très-bien être employé à la place de ce dernier acide ^ dans les travaux de Taffînage. Nous ferons seulement observer ici que la concentration de cet acide , qui peut donner lieu à des vapeurs nuisibles , ne doit pas être opérée dans le voisinage des habitations , à moins qu*on ne la fasse au moyen d'appareil conduisant les vapeurs et l'acide sulfureux dans un grand cy^ Undre , et en se servant d'un appareil condensateur.

On sait que, pour oxider et dissoudre 100 de cuivre pur, il faut employer environ 1 1 1 d'acide sulfurique à 66 degrés , et qu'il ne faut que 94 de cet

39 ttr MOAlBtt V0DBtl»6

aelde pour «mider «t diaeoudro loo d'àngoni &m^ mais rexpérSenee a prouvé q«ui ^ pour obtenir dkt* dlMolttliùDs olâkes et as ée prenAat point eo maise trep proBiplement ^ il faut employer Tadde snlfind* que à pkis baule dose. Leê aatensîles de pialine f dovt om peut dispoier f ayaût ordiBairaateai peu- de capi* d<é ,- tft devant cependant servir à affîaer ta ploi gmnde qttantHé passible ds matières ^ on se trouver obligé de A'emplajer que la quantité d*acide stricle*' Hient néoessairsy et de suppléer à ce défaut de do^ sage par des soins particuliers au moment de la dé* cantatîon des liqueurs > dont il faut alors bien mena' ger le refroidis-sement. Ce sont toutes ces nécessités qui ont conduit au dosage adopté par les affîneuis , et qui consiste à employer trois parties d'acide sol* ftirique concentué contre une de l'alliage dont nous avons indiqué la c<Hnpositton , et à augonenter on à; dittiinuer ensuite la quantité d'acide , suivant les va* rîations qu'éprouve la proportion de l'or , et surtout en ayant égard à la qdantîté plus ou moins grande du cuivre contenu dans l'aUiage qu'il faut affiner.

Dn cuivre que Vaffincur emploie pour déoonvpoeer ie $uifaU d'argent , ^t pour en précipiter Viar^ gent à i'éUU fnétaUique.

Les aflBneurs ont soin d'acheter , pour cet usage f es lingots à bas titre , les lingots de cuivre tenant quelques miUièmes d*argent^ les rognures ée plaqué d'argent , et le cuivre rouge argenté que l'on trouve souvent à bas prix dans le commerce ; ils coulent les lingots en lames minces^ et se serTsnt d« ces lames

DBS ÂETS BT UilTlB&S. 5j

au lieu de cuivre pur , pour décomposer le sulfate d*argeat ; iU écoDomiseut ainsi les frais d^affîoage de Targent qui est coateuu dans ces matières ^ et ont même souvent alors lout le cuivre ou tout cet argent en bénéfice* La seule précaution qu'ils aient à pren^ dre, est de ne pas employer dos alliages contenant du plomb ou âe rétain (i}«.

Il paraît qu'en grand ii £aut enap^yer 28 de cuivre pour précipiter 100 d'argent, et que les liqueurs provenant de celte opération fournissent ordinairement de 100 à 104 de sulfate de cuivre cristallisé.

Du choix de l'eau que Van doit empéoyer dans un

aUUer d'affinage.

L'eau que l'affîneur emploie dans ses travaux doit être aussi pure que possible j et doit surtout ne pas contenir d'hydroohlo rates alcalins; car sans cela une portion de l'argent serait convertie en chlorure d'argent insoluble y qui rendrait le lavage de l'or trèsdifficile » et pourrait occasioner de grandes pertes (a) . L'affîneur doit donc avoir recours à Teau de pLvAe^ ou

(x) On sait qu6 16 ffer et Ife sine pourrsiietit être employés toutes les fois fue Vaa n^a {las pour bot de fabriquer de Targentpur. En effet, ces métaux décomposent bien le sulfate d'argent et de cuivre ; on doit même pouvoir, eu eu fidsaift nsarge, et en arrêtant Topération à temps, obtenir de l'argent à «a tHre Hses ékté. Cet emploi du sine et du fer sera surtout avautafeux U où le sulfate de cuivre n'a point de valeur , et où l'on se voit obligé de ^exploiter pour en retirer le métal. Le bas prix du fer et du une permettrait d*iillettrs très-iouvent de jeter, comme étant sans valeur, les liqueura contenant ces métaux.

(a) Nous avons, dans un pareil cas, employé avec succès l'eau alcalisée avec l*ammoniaqae, pour ftfre les derniers- lavages d'une asses grande qua*^ lilé 4'or mU pftr du chlorurt dVg entr

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