CHAPITRE VIL
SEGRAIS A CAEN. — PALINODS. — l'aCADÉMIE DE MONSIEUR DE SEGRAIS.
Cependant Segrais était de retour dans sa chère patrie. Depuis 1 647, il avait toujours saisi avec empressement Foccasion d'aller la visiter, et particulièrement en 1660, après le voyage des Pyrénées, puis en septembre 1663, avec Montausier, nouveau gouverneur de la province. Il avait, selon toute vraisemblance, fait encore d'autres voyages en Normandie , comme cette fois où Mademoiselle dit, en le raillant, à une personne qui s'y rendait avec lui : « Vous avez là un fort bon guide; il sait parfaitement la langue du pays. » Il en savait aussi très-bien le chemin, et trouvait plaisir, au sortir du grand monde, à y aller entendre le jargon du pays natal» aussi plaisant à son oreille que le ruisseau de la rue du Bac Tétait aux yeux de Mme de Staël. En dépit de son long séjour à Paris, il avait conservé l'accent bas-normand, et le parlait « tout plat. » Était-ce affectation et gloriole, afin de rappeler ainsi qu'il était de ce pays < la source de nos plus « beaux esprits*? » Segrais était trop naturel pour y mettre tant de prétention. Si le duc d'Épernon s'était obstiné à parler gascon devant Louis XIII et Richelieu, c'avait été chez lui