‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 13 sur 138 · Loret, 2 novembre · texte numérisé non relu

Loret, 2 novembre

1 sants. A gauche les yeux se reposaient sur un vallon enfermé de longues collines, couronnées de taillis, de plaines et de vergers, tant que la vue pouvait s'élendre. Ce vallon était coupé de petits ruisseaux qui, derrière le mail, venaient se perdre dans une rivière bordée de saules, et étendue en large nappe de belle eau claire tout ptès du château. Au-dessus de ce petit lac limpide s'élevait un coteau avec l'église de la ville et une plaine verdoyante à l'horizon. Cet heureux assemblage formait une vue très-variée , et les diverses parties du site étaient si agréablement disposées , qu'on croyait voir le plus riant paysage que Timagination des peintres eût jamais composé *.

Un pareil séjour ne devait pas au gré du poëte « sentir un peu ti*op le village > (Loret), et Sègrais n'y était pas en exil. Loin de là ; sa retraite de prédilection, sa demeure naturelle, si j'ose dire, n'est-^ellè pas aux lieui où il {>eut voir de près la nature; et si l'un des plus grands charmes de la poésie pastorale est de reposer l'Ame par de fraîches peintures, et l'innocent tableau de la vie des champs, le futur auteur des Églogues pouvait-il manquer d'être inspiré dans cette retraite champêtre î II va rêver au bord de la rivière , à l'ombre des saules ; erret*, comme Horace aimait à le faire , au milieu de frais bocages; jouir enfin dans ces beaux lieux de biens inconnus à la cour, l'ombre et le silence. L'exil de sa proteck'Ice fut donc heureux pour lui. Les poésies composées à Saint-Pargeau en sont la preuve. En 1651 et 1653, il avait publié YAthiSy ouvrage précieux et sentant trop le bel esprit galant de la petite cour où il était né* Mais c'est à Saint^Far* geau qu'il écrit la plupart de ses églogues. Aussi respirent^ elles ce parfum champêtre et ces grâces naïves qui ont valu à Segrais le surnom de Théocrito français et un éloge de Boileau.

Toutefois, malgré cet amour des beautés champêtres, le gentilhomme de Mademoiselle était loin de rester indifférent

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