‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 114 sur 168 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

pon ; j*ai TU payer 150 fr. de loyer par mois pour une petite maison japonaise dont le propriétaire ne retirait, jusqu'au i^^ janvier dernier, que 18 fr. par an, et déjà, à Nagasaki, Ton m'avait dit que le riz, dont la valeur était, en 1858, de 3 ou 4 fr. le picul de 60 kilogrammes, s'était payé, dans ces dernières années, cinq ou six fois plus cher ; que la soie avait triplé de prix, et qu'enfin les premiers Européens arrivés au Japon se rappelleraient longtemps leur joyeux étonnement, lorsqu'on échange de leur argent on leur donnait de l'or dans la proportion de 1 pour 3 ou 4, tandis que dans le reste du monde la valeur de l'or est de 12 à 15 fois plus considérable que celle de l'argent.

Les environs de Hîogo abondent en jolies promenades, soit que l'on suive une portion de la grande route qui, de Nagasaki, va jusqu'à Yedo, et qui est célèbre sous le nom de Tocaïdo, soit que Ton préfère prendre quelque sentier et çravir les collines. On arrive invariablement à l'un de ces temples si nombreux au Japon et dont l'approche est annoncée presque toujours par une avenue bien propre, ornée de distance en distance de portails de bois peints en rouge et souvent par de longues files d'ex-voto. De grands arbres sacrés remplissent l'enceinte et abritent quelques arbustes en fleur ; je me souviendrai surtout des ma-

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gniflques azaléas qui, à cette époque-ci de l'année, étalent de tous côtés leurs mille corolles. A droite et à gauche de rentrée, on voit plusieurs autels consacrés sans doute à des divinités secondaires; quant à Tédifice principal, il occupe le milieu et Ton a quelques marches à monter pour y arriver. Il est en bois sculpté, recouvert d'un toit de chaume très-épais , très-apparent et dont la forme recourbée est pleine d'originalité. La fréquence des tremblements de terre empêche remploi de la pierre dans les constructions japonaises et le grandiose y fait défaut. S'il fallait, du reste, caractériser le Japon d'un seul mot, on pourrait dire que le grand ne s'y trouve nulle part et que le joli, par contre, y est partout.

J'ai suivi souvent avec intérêt la manière dont les Japonais, hommes et femmes, font leurs prières. Leur premier soin, à l'exemple de ce qui se pratique, hélas! à peu près dans toutes les religions, est de jeter une pièce de monnaie dans un grand coflfre-fort aflfecté évidemment aux besoins des prêtres ; leur second mouvement est d'agiter une grosse corde qui pend devant l'autel et qui , frappant sur une cloche, est destinée à avertir Bouddha qu'un de ses fidèles va se prosterner devant lui. Les prières, toutes écrites, sont très-variées, et on

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