‹ Séjour chez le grand-chérif de la MekkeChapitre 1 sur 6 · LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET C · texte numérisé non relu

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Dégoûté de Paris, de la France, de TËurope entière» par des circonstances privées et publiques qu'il est inutile et ne serait pas possible d'exposer ici, l'auteur était allé chercher en Orient le repos et l'oubli. Après avoir passé au Caire un des hivers les plus charmants dont il ait gardé la mémoire, il se disposait à revenir en Europe, et son passe-port était même déjà visé pour Athènes, lorsqu'un Anglais, avec lequel il avait eu quelques relations de société, vint lui proposer de faire à frais communs une excursion au mont Sinaï, sauf à pousser de là une pointe en Arabie jusqu'à Djeddah, avec l'intention de rendre visite au Grand- Ghérif de la M.ekke , qui résidait alors à Taïf. Il demanda vingt-quatre heures pour réfléchir ; mais ses humeurs nomades sont toujours si promptes à &e

mettre en mouvement que ses réflexions furent bientôt faites : une heure après, il était décidé pour l'affirmative. On procéda immédiatement aux préparatifs du voyage , et le départ fut fixé au surlendemain 16 janvier 1854. Voilà comment l'auteur, au lieu de partir pour la Grèce, partit pour l'Arabie.

C'est la relation de ce voyage et de cette visite qu'il publie, dans l'espoir qu'elle pourra offrir quelque intérêt, si hors de la Bourse quelque chose intéresse encore aujourd'hui. *\\ n'a point eu la prétention de faire un tableau d'histoire, ni même de chevalet, mais un simple croquis de voyage, et il déclare en toute vérité que , fidèle à ses antécédents , il ne s'est permis, dans la peinture des hommes et des choses, ni un coup de pinceau, ni un trait de crayon qui ne fussent conformes à la réalité. Il a pu se priver ainsi d'effets propres à séduire des yeux ignorants ou dépravés; mais il s'en console et persiste à regarder un voyage de fantaisie comme le pire de tous les romans.

Quoi qu'il en soit, il peut dire comme Montaigne, que c'est ici un livre de bonne foi, et que, tel qu'il est, il est sien.. Il n'a été composé ni avec des livres, ni d'après les impressions d'autrui, mais avec des souvenirs personnels et sur des notes prises jour

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par jour sur place. Cela dit pour la sécurité du lecteur , le but de cette publication serait atteint si les faits qu'elle renferme pouvaient édifier quelques esprits sur la grande comédie jouée par l'Europe au bénéfice de la Turquie.

Paris , le 20 octobre 1856.

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