HOUILLE
CarionUaiion de la houiHe» ou fabrication du
coke.
La fabrication du coke par distillation en vases cioB n'a pas donné jusqu'à présent un coke convenable pour le traitement du fer ; et on continue à fabriquer ce charbon par l^s moyens suivans :
La carbonisation de la houille pour les hauts-fourneaux et le travail de la fonte, s'opère assez généralement par un procédé fort simple » tout-à-fait analogue à celui que Ton suit pour la carbonisation du boÎA.
On forme avec la houille en morceaux, sur un terrain battu > un tertre conique dont la base est de 5à 6 mètres, et la hauteur d'environ i mètre. Les plus gros morceaux sont placés près du centre , où Ton ménage , comme pour le charbon de bois, un vide qui sert de cheminée. On introduit le feu en OQt endroit; bientôt la température du centre s'élève et gagne de proche en proche. On laisse agir plus ou moins, suivant que la houille est plus pu moins bitumineuse ; on recouvre de menu de houille ou de poussier de coke les endroits où l'activité du feu est trop grande.
Pour faciliter cette opération , on a imaginé de
construire une cheminée en briques à demeure, en forme de cône , ayant des ouvertures latérales pour laisser échapper les produits gazeux. Cette modification parait heureuse en ce qu'elle pré\\etkV \xtk^ ^^^xVv^
de la combustion de la houille située au milieu du tas.
La carbonisation en plein air dure quarante à quarante-huit heures. On reconnaît qu'elle est terminée, lorsque de la masse incandescente il ne s'exhale plus de fumée ni de flamme rougeâtre allongée ^ mais qu^au contraire la flanune est devenue blanche et eourte. Alors on étouffe le feu à l'aide du poussier ; et dès que le charbon est moins chaud , on achève de réteindre en l'étalant sur le sol. Il se trouve quelquefois des parties qui n^ont pas été entièrement privées de bitume; on les sépare pour les faire passer dans une carbonisation suivante.
Le coke, pour la fabrication des aeiers fins^ se prépare de la même manière ; mais on ne recouvre pas le tas de poussier, et on laisse la carbonisation s'opérer plus complètement : on l'étend alors sur le terrain , puis on l'arrose avec un peu d*eau pour hâter son extinction. Ce coke, moins impur que les autres , s'obtient à la vérité en moins grande proportion , et brûle sans développer autant de chaleur.
^ On se sert quelquefois, pour fabriquer le coke, js- d'enoeikites rectangulaires ou arrondies, fermées de , -murs en briques^ au bas desquelles sont pratiquées des ouvertures de 8 centimètres en carré , espacées d'environ i mètre 3o centimètres, qui, laissant à volonté accès à l'air, permettent d'activer ou.de ralentir le feu. On arrange la houille en morceaux, en forme de cônes, laissant des interstices pour la pénétration de l'air.
On carbonise la houille menue et collante, dans des fours clos construits en briques , et accolés tous
DES liHTS ET MéTlBBS. 5y
ensemble dans un seul corps de maçonnerie , qui oc-^ cape un espace de i3 à 14 mètres de longueur sur 4 de large. L'ouverture au gueule par laquelle on introduit la charge s'élève à 65 centimètres au-dessus du sol. A partir de cette hauteur jusqu'à celle de « mètre 3o centîm. à 1 mètre 60 centim., ces fours ont une forme pyramidale ; à leur sommet est pratiquée une issue de 24 à a5 centimètres en carré , que Ton ferme plus ou moins ^ ne laissant seulement que le passage nécessaire pour que la flamme ne sorte pas par Touverture de la porte qui doit donner aocès à Tair atmosphérique , et se rétrécit ou s*augmente à volonté. Le four étant une fois échauffé, la carbonisation s'y opère en vingt-quatre heures. Après chaque opération , on casse le coke dans le four , puis on l'extrait à l'aide de longs crochets en fer; il s'éteint spontanément lorsqu'il est étendu à Tair. Cette méthode 9 suivie en Angleterre ^ s'emploie aussi au Creuset et à St- Etienne.
