‹ Secrets modernes des arts et métiers, ouvrage comprenant les découvertes les plus récentes dansChapitre 43 sur 68 · GÉLATINE ALIMENTAIRE · texte numérisé non relu

GÉLATINE ALIMENTAIRE

£d 1758, Hérissant avança, et en 1806 un savant chimiste anglais» Charles Halchett, confirma, dans iui beau travail sur les os, que l'on pouvait , parle moyen des acides, obtenir une substance animale conservant la forme des os d'où elle était extraite, et que des lavages convenables pouvaient procurer à rétatde pureté. De la découverte de ce fait à la préparation de la gélatine alimentaire, il semblerait qu'il ne dût y avoir qu'un pas, et cependant ce \i*cst qn'en 1 81 3 que M. Darcet, cherchant à modifier d'une manière utile les procédés, fut conduit à répéter celui de Hérissant, et à créer un art nouveau, qui peut à la fois procurer les colles que réclament les besoins des arts, et donner une gélatine propre à tous les usages alimentaires.

Eu 1817, M. Darcet parvint aussi à extraire la gélatine des 08 par le moyen de la vapeur. Tandis que parla marmite de Papin on n'extrayait qu\me partie de la gélatine des os, altérée d*ailleurs par la température trèsëlevéc à laquelle elle devait rester soumise, par le moyen des acides on extrayait la totalité de cette substance.

Quand les os sont employés pour en obtenir une substance alimentaire , ils doivent être à l'état de fratclieur ou avoir été conservés ; s'il est nécessaire de les garder quelque temps avant de les traiter, on peut . les saler, ou les tenir dans une eau courante et froide. Mais s'ils devaieut être gciTd^ \oxi^A^tc£^*%.) ^:»ik

^yO LB8 8ECAET8 MODEANES

moyens seraient tout»à-fait insuffisants; dans ce cas^ le meilleur procédé à suivre est de les plonger à plusieurs reprises, après les avoir bien nettoyés et brisés, dins une dissolution contenant environ 5o pour cent de gélatine, chauflFée à 80 on 90*, les étendre sur des filets, el les porter ensuite dans une étuve chauffée à a5 ou 5o".

Le» os peuvent être employés dégraissés ou not) , et pour que leur gélatine ue se dessèche pas en couches qui pourraient se détacher, il faut la préparer à une plus hante température et y mêler un peu de gomme. La quantité de gélatine ainsi employée pour la conservation des os se retrouve sans aucune perte dans le traitement subséquent que les os subissent. Un soin très-important pour la bonne qoalité de la dissolution gélatineuse consiste à briser les os de mçi*

. nière à ne pas les échauffer, comme cela arriverait infailliblement si on les frappait à coups redoublés : le meilleur moyen consiste à les faire passer entre des cylindres cannelés ou à les placer sur un tas à tète de diamant, sur lequel vient frapper un mouton ou un fort marteau, mais avec le soin demies mouiller chaque fois» Si on n*employait pas immédiatement les os ainsi brisés, on le» jetterait dans Tcau froide courante ou dans une dissolution de sel marin.

Un hectolitre d*os concassés en petits morceiui. pèse moyennement 4^ kilogrammes; les cylindres bouilleurs employée pour «leur traitement doivent avoir une hauteur trois fois plus grande que leur diamètre : par exemple, pour obtenir 1,000 rations de

- dissolution gUatineuse par jour, il f^ut quatre cylindres da un n)ètre de hauteur sur o"^ 353 de diamètre.

L-ubaut Sti litres et pouvaiil rccevuir Si^ kilu(jrauimer d'os ; ces cylîudres produiscut à eux quatre environ ^i l'Ures de dissoluliuii g ù latine use par heure, et eiigcnt chaeuH S kilogramiucH de vapeur cl 'io litres d'eau fruide iuîectue uu centre des cytindrcK.

Les ciuq litres im quart de dîssoluliou géli ol)teuui< [lar heure de chaque cylindre se cumposi alors de i Litre 35 promiit par la eoudensali ^ apeur, et ^ litres provcuaul de l'e.iu fj-oide.

La chaudière u'cxigc aucune disposiliuu particulière; couimc elle fonctionne ù xoQ", elle doit Ëlrc luuDÎe d'une rondelle de sùrelé l'ondaut à iiS" ou 130°, et composée do bisuiulh 4i étaiu i)i, pluml) 'ô. Los cylindres doivent étrs maintenus propres, aiusi que tous les ustensiles employtls à ce genre de préparalioE;Ics tubes qui amèucut l'eau froide au centre du cylindre doivent Ëlre nettoyés souvent pour eu .enlever les dépôts lerrenx ijui s'y formi;nl ; on doit e^j :SVoIr de rccLauge. M

Le ihcrmomèlre doit mdfquer couslauiuicut 106* r l£H robinets des quatre cylindres, doivent laisser s'élulct' la disiiolulion gélatineuiiC sans qu'il sorte de vapeur; en lesouvrant aug/io, ou obtient une di^solution claire.

