I. — NAGAS"AKI
La ville de Nagasaki a attiré Tune des premières l'attention des Européens. C'était d'abord le nom le plus connu, à cause de la factorerie hollandaise de Décima ; c'est ensuite le point le plus rapproché de la Chine et iin port de toute beauté; c'était enfin, avant la révolution politique qui vient de renverser le taïkounat, l'endroit que les princes du Sud préféraient pour leurs affaires extérieures, parce qu'ils s'y sentaient moins surveillés.
Cette importance relative n'a pas duré. Les affaires se sont bientôt concentrées à Yokohama, où les banques sont toutes allées s'établir, et, tout récemment, l'ouverture de Hiogo et d'Osacca, en attirant dans ces ports une partie des affaires qui se dirigeaient encore sur Nagasaki, est venue porter un nouveau coup au rang qu'elle occupait dans les premiers temps.
Je ne veux pas dire que Nagasaki doive tomber entièrement; elle conservera toujours l'exportation
de 3 ou 4 millions de livres de thé, d'une certaine quantité de camphre et de cire végétale, elle approvisionnera de nos produits manufacturés toute l'île
de Kiousiou, enfin son port admirable sera fréquenté pendant longtemps encore par une portion de la navigation de ces mers ci. Mais ce n'est plus une ville d'avenir, et-ce n*est pas de ce côté que je conseillerais à nos jeunes gens de se porter, surtout quand les Japonais cesseront, un beau jour, d'acheter les nombreuses armes de guerre et les steamers dont le commerce a formé, depuis plusieurs années, le plus clair de ses bénéfices.