CHANDELLES DE SUIF
Les suifs, tels qu'ils sont extraits de l'animal, portent le nom de suifs en branche. Ces masses sont formées d'un grand nombre de petites vésicules qui rcnferment le suif. Ponr séparer ces membranes de la ma« tière grasse, on emploie presque généralement le procédé suivant qui, certainomcut est très-défectueux. On coupe les branches de suif en petits morceaux , et on fait chauffer ceux-ci fortement dans une chaudière de cuivre; le suif entre d*abord en fusion, mais ne sort que des vésicules qui ont été coupées ; ce n'est donc qu'à une température très élevée qu*il peut sor« tir de celles qui ont échappé au couteau, et alors seulement que la chaleur ayant fait fortement crisper les membranes, elles finisseut par crever. On sépare alors les fragments de ces membranes en passant le suif à travers un tamis serré ; ces membranes, presque grillées par la chaleur qu'elles ont éprouvée, restent sur le tamis, et on les presse ensuite fortement pour en exprimer la graisse qui les mouille. Le résidu désigné dans le commerce sous le nom de crétin^ est employé pour la nourritu**e des auimaux. Le suif purifié est alors reçu dans un vase profond où il se maintient plusieurs heures à fétat de fusion « et pendant lesquelles il se fait un dépôt de tout ce qui pouvait y rester d'infusible.
109 US ilCBRt MOBUIU
Ce prueédé est éTidemment très-dé&ctaeuz, en es qQ*il ezigcf une températare très élevée qai altère né-* ccssairement le soif.
Un procédé beaucoup meilleor, qae quelques fondeurs intelligents ont mis en pratique^ consiste à broyer les branches an moyen d'une meule verticale qui parcourt une auge circulaire^ et que Ton met eo mouvement à Taide d*un manège. Le suif étant réduit en une espèce de pulpe on de bouillie , toutes les petites vésicules sont brisées; il ne reste plus alors qu'à fondre le suif à une température seulement nécessaire pour obtenir cette fusion« et à séparer les mem* branes déchirées, en faisant passer la matière fondue à travers un tamis de crin serré. Oo peut opérer cette fusion par TappUcation directe de la chaleur , mais il est bien plus avantageux d'employer la vapeur d'eau. Cependant il ne faut pas faire condenser la vapeur dans lo Bain de suif, parce que Teau chaude provenant de cette condensation , en agissant bur la partie membraneuse des branches moulues « provoquerait la formation d'une certaine quantité Je gélatine, qui en partie se combinerait avec le suif et le rendrait impropre à Tédairage ; cette gélatine , éprouvant d'ailleurs très-facilement la fermentation putride, donnerait bientôt au suif une odeur infecte dont on ne pourrait qu'imparfaitement le débarrasser. Il convient donc de faire toujours agir la vapeur de manière à ce que le produit de sa condensation ne se mêle pas au suif; pour cela, on environne la chaudière d'une double enveloppe et on introduit la vapeur entre les deux ^9Mê ; ou bien on place dans la chaudière un serpen-
^ en cuivre« dans lequel on fait circuler la vapeur
DBS AATS ET METIERS. 103
d'eau. Dana tous les cas , il est avantageux d^employer cette yapeur pour prolonger la fusion du suif après la sép.aratiou des membranes 9 afin de faciliter la précipitation des matières étrangères qui peuvent rester en suspension.
Les suifs fondus et purifiés par décantation peuvent servir immédiatement à la fabrication des chandelles, ordinairement on emploie parties égales de graisse de bœuf et de suif de mouton ; mais quelques fabricants font subir à ces graisses une nouvelle opération qui a pour but de les durcir.
Traitement des suifs pour les blanchir et les durcir.
On soumet de nouveau le suif li la fusion et on y projette une certaine quantité d*alun réduit en pondre très-fine 9 ou même en dissolution dans la moio-dre quantité possible d'eau bouillante. D'autres fabricants commencent par faire fondre le suif, en y ajou tant le quart de son poids d'eau, et le font ensuite passer à travers un linge ; le remettent dans la chaudière avec une tiouvelle et égale quantité d'eau, plus une demi-once de salpêtre, autant de sel ammoniac et nne once d'alun calciné par huit livres de suif; le mélange est maintenu en ébullition jusqu'à ce qu'il ne se forme plus aucunes bulles à la surface du suif {i^ndn ; on laisse alors refroidir. Le pain |Sorti de la chaudière présente à sa partie inférieure des crasses <(âe l'on enlève; après quoi le suif est de nouveau tuida avec l'addition d'un quart d'once de salpêtre purifié ; on laisse un peu bouillir, et on eulèM^ V4< come brune qui monte à la surface. On n& «^^«^s.'^c^