La dissolution gélatiueuse préparée avce des os fraii n'a ni saveur ni odeur; elle s'altérerait facile- .meut , surtout pendant la saison cbande , parce qu'elle est li-gËrcmcut alcaline; ou peut la reudie «usccplible de se conserver facilement, en l'acédi^ fiant très-légère ment avec del'acide tarlrique ou ai tique : leçue dans un vase non ijvé qui reçu précëdeaiaicul, ello s'altérerait promitleuieul-

a^^ ^^9 8ECAETS HOBBINES

elle iloît être employée immédiatemenl après qu'elle a été retirée de rappareîl« ce qui estextréaiemenl facile daosle travail courant pour un service à l'avance déterminé. Les ustensiles en fer-blanc sont les pins commodes et les plus avantageux peur ce service; on les lave à l'eau bouillante, snrtoiit légèrement acidulée.

ftl. Braconnot ayant remarqué que les sels provenant de la viande bouillie contribuait à la saveur agréable du bouillon, M. Pétroz a été conduit à saler celui que fournit la dissolution gélatineuse avec un mélange qui imite celui du bouillon de viande, c'està-di£e.5o chlorure de potassium (muriate de posasse) et 70 sel marin. Ce procédé a produit an résultat satisfaisant.

La dissolution gélatineuse de M. Darcet contient 20 grammes de gélatine solide par litre; on la colore avec du caramel ou des carottes, ou ognons brûlés, et l'on y ajoute du sel et de la graisse; on l'aromatise aveo du poivre ou toute autre épice; on y peut joindre des légumes, etc., pour en faire une soupe savoureuse et saine.

La viande de boucherie de bonne qualité contient par quintal : viande sèche 34» eau 56, os 20; ces ao d'os peuvent fournir 6 de substance alimentaire sèche, d'où il s'en suit qu'en utilisant les os , on peut obtenir de la viande de boucherie un quart en sus qu'on n'en extrait en les laissant perdre. 100 kilogrammes d'os peuvent donner 5,ooo bouillons de un demi-litre chacun, ou servir à nnimaliser 5,opo rations de soupe économique aux légumes.

100 kilogrammes de viande ne donnent que 40^

bouillons de i/s litre chacun, ou de quoi animaliser 4oo rations de soupe.

GOmniE DE FÉCULE.

La iëcule, débarrassée de son tégument, se dissout dans l'eau froide à la manière des gommes, qu'elle peut remplacer dans une foule â*applications.

Pour obtenir la gomme de fécule, on peut employer différents agens :

1. L'acide 8aiiurique« Il faut ajouter à l'eau environ un quarantième de son poids d'acide sulfurique, y délayer au plus un dixième d'amidon cuit, et chauf-' fer jusqu'à ce que i*empois qui 8*était d'abord formé ait disparu. Â cette époque on cesse de chauffer la liqueur, on sature l'acide sulfuriqiie par la craie jusqu'à cessation de toute effervescence* on filtre et la gomme dissoute peut être employée immédiatement, ou bien elle peut être desséchée, pour être redissoute dans l'eau an besoin.

%. L'infusion de malt. On fait macérer de l'orge germée dans l'eauf, à une température qui ne doit pas dépasser 60®. La liqueur ainsi obtenue join j de la propriété de fluidifier l'empois et de l'amener à l'état de gomme inunédiatement.

3. L'anUdon -est placé dans uve espèce de poêle bien nette et torréfié sur un- feu doux. Il faut avoir soin de l'agiter oonstaùiment, îîour qu'il ne bc^lok xâ,. ne s'attaobe-au fond dn vue. GeX ^tolvSloti <^%\%(^<(»^ft

9^4 l'Bfi 8ICABT6 KODBIMIS

alors dans l*ean froide et devient susceptible de remplacer la gommt;.

ooimaoN us vèbzm^mbmm i>u bouubau.

Le produit que Poo obtient de la distillation à vase clos de répiderme du bouleau mérite de fi^r FattentioD. Ce produit, qui est composé de goudron, d'une huile odorante, d'un peu d'eau et d'acide pyroliqueux» étendu sur les cuirs« sur les tissus, leur communique une odear particulière, qui est celle du cuir de Russie, odeur qui a quelque chose de désagréabl;}^ mais que la mode fait cependant rechercher.

Le goudron dont il s'agit peut s'obtenir en introduisant dans des vases distillatoires Tépiderme du bouleau, chauffiint ensuite pour décomposer cette épiderme, qui fournit un liquide oléagineux que l'on recueille dans des récipiens.

Le produit qu'on obtient a une odeur moins désagréable lorsqu'au lieu d'opérer sur l'épiderme entier, on traite la matière extraite de cet épîderme par ralcool bouillant, et qui a été nommée bétuline. Cette matière qui est blanche, et qui a quelque chose de cristallin, f jurnit alors un produit susceptible d'être appliqué sur les tissus; malheureusement on ne peut se le procurer qu*à grands frais*

Le goudron de bouleau a été employé avec succès

par MH. Duval et Grouvelle dans le corroyage et la

préparation des ^{iîr4 dite de Russie , qui Berireni à la

' ' '^ d*i8 livres précisai;! tl q^v\^>aAA%«ulde k dou^

DES AETS ET HBTIEE», 1^5

ble propriété de résUter à l'humidllé et de faire fuir les insectes destructeurs des bibliothèques.

