‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dans (volume 3)Chapitre 33 sur 54 · DES Â&TS ET MÉTIERS · texte numérisé non relu

DES Â&TS ET MÉTIERS

sa grande pureté. Effectivement, il ne contiendrait qu'une trace insignifiante d^argent , et il ne renferxnerait pas un atome de cuivre, de zinc, ni d'antimoine 9 métaux qui par leur mélange altèrent souvent la ductilité des plombs du commerce.

a* Conversion du sulfate de plomb en oxide^

Le 8ul£ate de plomb se convertit en oxide pur, lorsqu'on le chauffe à la chaleur blanche, après l'avoir mélangé avec une proportion de charbon seulement sufi&sante pour transformer Tacide sulfuriqué qu'il contient en acide sulfureux, ou pour former une quantité de sous-sulfure moitié moindre que celle qui se produit quand on réduit le sulfate en plomb. J*af trouvé^ par l'expérience, que la proportion de charbon qu'il faut employer est de o o3. L'oxidc que j'ai obtenu par ce moyen était parfaitement homogène • compacte, vitreux, transparent, et d*un beau jaune de résine. Ainsi, à Taide du charbon seul, on peut à volonté convertir le sulfate de plomb en sous-sulfure, en plomb ou en oxide.

Le plomb métallique décompose facilement aussi l'acide sulfuriqué que contient le sulfate de plomb, et change par conséquent celui-ci en oxide en s'oxidant lui-même. On trouve par le calcul que la proportion de plomb à employer doit être les o 63 du poids du sulfate : employant cette proportion , j'ai effectivement obtenu un oxide très-pur, et il n*e8t resté au fond du creuset qu'un très-petit grain de plomb métallique. SI l'on se servait de plomb argen « tifère 9 l'argent resterait avec la petite portion^ de

a^Ô LES 8BCAET8 MODERNES

plomb non oxidé , et l'opération équivaudrait à un afiSoage.

Pour réduire le sulfate de plomb en oxide, on pourrait encore substituer au plomb, soit de la ga« lëue, soit du sous-sulfure. L*addition de 7 gr. 3 de sous-sulfure à 10 gr. de sulfate m'a parfaitement réussi^ ainsi que le calcul devait le faire présumer.

Extraction dt Vaddt suifureitx.

Il serait possible d'opérer en grand la décomposition du sulfate de plomb dans des vases clos , tels que des tuyaux de terre ou même des tuyaux de fonte, et par conséquent de recueillir le gaz acide sulfureux qui résulle de celle décomposition : en faisant passer ce gaz dans des chambres de plomb remplies de vapeur nitreuse, on le réduirait en acide sulfurique. Si l'on employfiît le charbon pour réduire le sulfate de plomb, l'acide sulfureux qui se dégagerait serait mêlé d'un poids presque égal au sien diacide carbonique et d'o&ide de carbone, et les chambres se trouveraient promptement pleines de gaz. Pour éviter cet inconvénient, il faudrait réduire d'abord deux parties de sulfate de plomb en sous-sulfure, par le moyen du charbon , dans un fourneau de réverbère , et chauffer ensuite ce sous-sulfure dans des tuyaux avec une partie de sulfate de plomb. En suivant cette méthode, on extrairait en définitive du sulfate de plomb les deux tiers de l'acide sulfureux qu'il est susceptible de produire.

Pour retirer la totalité dé cet acide à l'état de pureté, il faudrait décomposer le sulfate de plomb par

DES AATS £T METIERS. 2yj

le plomb j par la galène, ou par la ferraille employée dans la proportion de o 1 5 ; mais je dois faire observer que le soufre est maintenant à si bas prix , qu*il est douteux que Fon puisse extraire avec profit l'acide sulfureux du sulfate de plomb i du moins par ces procédés.

Traitement de ta galène par U sulfate de jdamib.

Dans une usine ob Ton aurait à traiter à la fois de la galène et du sulfate de plomb , il y aurait beaucoup d'avantage à mélanger ensemble ces deux substauces» parce que l'on économiserait par-là tous les frais du grillage de la galène. Pour que la réduction et la désulfuration fussent complètes, il faudrait que le mélange se composât de 79 de galène sur 100 de sulfate de plomb; il en résulterait environ 157 de plomb métallique. Si la galène était argentifère, il conviens drait d'en mettre une proportion moindre dans le mélange, par exemple 5o pour 100 de sulfate, afin d'enrichir le plomb d'œuvre et d'en diminuer la quantité. De quelque manière que ces mélanges soient faits , ils devraient èlre traités au fourneau à réverbère, absolument de la même manière que là galène pure.

