HORREUR DU ME \ SOXGE
» demanda l'explication, et apprit que le défunt était un » pauvre diable qui était mort du choléra et que ses pa- » rents se dispensaient d'accompagner au cimetière, ce der- » nier devoir étant, à cette époque, considéré comme des » plus dangereux : ' Eli bien, , dit François, ' nous les rem- » ' placerons , car je ne veux point que mes pauvres sujets » ' soient ainsi enterrés sans la moindre marque de respect; , » et il suivit le corps jusqu'à un cimetière éloigné, et, tète » nue, resta là jusqu'à ce que toutes les cérémonies reli- » gieuscs eussent été fidèlement accomplies. »
Par-dessus tout le vrai gentilhomme a horreur du mensonge. 11 sent que la vérité est le couronnement de la vie et l'àme de la justice dans les affaires humaines. Lord Chesterfield , ayant à déGnir un gentilhomme, dit « que c'é- » tait celui dont la véracité faisait le succès » ; et rien de ce qu'il a dit ne lui a mérité plus que cette affirmation les suffrages sympathiques de ses compatriotes. Le duc de Wellington, qui avait, une horreur insurmontable pour le mensonge, écrivit à Kellermann, qui commandait alors les troupes qui lui étaient opposées en Espagne , pour lui dire que s'il était une chose dont un officier anglais se piquât plus que d'une autre, son courage excepté, c'était sa véracité. « Quand des ofGciers anglais, » disait-il, « ont donné » leur parole de ne pas s'échapper, soyez sûr qu'ils la tien- » dront. Croyez-moi, fiez-vous à eux : la parole d'un offi- » cier anglais est une garantie plus sûre que la vigilance » des sentinelles. » ,
Le vrai courage et la douceur vont habituellement ensemble. L'homme vraiment brave est généreux et patient, jamais implacable ni cruel. Cela est si vrai, que, pour faire l'éloge du célèbre navigateur sir John Franklin, son ami Parry disait : « C'était un homme qui ne tournait jamais » le dos au danger, et qui cependant était doué d'une telle » tendresse de cœur, qu'il n'eût pas écrasé un moustique. «
Un beau trait , vraiment noble et digne de l'esprit héroïque de Bayard , est celui d'un officier français, dans le combat de cavalerie d'El Bodon, en Espagne. Il s'avançait l'épée haute sur sir Fulton Harvey, et il était sur le point de frapper, lorsqu'il s'aperçut que son antagoniste n'avait qu'un bras : il s'arrêta aussitôt , abaissa son épée devant sir Fulton , et , faisant le salut militaire , partit au galop. Il y a une foule de signes auxquels on peut reconnaître le vrai gentilhomme-, mais il y en a un qui est infaillible, c'est celui-ci : comment excrce-t-il son autorité sur ceux qui lui sont subordonnés? comment se conduit-il envers les femmes et les enfants? comment, officier, traite-t-il ses soldats; patron, ses ouvriers; maître, ses élèves; homme, ceux qui sont plus faibles que lui? La discrétion, la patience, la bonté avec lesquelles il use de son pouvoir dans certaines circonstances, peuvent en vérité être regardées comme l'épreuve la plus rude à laquelle un noble caractère puisse être soumis. Celui qui abuse de son autorité vis-àvis de ceux qui ne sont pas en position de lui résister peut se croire un très-grand personnage, mais n'est rien moins qu'un gentilhomme; et celui qui tyrannise le faible et l'impuissant n'est pas un homme, c'est un lâche. Le tyran, at-on dit avec raison, n'est que l'envers d'un esclave. La force et la confiance qu'elle inspire, chez l'homme qui a le cœur bien placé, donnent une grande noblesse au caractère; mais il faut que 1 homme juste sache faire usage de sa force ; car
■ II is excclli ut
* To hâve a gianl'i strength, but il is lijrannous
• To use il like a giant, »
« Il esl bon » D'avoir la force d'un«éant, mais il est lyrannique » De s'en servir comme un géant. »
La douceur est en vérité la meilleure preuve de la noblesse du caractère Le vrai gentilbommc se montrera donc