LE GOLFE DE BAIA
Vois-tu2 comme le flot paisible Sur le rivage vient mourir ?
Vois- tu le volage zéphyr Rider, d'une haleine insensible, L'onde qu'il aime à parcourir?
Montons sur la barque légère Que ma main guide sans efforts, Et de ce golfe solitaire Rasons timidement les bords.
Loin de nous déjà fuit la rive :
Tandis que d'une main craintive Tu tiens le docile aviron, Courbé sur la rame bruyante, Au sein de l'onde frémissante Je trace un rapide sillon.
Dieu ! quelle fraîcheur on respire !
Plongé dans le sein de Téthys,3 Le soleil a cédé l'empire A la pâle reine des nuits ;