‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 17 sur 138 · Mémoires y t. III, p. 54. — 2. Idem y t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires y t. III, p. 54. — 2. Idem y t. III, p

d'enYcnimer par leur peu de fidélité tous ses ressentiments. Ses officiers les plus familiers, Préfontaine, Brays, Saujon, que font-ils que travailler à ses procès et l'aider à se tourmenter ? Derrière ces personnages presque toujours en scène dans ses mémoires, il en est un autre modeste, et en comparaison assez effacé : c'est Segrais. Il reste à demi dans l'ombre, au milieu des intrigues et chicanes de la petite cour de Saint-Fargeau. Mais il fait sentir ailleurs sa présence; il est comme l'heureux génie du lieu. Avec lui les Muses viennent embellir les fétes du château , et apprendre à la plus flëre des princesses du sang à vivre heureuse, même dans la disgrâce.

Ce n'était pas trop de leur secours ; à bien des égards les ennuis ne lui étaient pas épargnés. C'étaient d'abord d'interminables procès avec Gaston, des exploits, des sergents; et avec cela, les comtesses de Fiesque et de Frontenac, impatientes de voir finir leur exil, travaillaient aux intrigues dont l'objet était de rapprocher définitivement le duc d'Orléans de la cour : de là les colères de Mademoiselle. La comtesse de Fiesque surtout avait excité son ressentiment. La princesse allait jusqu'à la traiter de « folle, » et déclarait hautement ne la garder auprès d'elle qu'en considération de son mari, l'ancien allié de Condé et des Frondeurs. Une fois dans ces termes, ces deux femmes ne pouvaient larder d'en venir à un éclat. Mme de Fiesque en prit nnitialive(l«' janvier 1657). Un soir Mme de Thianges, Mlle de Vandy, étaient dans la chambre de Mademoiselle. A côté d'elles^ Segrais venait de copier dans un livre des vers et des chansons, et il se mettait à écrire avec un conseiller de Bombes*. Tout à coup la comtesse de Fiesque entre d'une furie terrible. Elle annonce à Mademoiselle qu'elle est obligée de la quitter, et en est ravie. La princesse réplique sur le même ton ; une dispute s'engage, de vifs reproches sont échangés. Enfin la comtesse

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