IMPRESSION DES ETOFFES
Fabrication des cylindres pour impression des
étoffes.
DkinB rétat actuel de cette fabrication, il existe trois sortes de cylindres : i* les cylindres en caivre iaune» pleins ou creux; 2*^ ceux en cuivre rouge, creux; 5"* ceux en cuivre rouge tit'és à la filière sur des mandrins en fer servant d*axe*
Les difficultés qu'on avait d'abord rencontrée's dans la fabrication des cylindres en cuivre jaune, paraissent avoir été surmontées complètement par M. Thiébault fils, fondeur, rue du Ponceau, à Paris; il en ' livre journellement au commerce un assez grand nombre , enarbrés , tournés et' prêts à recevoir la gravure. Ces cylindres, fondus ordinairement pleins avec une très-forte masseiotte ou surcharge de métal^ et à un diamètre de quelques lignes plus gros qu'ils ne doivent porter, étant finis, sont battus ou écrouis à coups de marteau dans toute retendue de la surface, afin de resserrer les pores du métal et d'en faire disparaître toutes les gerçures ou piqûres.
Cet écrouissage étant terminé , le cylindre est porté sur un tour à percer, ou on le fore par son centre dans la direction de-son axe, comme un canon. Ce trou est percé de part en part> si le cylindre doit
DES AET8 BT M^TlEAfi. 69
s'ajuster sur un axe général qui sert à plusieurs, lequel axe, étant légèrement conique 9 exige que le trou soit de forme oorrespondante, ce qui s'obtient au moyen d*un alésoir. Mais il parait qu*on trouve plus commode que chaque cylindre porte ses tourillons. Dans ce cas» on ne perce les bouts qu*à environ 6 pouces de profondeur ^ où chaque tourillon est fixé à vis , et tellement serré 9 que le travail subséquent à faire, tant sur les tourillons que sur le cylindre, ne puisse les ébranler.
La fabrication des cylindres en cuivre rouge, tels qu'on les fait aujourd'hui en Angleterre , sans soudures, fondus creux, n'a pas eu en Erance jusqu'à présent un plein succès. Les premiers essais n'ayant pas réussi, on s'est 4 tort découragé. Cependant les imprimeurs d*étoffes recherchent toujours ces cylindres de préférence à ceux en cuivre jaune , par la raison que le cuivre rouge est plus propre à recevoir la gravure que le cuivre iaiton, et que par sa nature il résiste mieux et plus long-temps à l'action corrosive des acides qui enM'ent dansla composition des mor-^ dans d'impression.
On fabrique en Angleterre une autre espèce de cylindres dont l'enveloppe est en cuivre rouge et mince , et le noyau en fer. Cette enveloppe , ou chemise » étant placée sur son noyau ^ on fait passer le tont.4ans une lunette de iiU.ère, qui écrouit la surface en même temps que le cylindre se trouve arrondi, ce qui ne laisse presque rien à faire au tour.' Un Anglais» M. Atwood, a formé à Rouei) une fabrique de cylindres de cette espèce.
pravure des cylindres* On grave les c^\iudte% ^^
^O LB8 SBGftBTS HODERtIES
trois manières différentes : i* au poinçon ; »o à la molette; 3® à i*eâiu-forte.
La gravure au poinçon est la seule donf on ait fait usage jusqu'à ces dernieM temps. Tout consiste à faire le poinçon ^ dont le bout gravé a la courbure correspondante à celle du cylindre ^ et à rappliquer sur la surface de celui-ci d*une manière régulière.
