LES DERNIERS EFFORTS
TENTÉS DANS LA DIRECTION d'iLLY PAR LA CAVALERIE.
<^ Le général Ducrot , chargé d'exécuter un mouvement qui devait nous remettre en possession du plateau d'illy, eut recours à toute la cavalerie et à l'artillerie qui lui était attachée.
» La batterie Hartung de notre division n'avait plus que onze servants, tous les autres étant tués ou blessés grièvement. Ce brave officier, engagé depuis le matin au poste le plus périlleux, lutta jusqu'au dernier moment avec les faibles ressources dont il pouvait disposer.
>• La 1^^ division de la réserve de cavalerie reçut du
général Ducrot l'ordre de se placer derrière la gauche de son infanterie et sur la pente qui se dirige vers la Meuse, en laissant Floing en arrière et à gauche.
» Le général Margueritte, qui s'était porté en avant de l'infanterie pour examiner le terrain sur lequel il espérait conduire une charge décisive , fut grièvement blessé à la tête, et, en même temps que lui^ presque tous les officiers qui l'accompagnaient.
» Il m'envoya immédiatement Tordre de prendre le commandement de la division. Au même instant, le général Ducrot, voyant l'infanterie prussienne se rapprocher insensiblement de notre infanterie qui parais-
sait faiblir, nous donna Tordre de charger. Chaque régiment devait s'efforcer de culbuter l'infanterie prussienne qui était devant son front de bataille.
» Ce mouvement s'exécuta avec un entier dévouement. Les premiers petits groupes furent renversés, mais nos efforts vinrent échouer devant les bataillons compactes^ dont le feu habilement dirigé nous fit éprouver des pertes sensibles.
» Nos escadrons dispersèrent les premières lignes ennemies, mais durent se rallier promptement sur le point de départ.
» Je dois ajouter que l'infanterie ennemie avait la confiance d'une victoire déjà certaine, et qu'elle n'avait été entamée ni par la fusillade, ni par l'artillerie.
» Le commandant du l^'' corps s'est adressé au dévouement des braves gens que j'avais l'honneur de commander, il n'espérait pas nous voir réussir, mais notre infanterie pouvait, peut-être, reprendre du courage en voyant cette cavalerie qui se sacrifiait pour lui donner quelque répit.
» Les cinq régiments de la division ont rivalisé de bravoure et d'abnégation
» Le Général de hrigade.
>» Gallifet. »