PEINTURE SUR VERRE
Description d'un procédé pour peindre sur verre.
On sait que les procédés employés pour cot^per le verre consistent, après que cette matière a été mise en fusion, à la mêler avec quelque oxide métallique, qui, en se répandant uniformément, ou se dissolvant dans la masse , lui communique la teinte désirée.
Mais pour émaUier, il faut appliquer sur la surface du métal, de la porcelaine ou du verre, les couleurs broyées avec un fondant aisément vitrifiable. On les expose ensuite à un degré de chaleur suffisant pourfondre Témail : de celte manière elles se trouvent fixées sur Tobjet qu'on aura décoré.
Lorsqu'il s*âgit de peindre sur verre , on broie les couleurs à Teau , et après les avoir appliquées sur la glace, on les laisse bien sécher, pour les exposer en«suite à la température que Texpérience indique comme la plus convenable; puis on les enlève, au moyen du couteau à palette, de dessus la glace.
L'argent, sous quelque forme qu'on l'emploie , est le principal composant des couleurs destinées à la peinture sur verre. Voici les diverses préparations de cette substance :
On obtient le nitrate d'argent en étendant a ou 5 onces d'acide nitrique de trois fois son volume d'eau distillée, et y ajoutant peu à peu de l'argent pur divisé en petits fragmens, jusqu'à ce que Tacide, quoique tenu à une température élevée , n'en puisse
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plus dissoudre. Après quelques heures de repos ^ ou décante la liqueur^ et on la conserve pour Tusage dans un flacon bien propre.
Préparations d'argent, faites avee la solution cidessus» N'' 1. On fait dissoudre du sel commun dans de Teau ^ et on y verse goutte à goutte du nitrate d'argent 5 jusqu'à ce qu*il ne se forme plus de précipité; on obtient ainsi une substance blanche 9 pe* santé 9 caillebottée^ qui étant séchée, après avoir été lavée à Feau chaude et exposée à la lumière , prendra une couleur pourpre foncé. On la désigne ordinairement sous le nom de muriate d'argent (chlorure d'argent).
N° a. A une solution de carbonate de soude dans Teau, ajoutez du nitrate d'argent; le précipité blanc qui se formera devra être lavé et séché y pour être conservé dans cet état : c'est du carbotiate d'argent.
N^ 3. Du carbonate de potasse employé au lieu de carbonate de soude, déposera également du carho^ nate d'argent.
N° 4* I^u phosphate de soude dissous dans Teau précipitera le nitrate d*arœut en phosphate d'ar* gent,
"^"^ 5. Mettez dans un creuset une portion queU conque d'argent laminé en feuilles minces; mêlezy du soufre 9 et placez le tout ^ur le feu. Le soufre étant fondu et consumé^ ajoutez-en une nouvelle quantité; et lorsque tout sera dissipé, retirez l'argent pour le faire chauffer au rouge sous une moufle 5 et le porphyriser ensuite dans un mortier.
N° 6. On plonge une lame d'étain dans une solution de nitrate d'argent, étendue et chauffée; l'argent
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qui s'attache à Tétain , sous forme de petites lames métalliques , est recueilli , lavé à l'eau chaude, et porphyrisé dans un mortier.
N° 7. On fait la même opération du n® 6, en substituant à rétain une lame de cuivre bien décapée^
Ces diverses préparations d'argent, mêlées avec d'autres iogrédiens dans les proportions qui vont être indiquées, forment toutes les teintes et nuances requises pour la peinture sur verre.
Jaune, i"" Parties égales de carbonate d'argent n'' a et de laque jaune sont mêlées ensemble, et broyées à l'huile essentielle de térébenthine; on y ajoute de cette même huile épaissie par Tâge (trois où quatre ans ) , et on applique la couleur par couches minces.
2** Prenez une partie de muriate d'argent n^ i , trois parties d'alumine obtenue d'une dissolution d'alun précipitée par le carbonate de soude, trois parties d'oxalate de êer préparé en précipitant une solution claire de sulfate de fer par Toxalate de potasse, deux parties d'oxide de zinc. Broyez d'abord à Teau le muriate d'argent avec l'oxide de zinc , puis avec les autres ingrédiens , et appliquez la couleur épaisse.
5"^ Parties égales d'argent n^ 2 et de laque jaune,' étant broyées à l'huile essentielle de térébenthine» et mêlées avec de l'huile épaisse , sont portées sur la glace par couches minces.
4° On procède de même avec uu mélange composé d'une partie d'argent n'' 4 9 une partie de laque jaune, et une demi-partie d'argile blanche; le tout broyé comme ci- dessus.
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Orangé, i* Une partie d^argent n*» 6, et deux parties d'ocre jaune et rouge^ mêléd par portions égales, sont lavées à Teau et calcinées au rouge. Après avoir broyé la couleur comme à Tordinaire y on Inappliqué mince.