A cet effet le cylindre est placé sur un tour qu*on nomme machine à graver ; il y est maintenu par ses tourillons dans des collets fixes qui lui permetteni de tourner sur lui-même ; un plateau divisé est fixé sur un des bouts de Taxe , et sert à eu régler le mâuvement de rotation. Le poinçon gravé est tenu audessus dans une poupée qu'on fait mouvoir parallèlement au cylindre^ le long d'une forte barre de fér, au lùoyen d^une vis de rappel dont la tê^e poHe éga* lemeiit^ comme Taxe du cylindre, un plateau divisé qu^une alidade arrête à chaque division. Cette même poupée porte au-dessus du poinçon un petit mouton qu'on fait jouer à Taîde d'une t>éâ aie, et dont la chute peut être pla&f 6u' ntioins' grande , suivant k force de percussion qu'il faut exerO^r sur le poinçon poUr rîmprimer sur la surface du cylindre.
On voit qu'au moyen de ces dispositions , on peut non-seul0mènt apptlc^uer le poinçon d'une manière régulière sur tout lé .contour Au cylindre-, itïaisen*^ core dans le sensdesa longueur, et à des intervalles parfaitement régulariiséB: Le cylindre étant ainsi poinçonné partout, on* donne aul>'urin, on avec d'autres poinçons, les coups de force que comporte le dessin qu'on veut exécuter sur l'étoffe; toule là difficulté est dans la gravure du poinçoii; ' * '
DES AKTS BV MÉTtEKS. 7I
Feu M. White, habile mécanicien de Manchester, a décrit et gravé dans un ouvrage qu^il a publié sur les machines de son invention, intitulé une Centurie, une machine à graver au poinçon, qui opère par mouvement de rotation et par pression. Le cylindre à graver est maintenu par ses tourillons dans des collets fixe^, où il tourne librement sur lui-même; le poinçon est engagé dans un axe en fer d'une forte dimension, placé parallèlement au cylindre, lequel aîte, tout en tournant sur lui-même, a aussi la faculté de se mouvoir dans le sens de sa longueur, dans des poupées fixes. Le cylindre et cet axe sont assujétis à se mouvoir dans des sens contraires par le moyen de roues d'engrenage montées sur leurs axes, de sorte que le cylindre se meuve avec une vitesse accélérée ou retardée d'une quantité égale à la distance qu'on veut qu'il y ait d'un coup de poinçon à l'autre, prise dans le sens du contour. On sent qu'alors il doit y avoir entre le rayon du cylindre et la longueur du poinçon , prise depuis le centre de l'axe qui le porte jusqu'à l'extrémité gravée, le même rapport qu'entre les roues d'engrenage, sans quoi il en résulterait un glissement du poinçon contre la sur- j face du cylindre, ce qui ne permettrait pas une empreinte nette.
Le cylindre ayant achevé une révolution , l'outil se porte (îe lui-même vis-à-vis une autre rangée qu'il exécute de même, et ainsi de suite jusqu'à l'autre bout. Pour qu'il y ait exactitude dans Tespacemcnt des coups de poinçon , il faut que la denture des roues d'engrenage te permette aucun jeu. M. White y a employé sa denture en hélice. On aura remarqué que
^2 ^ LES 8EGEET8 M0DEEME8
le bout du poinçon destiné à être gravé doit être de forme cylindrique convexe 9 afin de s'appliquer e;cactement dans tous ses points sur la surface du cylindre.
Gravure à la molette» Cette gravure, que Ton commence à exécuter avec une grande perfection , sans faire cependant encore totalement abandonner la gravure au poinçon , la remplacera probablement pour les dessins continus , à points groupés, à palmes larges. Elle sera encore adoptée par raison d'économie ; car ce mode , extrêmement prompt , permet d'avoir la gravure d'un cylindre pour 5oo à 400 fr. , tandis que la même gravure, exécutée au poinçon, coûte de 6 à 700 fr.
