SCÈNE II
SELMA
C’est pour cela que Nadir m’abaadenne.
Cet enfant, que^ d’abord il appelait son fils,
Qu*il aimait comme un père...
ACBBAR.
Il me l’avait pcomis.
'* SELMA
Il a depuis longtemps oublié scs promesses.
Jel ’ai vu d'Ismaél repousser les caresses;
Rougir de son approche, et d’un sourire affreux.
D’un regard menaçant le suivre dans ses jeux.
ACHBAB.
Tu t’abuses. ‘ '
SELUÀ'.
Oh! non; et telle est ma misère.
Qu’à l’aspect d’Ismaêl, à'ce doux nom de mère,
A sa voix qui jadis m’enivrait do bonhenr.
Je Irossaîllc aujourd’hui moins d’amour que de pouf.
Je n’ose qu’en secret lui montrer ma tendresse, , . ' Et toujours en tremblant dans mes bras je le presse.
ACHBAH.
Quel indice ou quel monstre au cœur de ton époux Aurait jeté ce doute et ces sou pçons jaloux ?
■ SELMA. ■ ’
Je ne sais; mais il faut que mon tourment finisse. Qu’heureux ou malheureux mon destin s’accompUssé.
SELMA
On parie d’un devin pour qui rien n’est voilé, , Et qui, depuis sept ans de ces bords exilé.
Dans notre ville hier venait de reparaître.
ACHBÂR.
Sur le port en effet j’ai cru le reconnaître.
Ce vieil Égyptien, ce chef de vagabonds,
Qui sans toit, sans patrie, errants dans nos cantons. Vivent de leurs larcins et de leurs maléfices.
On le nomme Pharan.
' .SELUA.
Oui. . »
ACHBAR.
Crains ses artifices.
SELliA,
Je l’ai fait appeler, mais j’en ai du regret.
^ ACHBAR.
 sa fine surtout cache bien ton secret.
SELVA
Pourquoi? '
-, • achb'ar.
J’ai mes raisons.
'< ' SELMA
' A quoi sert le mystère,'
Si mon sort tout entier est connu de son père?
ACHBAR. ■ -'■4
Non, non, par le démon, qu’adorent ces bandits,