‹ Selmours de FlorianChapitre 102 sur 120 · ELVIRE, ANNA · texte numérisé non relu

ELVIRE, ANNA

Hantûtit»

ELVIRE

Chère Anna, quand toute l'Espagne Se joindrait avec nous, tant d'efforts seraient vains. Ne nous obstinons plus, sans les secours divins , A poursuivre un maudit que l'enfer accompagne. On l'a vu fuir de loin , à travers la campagne. Et disparaître. — Moi , je désespère , adieu ! Je vais cacher ma honte et mon front sous le voile ; Et, laissant le perfide à sa fatale étoile, Je remets ma vengeance entre les mains de Dieu. Pour vous, du moins , l'amour vous reste, et sur la terre Vous pouvez être heureuse.

AIVNA , égarée.

Heureuse!... sans mon père!

Je ne songe au bonheur même qu'avec effroi... Chère sœur, dans le cloître allez prier pour moi.

ELVIRE presque en larmes.

C'en est donc fait , Anna , dans quel affreux abîme ,

Le malheureux va se précipiter !

Un funeste penchant l'entraîne vers le crime j Rien ne saurait plus l'arrêter.

(*) On supprime cette scène à la représentation; l'air d'EI vire est transporté à la scène X du premier acte.

90 DOjV JDAN.

Tant de forfaits du ciel irritent la colère , Le jour du châtiment est peut-être arrivé.

Que devenir, ô ciel! que faire ?

Perdu , je le pleurais... Devais-je, en ma misère, Pleurer bien plus encor de l'avoir retrouvé !

Au mépris de Thyménée 11 m*a retiré son cœur; Malheureuse, abandonnée....

Ah! Dieu seul verra ma douleur!

Mais hélas , trop faible encore Je plains sa funeste erreur , Et dans mon âme j'implore Pitié , pitié pour le pécheur ,

Au mépris de l'hyménée, etc., etc.

Quand je songe à ma souffrance , Aux menaces j ai recours; Mais je tremble, quand je pense Que le ciel a marqué ses jours.

Au mépris de l'Lyménée , etc. , etc.

(Elvire sort, )

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