‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dansChapitre 17 sur 68 · On enlève le col · texte numérisé non relu

On enlève le col

3« On coupe la bouteille en deux parties égales^ on laisse la substaAe se refroidir et prendre une certaine consistance ;

4- On presse chaque demi-pioire dans un moule cylindrique de métal (tenu chaud) au moyen d'un piston également en métal, on maintient le pislon quand on le retire de dessous la presse au moyen d*iui aFréty puis on refroidit 9 au moyen de Teau fratche» et le moule et le disque de caout-chouo qui y est contenu;

5* On découpe ce disque flat^ en une bande d'égale épaisseur, à Taide d'une machine dont suit la descrip* tien : le couteau découpeur est une lame circulaire ; il tourne autour d'un axe horizontal fixe. Le disqua de caout-chouc s'approche de ce couteau en tournant autour d'un axe vertical mobile; le couteau s'engage dans le caout-chouc, et pour qu'il enlève toujours une bande d^égale épaisseur^ Paxe du disque s'avance toujours, guidé par une vie, dans une direction perpendiculaire au plan du couteau. Ce couteau plonge par-dessous dans une masse d'eau froide qui le retrempe et fait qu'il coupe mieux. La vitesse du mouvement de translation de la vis qui fait avancer le centre du disque, est combinée avec celle des mouvements de rotation du couteau et du disque ;

6. La transformation des bandes de caout-chouc en fils ténus, s'opère par les moyens suivans : on engage ces bandes entre des couleauz circulaires d'un petit diamètre 9 montés sur deux rouleaux. çVa!^€% «a

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regard, comme les cylindres d*un laminoir. En fbisant tourner ces rouleaux et leurs couleaux, ceuz*ci découpent la bande en fils d*une largeur égale à Técartement des couteaux ; ^

7. Les fils de càout^efaouc sont déposés dans des vases pleins d*eau froide ; puis on les ramollit par Teau chaude, et on les élire autant que possible^ en les enroulant sur un rou»t qu'un ouvrier fait tourner rapidement, tandis qu*un autre, placé près du vase contenant Tean chaude , file le caout^chouc en le maintenant tendu; puis on niet ces dévidoirs d%ns un lieu frais pour donner aux fils la raideur nécessaire au travail subséquent;

8. On enveloppe ces fils d*un lacet , à l'aide de machines à lacets, aux plateaux desquelles on donnera» par exception, 4& ^ 4^ centimètres de largeur;

9. On transforme enfin ces fils en tissus sur le métier. Ici il est bon de donner à chaque fil sa bobine^ et de tirer celle-ci par une corde qui tend un poids convenable , afin de donner à chaque fil la même tension ;

10. Enfin, on rend au caout-chouc toute son élasticité^ en chauffant les tissus à Taide d'un fer chaud ou par tout autre moyen.

On conçoit que si les fils n'étaient pas préalablement refroidis et rendus inextensibles, ils s'alonge* raient 'pendant le travail, et en se contractant ensuite de quantités variables , feraient goder les tissas.

Le laoet dont on recouvre les fils^ sert principalement pour les protéger contre les dents du peigne Hiavall 80r le métier.

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GÂBBOHATE DE CUIVRE.

(NouB n'en parlons ici que sous le point de vue d*ane formation artificielle de malachite.)

Le carbonate de cuivre existe à deux états différens dans la nature, soit d*une 1res -belle couleur verte, formant ce qu'on appelle la malachite j que Ton rencontre quelquefois volumineuse en Sibérie ^ soit eu petits cristaux, en veines ou en rognons, d'une couleur bleue assez brillante, et que Ton appelle bleu de numtagM. Au premier état le carbonate de cuivre est très-recherché pour en faire des meubles et objets de prix; on peut obtenir le carbonate de cuivre sous forme pulvérulente, en précipitant une dissolution d*an sel de enivre par un carbonate alcalin.

Récemment M. Béqueret, de l'Académie des Soieaceâ, a fait voir que Ton pouvait obtenir une incrustation dans un calcaire grossier , par un procédé qui n*est encore susceptible que de résultats scientifiques, mais dont l'application aux arts deviendra peut-être importante; voici comment on y parvient. On plonge une plaque de calcaire dans une dissolution de nitrate de cuivre ; il se forme bientôt, à la surface, une couche de carbonate de cuivre vert ; quand elle a acquis une assez grande épaisseur, 00 retire la pierre et on la fait tremper dans une dissolution de carbonate de soude. Au bout de quelque temps Faction est terminée, et une couche uniforme de carbonate de cuivre la recouvre de toute part ; sa teinte a l'éclat de la malachite, et si la pierre est susceptible de prendre on poli convenable, elle imite d'une oiam^t^ *à^s^^^

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remarquable la malachite naturelle. Si au Heu de calcaire ordinaire on prenait un albâtre calcaire qui pût être pénétré de dissolution de cuivre 9 on obtiendrait des veines qui donneraient à l'objet ainsi préparé une complète ressemblance avec cette pierre précieuse.

