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LETTRE ADRESSEE A M. LE GÉNÉRAI, DE WIMPFFEX PAR LES CHEFS DES DOUI-MEKIA.
Après les compliments d'usage.
■ Votre lettre chérie nous est parvenue; elle nous a réjouis et nous connaissons son contenu en totalité et en partie. Nous nous sommes tous réunis et nous avons décidé de rester en paix {avec vous).
» Nous avons chassé ceux qui recherchent le désor-
dre et nous maintenons entièrement nos engagements.
• Dieu demandera compte a celui qui y apporterait une modification on un changement.
> L'amiliê n'a Jieo qu'à la suite du combat, et nous pouvons vous assurer que cette amitié existe entre vous et nous d'une manière certaine,
» Nos enfants nous ont fait connaître tous les biens que vous leur avez faits et nous savions que vous êtes un homme de bien.
» Nous rendons grâce à Dieu sur les liens d'amitié qui nous unissent avec notre seigneur (le sultan), qne Dieu lui accorde la victoire. Nous nous conformons à ses intentions et nous ne désirons pour les deux gouvernements que le bien et la paix. Je vous informe qu'après la rentrée de nos enfants de chez vous (on veut parler des otages de la dernière expédition de M. le généra] de Wimpffen qui sont venus à Oran et qui ont été renvoyés avec des cadeaux), nos frères du Tafilalet sont tonibés sur les caravanes du fils Hamza et de ses Arabes (qui forment sa suite).
■ On leur a tué trois hommes et pris trois caravanes. Les Arabes (formant la suite du fils Hamza) prirent la fuite, rentrèrent chez eux, et, après avoir réuni leurs chevaux, ils se dirigèrent vers notre tribu. Ils rencontrèrent un cavalier de chez nous qui se rendait à l'Oued-Guir avec ses compagnons, ils prirent ces derniers et tuèrent le cavalier.
• En arrivant à El-Ka&da, ils apprirent que nous étions au courant de leur expédition, ils rétrogradèrent en prenant la fuite, perdirent seize hommes (en route)
par suite de la soif et ne conservèrent que trente cavaliers. Nos frères de Tafllalet rencontrèrent ces derniers, leur tuèrent (rois hommes et prirent trois chevaux, et ils firent connaître, dans les marchés de Tafilalet, que notre seigneur Moulaï-Archid (que Dieu lui accorde la victoire I) permet de tomber sur les Arabes formant la suite du fils Hamza. Ce dernier est cerné dans l'Ouad-Gliuis et il est dans une pénible situation. Tous ceux de sa suite qui quittent ce campement sont pris par les Kabyles. — 11 n'y a que les Berbers Aït- Ouaklim qui accordent leur protection au fils Hamza. Ces Berbers sont venus nous trouver en sa faveur, et leur démarche fut repoussée par nous, par le fils de notre seigneur (le sultan), que Bieu lui accorde la victoire, et par la totalité des tribus. Le fils Hamza ne cesse d'être cerné et il est dans une pénible situation.
' Quant à Eî-IIadj -El-Arbi et tous les Rezaïna, ils sont en lutte avec le fils Hamza, a l'exception de Achour, Ismaïl et leurs tentes. El -I la dj -El-Arbi et les Rezaïna, avec lesquels nous sommes en bonne relation, ont accepté les engagements que nous avons pris avec vous, et ils se conformeront à nos intentions. Il en est de même des Trafis-Oulad-bou-Bouïa et les Harrau qui sont avec eux, ainsi que les Nouïrat et une partie des Onlad-Ziad qui sont avec Sid-EI-Hadj -El-Arbi.
» Les Ouled-Ziad, qui sont avec le fils Hamza, ont fait connaître à El-Hadj-El-Arbi et aux Rezaïna qu'ils voudraient les suivre en paix et se soumettre aux conditions qui leur seraient imposées par les Bouï-Menia.
Il leur fut répondu qu'ils ne pourraient jouir de notre paix et du bien des deux gouvernements qu'à la condition qu'ils se sépareraient du fils Iiamza et de quitter les gens de désordre qui cherchent à troubler les deux États. Ils acceptèrent cette proposition. Dans le cas où ils quitteraient le fils Hamza et qu'ils viendraient nous rejoindre, nous vous eu informerions.
» Tous les Douï-Menia sont partis en expédition contre le fils Hamza avec tous leurs cavaliers. — Que Dieu punisse l'oppresseur. — Notre seigneur Moulaï- Archid, fils du sultan (que Dieu lui accorde la victoire), nous a prescrit de partir avec tons les cavaliers, et il frappa d'une amende de 50 francs par cavalier ceux qui auraient négligé de répondre à son appel. — Lorsque nous reviendrons de Tafilalet nous vous informerons de tout ce qui sera arrivé. — Quant aux Amours, lorsque nous rentrerons de Tafilalet, nous les inviterons à rester tranquilles et a condamner leurs voleurs. Dans le cas contraire, nous les châtierons, et, s'il y a des preuves, ils rendront ce qu'ils auront pris (aux sujets) de votre gouvernement. — Tous les gens du fils Hamza qui étaient à Tafilalet ont été expulsés de cette ville avec les larmes aux yeux. Le fils Hamza est toujours cerné. — Tahou-ben-Mohamraed-ben- Tahou, ex-cadi des Rezaïna au bureau arabe de Saïda, qui a rédigé cette lettre, par ordre des chefs ci-dessus désignés, vous salue. — A la date du 12 Djemad Elaoul 1287 (9 août 1870). — P.-S. — Les Amours sont copropriétaires avec les Ksours dans les terres, et leurs querelles proviennent de cette source. Lorsque
nous reviendrons de Tafilalet nous trancherons leurs affaires. Salut. -