Personnage de la Cassandre de la Calprenède
jamais d'autre voilure que des carrosses à 5 sols. Voilà encore un héros pour rire qui convenait à merveille à la Fronde, et bien fait pour s'y divertir.
Mademoiselle lui en donnait souvent l'occasion. En 1651, elle recevait deux fois la semaine, au Luxembourg, et Ton peut voir dans ses mémoires comme elle s'entendait à passer gaiement le carnaval. Vers le milieu de l'année 1652, en l'absence de la cour, elle vint habiter les Tuileries, où elle donnait des fêtes presque tous les soirs et régnait en souveraine. Segrais, son poëte, devait trouver à jouer son rôle au milieu de ces réjouissances. Peu fait pour les échauffourées tumultueuses, il s'accommodait de la Fronde rieuse, et l'aurait probablement absoute, si elle n'avait fait que réjouir Paris : elle imprimait une vive impulsion aux esprits, mettait les divertissements littéraires en honneur, et donnait à faire aux hommes de lettres et aux poètes au moins autant qu'aux gens de guerre et aux politiques. Chez Mademoiselle, la soirée commençait par une tragédie on une farce, qui faisait « bien montrer les dents, c'est-à-dire rire*; » puis un ballet ou un concert, dirigé parBattista LuUy, «baladin» de Son Altesse. Les petits jeux de société, le reversis, colin-maillard, venaient à leur tour ; enfin, à défaut d'alerte, une collation magnifique terminait la féte«
Chez la comtesse de Fiesque on savait, comme aux Tuile*ries, mêler les plaisirs de l'esprit aux autres divertissements. Un jour, après le jeu ou la danse, Segrais lit uûe épttre bur^ lesque de Scarron, fort à propos contemporain de la Fronde, ou les aventures de don Quichotte. Une autre foiâ, c'est un concert : le comte de Fiesque, qui a une belle voix, Mme de Frontenac^ le fameux Lambert et sa sœur, en régalent la compagnie. Segrais eût bien voulu y prendre part : car îl aimait la musique passionnément, comme Mademoiselle, et il avait tout fait jadis pour apprendre à chanter. Mais sa voix