SCÈNE VIIL
Abn'geons des retards dangereux,
Es-lu seule ? où sont-ils?
ils me quittent tous deux,
Pour courir au vaisseau qui l’a port(î, sans doute.
NADIR
Des vaisseaux et des mers j’ai dû quitter la route, > Et de Siibastopol fuyant avant le jour,
Sur mon ardent coursier j’ai prcssiî mon retour. , Mon coursier ! il n’est plus, raiiii de mon enfance 1 11 semblait deviner ma juste impatience,
Pour me rendre à ma porte, il devançait le vent.
Et brisii de fatigue est mort en arrivant. ■ •
Digne et cher compagnon de mes belles années 1 ^
Mais peut-être avions-nous les mêmes destinées :
Ce même jour aussi pourra voir mon trépas.
• - V, FATHMÉ. '
Quel noir prewentiment 1
NADIR. *
Tu le partagent. ^
Mais de Sclniq, d’Achbar l’absence m’est propice, ‘ l’ai besoin de toi.
. FATHHÉ.
" Parte.'
NADIR
On vient l : ê
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*0 . SELMA
FATHMÉ.
Non, quel service?.
NADIR
Non, tu dois me haïr, et ton juste çouroux.
Ton caractère ardent, intraitable, jaloux,
Me font craindre...
FATHMÉ.
L’ingrat redoule ma vengeance !
n n’ose se fier à celle qu’il offense !
Ce cœur, que tes mépris, ta fuite, ont déchiré.
Est tel après dix ans que je te l’ai livré. , ‘
NADIR.
Eh bien, soit >
FATHMÈ.
Cet amour que tu m’as fait connaître.
Test demeuré fidèle, et plus ardent peut-être.
Nourri de pleurs amers, de veilles, de tourments, il triomphe aujourd’hui de mes ressentiments.
Prêt à braver les flots, la faim, la tyrannie,
A mourir, s’il le faut, pour te sauver la vie.
Et tu l’as soupçonné, tu doutes de ma foil Tiens, tu n’en es pas digne et je vaux mieux que toi.
, NADIR
Toyons, Fatbmé, pardonne à ma lâche injustice.
FATBUâ.
Que faut-il faire ? dis.
I SCÈNE VIII. , ' Si
MADIRr^
M’arracber au supplice.
Par an décr^ du czar mes jours sont menacés.
FATHMÉ.
Malheureux, qu’as-tu fait?'
; RADIB.
' Six ans déjà passés... •
Faut-il qu'après six ans un dieu vengeur m'écrase I 'Entre la Caspienne et les monts du Caucase,
Au sortir d’un combat contre de vils bandits... • - ’ Qu’importent ces détails 1 un erimc fut commis.
La nuit l’avait couvert de l’ombre la plus noire,
Et je l'avais déjà banni de ma mémoire.
Mais Dieu veillait ; le czar vient d’en être informé.
Un soldat, un complice, en mourant m’a nommé.
' Lé traître -s’est vengé d’un châtiment sévère, ^ Qu’avait à sa paresse infligé ma colère; ' ■ -
Et dans Sébastopol un ami généreux. ■
M’a révélé du csar les ordres rigoureux.
Mais en vdin son aura servi ma fuite.
Si mont pied foule encor la terre moscovite. •
fl faut qu’entre elle et moi, l'Euxin roule ses eaux.
FATHUÊ.
Vingt pécheurs pour de l’or livreront leurs bateaux.
^ Que dis-je l,un seul esquif ne peut-il nous suffire? C’est de toi que jadis j’appris à les conduire.
NADIR
Tu veux me suivre l loi ?
2î selma;'
rÂTHuf.
‘ ' Ne fô sôuvientMl plus
Que les (lois de rcuxio, par nos rames fendus, ' *
Nous ont vus trente fois diljGcr les tempêtes,
Quand, la mort sous nos pieds, la foudre sur nos têtes...