Décomposition du sulfate de ptomà par ia silice-

Le sulfate de plomb est indécomposable par la chaleur seule ; mais il y avait lieu de supposer qu'il serait facilement décomposé par la silice , et par toutes le» substances susceptibles dé se vitrifier avec

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l'oxide de plomb. L'expérience a confirmé cette supposition.

J*ai mêlé 16 grammes de cristal de roche réduit eo poudre impalpable, avec 1 1 gr. de sulfate de ploo^b; j*ai placé le mélange dans un petit creuset de Hesse exactement pesé, et j'ai renfermé celui-ci dans un autre creuset bien luté. J'ai chauffé le tout pendant une heure, en graduant la température jusqu'à la porter à 60* pyrométriques. Le petit creuset ayant été pesé de nouveau , j'ai trouvé que son poids avait diminué de 3 gr. 5 : or, cette perte correspond à peu près aux a gr. 9 d'acide sulfurique que contenaient les 1 1 gr. de sulfate de plomb employés ; ce sel avait donc abandonné tout son acide. La matière qui restait dans le creuset formait un émail spongieux , translucide et d'un très-beau blanc. J'ai répété l'expérience avec des proportions variées de quartz et de sulfate de plomb; il y a toujours eu décomposition. Avec 4 de quartz et 1 a de sulfate , 4 ^^ quartz et 6 de sulfate, j'ai obtenu des verres compactes, par£aitement transparens, d'un jaune de miel ou d'un jaune de soufre. Avec 4 de quartz et 5 de sulfate, je n'ai obtenu qu'un émail spongieux , même à la température de 1 5o^ pyrométriques. Il y a encore déoompo* sition du sulfate de plomb, et vitrification à la tem:pérature de 60®, en employant parties égales de ce sel, et d'un mélange d'argile et de chaux, fusible seulement à la température de i5o<».

Ces expériences donnant lieu de présumer que le sulfate de plomb serait propre à remplacer les diverses matières plombeuses que Ton emploie comme foudans, j'ai essayé de le substituer k l'alquifoux pour

vernisfier les poteries conmiuBOs^ et au minium puur préparer le cristal.

Subsiitution du suifate de fiomb à i'atquifoux.

J*ai endvift plusieurs petits creusets de Hesse d^une couche miooe de sulfate «de plomb délayé dans reau; )*ai renfermé ces creusets dans des étuis^ et je les ai chauffés à la chaleur blanche : ils se sont tous trouvés recouverts d'un verre jaunâtre » transparent et brillant, comme iis l'auraient été ei l'on se fût servi d'un alquifoux de premièce t|«ialilé. L'àlquilbux de pre* mière qualité est de la galène pore ; sa valeur serait àoeile du sulfate de plomb ^; i5 ; lo. Mais Talquifoux ordinaire eonlenaot, outre la galène , divers miserais de plomb moins riches, tels que du carbonate f «t des matières pierreuses en assez grande proportion , le sulfate de plomb aurait au moins autant de valeur.

Substitution du sulfate de plomb au minium pour

préparer te cristal.

Le verre auquel on donne le nom de cristal est essentiellement composé de silice, de potasse ou de soude, et d'oxide de plomb. On y fait entrer une proportion plus ou moins grande d'oxide de plomb, selon l'usage auquel on le destine. Celui qu'on emploie pour les objets de luxe contient généralement :

Silice» . o 611,

Oxide de pomb o 33.

Potasse o 06 CO- CO C*ef t le résultat qu'a donné Tanalyse qu'on a fcite du cristal de Vorrèclie.

aSo £88 8ECEfiT8 MODERVEB

Jusqu'ici on ne s'est servi que du minium pour préparer cette matière. Cet oxide, outre quUl coûte fort cher ( loo à lao fr. le quintal métrique) 9 a Tinconvénient de contenir souvent un peu d*oxide de cuivre 9 qui donne au verre une teinte bleuâtre. Le sulfate de plomb n'aurait pas cet inconvénient, puisqu'il est toujours parfaitement pur; et comme il ne vaut que 10 à la fr. le quintal métrique, on trouverait en même temps une grande économie à le substituer au minium. Cette substitution réussit parfaitement en petit , et je suis convaincu qu'elle réussirait également en grand pour la préparation des verres communs, et de ceux que l'on emploie pour couvrir les faïences à pâte blanche : mais comme je n'oserais garantir le succès quant au cristal^ de première qualité, parce qu'on exige que cette substance ait une compacité et une limpidité parfaites, et que je ne saurais affirmer que le sulfate de plomb ne nuira en rien à ces qualités, j'engage les manufacturiers à en faire l'essai. En attendant, je vais rapporter ici le résultat des expériences de laboratoire que j'ai pu faire à ce sujet. J'ai chauffé à la température de 60"* pyrométriques, dans un creuset de terre exactement pesé , un mélange de

Cristal de roche en poudre. ..... ta grammes.

