SCÈNE IX
KADin. . '
Ses réponses sans doute ont dû te rassarer.
s El. HA.
Non; contre mon bonheur tout semble conspirer; El d’un nouvel adieu sa voiv m’a menacée.
NADIR
N’écoute point, Selma, sa parole insensée.
SELHA.
Oui, Nadir, ton aspect bannit tous mes chagrins.
Ta présence cpt le ciel et scs plaisirs divins, L’harmonieux concert des chantres de l’aurore, > L’air embaumé des fleurs que ses doigts font éclore Ob ! ne me quitte plus, tu me ferais mourir.
Promets-le mot.
NADIR
Dieu seul peut promettre et tenir.
SELMA
Qu’annonce i mon amour ce sinistre langage?
NADIR
Rien.
SELMA. -
D’un nouveau départ serait-ce le présage ?
NADIR
Non, Selma.
5ELUA.
Pourquoi donc me désoler ainsi?
SELMA
Mais tel est mon destin. Sur ton front obscurci. L’ennui, le désespoir, la colère, la craitrte - •
Ont gravé de leurs traits la douloureuse empreinte^ Rends-moi ces longs regards d’amour et de bonheur, Ces mots tendres et doux où se peignait ton coeur." Sur tes lèvres à peine erre un triste sourire.
Ma voix a donc perdu son charme, son empire?
Tu n’aimes plus Sclma. - ^ "
>ÎADIB. ^ - •
^ Ne plus t’aimer! qui? mol?
Quel homme à son épouse a mieux gardé sa foi ?
Du jour où je t’ai dit :'Ma belle fiancée, ' ‘
Toi seule as occupé mon cœur et ma pensée. ^
Sais-tu bien jusqu’où va l’excès de njon amour? - Je voudrais que jamais, depuis ton premier jour, * Sur un autre que moi n’eût reposé ta vue;
Que nul autre que moi t’eût jamais entendue.
/ SELMA
Eh ! que t’importe, ami, qu’un froid et vain regard Sur des traits passagers soit tombé par hasard,
Si mon cœur des tiens seuls a retenu l’image.
Si de mon seul amour j’ai payé ton hommage,
Si par d’autres jamais mon cœur ne s’est ému.
Si l’amour avant toi ne me fut pas connu ?
NADIR
Tu le jurerais? '
SELMA
. , Oui. ‘