OBAI8SSS VaiPABiXS foim Ii'ADOVOZSSEIUBMT

des frottements dans les machines.

Les matières grasses^ les graisses propieinent ditea, sont e^^loyées pour le graissage des machines; mais souvent aussi oq les combine pour le môme emploi, avec d'autres substances.

Ou »e sert pour iubréfier, i. d'un mélange presque à parties égales de suif de Russie et d*huî!e d'olive; ce mélange» qui entre en fusion à sq*" hoy est employé en Angleterre pour adoucir le frottement des pistons des machines à la PerLius; a. d'un mélange bien homogène de 16 parties de belle plombagine réduite en poudre très-fine» et de ^84 parties de graisse de porc (axiuge.) Ce mélange est préférable à la graisse simple pour adoucir les frottements. En effet 9 en eu faisant usage on a vu qu'il y avait économie ; que les machines éprouvaient moins de résistance, s'usaient moins, et acquéraient un degré de chaleur moin'lre par le frottement ; 3. un mélange de suif de boeuf et de mouton. C'est avec ce mélange qu'on adoucit le frottement des cylindres destinés à tourner sur leur axe» On trouve dans le répertoire des patentes accordées en 1834 en iMleterrCi des formules pour des préparations lubrjflHles. Ces formules sont les suivantes : 1» soude 8 onces , eau & UltQ«\ ^u \aÀX ^àsii^

3^ LU SfeClBTS HODIMBS

soudre la sonde dans Teaa, et par chaque litre de solution, 00 prend S Kyres de suif bien par et six libres d'huile de palme ; on fait chauffer le mélange dau» une marmite jusqu'à ce qu'il soit arrivé à gS'', en ayant soin de remuer san^tcesse; on laisse refroidir Jusqu'à ce que la masse soit à iS^de température; descendue à ce point, la masse, qui peut être considérée alors comme un savon imparfait, a acquis une consistance semblable an beurre^ et peut être employée au graissage des essieux de voitures.

a. Solution de soude faite comme ci^d^Pis dit, huile de lîn 8 litres, suif 4 onces; on méie, on fait chauffer jusqu'à qS**, en agitant, puis après refroidissement on introduit dans des bouteilles. Ce mélange, auquel on a donné le nom de graisu liquide, est destiné à graisser les parties frottantes des machines ; il a la consistance d'une crème, et ne corrode point les métaux sur lesquels on l'applique. Avant d'en faire usage, il faut remuer la bouteille.

ORATVmS XMT TAXIAX-DOVOB ava AOISB.

MifTêians.

Un litre d'eau distillée, contenant un* dixième d'alcool, dans lequel on a fait dissoudre 6 gros de sublimé corrosif et 5 gros d'aliin, attaque l'acier trèsvivement, mais U ne conviejd^ue pour les tons légers, à raison du peu de piflrodenr qu'il donne Mm fa/Ues.

DES ARTS BT uiTIBlS 377

jàutrié

Eau distillée « 8 parties.

Aleool , 1 partie.

Acide nitrl^ôe, i partie.

Quelques gouttes d'acide uitreux ou un peu de sublimé corrosif foot agir ce mordant avec plus de franchise.

Autre,

Ëaa diitillée, ' 15 parties.

Alcool , 3 parties.

Apide nitrique , 1 partie.

Nitrate d'argent , 18 grains par litre dn mordant.

On peut y ajouter aussi quelques gouttes d'acide nitreux. C^mordant produit des tons plus noirs que les précédents ; on peut d'ailleurs en augmenter la force en ajoutant à la dose d*àcide nitrique on du nitrate d'argent.

L^ppération de la morsure s^exécute sur les planches d'acier de la même manière que sur celles de cuivre ; mais comme elle est extrêmement rapide , il ne faut pas négliger d*avoir près de soi tous les objets dont on peut avoir besoin pendant sa durée.

Les mordans dont novis venons de donner les recettes agissent k peu près aussi vite les uns que les autres. Une demi-minute sniBt pour les tons doux et les plus grandes finesses ; les parties les plus légères d'un cielyparexemple» ne doivent pas .être mordues plns^ long-temps.

S7ft tu SICEBT8 VOMlIBi

Oo doit ôler le mordant do dessus la planehe avec promptitude et laver sans délai avec un mélange de 8 parties d'eau tiède et environ de une partie d'alcool préparé depuis vingt-quatre heures au moins. Cette dernière indicalion s'applique également aux mordants ci-dessus» et à toutes les préparations dont Taloool fait partie.

MORSURE DU BROVZt:.

Le bronze étant un alliage de cuivre rouge et d*étain dont les doses sont très-variables» ne reçoit pas toujours de la même manière Taction d*un même mordant. Toutefois celui-ci réussit en général assez bien :

Eau 10 parties.

Acide nitrique S parties.

Acide muriatique I partie*

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