SCENE PREMIERE
DON JUAN, LEPORELLO
Ilicittttif.
DON JUAN, s'éi^eillant.
Ah, ah! quelle heure est -il?
LEPORELLO
L'horloge Des pères franciscains vient de sonner minuit.
DON JUAN
J'ai cru dormir trois jours. Ah !
LEPORELLO
Cela fait l'éloge De la paix de votre âme , et c'est le digne fruit....
DON JUAN
C'est bon. — En attendant , j'ai fait un maudit rêve.
io4 DON JUAN.
Le commandeur, parbleu!,.. Ce vieux qui, Dieu merci, Dort bien , lui. — Je l'aborde , et voilà qu'il soulève Sa pierre, et me promet... Quoi.** — De souper ici! Ce rêve ? Qu'en dis- tu ?
LEPORELLO
Mais , que la chose est vraie.
Rappelez-vous.... Ce soir, nous l'avons invité , Oui , là-bas, sur sa tombe !... Il a tout accepté , En faisant ainsi.... Ho! ce que je dis m'effraie!
C'est juste. J'avais peur de Fa voir rêvé.
LEPORELLO , frémissant.
Dieu!
DON JUAN
Qu'as-tu donc?
LEPORELLO
Monseigneur, de tels avis sont graves.
Sur de pareils sujets ne faisons point les braves , Car, on ne gagne rien à jouer u-n tel jeu; Et la mort peut venir à toute heure.
DON JUAN
N'importe.
Quand elle frappera , nous ouvrirons la porte , Et nous la recevrons sans prière ni pleurs. Qu elle vienne ! et je veux la couronner de fleurs , Comme une belle courtisane.
LEPORELLO
Excellence , pardon, c'est ainsi qu'on se damne î