2® On prend parties égales d*argent n^ 7 et d*ocre jaune et rouge , qu*on broie comme il est dit plus haut. Si Ton veut teindre en couleur orangée des panneaux entiers de glace, on augmente les proportions d*ocre. L*intensiié de la couleur dépend du degré de chaleur du fourneau , et du temps pendant lequel le verre y reste exposé. L'expérience peut seule servir de règle dans celte opération. .
Rouge, Broyez à Tordinaire et appliquez par couche épaisse parties égales d*argeut n'' 5 , et d'oxide brun de fer obtenu en chauffant des battitures de fer^ les faisant éteindre dans Teau, et les réduisant en poudre fine.
Traitez de même parties égales de colcotar et d'antimoine d'argent, préparé en fondant ensemble une partie d*argent et deux d'antimoine cru (sulfure d'antimoine), et puis les réduisant en poudre.
On procède, comme il vient d'être dit, avec un mélange composé de parties égales d'antimoine, d^argent; et d'ocre rouge et jaune.
Lorsqu'on veut teindre de grandes surfaces de glace, on augmente les proportions d'ocre et de colcotar, et on broie les couleurs à l'eau.
Manière d'appliquer Us couleurs.
La méthode pratiquée par la plupart des peintres
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sur verre , est de dessiner les contours avec de l'encre de la Chine, ou avec une couleur brune broyée à l'essence de térébenthine , et de laisser ensuite couler épais la couleur préalablement broyée à l'eau : mais ce mode a l'inconvénient de permettre à la couleur de passer au-delà des traits y ou de ne pas les atteindre; ce qui détruit l'effet du dessin.
Il vaut mieux tracer d'abord le sujet avec de l'encre de la Chine , et après avoir broyé Içs couleurs le plus tin possible , à Tessence de térébenthine , leur donner la consistance nécessaire avec cette essence épaissie, en y ajoutant un peu d*huile essentielle de lavande. On couvre les traits avec cette composition; el quand tout est sec, on enlève la couleur avec la pointe d'un morceau Âe bois ou d'un couteau sur les parties qui ne doivent pas être peintes. On peut ainsi exécuter les ornemens les plus délicats et les dessins les plus compliqués , avec autant de correction que de netteté.
Si la couleur exige d'être appliquée tellement épaisse qu'on ne puisse distinguer les traits à travers , on la laisse couler d'abord le plus également possible ; et lorsqu'elle est sèche , on dessine dessus les contours avec du vermillon broyé à l'eau ; ensuite on efface comme a été dit précédemment.
Outre la précision qu'on acquiert par ce procédé , l'artiste pourra appliquer diverses ombres ou nuances dans le même dessin ; tandis que par l'ancienne méthode, qui consiste à laisser couler la couleur, on n'obtient qu'une teinte uniforme.
Il faut avoir soin , en chargeant le fourneau , de ne pas mêler les pièces dont les couleurs auraient été
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broyées, les unes à Thuile essentielle de térébén* thine, et les autres à Teau. Il est indispensable de les séparer 9 de les laisser sécher convenablement, et de ne les placer dans le fourneau que lorsque celuici est modérément chaud.
Dorure sur verre.
Prenez une partie d'or fin en grains, et huit parties de mercure; chauffez d*abord le mercure, et ajoutezy For, préalablement chauflfé au rouge. Ce dernier étant entièrement dissous, on jette le mélange dans de l'eau froide pour le bien laver; ensuite on en exprime , à travers une toile serrée ou une peau douce ^ le mercure superflu qui, contenant encore un peu d'or, est réservé pour une autre opération.
L'amalgame qui reste dans la peau est mis à digérer dans de l'acide nitrique chaud, lequel, après s'être emparé du mercure, laissera pour résidu Tor sous forme d'une poudre très-ténue; cette poudre est lavée, séchée, et broyée avec un tiers de son poids de mercure. On mêle un grain de cet amalgame avec trois grains d'un fondant composé ,
De minium 9 >/> parties*
Borax cru 5 i/s.
Flint-glass. ...... 8.
et on l'applique ensuite de la manière accoutumée.
DES ABTS ET MéTIEftS. dSg
PSZXTTURS.
Procédé pour ta conservation des peintures à
fresque.
Un nouveau procédé pour transporter les fresque» d'un mur à un autre , sans endommager en rien la ' peinture^ a été imaginé par le signer Stefano Bazezzi^ de Milan. On recouvre la peinture d'une toile convenablement préparée; elle s'y fixe> et se détache ainsi du mur. On applique ensuite la toile à un autre mur^ auquel la peinture s'attache de nouveau , sans que le moindre trait se détruise ou s'altère. Il a été démontré que ce procédé est praticable; et l'inventeur est; en conséquence, occupé maintenant à déplacer une grande fresque de l'église deiia Pace, à Rome. On espère que , par Temploi de ce procédé-, on pourra sauver dune destruction entière la fameuse Cène de Léonard de Vinci 9 à Milan.