ACTE V , SCÈNE 1. io
DOIV JUAN.
D'abord , je ne connais ni de ciel ni d'enferj La vie est tout ; et nul ne sait qui la dirige. Est-ce ma faute à moi, si quelque main de fer
Me traîne aux sentiers du vertige?
Heureux qui peut trouver ici son idéal! J'aurais trouvé le mien: Anna!.... L'esprit du mal Me l'a fait découvrir trop tard,.... et sur sa tige La fleur s'est desséchée à mon regard fatal. N'importe, elle est brisée. — Encore une victoire Sur Dieu ! s'il est un Dieu....
C'est le moment d'y croire.
DOIV JUAN.
Bien dit. — As-tu pris soin de mon souper.^ — Je veux Plus de luxe et d'ivresse encor que de coutume. Mes danseuses de Naple, à l'éîégant costume, Ont-elles de parfums inondé leurs cheveux .^ Surtout ma Lazzara , ma brune orientale, Dont le pied , enlacé dans sa rouge sandale , Bondit , à peine retombé !
LEPORELLO
Regardez, monseigneur!
DOIV JUAN, à Lazzara qui s élance.
Tu seras mon Hébé.
io6 DON JUAN.