Sulfate de plomb g.

Carbonate de potasse calcine a.

Après l*expérience, le poids du creuset avait diminué de a gr. 7 r celte perte correspond presque exactement au poids de l'acide sulfurlque contenu dans le sulfate de plomba et de l!aoide carbonique contenu

M8 ART» BT M^TlEftS. aSl

dans le carbcmate de potasse. La matière formait un ëmait vitreux» boarsouflé, transtucide, et d'un blano de lait. La chaleur n'avait pas été assez forte pour opérer la vitrification ; mais la décomposition du sul* fate de plomb avait été complète.

Un mélange composé de

Cristal de roche en poudre 7a grammes.

Sulfate de plomb 5o.

Carbonate de potasse calciné. .... i5.

ayant été chaufiTé à la température de i5o% a donnA un verre transparent » mais légèrement grisâtre et un peu bulleuz.

Dans une troisième expérience » j*ai obtenu un verre limpide 5 mais il n'était pas encore tout-à^fait exempt de bulles.

La difficulté d'obtenir du cristal sans bulles vient de ce qu'au moment où il entre en fusion , il éprouve un bouillonnement qui le boursoufle considérablement, et qui est tel, qu'il soulève quelquefois la matière jusque par-dessus le bord du creuset. Ce bouillonnement étant occasi'oné principalement par le gaz sulfureux et par le gasoxîgène, qui se dégagenl du sulfate de plomb pendant que ce sel se décompose , il m'a paru qu'on pourrait le diminuer beaucoup, et par conséquent qu'on éviterait tous \&i iolconvéniens qui en résultent, en préparant d'abord du silicate de plomb, aveo du sable siliceux réduit en farine et du sulfate de plomb, et en fondant ensuite ce silicate avec du carbonate de potasse. Les expériences précé* dentés prouvent qu'en employant, pour préparer le sâicate. de plomb, les proportions relatives de silice

aSs LB8 8BGRETS MODERKIS

et de sulfate de plomb qui entrent dans le cristal (environ loo de silice sur y 5 de sulfate], on n'obtiendrait qu*un émail scortforme ou spongieux qui n*éprouverait pas une fusion complète : cela serait avantageux en ce que cet émail ne pourrait endommager la sole des fourneaux » à laquelle il adhérerait à peine 9 et en ce qu'il serait plus facile à écraser et à broyer qu'un verre compacte. J'ai fait l'essai en em* ployant loo gr. de sable d'Aumont broyé et y5 gr. de sulfate de plomb ; et en fondant le silicate qui en est résulté, après l'avoir porpbyrisé avec iB gr. de carbonate de potasse ^ j'ai eu effectivement un verre transparent et parfaitement compacte ; mais il avait une légère teinte verdàtre : j'attribue cette coulew à quelques fragmens d'argile qui s'étaient détachés du couvercle du creuset.

Extraction de l'acide sulfureux.

Si Ton opérait la décomposition du sulfate de plomb par la silice dans des tuyaux de terre cuite, ce qui ne présenterait aucune difficulté, en ne chauffant pas la matière jusqu'à la fondre, on pourrait, en faisant passer dans une chambre de plomb qui contiendrait une certaine quantité de gaz nitreux, le gaz acide sulfureux et l'oxigène qui se dégageraient^ régénérer immédiatement l'acide sulfuriqué : il suffirait pour cela d'introduire de temps en temps une certaine quantité de vapeur d'eau dans cette chambre. Comme d'ailleurs il serait inutile d'y faire entrer de l'air atmosphérique , la chambre ne se remplirait pas d'azote, ainsi que cela a lieu dans le procédé

DBS iL&TS ET niTlERS. 365

ordinaire ; il ne serait donc jamais nécessaire de rouvrir, et par con8é({aent la même vapeur nitreuse servirait pendant un temps presque Ind^ni. Ainsi , par ce moyen , on ferait une sorte d'analyse du sulfate de plomb en introduisant la base dans une combinaison à laquelle elle donnerait une grande valeur , et n*employant d'autre agent qu'un peti de nitre, pour en extraire Tacide sulfurique.

DéoamposUion du 4uifate de piom6 par ic carào^

natc d'ammoniaque.

Pour ne rien omettre de ce qui est relatif au sujet que je irftitef i*iddiquerai ecKsore, en terminant, deux moyens de tirer parti du sulfate de plomb : le pre* mier consiste à décomposer ce sel par le carbonate d'ammoniaque impur, <}ue Tan obtient immédiatement de la distillation ides jnatières animales > à le transformer ainsi en carbonate , et à réduire ce carbonate au foorneau à manche ou au fourneau à Dé*verbëre. Ce moyen est fort bon, mais il est évident qu'on ne peut l'employer que dans ubc fabrique de sel ammoniac.