Dans les moulerics en fonte, le coke, pour Tusage de la fonderie , se prépare dans des espèces de fours de boulanger : des ouvertures pratiquées latéralement au-dessus de la voûte portent la flamme dans une chambre autour de laquelle des conduits la font cir-^ culer, et qui sert d'étuve à courant d'air chaud pour la dessiccation complète des moules en sabis étUvé et de leurs noyaux.
£n carbonisant la houille dans des fours fermés, à une température assez élevée, pendant cinq à six heures que dure l'opération , et conduisant la fumée dans une série de chambres en briques et voûtées, le charbon léger que celte fumée entraîne &e ^^^^ç»^ ^xv
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très-grande partie^ et constitue le noir de f ornée ^que Ton fabrique aux environs de Saarbruck 9 à Saint- ÉtiennC) etc. Le noir nécolté forme environ la trentième partie de la houille employée. Celui qui se dé« pose dans les parties les plus distantes du fourneau est préféré dans le commerce à caujBe de sa grande division.
Les procédés de fabrication que nous venons de décrire donnent , terme moyen 9 de 5o à 60 de coke en poids, pour 100 de houille employée. La proportion est d*autant plus for le que la carbonisation s'opère d'une manière plus régulière et plus lente , que l'accès de Tair est mieux ménagé , et que Textinotion se fait plus rapidement 9 etc. Les menus de coke et ceux de houille non collante s'emploient utilement à la confection des ériçtiôttes^ouT chauffage.
HUILES C Épuration en grandes masses J.
M. Mathieu Wilks, de Dartford, comté de Kent, a pris un brevet d'invention pour le procédé épuratoire qui suit, appliqué à Thuile de lin , de chènevis. de colza , de noix , etc.
'Dans 236 gallons d'huile (environ mille litres), il mêle avec le plus grand soin six livres d'huile de vi«^ triol (acide sulfurique concentré) ; il chauffe et remue en tous sens ces liquides pendant trois heures; il y jette ensuite six livres de terre à foulon en poudre , bien mêlée avec quatorze livres de chaut vive, et il eatretieat encore la chaleur pendant trois autres^
DBS ABTO BT MBTIBES. 69
heures , en contiouant à remuer fortement et constamment rhuile.
Ensuite il verse le tout dans une chaudière qui contient un volume d'eau égal à celui de Thuile ; il fait bouillir et continue à remuer ce mélange pendant trois heures. L'épuration étant alors complète , il éteint le feu , laisse le tout se refroidir , et il ne reste plus qu'à soutirer l'eau pour en séparer Thuile^ qui se trouve bien clarifiée, et dont on peut faire usage quelques jours après.
BUZI.B »B VZBBS 1>B BŒUF
( EXTRACTION DE l' ).
On extrait des abattis de bœufs , vaches et moutons ^ une huile animale, blanche, inodore, très-utile dans les arts, en les faisant bouillir avec une suffisante quantité d'eau, jusqu*à ce qu*ils soient parfaitement cuits. On enlève l'huile et la graisse qui surnagent l'eau, et on les jette dans une seconde chaudière dont l'eau est près de bouillir, où on les laisse vingtquatre heures pour lui donner le temps de se débarrasser des substances les plus grossières. Au bout de ce temps, l'huile claire et jaune est soutirée par un robinet adapté à la chaudière. Cette huile est mise dans une troisième chaudière avec une nouvelle eau assez chaude pour que la graisse qui y est encore mêlée ne puisse pas se figer. Vingt-quatre heures après, on laisse refroidir; la graisse se fige, on l'enlève, et on soutire au moyen de robinets l'huile pure
6o LBS SECRETS MODERNES
qui se trouve au-dessous : c*est là l'hilile de pieds de bœuf dont on fait un si grand usage dans le bel éclairage.