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La cochenille sert à la préparation de Vune des couleurs les plus brillantes , les plus belles qu*em« ploient les peintres, et qui est connue sous le nom de carmin. G*<est à Pelletier et Caventou que Ton doit une connaissance exacte de la matière colorante de la cochenille^ qui se précipite toujours en combinaison avec plusieurs autres substances, et forme alors des composés variables par leur teinte, suivant le réactif employé pour cette précipitation.

La cochenille renferme constamment de la carmintf une matière animale, et une substance grasse. Pour obtenir la matière colorante à Tétat de pureté, on épuise d'abord la cochenille par Télher pour enlevar toute la matière grasse, et on dissout ensuite (a car* mine par Talcool; en abandonnant la liqueur à Tévaporation spontanée, la couleur se précipite sous forme de petits grains d'une belle couleur roug«. Pour en séparer la matière grasse, on met ces grains en contact avec de [l'alcool très-concentré que l'on «épare ensuis par décautation, puis on y ajoute un

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volume égale d*éther : alors la carmioe est précipitée à rétàt de pureté.

La carminé pure est d'un rouge pourpre éclatant» inaltérable à Tair, fusible à 5o% facilement destruotibls par le chlore et les acides concentrés, trës^soluble dans Teau et peu dans l'alcool concentré, insoluble dans l'éther et les huiles.

Les matières animales, et surtout la gélatine s^u* Hissent facilement avec la carminé, et c'est de ce composé que résulte le carmin.

La préparation de cette couleur présente des dlffî« cultes, et la même is^cetle donne rarement des produits semblables entre les mains de tous ceux qui la suivent ; les fabricants cachent en général avec soin les manipulations qui leur donnent de beaux prodnits^

Les diverses recettes publiées rentrent toutes dans Tan des procédés su i vans , donnés par M. Mevlmée. On fait bouillir pendant un quart-d'heure « un demi-kilogramme de coclTenîlle en poudre, dans de Teau de rivière ou de pluie à laquelle on ajoute de seize à vingt grammes de carbonate de soude ou de potasse; on ajoute ensuite à la liqueur trente-deux à quarante grammes de bel alun en poudre, et on agite avec un pinceau ou une spatule ; on retire la bassine du feu; on laisse reposer une demi-heure, et le liquide décanté est versé dans des assiettes bien propres, qu'on abandonne pendant huit jours dans un lien tranquille à Tabri de la poussière; on décante, et on trouve le carmin au fond des assiettes; on le fait sécher dans une étuve à une très-douce chA?^ leur. \

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M. Hérimée a vu préparer da carmin très-beas par le procédé suivaDt, que le fabricant avait cher^ ché à déguiser.

Cinq cents grammes de cociienille furent bouiHiB pendant un qnart-dlieure avec deux seaux d*eau dans une bassine de cuivre étamée; on y ajoutb environ huit grammes de crème de tartre on de bi-oxa* late de potasse (sel d^oseille) ; la basine rétirée du feu» on passa la liqueur sur un tamis de soie» et après ravoir tirée à clair on y versa une liqueur à laquelle on avait mêlé un peu de carmin ; la décoction de co«> chenille prit à l'instant une couleur de sang trèa-inrHlante; on fouetta le mélange pendant quelques instants avec un balai d^osier, et on le versa sur une toile serrée; le carmin qui resta sur la toile était d'une teinte extrêmement riche.

La liqueur versée dans la décoction était» à ce qne pense M. Mérimée, un mélange de sel d¥tain (ohlorure d'étain) et d'alun , qui, ayant une teinte blanchâtre, avait été ajoutée avec un peu de carmin pour en cacher la nature.