DéeompaHiion du suifitU de piomb par ie car*-

tonate de jH>iass6.

Le second moyen aurait pour but de transformer le sulfate de plomb en carbonate de plomb pur, pro* pre à servir à la peinture, c'est-à-dire encéruse. Pour opérer cette transformation, on ferait bouillir avec leiSttlfete de plomb du carbonate de potasse, puis on

a84 l'Es SECRETS M0DBR9B8

laverait et on évaporerait les liqueurs pour eu ex* traire le sulfate de potasse 9 que Ton vendrait aux fabricans d'alun.

PLUMES A ÉCRIRE rPrejpara^ion des}.

Les plumes d*oie sont les plus estimées 9 et même presque les seules employées. Voici le procédé de leur apprêt :

Lorsqu'on a arraché les plumes 9 on sépare d'abord celles qui appartiennent à l'aile droite de celles de l'aile gauche : cette séparation facilite beaucoup la manutention ultérieure. On dispose chaque paquet par ifOtteSf ou 9 comme les ouvriers l'indiquent 9 par comptes, lesquels comprennent un nombre de plumes qui peut varier de 100 {usqu'^à 1000. L'opération se divise ensuite eu deux temps: i<^ le mouUUige, ou plutôt le trempage s a"" te passage au sabU chaud.

Du trempage. Toute cette opération s'exécute dans une cave, parce que l'humidité la facilite « et rend les plumes plus flexibles. On dispose un baquet d'une capacité voulue et contenant de Feau de puits ou de fontaine; on trempe les plumes jusqu'au haut du tuyau ; on les laisse séjourner deux ou trois heures dans l'eau ; on les retire, et on les place sur le sable de la cave. Le lendemain la même manœuvre se renouvelle, en ayant soin de ne plonger cette fois la plume que jusqu'à la moitié du tuyau. Lorsque cette immersiou et cette exposition sur le sable (toujours

-DBS À1T8 ET MitIBES. Sk85

dans la cave ) ont été répétées pendant huit jours , en immergeant le dernier {our jusqu*au haut du tuyau^ les plumes ont acquis un grand degré de flexibilité, se laissent très-facilement comprimer sous les doigts, et sont désormais prêtes à être passées au sable chaud; ce qui se fait de la manière suivante :

Passage au saMc chaud. L'appareil nécessaire est une terrine et un petit fourneau. La terrine, qui a de ao à a4 pouces de diamètre, est semblable à celle que Ton emploie dans les ménages pour les petits savonnages : cette terrine reçoit jusqu'aux deux tiers de sa capacité, du sable, qui supporte le fourneau.

Ce fourneau est un prisme rectangulaire en fer battu très-mince, de lo pouces de long, 7 pouces de large, et 5 pouces et demi de profondeur, garni d'une grille , d'un couvercle , et présentant aux coins inférieurs des pieds de 4 pouces de long et qui enfoncent de 3 pouces dans le sable de la terrine. On conçoit par conséquent que, lorsque le fourneau est placé dans le sable, au centre de la terrine, il reste un espace de a pouces entre la surface du sable et la surface inféritiure du fourneau. C*est dans cet espace et dans le sable que Ton immerge les plumes : elles sont divisées en comptes de vingt-cinq ; on les passe rapidement dans le sable, en les agitant pour qu'elles ne brûlent pas : on les retire de cette première immersion avec la main gauche; on les dispose sur le genou du même côté; et avec un couteau préparé pour cette opération, c'est-à-dire qui ne raie ni ne coupe, et qui est tenu de la main droite , on presse fortement les plumes pour Ôter la première graisse, qui sort facilement, en ayant soin toutefois de ne ^a«

l86 I,B8 8BGEET8 MODERNES

endommager les tuyaux. On continue ensuite à passev dans le sable chaud sept à huit foiS| plus ou moins, c'est-à-dire jusqu'à ce que la plume soit cuite : on passera d'aiUeurs son compte de vingt-cinq sur le genou , Ton essuiera fortement avec un linge ; et si tout ce passage est fait avec promptitude et bien gouverné; il amènera toute espèce de plumes à cet état de dureté moyenne qui les fsiit rechercher pour récriture.

L'appréteur compose ensuite les liens à sa fSaotaisie; mais en général il réserve les plus, beaux liens pour les plus belles plumes, et le nombre de ces liens indique même la qualité parmi les plus belles.

Les plumes de cygne se préparent comme» ceUes d*oie.

Les plumes de corbeau se passent sept à huit fois à sec dans le sable.

Les plumes de canard sont bonnes, mais trop petites.

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