BUZI.S »S RZOZM
(nouveau moyen proposé pour l*extragtion de 1*3.
Ce moyen est fondé sur la propriété très-remarquable qu*a rhuile de ricin d'être soluble en toute proportion dans Talcool , ce qui la différencie tota^ lement de toutes les autres huiles fixes.
M. Fusuer a imaginé de délayer à froid une livre de semences de ricin privées de leur enveloppe corticale^ dans 4 onces d'alcool à 56% et de soumettre ee mélange à la pression , après Tavoir introduit dans un sac de coutil ; il en est sorti avec facilité u» liquide qu'il a distillé pour en retirer la moitié de Talcool. Le résidu huileux, lavé ensuite à plusieurs eaux, a été exposé à une douce chaleur pour en séparer le reste de rhumidlté , puis jeté sur des filtres placés dans une étuve à 36° de chaleur. L'huile obtenue par ce moyen est limpide, très-douce au goût , et en plus grande quantité que celle fournie par les procédés précédemment en usage ; car M. Fuguer en a retiré dix onces par livre de se* menées.
DES ABTS BT METIERS. 6t
BUZI.S8 AS P0ZS80M
( PROCEDES DE LA DÉpURA^OH DES ).
N** I. Prepi'ier procédé (à froid ).
Lbrsqu*on ne veut dépurer Thuile de poisson qu'à un faible degré et à très-bon marché » on opère comme il va être dit.
On mêle ensemble »
I gallon (Thuile puante.
X once de craie pulve'risée.
I i/a once de chaux éteinte à Taîr.
Après avoir fortement remué ce mélange , et y avoir ajouté une demi-pinte d*eau , on le remuera violemment pendant un certain temps ( qui ne peut être trop long).
On laisse en repos le mélange pendant une ou deux heures, puis on le remue de nouveau; ce qu*on répète pendant deux ou trois jours.
( On voudra bien se rappeler que la même chose doit être faite dans tous les procédés suivans. )
Alors où ajoute une pinte et demie d*eau, dans laquelle on a fait fondre une once de sel commun, et on continue à remuer le mélange , comme il a été dit, pendant un ou deux jours.
On le laisse ensuite en repos ^ pour permettre à toutes les matières solides et à Teau de tomber au fond du baril.
Lorsqu'on décante Thuile^ on la trouve claire et
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opère suivant le second procédé , el après Tavoir décantée 9 on emploie ,
I onc« de craie.
1/4 d'once de potasse.
1/3 once de sel comman dissous dans Teau.
Observations sur le premier procédé,
1» Toute espèce d*huile animale ou végétale ^ putride 9 rance, puante 9 perd presque tous ses vices dans la dépuration par le premier procédé; sa couleur s'améliore aussi, et elle devient beaucoup plus propre à la combustion dans les lampes.
20 II reste toujours une certaine quantité d'huile dans la lie et dans Técume qui surnage sur la saumure , après qu'on a fait la séparation des liquides. Pour ne rien perdre donc , on jette ces sortes de déchets dans une autre barrique destinée à être épurée. Si ces déchefs devenaient embarrassans par leur volume 9 ou si on terminait l'acte de la dépuration, on Jes mettrait avec la saumure dans un vase long et étroit , en y ajoutant une certaine quantité d*eau fraîche. Il faudrait remuer fortement; et quand le dépôt serait fait, l'huile, étant purifiée, viendrait ^er à la surface , ce qui permettrait de la recueillir
D8 en rien perdre.
Oéservations sur ie troisième procédé.
1^ Plus l'huile de baleine est putride et sale, plus ics résultats de la dépuration par le troisième procédé sont grands, surtout si celte huile eat sans mélange.
DE8 ARTS ET HiTlBBS. 65
Oû observe que celle de veau marin peut s'épurer parfaitement à chaud ^ et qu'elle exige une opération particulière.
