NADIR, SELMA
NADIR, Mu<.
Mon courage chancelle ;
Mais cet affreux soup<;on qui me poursuit toujoui*s...
SELMA
Te voilà, cher époux! Enfin après trois jours, /
Dieu, que J’ai tant prié, te rend à ma tendresse.
Quels sinistres pcnsers inspire la tristesse!
Qu’une attente incertaine est un cruel tourment! Telle était ma terreur, que, même en ce moment,
Où vient me rassurer ta piésence chérie,
Je doute d’un retour dont dépendait ma vie.
NADIR
Selma, qui t’avait dit, et sur quoi pensais-tu Quë pour toi désormais Nadir était perdu ?
SELUA.
^ D’un noir pressentiment peut-on se rendre compte? On le chasse, on le fuit; il s’acharne, il nous dompte, ('.e qu’on redoute, hélas ! on le croit malgré soi ;
Et tes sombres adieux me remplissaient d’effroi.
- NADIR
Poovais-je en te quittant ne pas verser des larmes?
SELMA
J’ai tantôt au devin confié mes alarmes.