ET FRANÇAISE
PAR LE aÉNÉRAL LIÉGARD DU 7^ CORPS.
« Au bout d'une heure et demie environ, il devint évident que l'artillerie ennemie avait une portée, une tension de trajectoire et une justesse de tir qui lui assuraient une énorme supériorité.
» Autant qu'il a été possible d'en juger, l'ennemi devait avoir en ligne un nombre de pièces à peu près triple du nôtre. En outre, l'ensemble de la ligne de bataille déterminée pour le 7^ corps par la forme du terrain et la nécessité de se relier, autant que possible, au reste de l'armée, avait ce grave inconvénient que nos feux étaient divergents, tandis que ceux de l'en-
nemi étaient convergents ; les projectiles, venant à la fois de face, de gauche et de droite, se croisaient partout sur remplacement que nous occupions.
» Dans» un retour offensif tenté pour reprendre une position importante abandonnée par des troupes du l^'' corps chargées de la défendre, position qui reliait notre droite au reste de l'armée, deux batteries de la réserve accompagnaient le mouvement, mais à peine étaient-elles arrivées sur le terrain qu'elles furent écrasées par des feux d'une puissance et d'une précision telles que toute lutte leur fut impossible ; plusieurs coffres sautèrent instantanément, les pièces furent démontées et après avoir subi des pertes énormes en personnel, ces batteries durent se retirer en abandonnant sur place une partie de leur matériel
» D'après les remarques faites pendant le combat, tous les projectiles ennemis doivent être percutants; ceux qui atteignaient le matériel et même les hommes et les chevaux éclataient généralement, ceux au contraire qui tombaient dans la terre très-meuble n'éclataient pas ; il paraît probable que pour éviter le danger de l'éclatement en dehors du combat^ l'artillerie allemande a adopté un système de percussion ne jouissant pas d'une extrême sensibilité.
» De notre côté, beaucoup d'obus et particulièrement ceux de 12 éclataient prématurément.
» En résumé, l'infériorité de notre système d'artillerie paraît incontestable, il est à refaire en entier. »