11 n*est pas d*huile animale' qui acquière propor-^ tionnellement autant de qualité et de valeur que celle de baleine , gui est la plus viciée et la plus fétide; il n*en est pas non plus qui se conserve intacte pendant un temps aussi long > quand elle a été traitée par le troisième procédé. Elle brûle alors sans laisser aucun résidu dans la lampe, et lorsqu'on remploie pour les étoffes, on trouve qu'elle y adhère moins que toute autre.
Cependant, s'il fallait lui donner plus de consistance et plus d'onctueux , ce qui peut devenir nécessaire en fabrique, on y ajouterait une quantité <;onvenable de suif ou de graisse , qui ne lui ôterait aucune de ses qualités.
»'' La quantité et les proportions des ingrédiens doivent varier suivant que l'huile est plus ou moins putride et impure ; celles qu'on a indiquées sont le tninimunip et communément il les faut plus grandes. Au reste on devient facilement habile, parce que l'épreuve n'a aucune complication. Ainsi, quand on s'apercevra qu'après avoir chauffé pendant 6 ou 8 heures, l'huile n'aura perdu qu'une partie de son odeur , et que la chaux , la craie ne s'en seront pas séparées, on ajoutera un tiers ou un quart en sus de potasse calcinée, et Ton continuera à chauffer.
On observe aussi que la chaleur diminuant le volume de l'eau en la vaporisant, il est nécessaire d'en verser de temps en temps de nouvelte dans la chaudière.
§6 LES SEGfiETS MODERNES
S"* Si quelque circonstance obligeait d*iDterrompr6 la chauffe, même pendsQt plusieurs jours, Toperatlon n*en souffrirait pas; mais, en la reprenant j il faudrait ajouter un peu de potasse calcinée dissoute dans Teau, et remuer le mélangea plusieurs reprises avant de le faire bouillir de nouveau.
On peut aussi faire une économie sur le combustible 9 en jetant les ingrédiens dans Thuile quelques jours avant qu'on la fasse bouillir , et en secouant fortement et fréquemment la barrique.
N" IV. Quatrième procédé.
On met dans un gallon d*huile extrêmement puante une pinte d*eau dans laquelle on a éleint a onces de chaux vive 9 déjà efileurîe à Tair. On remue le mé* lange souvent pendant 24 heures 9 et après Tavoir laissé reposer un jour 9 on sépare les deux liquides.
Si rhuile n*a pas le degré de jitureté qu'on exige 9 on la traite d'après le troisième procédé 9 en réduisant la dose de potasse à Tonce, c^t en supprimant la chaux et la craie.
On peut substituer ce procédé au premier. Il purifie rhuile à un haut degré 9 la rend propre à beaucoup d'usages 9 et particulièrement il la prépare très-bien à être dépurée par le troisième procédé.
On n*oublicra pas que les déchets de ces diverses opérations forment un engrais de la qualité la plus féconde.
Je dois 9 avapt de finir cet article 9 faire connaître une nouvelle invention dépuratoire 9 par la filtration9 due à M. John Baker, de Londres 9 qui a reçu pour
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cela une récompense de la Société d'encouragement.
Le filtre se compose :
1** D'un pol à fleurs vernissé en dedans et en dehors;
ft* D*un morceau d*éponge sèche et bien propre 9 qu'on fait entrer de force dans le petit trou pratiqué pour l'écoulement de l'eau : l'éponge doit faire saillie eo dessus et en dessous.
L'huile de poisson du Groenland , filtrée de cette manière 9 donne la même lumière que le spermaceti ; elle peut être livrée au commerce et à la consommation au sortir du Gilre.
La même éponge pourrait servir plusieurs fois , mais il vqut mieux en changer à chaque filtration 9 sauf à employer de nouveau celles qui ont déjà servi, toutefois après avoir été nettoyées.
Il serait difficile d^indiquer un moyen supérieur à celui-ci eu simplicité et eo bon marché.
6S LES SEGEBT8 MODEEHlSS