‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 18 sur 138 · Mémoires f t. III , p · texte numérisé non relu

Mémoires f t. III , p

$art en dUânt à Mademoiselle que, dès le lendemain midi, elle aura Thonneur de prendre eongé d'elle. « Tout ce qui élail dans mon cabinet était extrêmement étonné, » dit Ma^ demoiselle. Segrais ne dut pas être moins chagrin de voir finir ainsi la longue liaison de son ancienne et de sa nouvelle protectrice. Cette violente rupture le mettait dans une posi*tion délicate à leur égard : la reconnaissance Tebligeait à rester neutre, et cela, chose difficile, sans blesser l'une des deux parties. Il y réussit cependant, mais non sans que sa réserve et sa neutralité même lui attirassent parfois d'assez grands embarras. La comtesse de Fiesque le prenait pour intermédiaire quand elle désirait frapper son adversaire de sensibles coups. Veut-elle lui apprendre qu'elle a mis un officier dont elle se plaignait à l'abri de ses menaces ? elle l'écrit à Segrais, afin de faire bien sentir à son ennemie que c'est elle et non une autre qui lui lie les mains. Au milieu de pareilles hostilités, il fallait avoir la délicatesse et la discrétion du poète pour se bien tirer d'un rôle si ingrat.

Dans une autre circonstance (vers septembre 1657), on le voit encore chargé d'une commission délicate, mais cette fois par Mademoiselle. Un de ses officiers, Latour, avait demandé et obtenu son congé, quand elle était encore en exil. Peu après, il reçoit la nouvelle de la rentrée en grÂee de la princesse. Aussitôt il se ravise, et demande pardon à Mademoiselle de son indiscrète démarche. Attaché à son service par Gaston , il ne peut quitter sa charge sans l'aveu du prince . C'était dire qu'il la voulait garder. Mais Mademoiselle, ravie de le prendre au mot, l'avait aussitôt donnée à un autre offi* cier, Brays, qui lui agréait davantage. Comment arranger cette af&ire ? Mademoiselle confie à Segrais le soin de tout accommoder. Il va donc trouver Latour, et lui insinue que, se souvenant de sa propre demande. Mademoiselle le prie de se r^irer de bonne grâce. Hais le pire sourd est celui qui ne

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