‹ Seize mois autour du monde, 1867-1869: et particulièrement aux Indes enChapitre 162 sur 168 · SUR LE JAPON · texte numérisé non relu

SUR LE JAPON

Monsieur le Ministre,

Ce n'est pas sans hésiter un peu que j'entreprends de vous faire un rapport sur le Japon : nous avons, en effet, tant de choses à apprendre encore sur ce pays, et nous sommes si peu fixés sur ses conditions économiques, sociales et politiques, que, jusqu'à présent, nous ne pouvons donner le résultat de nos observations que comme des probabilités et nullement sous forme d'affirmations. Je vous prie donc, monsieur le Ministre, de prendre dans ce sens le travail que j'ai l'honneur de vous adresser aujourd'hui et de le considérer seulement comme mon appréciation particulière en l'absence de tout renseignement officiel.

Le Japon ne s'est ouvert au commerce européen

qu'en 1859, après deux siècles et demi d'un isolement complet ou à peu près, puisque la permission accordée aux Hollandais de trafiquer dans la petite colonie de Décima se réduisait en somme à fort peu de chose. Nos négociants ont été admis d'abord dans les trois ports de Nagasaki, de Yokohama et de Hakodadi ; puis on y a ajouté, le !«■' janvier dernier, Hiogo et Osacca; enfin Yedo et Neegata le seront plus ou moins prochainement, selon

la tournure que prendra la guerre civile actuelle

entre les princes du Nord et ceux du Sud. Tout le reste du territoire nous est encore fermé, et si, dans ces derniers temps, les Japonais se sont passablement relâchés de leur jalousie et ont permis à quelques touristes et à quelques militaires de pénétrer dans les provinces, cette faveur est encore interdite à notre commerce.

De tous les points que je viens de citer, il en est deux seulement que je n'ai pas visités : ce sont Neegata et Hakodadi; te premier se trouve être pour le moment un des sièges de la guerre, et le second, situé dans l'île d'Yézo, n'a qu'une importance médiocre, restreinte surtout au commerce des varechs alimentaires {seaweedj avec la Chine. Je ne parlerai donc que des autres'ports; j'examinerai $uccessivement l'importance actuelle et l'avepir de chacun d'eux, et je terminerai par un coup

d'œil d'ensemble sur le Japon et sur la place que les négociants français pourraient y prendre.

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