GUERRE 9V PARTI A X.A ROYAUTÉ 9E JUIUST
Le trône populaire n’est pas mieux traité que la charte revisée, pas mieux que le trône légitime. Si le renversement soudain de la royauté de juillet figurait parmi les premières conséquences de juillet, le parti pourrait être content de luimême. Il n’a pas perdu un jour pour travailler à la coucher dans la poussière.
Cette royauté populaire, le parti l’aura dépouillée à plaisir de tout prestige ; il lui aura contesté tous les souvenirs et toutes les filiations; il lui aura interdit tout reflet des gloires du passé; il aura dit et écrit ces paroles dont le bon sens s’épouvante , Dieu merci ! autant que la nature : que le roi citoyen a cessé d’être le fds de Henri IF , ou qu’il n’est pas roi. Et ce n’est pas assez encore.
Refus d’honorables subsides , tentative avouée de le réduire à l’impuissance, contestation de ses plus nécessaires prérogatives, application journalière à le contrister et à le flétrir , appel à des promesses personnelles , allusions injurieuses , toutes les armes semblentde bonaloi pour frapper un trône coupable de n’avoir pas cru qu’il eût y place dans la monarchie constitutionnelle pour un maire du palais, et pour des pairs à la manière de ce comte de Périgord disant à tout propos : Qui l’a fait roi ?
Des poètes intitulent leurs chants : Le parjure! et ils n’hésitent pas sur le châtiment que veut leur furie. Tout ce qui a été fait contre Louis XVI, on l’annonce, on le promet à cet autre roi des Français. Tout ce qui a été dit contre les princes , les élus des siècles, on le répète, et mille fois plus, contre lelu de la grande semaine. On recourt à tous les monstres pour leur livrer cette royauté qui prétend sortir de page. C’est tantôt à la république, tantôt à l’empire, tantôt à la légitimité, quelquefois à tous trois ensemble. L’anarchie est le Géryon antique. Elle a trois têtes: le bonnet rouge, la couronne à aigles, le saint chrême de Reims, consacrent tour à tour ou tout ensemble son triple front. Pour bien marquer le mépris profond qu’on fait de la France , le même journal qui prêcha d’abord
la démagogie, se déclare le défenseur de la causé et des droits du fils de Marie-Louise, ët en même femps il empruntera aü défenseur d’un autre enfant, l’appui de ses colères, comme Patrècle prenait les armes d’Achille, sans qu’on puisse dire qui, dans tous ces amalgames adultères , est courtisé sérieusement ou raillé, de la légitimité, de là république , ou de l’empire !
Admirez comme on s’en prend à la Prance et à la royauté de tous les mécomptes soufferts. 11 semble qu’on veuille les dompter, et àu moins les punir toutes deux. Tantôt on essaie, sans l’ombre d’un motif vrai, les démissions soudaines, comme si on voulait s’assurer que les retraites sur le mont sacré aient cours encore, que ce soit un moyen de réduire l’autorité à merci , de l’amener repentante et soumise à subir les compositions qui lui sont offertes. Tantôt on la met au défi ; on la contraint de marquer elle-même le divorce par des destitutions éclatantes; et le pouvoir affronte-t-il tous ces périls? alors on crie que les hommes de juillet sont traités en ennemis, que la révolution est abjurée, que c’est la restauration , avec les mêmes fautes , les mêmes misères, les mêmes pensées. M. le général Lamarque va plus loin : il dit que ce sont les mêmes boutes. C’est de hontes qu’il déclare le trône ci -
mente. On ne peut mieux présager des catastrophes prochaines et méritées. M. Mauguin ajoute ces graves paroles , que ce sont les amis de la restauration qui se trouvent être ceux delà royauté de i83o. Hommes d’inapplicables théories, vous ne voyez pas une chose : c’est qu’en n’abdiquant pas vos maximes, vous êtes incompatibles avec tout gouvernement régulier ; c’est que vous êtes voués à l’opposition sous tous les régimes; c’est que vous ne pouvez arriver au timon qu’en un jour de tempête , et vous ne sauriez y rester dans le calme. Le talent , la vertu sont chez vous 'dé funestes parures et des armes funestes. Ce sont des moyens de malfaire, et voilà tout! Vous n’êtes propre qu’à renverser. Bâtir n’est pas dans votre puissance. Si le pouvoir vous était livré , comme la Thébaïde aux dragons de Cadmus, vous ne sauriez comme eux que vous entre-détruire. Pourquoi? parce que vous poursuivez des chimères anti-sociales, que vous êtes antipathiques à la liberté comme au pouvoir; que ce que vous nommez liberté par une méprise fatale est démagogie, et que ce que vous nommez pouvoir est, un jour plus tôt , un jour plus tard, le régime du comité de salut public.