Le procédé suivant fournit un beau carmin ; mais il faut une précaution parliculiëre pour réussir : elle consiste à réunir le mélange dans une bassine à bord plat et large ; si le bord était rond, la liqueur se dé* cauterait mal et ne serait pas parfaitement claire : c'est à cette circonstance qu^est due le non suedès de quelques personnes qui ont suivi ce procédé» q[ue voici :

On fait bouillir cinq cents grammes de cocheniBe

en poudre dans quatre k cinq seaux d'eau de rivière ;

Oit y ajoute quatorze à quinze grammes de carbonate

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de soude ou de potasse ; Tébullitioii est accompagnée d'une effervescence que Ton appaise avec un peu d'eau froide, ou en agitant avec un gros pinceau. Quand la liqueur a bouilli quelques minutes, on place la chaudière sur une table pour pouvoir la décauter focilement ; on y jette vingt-quatre à trentedecÛL grammes d'alun bien pur en poudre, et on agite avec le pincttau : la couleur devient d'un rouge foncé. Après quinae à vingt minutes, la cochenille est entié- Temanl déposée, et le bain est parfaitement clair; on le décante dans une chaudière, d'égale capacité que Ton met sur le Cbu, et on ajoute quatorze grammes de colle de poisson dissoute dans un litre d'eau , on remue bien avec un pinceau propre, et on laisse la basftine sur le feu jusqu'à ce que Tébullition commence. A ce moment le carmin monte à la surface, on retire ia bassine du £&u,on agite quelques instans, et après vingt minutes à demi-heure au plus^ le carmin est déposé au fond de la chaudière, on décaute et on verse la matière sur une toile serrée.

La colle de poisson se prépare en la coupant par petits morceaux, et la laissant tremper pendant une nuit dans l'eau. Elle se gonfle considérablement^ on la triture alors dans un mortier de verre ou de porcelaine, on verse dessus de l'eau bouillante, elle se dissout avec facilité.

Quand on emploie le earmin pour la préparation des fleurs Mtiflcielles , il faut le dissoudre dans l'ammoniaque : on s'en sert aussi pour colorer les bonbons djàns l'art du confiseur.

Le carmin est souvent falsifié par du vermillon, il est très-facile de reconnaître oeUe ft«uAft«a\$

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tant avec un peu d'ammoniaque, qui dissout seule* ment le carmin » et laisse intactes les substances étrangères.

La dissolution aqueuse de la cochenille est d*un rouge cramoisi, elle passe au rouge vif par les aeides» un excès de ceuxrci la rend rouge jaunâtre, puis enfin jaune, les alcalis la font passer au violet : la chaux seule la précipite. On peut restituer la couleur primitive par Taddition d'acide ou d'alcali selon le cas.

La carminé est précipitée entièrement par l'alumine, la laque qu'on obtient dans ce cas^ est d'un beau rouge qui devient violet par l'ébuUition

L'acétate de plomb , le protocfalorure d'étain et le proto-nitrate de mercure précipitent la dissolution aqueuse de cochenille en violet, et le dento-nitrate en rouge écarlate.

Le nitrate de plomb, les sels de cuivre, de baryte i de sirontîane, de chaux, lui donnent une teinte violette ; ceux de potasse , de soude et d'alumine, une teinte cramoisie; le chlorure d'étain, la précipite en rouge très-vif.

CAR?aAME.

Le carthame est employé pour teindre en rose et en rouge vif. On ne parlera ici que de son produit spécial connu sous le nom de rouge végétal ou de fard des Dames.

Le carthame renferme une matière colorante d'un beau rovgo cuivré j d'apparence tout-à-fait métalli-

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que, que Ton isole en lavant d'abord le carthame à Feau froide pour lai enlever une autre matière {aune très-soliible, puis ou le met en contact à la température ordinaire 9 avec une dissolution faite avec un poids de carbonate de soude cristallisé égal an poids des fleurons de carthame pris à l'état de srccité, tels qo'on les trouve dans le commerce , et quinze fois leur poids d'eau de pluie , la matière rouge se dissout, on passe à travers une toile serrée , on place dans la liqueur éolaircie des écheveauz de coton imprégnés d'une dissolution d*acide citrique , la matière colorante se dépose sur le coton , on le sèche, on le lave, puis on le traite de nouveau par une dissolution de carbonate de soude, qui redissout la matière colorante, que Ton précipite alors par une dissolution d'acide citrique : le dépôt se fait seulement , on le lave soigneusement à l'eau de pluie froide, on le dessèche ensuite sur des assiettes dont on l'enlève par écailles.

C'est à cette matière qu'on a récemment imposé le 00m de carthamine. Elle est insoluble dans Teau froide, assez soluble dans l'alcool, et peu soluble dans l'éther. Les acides en avivent la couleur, mais ne la dissolvent pas. Les carbonates alcalins la dissolvent en la jaunissant; les alcalis caustiques la détruisent. Jusqu'ici on n'a encore pu avec avantage substituer aucun acide au citrique , dans la fabrication du carmin«

La carminé, exactement broyée avec un peu de talc mou, ou craie de Briançon , constitue le rouge defard^ dit de petit- pot.

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