Pour exécuter la gravure d'un cylindre à la molette, on a une machine analogue à celle dont on se sert pour graver au poinçon ; celui-ci est remplacé par la molette, qu'on presse fortement contre le cy« lindre à l'aide de deux leviers tellement combinés, qu'on puisse, avec un poids de ^à 10 kilogrammes, exercer une pression de la à i5oo kilogrammes, suitrant la dimension de la molette, la profondeur de la gravure et la dureté du métal. Cette molette est disposée de manière à ce que son axe prenne au besoin une position parallèle , oblique ou perpendiculaire à celui du cylindre, pour pouvoir graver annulairement, en hélice ou dans le sens longitudinal. Pour conserver à la molette et au cylindre le mouvement simultané, leurs axes portent des roues d'engrenage qui les y assujétissent.
Gravure des cylindres à feau-forte. Cette gravure s^exéeute comme celle en taille*douce. Le cy-
DBS AftTS ET UiTIIftS. ^3
lindre étant entièrement recouvert d'une couche de vernis 5 est placé sur un tour à guiliocber, au moyen duquel et d'une pointe , on forme sur sa surface le dessin qu'on veut avoir, par Tenievage du vernis. On peut faire aussi ces dessins à la main , comme pour le cas de la taille-douce ordinaire. Le métal étant mis à nu, on plonge le cylindre dans un bain d*acide nitrique très-faible, d'où, au bout d'un certain temps, on le retire tout gravé. Ce mode, quoi* qu'il y ait beaucoup à retoucher au burin , paraît piTomettre encore plus d*économie que la gravure à la molette. On fait très-facilement de cette manière de simples traits parallèles, ou qui s'enlacent dans des directions quelconques..
zMPasssxoir bbs toicx-ss.
Nouveau procédé d'impression en couleurs.
On trempe les toiles de coton dans une solcflion d'alcali et d'huile ou de graisse, formant un savon ioiparfait, ou bien on les fait bouillir dans une sola« tion de savon ordinaire. On doit préférer Temploî d'ane dissolution de soude et d'huile de lîllallipoli^ &ite dans la proportion d'aw gallon d'huile sur ao gallons de lessive de soude, marquant 4° ^ à l'aréomètre^ de Tadwell. On fait sécher les toiles à l'étuve^ et on recommence l'opération plusieurs fois, selon l'éclat et la solidité que l'on veut donner à la couleur. Dans ces dissolutions, on ajoute un peu de fteiA.^ ^<b II. t\
74 ^ ^ES SBCaSTS MODERNES
mouton, pour les trois premières immersions; c'est ce que les auteurs appellent le éain de fiente. Après que la toile a reçu ces immersions, on la plonge pendant douze heures dans de Tâau anfienée à la tempe* rature de 6o* , c*e8t ce qu'on appelle le bain vert. La toile étant ensuite séohée à l'étnve , on la trempe de nouveau dans une solution d'alcali et d'huile ou de graisse, ou bien on la met bouillir dans une dissolution de savon > comme il a été dit plus haut , mais désormais sans additiôla de fiente. On répète cette opération encore quatre fois ou plus , ayant attention de faire sécher chaque fois à Tétuve. Ces immersions, auxquelles on donne le nom de éains éiancs, étant terminées, et la toile étant rincée à Teau fraîche, et ensuite séchée , elle est maintenant prête à recevoir en premier lien ce mordant pour écarlate, dont voici la composition : On prend deux mesures égales d'une décoction de noix de galle marquant 4** à 6° à Taréemètre de Tadv^ell, et d'une solution d'alun marquant demi-degré. L'alun est traité préalablement avec de la potasse ou de la soude , dans la proportion d'une once d'alcali sur une livre d'alun : on chauffe ce mélange jusqu'à yo^, autant que la main peut en supporter la chaleur; on y plonge l'étoffe , on la sèche et on la lave comme il sera dit ci-après, «t elle développe une superbe couleur d'écarlate, égale , si non supérieure, à celle qu^roduit la cochenille; c'est la couleur du fond qui fait'I^objet de cette invention. On peut produire le même effet en employant la galle et Talun séparément : on peut aussi substituer à la noix de galle, les substances suivantes :récorce ou Ja sciure de chêne , le sumac , les myrobolans , la