SES RÉSULTATS
Le gouvernement de la restauration était une monarchie constitutionnelle, aristocratique et libre.
Il était monarchique par son essence; il l'était par les prérogatives réservées à la couronne.
Il était libre, on ne le conteste plus. L'inviolabilité de la propriété et celle du domicile, la liberté individuelle, la liberté religieuse, la liberté de la presse, l'égalité devant la loi, l'indépendance de l'ordre judiciaire, l'établissement du jury, la fixité des juridictions, la responsabilité des agens du pouvoir, comprenaient tout ce qu'il y a jamais eu de libertés privées dans l'univers. La liberté publique consistait dans la division des pouvoirs, le partage de la puissance législative entre le roi et le peuple, l'indépendance de l'une des deux Chambres, le principe électif de l'autre, la responsabilité des ministres devant toutes deux, le
vote annuel de l'impôt, le vote annuel et minutieux des dépenses, la liberté de la presse périodique, l'institulion enfin du gouvernement représentatif tout entier.
Il était aristocratique par le maintien de la nouvelle et de l'ancienne noblesse, par la création d'une pairie béréditaire , par Tattribution de la seconde brandie du pouvoir législatif aux quatrevingt mille citoyens les plus imposés du royaume, par Tobligation de cboisir, comme à Athènes, les représentans dans le premier quart des électeurs, enfin par le cens de deux cent mille francs imposé , comme garantie envers l'ordre public, pour rétablissement de cesti-ibunes mobiles qu'on appelle les journaux. La loi du double vote avait fortifié cette tendance générale et positive de la charte.
La démocratie dans ce régime n'était, à Dieu ne plaise, ni méconnue ni désarmée. Car dans un régime où l'aristocratie est une hôtellerie ouverte à quiconque sait et veut, elle fait partie de la démocratie, comme la tête fait partie du corps. Le corps entier de la société avait pour soi l'égalité universelle devant la loi, l'universelle admissibilité et l'admission réelle de tous à tous les emplois publics, l'égalité forcée des partages, l'égalité des charges publiques, l'accès du pou-