Je ne m'étonne pas qu'il y ait des brelans * publics
comme autant de pi^es tendus à l'avarice des hommes, comme des gou£Fres oU l'argent des particuliers tombe et se précipite sans retour, comme d'afiFreux écueils oii les joueurs viennent se briser et se perdre; qu'il parte 5 de ces lieux des émissaires pour savoir à heure marquée qui a descendu à terre avec un argent frais d'une nouvelle prise,^ qui a gagné un procès d'oîi on lui a compté une grosse somme, qui a reçu un don, qui a fait au jeu un gain considérable, quel fils de famille vient de re-
lo cueillir une riche succession, ou quel commis imprudent veut hasarder sur une carte les deniers de sa caisse. C'est un sale et indigne métier, il est vrai, que de tromper ; mais c'est un métier qui est ancien, connu, pratiqué de tout temps par ce genre d'hommes que j'appelle des
15 brelandiers. L'enseigne est à leur porte ; on y lirait presque : Ici Pon trompe de bonne foi \ car se voudraientils donner pour irréprochables? Qui ne sait pas qu'entrer et perdre dans ces maisons est une même chose? Qu'ils trouvent donc sous leur main autant de dupes
20 qu'il en faut pour leur subsistance, c'est ce qui me passe.